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Delhi
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DELHI - 14 novembre  2010 Le pire dans un voyage comme celui que nous entreprenons, ce ne sont pas les 2 mois du voyage mais bien les 2 jours de déplacement pour aller et aussi pour revenir qui sont les pire. C'est long et fatiguant assis inconfortablement pendant 7-8 heures avec des écouteurs qui ne fonctionnent pas... comme dans mon cas sur cet avion. On fait alors des Sudokus, on lit, on essaie de dormir ou de regarder les films sur l'écran du dossier. Sur cet avion de Jet Airways, nous pouvons jouer à des jeux  avec une manette insérée dans le bras du siège. Mais dès qu'on arrive à destination, tout est oublié! C'est comme un accouchement où toutes les femmes disent «Plus jamais !».

Terminal 3 - Aéroport Indira Gandhi

Notre arrivée à Delhi se fait au Terminal 3 de l’aéroport international Indira Gandhi. Il tout neuf et vient d'être inauguré pour les Jeux du Commonwealth à Delhi le 14 juillet dernier.  Il fait déjà l’orgueil de cette ville tant il est formidable d’espace et de fonctionnalités. Les formalités d’accueils sont très rapides et nous nous retrouvons rapidement à la section des bagages.

Monsieur Pipi

En attendant les valises au carrousel, je vais à la toilette à mon tour. Dès mon entrée, le préposé au nettoyage me «spotte» et ne me lâche pas du regard. Il est ben «cute» dans son uniforme gris et noir. Je me lave les mains et prend la direction du distributeur à papier. Maniant négligemment d’une main sa «moppe» sur la dalle immaculée, il pose rapidement l’autre main sur le papier qu’il tire rapidement pour me l’offrir. Mais, dans sa précipitation, une liasse de papier est tombée sur le couvercle de la poubelle. Mon sens écologique prenant le dessus, je m’empresse donc d’utiliser ces papiers pour m’assécher les mains et je quitte subito presto alors qu’il me foudroie de son regard noir qui semble dire en Hindi : «Toé mon tabarnak!» . Je lui répond donc aussitôt, dans ma tête, bien sur : «Écoutes, ti-pit, j’ai pas de monnaie! Va voir madame pipi chez les femmes et demande lui de séparer avec elle le très généreux pourboire en $US que Raymonde vient de lui laisser juste avant moi! ». C’était pas facile mais je viens de m’auto-inoculer ma première dose de vaccin «anti-me-sentir-mal». En Inde, c’est le pire fléau auquel les occidentaux sont confrontés.

Où est Daniel notre guide ?

Nos valise reçues, nous nous dirigeons avec notre chariot vers la sortie et nous voilà devant une centaine de personnes tenant des pancartes sur lesquelles des noms sont inscrits. Les nôtres y sont-ils ? Je fais par deux fois cette longue ligne sans y trouver ni nos noms ni le représentant du Club Aventure. Je pense alors à sortir nos sacs bleus aux couleurs du Club et dans lesquels nos valises étaient censées se trouver. Deux minutes plus tard, Daniel, notre guide, nous retrouve à son grand soulagement... et au nôtre aussi! Et puis c’est François de Montréal qui arrive en provenance d’Amsterdam. Lui, il avait mis sagement ses valises dans le sac du Club.

Brume ou smog ?

Daniel nous dit que cet aérogare est tout nouveau et qu'il a remplacé l'ancien qui ressemblait à un hangar de stationnement d'avions et qui sentait le fuel. Nous sortons à l'extérieur et nous installons sur le trottoir en attendant que Daniel aille chercher notre taxi. Nous avons notre premier contact avec l'air de Delhi : ça sent la fumée!  On est comme dans un brouillard que les lumières jaunes de l'aérogare rendent féérique et même beau. Je demande à Daniel si la brume qui entoure l’aéroport et lui donne un air si mystérieux est habituel. «C’est pas de la brume! C’est du smog! On ne voit jamais le soleil ici à Delhi!» qu'il me répond! Ouais!

Le chaos total

Tout autour de nous c'est la cacophonie de cris et de klaxons de taxis et d'autos venus cueillir les voyageurs. Assourdissant. Le chaos total. Les voitures sont stationnées un peu partout bloquant le passage vers les sorties. Il y en a une qui est stationnée en plein centre de la rue sur les «4 flashers» avec le gars sur le trottoir en train de parler au cellulaire avec quelqu'un pour lui donner les instruction pour le rejoindre.

François et les autres

Nous faisons plus ample connaissance avec François. Il est de la région de Montréal et retraité d'Hydro-Québec. Il voyage seul et va partager sa chambre avec Richard, un autre visiteur qu'il ne connaît pas encore. Un homme arrive avec une chaise de parterre en plastique et l'offre à Raymonde. Elle ne l'a prend pas de crainte de se faire demander des sous. Finalement, le taxi arrive et nous quittons. Nous sommes sur une autoroute toute neuve avec des lumières incrustées dans l'asphalte de chaque coté en bordures. Très design! Pendant le trajet vers l’hôtel, nous apprenons que Richard de Québec et Claire de Chine (eh oui, une québécoise de St-Pascal de Kamouraska qui vit et travaille en Chine) sont aussi arrivés tout comme nos amis Guylaine et Marcel. Ils ont eu une journée de plus pour s'acclimater et combattre le décalage horaire. Nous serons donc 7 clients accompagnés de Daniel notre guide et de Clôde, sa belle-sœur, qui suit un entrainement pour guider en Inde.

L'hôtel Pablas

En entrant dans Delhi, le taxi quitte l'autoroute pour emprunter des avenues, des rues et des ruelles de plus en plus étroites et sombres. Après une demie heure, le conducteur met fin à la course. Il ne veut pas aller plus loin pour ne pas endommager son auto qu'il nous dit! Nous regardons tout autour: on dirait que nous sommes dans un chantier de construction avec des remblais de terre et des tas de gravats qui bloquent le passage. Une minuscule lumière illumine lugubrement la scène. «Ça y-est!» me dis-je, «On s'est perdu!». Mais Daniel nous confirme que nous sommes à quelques mètres à peine de l' hôtel. Oh! Là là. C'est pas dans le quartier le plus chic de Delhi! Dans un bidonville peut-être! Enfin! Nous prenons nos valises et marchons vers l'hôtel en louvoyant entre les tas de gravats et de terre excavés d'un  fossé bordant la ruelle et dans lequel nous nous efforçons de ne pas tomber! Bordélique! L'extérieur de l’hôtel Pablas ne paye pas de mine non plus avec néons à demi fonctionnels et ses chiens errants dont un spécimen est couché devant le porche d’entrée. Tel un sphinx, il reste imperturbable même lorsque je lui passe sur la queue avec une roulette de ma valise (23 kilos divisés par 2). Remarquable chien stoïque! Par contre, l'intérieur est correct et rassurant avec un salon meublé de confortables fauteuils de cuir noir. C'est propre. Nous remettons nos passeports pour qu'on en prenne des copies. On a accès à internet par Wi-Fi gratuitement sur tous les étages. Daniel nous donne nos clefs et les consignes pour le lendemain. Nous demandons à la direction qu'on nous réveille et nous montons à notre chambre. Nous avons la 308, Daniel la 303. François est un peu inquiet car il va devoir déranger son nouveau compagnon de chambre qui doit dormir depuis un moment.

La chambre

Deux ventilateurs sont accrochés au plafond de la chambre. Ils sont turbo-propulsés par des moteurs de CL-215 dont ils ont la puissance et le bruit assourdissant. Nous n'en aurons pas besoin car la température est normale. Un grand lit double va accueillir nos corps fatigués et une salle de bain convenable va nous permettre de bien nous doucher. J'ouvre les portes d'une grande commode et j'y découvre trois tablettes tapissées de journaux dont les dates récentes de parution me rassurent quant à propreté des lieux. Je prends quelques minutes pour parcourir la tablette du haut nappée d'une copie de l'Industan Times du 9 août 2010 : on y parle du 900ième de Jevotpur mais pas du 400ème de Québec. Désolé, maire Labeaume! Il est 1h00 du matin, heure locale, et nous sommes toujours le 14 novembre, décalage horaire de 10½ heures oblige! Ah! Le bon sommeil qui suit... troublé, vers 4h00 du matin les aboiements énergiques d’un chien sous notre fenêtre. Probablement le cabot à la queue écrasée qui se venge de moi! Namaste! Itinéraire du voyage : Carte détaillée

Pascal Bouchard
Pascal Bouchard

Publié par Pascal