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Amritapuri
Amritapuri

RÉPONSES AU QUIZZ

Il y a quelques semaines, en  début de voyage, je vous avais posé deux questions dont voici les réponses.

CRÉMATION OU INHUMATION

Dans les villes comme Varanasi où coule le Gange, un fleuve sacré, les corps non-identifiés comme musulmans (inhumation) ou hindous (crémation)  SERAIENT remis au fleuve. Ça c’est ce qu’on nous a dit. Peut-être que cela se fait encore dans les régions reculées mais je ne crois pas que cette pratique soit encore réelle. En effet, chaque ville a maintenant un crématorium moderne où les familles peuvent faire incinérer leur proches à moindre coût car n’oubliez pas qu’un bucher funéraire à ciel ouvert coûte pas mal de sous! Donc, il y a de fortes chances qu’un corps non-identifié soit incinéré purement et simplement.

LES VACHES SACRÉES

On nous a dit que les vaches qui se promènent librement partout dans les villes et en campagne appartiennent à des particuliers. C’est certainement vrai mais beaucoup de ces animaux sont aussi des vaches et des bœufs errants dont les propriétaires, ne pouvant plus les garder pour diverses raisons et ne pouvant les tuer pour la viande, préfèrent alors les laisser aller dans la nature. Cette pratique est fort répandue dans le nord de l’Inde dont les habitants sont beaucoup plus conservateurs et religieux mais les grandes villes du nord ont commencé à restreindre leur territoire dans les banlieues et hors des centres-villes. C’était rendu nécessaire avec l’augmentation du parc automobile. Dans le Sud de l’Inde, catholique et plus libéral, on ne voit plus ces vaches… sauf à Mumbai où leur présence est fortement réglementée comme vous avez pu lire dans un précédent billet.

LES MENDIANTES

Les mendiantes avec leurs bébés nouveau-nés dans les bras qui quêtent pour de la nourriture se tiennent toujours dans les endroits fréquentés par les touristes soit les sites touristiques, les abords des restaurants et des hôtels. Ce sont des professionnelles et on décourage fortement de les encourager en leur donnant de l’argent. Mais ce n’est vraiment pas facile, Guylaine et Raymonde ayant sauté une coche à Mumbai assaillies qu’elles étaient par une horde de ces femmes sans pitié pour les pauvres touristes prises de compassion! Dès qu’on donne à une c’est la cohue et elles ne lâcheront plus le morceau. J’ai dû intervenir et les forcer à s’éloigner car elles ont quelque peu de respect pour les hommes sachant qu’avec eux, ça ne prend pas leur petit jeu! À Mumbai, on nous a dit que ces mendiantes étaient travaillaient en fait pour les «slums lords» ces mafieux qui contrôlent les bidonvilles des grandes villes indiennes.

LA CIRCULATION AUTOMOBILE : UN CHAOS AUTO-RÉGULÉ

Le parc automobile indien est constitué, par ordre décroissant de grosseur, d’une multitude d’autobus et de camions dix-roues et plus de marque Tata visibles seulement à l’extérieur des villes, d’autos moyennes genre Tercel circulant sur les grands artères des villes et quelques ruelles, de tuk-tuks motorisés et de rickshaws à deux jambes et trois roues en versions taxi ou camion, finalement, d’un nombre incalculable de motos 150cc et plus montées par au moins deux têtes de pipes!

La visite touristique des villes populeuses comme Delhi et Varanasi se fait toujours dans la plus vieille partie de ces villes. Il est donc normal que les rues et ruelles de ces sections anciennes soient trop étroites ou purement impassable pour certains véhicules. Dans les ruelles des bazars, par exemple, seuls les motos et les piétons peuvent circuler. Dès que la ruelle s’élargie, les tuk-tuks et les rickshaws viennent occuper l’espace disponible.

Qu’advient-il alors lorsque trois ou quatre ruelles débouchent sur un  carrefour et que tous ces véhicules viennent en même temps disputer aux piétons leur droit de passage ?

C’est le chaos total!

Comme l’installation de feux de circulations est hors de question car personne ne les respecteraient et que la présence policière est quasi inexistantes dans ces sections populeuses de la ville, la gestion de la circulation est donc laissée aux usagers confrontés aux inévitables embouteillages à répétition qui surviennent.

Je me souviens, à Delhi, lors de notre tour de rickshaw, d’avoir assisté à un tel chaos indescriptible : en moi-même, je me disais, nous en avons pour au moins 1 heure avant de pouvoir circuler à nouveau. Tout était entremêlé : une centaine de femmes et d’hommes à pied avec des paquets sur la tête, une douzaine de rickshaws imbriqués les uns dans les autres, six-sept tuk-tuks empestant l’air remplis de passager à raz-bord, deux ou trois autos et une quinzaine de motos louvoyant à travers la multitude, ajoutez à cela la cacophonie d’une dizaine de coups de klaxons stridents à la seconde et vous avez à peu près un portait de la situation.

Cinq minutes?  Dix minutes au maximum ont suffit à régler la situation et rétablir un semblant de fluidité au carrefour, tout cela sans que personne ne crie ou ne se mette en colère! Je n’en croyais pas mes yeux!

Je venais de réaliser que, laissé à lui-même, le chaos, intolérable à nos esprits cartésiens, s’élimine rapidement par la patience et la technique des petits pas! Depuis ce moment, je me suis surpris à réfléchir profondément sur l’utilité de tout vouloir réglementer dans nos vies. J’ai vu le chaos et il se gérait très bien lui-même sans que j’ai eu à intervenir!

Depuis que j’ai écris ces mots, nous sommes descendus dans le sud de l’Inde et avons été surpris de voir que, dans les grandes villes comme Mumbai, par exemple,  tous les tuk-tuks et les rickshaws avaient maintenant été bannis des centres-villes et ne sont maintenant tolérés que dans les banlieues et les «slums». Cela aussi était rendu nécessaire pour faciliter le trafic automobile.

LE MYSTÈRE DES PIQURES

Nous n’avons rencontré aucun animal vénéneux de notre voyage. Cependant, depuis notre arrivée, nous faisons face à un mystère. Quel insecte est responsable de ces piqures qui démangent tellement et qui prennent près de deux semaines à disparaître ?

Au début, nous étions convaincus que c’étaient des maringoins mais jamais nous ne les avons vu  nous piquer et, le plus troublant, les piqures et les démangeaisons n’apparaissent que le lendemain ou le surlendemain et se présente généralement en chapelet à l’intérieur des vêtements, comme si l’insecte avait marché ce qui n’est jamais le cas pour les moustiques.

Guylaine, Claire et Raymonde ont été les plus affectées, présentant des piqures violacées aussi grandes qu’une pièce d’un cent sur les jambes et les bras et dont les démangeaisons intolérables les empêchaient de dormir. Guylaine a dû se mettre des «plasters» sur les piqures pour empêcher que le frottement de ses vêtements n’excite la démangeaison.

Nous sommes maintenant dans le Sud de l’Inde et le mystère s’est encore alourdi puisque, lors de la croisière dans les Backwaters, le capitaine du bateau nous a dit que c’étaient des fourmis qui étaient responsables de ces piqures!  Et pour confirmer cela d’une certaine façon, Marcel et Guylaine se sont fait piquer par un minuscule insecte ressemblant  à une fourmi avec un dard pour bouche…. mais qui avait des ailes!

Le mystère demeure!

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Vers Agra en train de nuit
Vers Agra en train de nuit

17 novembre 2010

DE VARANASI À AGRA

Bonjour les amis.

Guylaine est partie en exploration de magasinage avec Raymonde et Claire dans les rues de Varanasi. J’en profite donc pour prendre un moment de détente et vous donner de nos nouvelles.

J’écris comme ça vient. Nous sommes le 17 novembre. Nous sommes arrivés samedi soir. Premièrement côté santé ça va très bien; Guylaine a été piquée par des moustiques que son corps ne connaissait pas, mais les piqures s’estompent lentement. Elle se soigne bien c’est ma meilleure infirmière.

Nous vivons actuellement une expérience bouleversante. Empreinte d’une énergie rare , bourdonnante d’activités, d’odeurs, de frénésie, de spiritualité, de promiscuité tout ça dans une harmonie déconcertante et à un rythme tel que nous avons vraiment l’impression d’être ici depuis 10 jours au moins.

Marcel Merette
Marcel Merette

Si notre voyage au Vietnam nous ramenait 50 ans en arrière tant la technologie et les véhicules nous semblaient dépassés, c’est au siècle dernier qu’on se retrouve en explorant ce vaste pays; mais c’est beaucoup plus qu’un retour en arrière. C’est ahurissant de voir cohabiter des millions d’humains avec vaches, chiens, singes, chameaux, rickshaw (pousse-pousse à pédale) touche touche, entassée dans des rues souvent 10 pieds de large. Il y a même des voitures, camions et autobus, quel bordel! Vous dire que c’est sale est vraiment poli, mais on prend toutes les précautions et on finit par s’y faire et ça nous fait tellement apprécier le confort ultime dans lequel nous vivons.

L’expérience a commencé à Delhi où nous avons débarqué samedi et pris le dimanche pour se familiariser avec le métro et les principaux points d’intérêt de la nouvelle Dehie qui se veulent une ville asiatique moderne. Le lendemain, immersion dans le vieux Delhi et premier choc culturel : Embouteillage monstre des rickshaws, motos, piétons et voitures; visite d’un temple sikh et d’une mosquée musulmane; on sent la présence constante de la spiritualité et du mélange harmonieux des religions par l’accessibilité du public et le respect de ces lieux. Le guide nous décrit brièvement le fondement des religions et un peu d’histoire de ce pays millénaire dons les vestiges sont bien présents et cohabitent avec le cellulaire et le laptop.

Mardi départ pour Varanasi (Bénarez la ville Sainte des Indiens sur les rives du fleuve Gange) .  3,5 millions d’habitants; pas aussi chaotique que Delhi, mais combien déconcertante. C’est dans cette ville que tous les Indiens voudraient mourir et que ceux qui en ont les moyens font. C’est que selon leurs croyances le fleuve sacré est la purification extrême et que de finir sa vie ici permet de mettre fin aux réincarnations successives et d’enfin connaître le « nirvana » ou bonheur suprême. Nous allons donc nous balader en bateau sur le Gange et observer les pèlerins se purifier dans l’eau, prononcer des rituels, des chants des danses et célébrer le coucher du soleil et l’abondance dans un pays si pauvre ou la préoccupation première est de manger ou de faire manger sa famille. Le plus touchant à notre point de vue est la crémation à ciel ouvert ou une dizaine de corps sont immolés sous nos yeux. Le spectacle est à la fois solennelle et d’un respect incommensurable qui nous montre à quel point ces gens sont croyants et dévots. La mort côtoie la vie de telle façon qu’un jeune garçon fait sécher son linge au feu qui brûle son grand-père. Le lendemain à l’aube, nous retournons sur le fleuve observer les gens se purifier au lever du soleil et nous prenons un bain de foule dans les rues étroites remplies d’échoppes de tout acabit. On se croit vraiment au moyen âge : Rues super étroites aux portails magnifiques du temps de leur construction il y a plusieurs centaines d’années, mais dans un état tellement délabré et sale qu’on se demande comment les gens peuvent vivre dans de telles conditions.

La bouffe est vraiment super savoureuse, mais épicée. Nous sommes en train de découvrir une cuisine bon marché, végétarienne et santé incorporant légumineuses, légumes et pain nan dont les saveurs différentes d’une région à l’autre sont une découverte quelques fois surprenante.

On vous envoie quelques photos qui ne peuvent remplacer cette expérience unique.

À plus .

Marcel

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Allo

Guylaine Niquet
Guylaine Niquet

Marcel vous a bien rendu le quotidien de notre voyage. Mon magasinage a nécessité un apprentissage sur la façon de négocier les prix et surtout de faire face aux sollicitations des enfants de la rue. On a donc décidé de donner 100 roupies ( 3 $) par jour à ces enfants selon l’inspiration du moment. Ils sont souvent utilisés par un adulte pour vendre de la marchandise aux touristes et chacun a son territoire. Quand mon 10 $ est donné et certains insistes, et ils insistent tous, je place une main dans leur dos et une sur leur cœur en leur faisant un grand sourire et je leur dis : DJi NAHÎ ( non). Ils me rendent mon sourire et le plus part cessent leur sollicitation. J’ai le cœur chaviré à chaque fois. Des situations de ce genre il y en a des dizaines par jour…

Dans le blogue de Raymonde, vous pourrez y lire notre aventure magasinage dans les rues de Varanasi.

Nous sommes maintenant à Agra pour la visite du TAJ MAHAL demain.

Guylaine

Voici quelques photos :

 

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Pascal Bouchard
Pascal Bouchard

QUIZZ #1 - Les vaches sacrées

À Delhi, les vaches étaient peu nombreuses car les autorités locales ont pris des mesures pour les éloigner du centre-ville. À Varanasi, elles étaient partout. Ici, à Agra, je ne les ai vue que dans un  enclos à bestiaux près de la gare. Des gros tas de bouses étaient accumulées ici et là sur le terrain. On fait sécher ces bouses en galettes qui sont un combustible très apprécié.

QUESTION : À qui appartiennent ces vaches sacrées  qui errent ça et là?

QUIZZ # 2 - Hindous ou musulman ?

À Varanasi, la ville sainte située sur le Gange, les Hindous sont obligés de se faire incinérer alors que les musulmans doivent se faire inhumer. Vous êtes un fonctionnaire municipal et vous devez décider du cas suivant : un cadavre d’une personne inconnue a été retrouvée dans la rue et on ne sait pas si elle est Hindous ou musulmane.

QUESTION : Que faites-vous de ce corps ? Crémation ? Inhumation ? Ou quoi encore ?

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Varanasi
Varanasi

Mardi, 16 novembre 2010

Une journée remplie d’odeurs, de ressentis et d’émotions! Varanasi! Nous réalisons rapidement, à la sortie de l’aéroport inauguré il y a quelques jours, que nous entrons dans une zone agricole.  Des champs séparés par des rangées de pierre et des vaches!  Elles sont absentes des rues de Delhi.  Ici, elles sont reines de la circulation pour ne pas dire reines de l’espace!  Elles sont omniprésentes.  La majorité sont bien rondes et portent certaines couleurs de l’Inde dont l’ocre, le noir et un mélange parfois de ces deux couleurs.  Leurs yeux sont aussi noirs que ceux des Indiens.  Ces yeux si profonds qu’ils semblent branchés directement dans un espace nouveau pour moi, un endroit sans fond sans être le vide.  Bon!

Notre hôtel offre une vue sur les rives du Gange sacré dans cette ville sainte de Varanasi qui se compte parmi les plus anciennes de l’histoire. En fin d'après-midi, la noirceur arrive lentement. Nous marchons pour effectuer une promenade en bateau sur les eaux sacrés du Gange afin de visualiser les fameux ghâts!  Ces escaliers à paliers courent sur environ 2,5 km et ils offrent différents services au corps et à l’âme de ceux qui y viennent vivre des expériences existentielles.

Notre promenade se termine par le ghât où prend place l’Arati.  Les deux rameurs alternent car Daniel s’est entendu pour que notre arrivée coïncide avec le début de cette célébration spirituelle.

À suivre…

Mercredi,  17 novembre 2010

Varanasi!

Cette ville n’est pas seulement connue pour ses temples, ghâts ou Gange.  Elle a aussi produit beaucoup d’artisans, musiciens, écrivains et poètes.  Le système électrique a évolué par rapport à Delhi.  Nous ne retrouvons plus les amas de fil tissés par le temps et les besoins mais bien un système ressemblant à celui du Québec dans les années 50. J’ai pu observer qu’il a beaucoup de boutiques, dans la définition indienne, ce sont plutôt des shops, offrant des saris et des foulards en soie. Est-ce vraiment de la soie?  C’est la question que Claire, Guylaine et moi avons posé aux vendeurs.  Nous le saurons lors de notre visite dans une fabrique de soie.  Les saris et brocards sont connus comme étant la fierté de collectionneurs du monde entier.  Dans l’émission télé Shanti au coeur de l'Inde, lors d’un mariage digne d’une princesse, j’ai pu admirer ses œuvres d’art que portaient les femmes dans un défilé de beautés et de féminité incroyable.

Lever de soleil sur le Gange

Le lever du soleil sur le Gange.  Varanasi et l’ashram étaient les deux raisons principales pour lesquelles je choisissais ce voyage.  Varanasi est au rendez-vous de mes attentes les plus folles, les plus extrêmes et les dépassant multiplié par 10.  Hier, la crémation! Non, les crémations de tous ces corps juchés sur un bûcher afin de faire leurs adieux au monde terrestre était saisissant d’odeurs, d’atmosphère lourde, de fumée, de travaux effectués par des hommes qui n’ont même pas le corps de nos adolescents québécois.  On les charge comme des ânes, de bois tordus et rugueux, leurs dos leur servant de charrette.  Un des transporteurs a failli tomber en se cognant un pied sur un morceau de bois qui sortait de la terre.  Malgré l’aspect dramatique de cet endroit, il n’en demeure pas moins que tout semble se faire dans un très grand respect des rituels indiens perpétués à travers les siècles.

Donc, le soleil se lève sur le Gange et sur nous neuf : Daniel, notre accompagnateur, notre professeur, notre nounou qui devient avec les jours, un ami dans le temps.  Clôde, sa belle-sœur qui l’accompagne afin de noter et intégrer ce circuit, car nous sommes les heureux élus d’être le dernier groupe de Daniel.  Naturellement, Pascal et moi, nos amis Guylaine, l’assistante de Marcel, inventeur d’un Tripod, Claire notre belle grande femme que les hommes indiens affectionnent principalement (je ne veux partir aucune rumeur mais bien narrer ce que je vis en Inde).  En plus ce qui fait sa beauté, elle est présente tout simplement à ce qui se présente à elle, avec un sourire qui ferait fondre un iceberg sensible à la chaleur humaine.  Richard, notre intello joyeux, protecteur (souvent c’est grâce à lui que nous demeurons un groupe) qui malgré sa formation académique demeure d’une simplicité admirable.  François, le dernier de la liste, mais non le moindre.  Un très bel homme (mes amies vous le verrez sur les photos) est aussi protecteur mais plus dans le sens de la galanterie.  Mesurant un bon six pieds trois pouces, il voit loin et nous aussi nous le voyons de loin.  Donc une équipe du tonnerre formée par des gens réunis sur le chemin de nos valeurs et intérêts existentiels mélangeant la curiosité, la connaissance combinées au désir d’être meilleur.

Donc, le soleil se lève sur le Gange! Nous sommes tous empilés dans une barque de bois conduite par deux rameurs.  Lorsque nous partons, nous descendons avec le courant, mais lorsque nous remonterons, ça sera le contraire.  Il leur faudra dégager une force constante et rythmé à l’autre, tout en gardant un sourire et une présence dans l’ici et maintenant.  C’est exactement ça : les indiens vivent leur moment présent.  Le passé il n’en ont que faire, le présent est déjà suffisant sans trop penser au futur, surtout ceux dont les conditions de vie semblent effroyables à mes yeux de québécoise.  Après quelques jours, je ne me questionne plus sur leur notion de bonheur ni sur le mienne.  J’aime leur sourire, j’aime les regarder, ces femmes, ces enfants et ces hommes dont les yeux touchent profondément mon cœur.

La douce lumière du petit matin diffuse ses lueurs sur tous ces gens qui sont déjà à se laver, à prier, à échanger, à méditer face au Gange.  Ces images, ces photos s’imprègnent dans chacune de mes fibres corporelles et spirituelles.  L’énergie de ce matin est à un apogée de félicité.  Les odeurs sont douces et épicées, les gens sont habillés de blanc et de couleurs joyeuses.  Les prières s’envolent sur la brume matinale et semblent se perdre, non plutôt se fondre, dans cet immensité cosmique de l’Univers.

Les pieds dans le Gange

Un des rameurs est amusant.  Je lui ai demandé s’il avait des allumettes pour dignifier notre puja (offrande).  Il dit oui.  Je suis sceptique.  Marcel me dit qu’à se fera à son temps à lui.  Bien vrai.  Je dépose mes offrandes sur les eaux sacrées.  Je vois Guylaine les pieds dans le Gange. Me voilà, les pieds dans le Gange.  L’eau est fraîche.  Au tour de Marcel d’expérimenter le Gange.  Je ne ressens rien de particulier au niveau des pieds mais le lever du soleil est là devant moi.  J’ai le dos aux ghâts.  Sa couleur orangée s’étend diffuse sur les eaux.  La brume nous recouvrent dans son cocon de présence à la beauté.

Ma préparation pour vivre cette expérience n’est rien comparée à ce que je vois, à ce que j’entends et à ce que je ressens.  Tous mes sens sont à l’action dans une douceur et une paix (Shanti) indescriptibles.

Le jeux des enfants semblent annoncer le début d’une journée quotidienne comme toutes les autres.  Des milliers d’indous affluent sur les bords du fleuve le plus sacré du pays, considéré comme la « mère de l’Inde », dont l’eau féconde la terre et lave les péchés. `

Pour certains, la journée commence par un bain purificateur, dans tous les sens, se poursuit par une prière adressée au soleil, les mains jointes, dirigées vers l’astre qui semble émergé du fleuve.

Sur ces ghâts, les hindous se livrent à des rituels millénaires, aussi anciens que l’hindouisme et que l’Inde elle-même.  La mort y côtoie la vie, avec la même simplicité et la même spontanéité.  Les cris des enfants jouant dans l’eau se mélangent aux chants des prières et le bruit du linge qu’on frappe contre la pierre.  La sollicitation de deux marchands, nous distraient beaucoup.  Quelques uns  achèteront un petit vase rempli d’eau du Gange.

« Ram nam satya hai » - Le nom de Ram est vérité s’étire comme un mantra à répétition et à intervalles réguliers, et court dans les ruelles tortueuses et pentues de la vieille ville, un peu comme un cœur qui bat.

Sur notre retour, le chapelet de barques à la queue leu-leu remplies de touristes, caméra à la main, captent ces différences extrêmes de mes journées quotidiennes.  Rien à voir avec le Resto Calao, rien à voir avec mes vêtements, rien à voir avec ma nourriture… Non, plutôt le contraire : tout à voir avec mon quotidien, car j’aime ce que je fais, j’aime ma vie auprès de ceux que j’aime et dont je suis aimée en retour!  C’est simplement différent, mais là donc, très différent.

En richshaw à Varanasi

On se rend, à la file indienne, chacun dans notre rickshaw visiter un temple du dieu Shiva sur le Campus de l’Université de Banaras Hindu.

Au deuxième temple, dédié aux singes, j’aurai droit à un collier de fleurs rouges ainsi que Guylaine.  Mais le côté mercantile du jeune homme oblige Daniel à lui donner une « offrande » au sens large du terme.

Je suis moins indisposée à enlever mes chaussures; je n’irais pas jusqu’à dire que je suis à l’aise et que j’aime, mais la répugnance a diminué de beaucoup.

Un dîner presque parfait!

Nous prenons le dîner au Kerala Cafe.  Un superbe resto qui n’annonce aucunement la beauté intérieure du resto.  C’est mon premier beau resto dans le sens esthétique.  Daniel s’occupe bien de nous et s’efforce à commander des mets différents lorsque c’est possible.  On se régale.  Nous avons aussi la chance de prendre le petit déjeuner sur la terrasse avec vue sur le Gange.  Nous y sommes à l’ombre en échangeant entre nous.  Suivent la planification journalière déjà discutée la veille.  Daniel s’assure que tout le monde a bien compris les directives afin de garder une logistique efficace.

Premiers magasinages

Chacun a le choix : Pascal retourne à l’hôtel, ainsi que Claude.  Je pars avec Claire et Guylaine vivre ma première expérience de négociation effectuée par Claire.  Elle est articulée; elle vérifie ce que nous voulons; moi, je suis perdue et gênée (ben oui!), Guylaine suit les négociations avec intérêt.  Claire vérifie avec nous du sérieux de notre désir pour acheter des foulards Pashmina (laine recherchée souvent tissée avec de la soie) et recherchés pour leur qualité, leur beauté et leur chaleur.

Je raconterai une autre fois cette expérience parsemée de questionnements de questionnement mais surtout de fous-rires. Après une bonne heure de négociations, du moins ce qu’il m’a semblé, nous décidons de partir.  Je suis mal à l’aise d’avoir fait travailler ces vendeurs sans rien acheter.  Guylaine est ferme dans son attitude de sortir sans un regret.  A chacune ses émotions!  Nous en rions.

Nous voilà repartie.  Guylaine a un feeling d’arrêter dans un mini amas de boutiques.  Un jeune et beau coréen, nous sommes toutes les trois d’accord, et débute l’aventure de la séduction la plus douce qui m’a été donné à assister…. À suivre

Danse de Kathak

D’origine religieuse, cette danse est considérée aujourd’hui sacrée et séculière.  Kathak signifie histoire.  D’influence musulmane elle fut apportée par les Moghols.  C’est une danse très rythmée dont l’accompagnement musical est au cœur du spectacle. Deux jeunes hommes jouent pendant une demi-heure pendant qu’un autre musicien viendra se joindre à eux.  Un des jeunes joue d’un instrument à percussion; l’autre joue du sarangi.  Et le dernier joue de l’harmonium qui est un instrument modelé sur l’accordéon, en principe seulement.

Pendant le spectacle, trois de nos hommes « plantent des clous », les yeux fermés, la tête penchée offrant une image fichée dans le sommeil.

La deuxième partie du spectacle réveillent nos trois « endormis » car un danseur et une danseuse se manifestent dans une tenue digne des contes de Mille et une Nuits.  Ils répondent à la musique à l’aide de petits grelots aux chevilles.  Le danseur nous explique ce que signifie les différentes scènes que composent cette danse.  L’histoire est basée sur la mythologie indienne.

La danse commence lentement puis, au fur et à mesure de la représentation, accélère de rythme.  Les danseurs font preuve d’une grande maîtrise de leur corps dans l’espace et transmettre les émotions dans de mouvements gracieux et élégants de mudras.  Assez impressionnant ces mouvements de pieds qui glissent sur le plancher tout en produisant un son assez puissant.

Pour moi, c’est le travail des pieds qui m’a le plus frappé ainsi que les pirouettes impressionnantes de rapidité s’achevant sur des poses figées et dignes d’une statue.

J’ai dormi entre 3 et 5 heures par nuit, et je demeures en forme pour la journée.  Par contre, vers 21h00, mes yeux ferment sans crier gare.  Hier, comme un enfant, j’ai fait ma première nuit, comme Antoine parfois!

Namaste!

Itinéraire du voyage : Carte détaillée

Raymonde Girard
Raymonde Girard

Publié par Raymonde