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Agra : visite du Taj Mahal
Agra : visite du Taj Mahal

20 novembre - Le Taj Mahal

5h15. Il faut se lever très tôt pour être dans les premiers au Taj Mahal et éviter d'attendre pendant des heures en file. Départ en mini-bus pour le stationnement du Taj Mahal et marche ultra rapide pour faire la queue devant la billetterie. Nous voulons être les premiers à entrer!

Mai près de 200 personnes sont déjà là en 2 rangées qu'un fonctionnaire en uniforme vérifie constamment: les hommes d'un bord et les femmes de l'autre. Raymonde combat ardemment  les imposteurs qui osent s'infiltrer parmi nous: «Hey là vous autres! Pas question! Faites la queue comme tout le monde!» qu'elle leur dit dans son plus bel Hindi. L'effet tonal est tellement impressionnant que personne n'ose par la suite défier son autorité!

Froid matinal

C'est pas mal frais, même «frette» selon les madames! Je suis bien avec ma chemise à manche courte... du moins c'est ce que je leur dis mais ce serait très peu macho de leur avouer que je leur envie leur grands foulards (des pashminas d'après une source très bien informée) dont elles se drapent les épaules et qu'elles ont mis des heures à magasiner ces derniers jours avec une joie que seule une autre femme peut comprendre.

Les contrôles de sécurité

Les guichetiers arrivent à 5h50, 10 minutes avant l'ouverture, et débutent méthodiquement leur sinécure, le tamponnage de billets étant un grand classique du travail de masse en Inde!  Même si quelques guides indiens parviennent à passer devant nous pour faire valider les billets de leurs clients «VIP», Daniel et Mohamed, le même guide local qu'au Fort Rouge hier, résistent et nous voilà nous aussi à l’intérieur.

Les restrictions

En fait, nous n'avons accompli que l'étape la plus facile car  franchir le poste de sécurité et ses détecteurs de métal est en lui-même un événement très stressant: tout est interdit et seules les caméras et les batteries sont permises. Toute forme de nourriture est proscrite et on confisque toutes les bouteilles d'eau en notre possession... pour nous en donner une autre gratuitement! Parmi les restrictions étonnantes on spécifie que «les crayons à papier et les crayons de couleurs» sont interdits mais pas les stylos à encre, peut être pour éviter que les gens écrivent des graffitis sur le marbre du Taj Mahal.

François a le malheur d'avoir sur lui un objet que le soldat ne reconnait pas: «Confisqué!». Mohamed réussi à le convaincre de lui remettre ladite arme de destruction massive pour qu'il la confie à un ami propriétaire d'un commerce tout près. C'est OK. Le minuscule trépied de caméra très design de François ne verra jamais le Taj Mahal!

Passé les murailles entourant le site du Taj Mahal, nous voici devant l'énorme porte monumentale toute de grès rouge construite sur laquelle deux rangées de  11 coupoles rappellent les 22 années de labeurs que des milliers d'artisans et d'ouvriers on mis à construire ce monument à l'amour. Cette porte majestueuse  rappelle déjà les incrustations fines et détaillées que nous allons voir dans le Taj Mahal.

Visite du Taj Mahal

Un autre voeu exaucé!
Un autre voeu exaucé!

C'est dans le porche de cette porte que nous voyons en perspective le majestueux Taj Mahal encore embrumé dans la fraîcheur matinale. L'émotion est à son paroxysme et nos cœurs battent la chamaille! Le Taj Mahal, majestueux, apparaît au fond d’un superbe jardin, nimbé des toutes premières lueurs de l’aube.  Les minutes qui vont suivre vous seront très certainement décrites avec force détails dans les émotions par nos compagnes. Je vais donc me contenter de vous livrer les «émotions» ressenties par un ingénieur en mécaniques devant ce monument extraordinaire.

Le Taj Mahal est construit sur la rive de la rivière Yamuna et entouré de jardins magnifiques où la hauteur des arbres est contrôlée afin de diriger les regards vers la blancheur laiteuse de l'édifice. Un grand rectangle d'eau faisant parti d'un ensemble de fontaines, permettait de refléter le Taj Mahal. Je suis déçu de voir qu'on n'est pas parvenu à contrôler la limpidité de cette eau de sorte qu'aujourd'hui, aucune des nombreuses fontaines ne contient d'eau. Pour un ingénieur, c'est un anti-climax: tu construis une Ferrari mais sans la peindre en rouge. Very shocking!

Mon dieu qu'on a pris des photos: en groupe, tout seul, avec Raymonde, en amoureux, en extasié... tout y passe. Certaines personnes sont plus loufoques que d'autres et vont jusqu'à mettre le doigt sur la pointe de la coupole du Taj. J'avais fait quelque chose de semblable à Pise en poussant du doigt la tour penchée pour la redresser. Very amazing!

Soudain, le soleil perce la brume pour ajouter une teinte jaune au marbre laiteux du Taj. Combien de click de caméras en ce moment précis? À peu près autant que lorsque le premier mineur a été sorti de son trou l'autre jour au Pérou. Very interesting indeed!

Les tombeaux

Soldats en arme et... pichous !
Soldats en arme et... pichous !

Parvenus à l'esplanade surveillée par des soldats en arme, nous mettons des couvres-chaussures en tissu synthétique pour ne pas érailler les dalles de marbre sur lesquelles nous allons marcher. Des minarets ont été érigés sur chacun des coins de l'esplanade mais ils penchent légèrement vers l'extérieur, l'architecte ayant prévu qu'ainsi ils ne s'écrouleraient pas sur le Taj Mahal advenant un tremblement de terre.

L'utilisation des flashes et des caméras est totalement interdites à l'intérieur du mausolée - on le fait en cachette! - dont la visite est émouvante mais décevante car tout est dans la pénombre, une minuscule lampe parvenant difficilement à éclairer les tombeaux de Shah Jajan et de son épouse Mumtaz réunis ici pour l'éternité.

Fait étrange, le seul élément non-symétrique du Taj Mahal est cette tombe de son constructeur placée près de celui de son épouse bien-aimée qui vient briser l'harmonie des lieux.  Shah Jahan avait pourtant prévu un mausolée de marbre noir pour abriter sa dépouille mais son fils, le méchant Aurangzeb, n'a pas exaucé son voeu.

Incrustations de marbre

Pendant la visite je m'extasie cependant devant les incrustations de pierres précieuses et semi-précieuses qui ornent pratiquement tout le marbre exposé. C'est tellement fin et délicat que je me demande si c'est encore possible aujourd'hui de refaire un tel travail. Je m'étais posé jadis la même question en visitant l'intérieur de St-Pierre de Rome où l'ingénieur en moi avait calculé le coût en «stades olympiques de Montréal» d'une reconstruction à l'identique. Aujourd'hui, c'est en «CHUM de Montréal» que je ferais l'évaluation du temps de reconstruction du Taj Majal tellement cela prendrait de temps à se faire : une éternité !

Atelier d'incrustation

La visite terminée, nous repassons à l'hôtel vers 9h30 pour y déjeuner à un très bon buffet. Ensuite, Sanju charge nos valises dans le mini-bus et nous amène dans une boutique d'artisanat où nous pouvons voir de nos yeux qu'il se fait encore aujourd'hui des oeuvres d'art aussi belles que celle que nous avons vu au Taj Mahal! Moi qui croyait que l'incrustation de marbre était un art perdu à jamais!

Tout peut se faire
Tout peut se faire

On y voit des artisans tailler minutieusement des plaquettes de marbre coloré et des pierres fines sur des tours manuels alors que d'autres sont à buriner et creuser des cavités dans les plaques de marbre pour recevoir ces pièces.  Il faut modifier et polir de nombreuses fois les différents éléments pour pouvoir les ajuster parfaitement. Les différentes couleurs des veines des pierres fines et des plaquettes de marbre sont judicieusement choisies pour reproduire la structure naturelle des feuilles et des fleurs. Un travail de moine! Le résultat est spectaculaire tout comme le prix de ces objets d'art!

Dîner sur la route vers Bharatpur

11h30. Nous voilà enfin partis pour Bharatpur. Pendant le trajet, nous avons droit à une leçon d'astrologie de la part de Raymonde qui s'y connait passablement dans ce domaine! Même les sceptiques se surprennent à s'intéresser à ses paroles et les discussions vont bon train.

Vers 13h00, nous arrêtons dîner à l'extérieur d'un petit restaurant routier sous un large parasol de nylon bicolore qui nous abrite du soleil.  Le gérant ou propriétaire est là pour nous accueillir. On se croirait dans un film.  Tous les plats de service en métal gris argent, comme au Château Frontenac, les serveurs en livrée noire et blanche sont attentifs à nos moindres besoins.   Et la bouffe est bonne! C'est magique! Souvent il n'en faut pas beaucoup pour transformer un repas simple en quelques chose d'extraordinaire et mémorable!

BHARATPUR

Nous atteignons Bharatpur vers 14h30. Notre hôtel, situé en bordure de l'autoroute n'a de palace que le nom! Histoire à suivre!

Bharatpur
Bharatpur

Le Parc Keoladeo

Le reste de l'après-midi fut consacré à la visite en bicyclette du parc national Keoladeo pour y voir de multiples oiseaux, surtout aquatiques, mais aussi des antilopes et de grosses tortues «mangeuses d'hommes». C'est du moins ce que notre guide local nous a dit en nous prévenant de ne pas chuter à l'eau car... Ça ajoute du piquant à l'excursion et ça fait de quoi à raconter car moi, mon «hostie»  de becyque, j'en avais plein le cul! Une disgrâce totale pour un ancien coureur cycliste des années 60 comme moi!

La selle était trop basse et impossible à ajuster de sorte que j'ai fait 2 heures de tape-cul assis pratiquement sur l'aile d'en arrière. Les poignées étant trop basses, je devais pédaler avec les genoux à l'extérieur - en position de yoga - pour éviter de me faire des bleus en frappant les poignées. Finalement, au retour, mon garde-chaîne a rendu l'âme - un boulon dans ce cas-ci - et ce fut dans un tintamarre indescriptible que je suis revenu à la ligne de départ la chaîne frottant directement sur la tôle du foutu bidule mal attaché.

Faut dire que ce fut un mal pour un bien car, devant moi, tous les usagers de la route m'entendaient venir à 1 kilomètre et s'écartaient pour laisser passer le «véhicule d'urgence» qui s'en venait! C'est le seul bon coté de la chose! Very, very, very embarrassing moments for me indeed!

Raymonde et Clôde en richshaw
Raymonde et Clôde en richshaw

J'aurais dû faire comme Raymonde et Clôde et prendre un rickshaw! Leur pédaleur, Kalou, était hyper sympathique et gentleman.  Elle sont beaucoup ri de ses remarques pertinentes teintées d'une touche d’humour comme « Les amours des oiseaux rechauffent leurs nids! ».

Oh! L'ai-je mentionné ? On a vu des oiseaux, des antilopes et des tortues «mangeuses d'homme». Mais ça c'est une autre histoire sans grande importance car moi, ce qui m'a marqué, c'est la selle de la bicyclette que j'ai incrustée dans le croupion et ça fait encore mal!

Le Pratap Palace Hotel

Ce soir, notre hôtel est «cozy» et familial. Il se nomme Pratap Palace. Faut pas être complexé pour donner un nom pareil à son hôtel quand il est situé sur le bord de l'autoroute et qu'il n'a rien qui le distingue spécialement des autres édifices autour.

Même la «swimming pool» annoncée en grandes lettres sur le panneau réclame n'a rien de vraiment invitante avec son eau croupie envahie par les algues. Mais on y travaille car je vois des outils près des équipements de filtration rouillés et en piètre état. Un pouce de poussière les recouvre cependant ce qui  fait  plutôt croire à une inéluctable résignation des gens de l'entretien quant à la possibilité de la remettre en marche d'ici les 5 prochaines années.

Le bon coté de la chose étant....

Le proprio est très gentil et au devant de tous nos besoins. La chambre est propre et grande. À coté, une grande salle où dorment les employés. Nous sommes tous satisfaits même si on a pas Internet car la nourriture est bonne et la bière Kingfisher Extra Strong coule à flot ici! Longue vie à Bharatpur la dépravée!  Choooooouuuuuu à Varanasi, la ville sainte, prude et sans alcool!

Delhi
Delhi

DELHI - 15 novembre 2010

Réunion matinale

Dès 5h30, le téléphone sonne pour nous sortir du sommeil. Après une courte toilette, nous descendons dans le lobby faire connaissance avec les autres membres du groupe soit Richard, Claire et Clôde. Daniel, notre guide, nous fait une petite réunion afin de nous préparer à ce que nous allons voir, principalement, quelle attitude prendre face à des situations qui nous dépassent ou nous embarrassent. Nous posons quelques questions et nous voilà partis pour la journée.

Delhi de jour

Nous allons déjeuner dans un resto à Connaught Center et nous prendrons le métro pour y aller. C'est notre premier contact avec Delhi le jour. C'est un peu moins lugubre que lors de notre arrivée la nuit dernière où nous pensions réellement que Daniel s'était trompé d'hôtel! Les chiens sont encore là ce matin pour nous souhaiter la bienvenue! En face, une ruelle pleine de détritus et un petit parc avec quelques arbres que Raymonde a visité très tôt ce matin.

La ruelle de l'hôtel porte le nom de «Lane 35». Elle est défoncée d'un coté car on est à refaire les égouts de sorte qu'un long monticule de terre en obstrue l'accès sur presque toute sa longueur et seuls les petits véhicules peuvent y circuler en mettant deux roues sur le remblais.

Rue Ajmal Khan

Un faux roux
Teinture au henné = cheveux roux !

Nous débouchons sur la rue Ajmal Khan face à un immeuble éventré. C'est un édifice à appartements encore habité à ce qu'on peut voir, et qui semble avoir subi les affres de la guerre, sa façade étant percée de grands trous. Non, ce n'est pas Beyrouth mais bien Delhi!

La rue est brumeuse et le ciel a une couleur d'orage mais il ne pleuvra pas aujourd'hui à Delhi:  c'est la couleur du smog. Nous croisons un homme à la chevelure orange. «Il teint ses cheveux blancs au henné et c'est ce qui donne cette teinte rousse!» nous dit Daniel. Curieuse façon de maquiller son âge!  Un peu ridicule! Pourquoi pas une teinture noire? Bah! C'est ça l'Inde!

Station de métro Karol Bagh

Pour s'orienter à Delhi, il faut connaître son quartier... comme à Québec on a Beauport, Limoilou, Ste-Foy, etc. Conseil de Daniel : «Si vous vous perdez, prenez un tuk-tuk, dites au chauffeur Karol Bagh et Pablas Hotel. C'est suffisant pour vous ramener à bon port!».  Pendant qu'il achète nos jetons de métro, nous remarquons qu'il le fait à un guichet réservé aux hommes et que les femmes font la fille à celui qui leur est dédié.

Daniel nous remet des jetons plastifiés dont le prix varie selon la longueur du trajet et valides pour une seule destination. Ils sont magnétisés et nous permettent d'entrer dans le métro en pointant le jeton vers la borne. À la sortie, le jeton est inséré dans la borne pour ouvrir le tourniquet. Ce bidule est à l'épreuve des fraudes.

Armée omniprésente

Nous remarquons aussi l'omniprésence de soldats en arme déambulant dans le métro. Il nous est interdit de les photographier. Chaque entrée de métro est équipée d'un muret de sac de sable monté d'une mitrailleuse derrière lequel se tient un soldat qui aimerait bien se voir ailleurs! Nous passons ensuite aux détecteurs de métal, un pour les hommes, un pour les femmes, surveillés par des soldats qui ne se gênent pas pour fouiller les sacs un peu louche. Mais les occidentaux semblent avoir la partie belle et on ne nous importune pas.

Même si certains wagons du métro sont réservés aux femmes,  nos dames ne s'en formalisent pas trop et transgressent cette loi non écrite en partageant le wagon des hommes... au grand plaisir des Indiens qui ne se lassent pas de les zyeuter !

Le métro de Delhi est en majeure partie aérien. Il est en construction depuis 2002 avec un dernier tronçon livré juste à temps pour les jeux du Commonwealth en juillet dernier. C'est la multinationale québécoise Bombardier qui a construit les wagons des rames du métro. Nous sommes donc bien fiers d'y monter et de constater qu'ils sont climatisés, spacieux, confortables, modernes et propres. Le déplacement se fait doucement et sans bruit même si les roues sont en métal. Surprenant!

Connaught Center

Nous sortons à la troisième station nommée Rajiv Chowk. C'est le Connaught Center avec ses rues concentriques et son immense bazar Emporium logé dans un édifice moderne et où on peut trouver tout ce qui se fait en Inde comme artisanat... à la condition d'y mettre le prix car c'est gouvernemental et pas question de magasiner ici... pour nous en tout cas !

Distributions de journaux

Nous traversons une grande cour achalandée par des dizaines de personnes occupées à trier les journaux du matin transportés ici par camion. Ils en font des paquets que des gens à bicyclette transportent ensuite vers les revendeurs installés au coin des rues. Lorsque nous repasserons ici dans deux heures, il n'y aura plus personne. La même scène se répètera dans quelques heures pour l'édition du soir. Extraordinaire!

Premier déjeuner indien

Pour nous, la journée ne débute véritablement qu'après un bon café et un délicieux déjeuner style «Inde du sud» pris au resto Saravana Bhavan dont il existe plusieurs franchises en Ontario. L'atmosphère est détendue et propice au partage ce qui nous permet d'en apprendre d'avantage sur nos compagnons et compagnes de voyage. Daniel nous donne plus de détails sur ce que nous allons visiter aujourd'hui. Rétrospectivement, je lui suis reconnaissant de ne pas avoir trop insisté sur la manière privilégiée pour ces visites (la marche) car, avec mon problème de hanche, je pense que j'aurais paniqué! Car, pour marcher, nous avons marché! Beaucoup! Beaucoup! Tout un début! J’ai l’impression que Daniel voulait nous «casser» afin que nous soyons plus conciliants avec lui dans le futur. Dans l’armée, c’est une méthode qui a fait ses preuves!

Trêve de plaisanteries! Voici la carte des visites d'aujourd'hui.

VISITE DE OLD DEHLI

Le bazar Chandni Chowk

Ce fut une journée magnifique mais très fatigante commencée sur les chapeaux de roues. Nous reprenons le métro en direction du bazar Chandni Chowk à l'intérieur des murs du Old Delhi. Nous descendons lentement la rue Dariba Kalan qui longe le Fort Rouge. Nous avons nos premiers réels contacts avec la vie quotidienne des propriétaires d'échoppes, des petits métiers et des vendeurs de tout ce qui se produit en Inde. On trouve de tout ici en passant par les costumes de mariage, les décorations pour les festivités, les vêtements d'apparat.

Le temple Sikh

Nous sortons du bazar et suivons une grande rue vers le temple Sikh Gurdwara Sis Ganj. Nous devons d'abord enlever nos chaussures et les déposer dans un vestiaire puis, faute de turban à la sikh, nous épingler sur la tête un morceau de tissu fourni par le temple. De l'eau coule de plusieurs robinets pour que les fidèles et les visiteurs fassent leurs ablutions. Après avoir satisfait volontiers à ces exigences,  c'est avec les pieds tout mouillés que nous accédons finalement au temple. Nous nous assoyons par terre derrière les fidèles et assistons à la cérémonie. Un officiant chante et des musiciens l'accompagne. Nous sommes conquis par l'atmosphère de prière intense de ce lieux et nous vibrons à l’énergie des chants et de la musique. Je sais que pour plusieurs d'entre nous, ce fut une expérience  extraordinaire!

La religion Sikh préconise l'entraide et le partage, les mieux nantis se faisant un devoir d'aider les plus pauvres. C'est une des raisons qui font que la communauté Sikh est la plus riche de l'Inde. Dans le plus grand respect, nous visitons la cuisine attenante au temple où des fidèles préparent de la nourriture dans d'immenses chaudrons afin de nourrir  gratuitement des centaines de démunis qui transitent continuellement dans l'immense sale à manger.

L'heure du Chai ou Spicy Tea

Nous reprenons notre marche dans les ruelles du bazar toujours vers le sud. Comme c'est l'heure du thé ou du chai comme on dit ici, Daniel arrête chez une connaissance, un monsieur au cheveux teints en roux.  Nous assistons à la préparation du thé et Daniel nous remet à chacun un petit verre qui nous servira pour ce cérémonial pour une bonne partie du voyage. Le propriétaire est bien heureux de demander à une de nos dames de l’aider a verser le liquide sucré dans nos verres et Claire est désignée pour «prêter son corps» à cette fin car le monsieur ne se gêne nullement pour lui effleurer le sein «par accident». Nous rions tous de bon cœur de cette situation!

La Mosquée Jama Masjid

Ensuite, direction de la grande mosquée Jama Masjid. Nous devons payer 200 roupies pour le droit d'utiliser la caméra. C'est une grande place carrée entourée d'une enceinte avec un bassin pour les ablutions en son centre. C'est immense. Les femmes doivent revêtir une sorte de jaquette d’hôpital extrêmement désobligeante pour leurs formes. On reconnaît ici la misogynie de l’Islam. La mosquée elle même est surmonté d'un gros dôme jouxté de deux plus petits. L'intérieure ne présente rien de spécial. Quatre minarets marquent les coins et l'ascension de l'un d'eux est le point culminant de cette visite. L'escalier en spiral offre très peu d'espace pour laisser passer les gens qui redescendent. C'est même parfois dangereux! Mais parvenus tout en haut, la vue sur Delhi est superbe, surtout vers le Fort Rouge. Tout en bas, une multitude de gens est rassemblée dans un immense parc où des centaines de tentes sont montées en préparation d'une grande fête musulmane où des milliers de chèvres seront sacrifiées.

Chez Karim's

Nous avons faim! Daniel a prévu le repas chez Karim's, un des meilleurs restaurants du coin d'après lui. En plus du resto, on y trouve aussi un hôtel et une cuisine où les mets préparés sont vendus sur la rue. Nous avons soif et les bouteilles d'eau froide sont les bienvenues! Je vais prendre des photos des gens occupés à prépare les pains nam et les cuire dans un four tandoori.

Daniel commande un «tali». Il adore l’Inde.  Il est généreux et nous sentons son plaisir à partager ses informations avec nous.  La nourriture est bonne et nous sortons du resto bien repus. À l'extérieur, nous avons le plein loisir de voir la vie quotidienne des gens, en particulier des écolières de différentes écoles qui passent devant nous en uniforme. En lieu et place des autobus scolaires, ici on loue des richshaws qui transportent jusqu'à une dizaine d'élèves!

Le chaos auto-géré

Nous montons dans des richshaws qui nous mènent à la gare de New Delhi où Daniel veut nous initier aux trains indiens afin que nous sachions à quoi nous attendre lorsque nous prendrons un dans quelques jours. En traversant un bazar nous pouvons constater de visu l'ultime chaos indien: quatre ruelles congestionnées convergeant vers la même intersection! C'est incroyable! Des gens à pied, d'autres avec des colis sur la tête ou traînant une couple de chèvres en laisse, des femmes à bicyclette, des richshaws impatients, des jeunes à motos bousculant et empestant tout le monde! Je n'ai jamais rien vu de tel!  Nous sommes coincés là! Ici, pas de feu de circulation ni de policier! Oubliez-ça! Ce serait bien pire! J'ai l'impression que nous en avons pour une heure avant de sortir d'ici. Mais le chaos fait bien les choses! Il s'auto-gère parfaitement et en moins de cinq minutes nous sortons de ce capharnaüm indemnes et en route pour la gare!

Gare de New-Delhi

La gare de New-Delhi est immense avec des dizaines de quais enjambés par de longues passerelles. Un train est vide et nous profitons de l'occasion pour monter dans un wagon populaire. On se croirait dans un autobus d'écolier mais avec des banquette en dur. Aucune climatisation mais plein de ventilateurs au plafond cependant. C'est assez dégouttant... surtout la toilette où tout est rouillé!  Daniel nous rassure : notre wagon sera de première classe! J'ai bien hâte de voir la différence!

La marche fait des victimes!

Les jambes commencent à nous faire mal et les pieds aussi. Pour ma part, même si je savais que c'était courir après les problèmes, j'ai tenu ce matin à étrenner mes nouvelles sandales. Donc, j'ai maintenant, sous chaque gros orteil, une ampoule d'au moins 100 watts qui ne demande qu'à éclater à tout moment! J'endure. Tant pis pour moi! Je n'ai surtout pas le droit de me plaindre!

Bazar Pahar Ganj

Le jour tire à sa fin et nous avons tous bon espoir que la visite aussi en est à ses derniers moments. Mais Daniel a d'autres plans dont celui de nous faire traverser un autre bazar, le Pahar Ganj, réputé pour ses ferrailleurs, ses vendeurs d'épices et de produits maraîchers. Nous le traversons dans la pénombre. Oh my God! L'ardeur n'y est plus depuis un moment mais il faut suivre et persévérer car le salut est en vue soit la station de métro Ashram Ramakrisna dont nous gravissons les marches lentement. Une discussion s'engage cependant : Daniel avait prévu une séance de magasinage à l'Emporium de Cannaught Center avant le souper prévu plus tard mais plus personne ne veut y aller! Nous voulons tout simplement nous reposer!

Repos et méditation à l'ashram

Quelqu'un suggère de revenir sur nos pas et d'aller à l'Ashram Ramakrisna à quelques mètres de la station et d'y tenir une séance de méditation pour les uns... et de repos pour les autres. C'est unanime. Nous rebroussons chemin illico vers le sanctuaire dédié à Ramakrisna et Veverananda où chacun trouve le «spot» idéal. Pour ma part, je m'adosse à une colonne pour reposer mon dos endolori. Impossible d'imaginer un endroit aussi calme, reposant et... endormant!  Raymonde tombe même endormie en essayant de méditer! Ah! La quiétude de la méditation!

Une Kingfisher au Zen

Après ce regain d'énergie, le retour en métro à Connaught Center s'accomplit facilement. Nous soupons au resto chinois Zen qui porte bien son nom et où nous pouvons enfin déguster une bonne bière Kingfisher (139 roupies) bien froide! Depuis le matin que Richard et moi ne pensons qu'à ce moment divin! Une autre merveille de l’Inde! Comme les boissons et les pourboires aux serveurs et aux porteurs ne sont pas inclus dans notre forfait, Daniel utilise une formule qui nous plaît beaucoup: il compile le coût de nos consommations et pourboires dans son calepin de notes et nous fait payer l'addition aux deux semaines. Vraiment pratique pour tout le monde!

Sur le chemin de retour à l’hôtel, nous achetons quatre bouteilles d'eau à 20 roupies chacune. nous préparons nos valises pour notre départ demain matin et sautons dans nos lits. Quelle journée! Et ce que vous lisez ici n’est que le résumé du résumé !

Itinéraire du voyage : Carte détaillée

Pascal Bouchard
Pascal Bouchard

Publié par Pascal