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Calcutta
Calcutta

31 décembre 2010 – Kolkata (Calcuta)

Pesée des valises

Nous prenons l’avion ce midi pour Kolkata, anciennement Calcuta, et nous devons nous conformer à la règle du 23 kilos par valise. Contrairement à nous qui avons perdu du poids, nos valises ont pris beaucoup d’embonpoint pendant ce voyage et la balance de l’hôtel nous indique un excédent de 19 kilos que nous avons mis dans un sac bleu du Club Aventure. Seule Raymonde et ses vendeurs savent d’où proviennent ces kilos «supplémentaires»!

Kolkata

Le vol est sans histoire et nous atteignons Kolkata en fin de journée. Nous sommes, encore une fois, étonnés de voir autant de «smog» et de respirer cette fumée qui irrite tant la gorge. Dans le ciel gris, le soleil n’est qu’un disque orangé qui peine à percer cette couche infecte. Nick, le gars de l’agence venu nous accueillir à notre sortie de l’aéroport, nous fait la description de ce que nous voyons en route et en particulier le «New Kolkata» en train de se construire des deux cotés de l’autoroute : c’est incroyable de voir autant de construction de gros immeubles! Il nous dit que ce sont surtout des édifices à bureaux mais aussi beaucoup d’immeubles à condos pour les gens aisés. C’est la façon indienne de résoudre la pauvreté dans les villes!

Hôtel Lytton

Notre hôtel est situé au centre-ville près de la Park Street, la Sainte-Catherine de Kolkata et des marchés publics. La rue Sudder sur laquelle il se trouve ne paye pas de mine et nous craingnons de nous retrouver à nouveau avec un autre «Pablas» comme à Delhi. Mais ce n’est pas le cas! C’est un très bel hôtel. Notre chambre est spacieuse et deux bons restaurants, dont un Chinois et Thaïlandais, vont nous permettre de nous régaler. Il possède une cour intérieure pour le stationnement des autos. C’est là que nous voyons la superbe Audi sport qui est construite en série limitée. Au moins 250 000 $ chacune! Je me demande pourquoi il s’est acheté ce bijou! Juste la sortir de l’hôtel et emprunter la Sudder Street sera un exploit pour ne rien heurter tellement c’est étroit. Et avec toute la circulation dans Kolkata, jamais  il va pouvoir en profiter pleinement. Bon! Chacun trouve ses satisfactions où il peut!

Puja du Nouvel-An

Après notre souper chinois-thaïlandais pris à l’hôtel, nous allons dans notre chambre pour fêter le Nouvel-An à la façon indienne soit en faisant un «puja» qui est une offrande ou un sacrifice fait à une divinité pour s’en attirer les faveurs. Comme notre stock d’image ou de statuettes religieuses hindous est très limité, je propose donc d’utiliser la petite sculpture achetée la veille a Chennai et représentant le «lingam» (phallus pas mal stylisé) de Shiva encastré dans «yuni» (vulve très stylisée elle-aussi) de son épouse Pavarti.

Je l’ai décoré de rubans jaune et posé sur des pétales de roses récupérées de la fleur qui ornait notre table au souper. Dessous, j’ai installé un cendrier dans lequel nous avons fait un petit feu en utilisant du papier et des cure-dents aussi récupérés du resto. Nous avons alors profités de ces moments pour faire nos vœux pour la prochaine année afin qu’elle nous apporte santé et bonheur à nous et à nos proches.

Marcel et Guylaine sont ensuite allés marché sur la Park Street mais la foule immense qui y déambulait les a fait rebrousser chemin après quelques minutes. Quant à Raymonde et moi, nous avons préféré la quiétude de notre chambre pour y passer les dernières minutes de 2010 et accueillir les premières secondes de 2011.

BONNE ANNÉE!

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Chennai
Chennai

30 décembre 2010 – Chennai

Depuis qu’il est à Mamallapuram, Vidji demeure chez un ami ce qui doit certainement être pas mal mieux que de coucher dans l’auto. Ce matin il est heureux car on s’en va dans sa ville et, ce soir, il sera dans sa famille.

Visite de Chennai

Partis à 8h45 de Mamallapuram, nous atteignons Chennai une heure plus tard pour une première visite au temple de Shiva qui fut très courte, Vidji ne venant pas avec nous pour la visite et parce qu’on demandait de l’argent pour les caméras. Comme j’ai constaté depuis trois jours que nos caméras avaient de plus en plus de difficulté à reprendre encore et encore les photos de Shiva et de Pavarti, Marcel et moi leur avons donc donné un «break» et après 10 minutes, nous étions de retour à l’auto pour la poursuite de la visite de la ville.

St-Thomas

Le prochain arrêt s’est fait à la cathédrale Saint-Tome où l’apôtre St-Thomas a été martyrisé et est mort. J’ai appris ici que trois autres apôtres seulement ont des cathédrales dédiées à leur nom. Je vous en donne un autre : St-Jean de Compostelle. À vous de trouver la troisième cathédrale. Non, non, non, ce n’est pas l’Oratoire St-Joseph de Montréal. J’ai dit «apôtre» !

Nous avons bien tentés d’aller visiter la Société Théosophique de Madame Blavasky mais, en cette fin d’année, elle était fermée aux visiteurs, n’ouvrant que le 2 janvier prochain. Trop tard pour nous!

La plage

Comme nous ne voulions plus voir de musées ni plus rien d’autre, notre bon Vidji nous a conduit le long de l’immense plage en bordure de la mer, la plus longue plage après celle de Miami. Il nous a dit que pour la fin d’année, ce sera noir de monde pour les célébrations. Il pense bien y venir avec sa femme et ses enfants.

Nous sommes installés à l’hôtel Marina Tower. C’est un Comfort Inn. Comme la chambre qui nous avait été attribuée voisine de celle de Marcel et Guylaine sentait trop la cigarette, nous nous sommes fait changer et celle que nous avons est à notre entière satisfaction, spacieuse et  avec un grand lit double.

Vidji à dîner

Nous avons invité Vidji à dîner avec nous ce midi car il était triste que ce soit sa dernière journée avec nous et c’est réciproque car nous avons appris à aimer son caractère doux et son professionnalisme. C’est vraiment une très bonne personne. Nous avons eu droit à un superbe buffet où nous nous sommes régalés avec, à la fin, une série de petits desserts pas piqués des vers! Nous nous sommes faits plaisir! Lorsqu’il nous a quittés pour rejoindre sa famille, Vidji nous a dit une nouvelle fois qu’il était triste que ce soit sa dernière journée avec nous. Je crois que nos tempéraments rieurs et farceurs vont lui manquer!

Les piqures de Guylaine

Guylaine s’est encore faite piquer plusieurs fois sur les chevilles par les moustiques et souffre le martyre depuis notre départ de Mamallapuram à cause des affreuses démangeaisons qu’elle ne peut faire disparaître autrement qu’en trempant ses pieds dans de l’eau froide. Elle a donc patienté jusqu'à notre arrivée à l’hôtel pour enfin apaiser ces douleurs. Vraiment spéciale cette forme d’allergie dont elle souffre!

Nos états physiques et mentaux

Coté santé physique, sauf pour les démangeaisons de Guylaine, les petites diarrhées de Pascal et Guylaine, tout est OK.

Coté santé mentale, tous mes amis sont encore A-1 mais, moi, je commence à avoir hâte de quitter l’Inde pour retrouver ma petite routine de Québec! J’ai assez de bagage culturel et émotionnel d’accumulé pour être  un bon moment sans avoir à quitter mon coin de pays avant un bon moment. Quant à savoir si je répéterais encore une fois l’expérience du 2 mois comme en Tunisie, Australie et ici en Inde, je ne crois pas. C’est de plus en plus éprouvant physiquement et mentalement surtout quand les différences culturelles sont aussi grandes. Maintenant, un 5-6 semaines sera suffisant. Mais qui sait?

Mise à jour du blogue

Bon, ce sera tout pour ce billet en provenance de Chennai. Nous avons Internet Wi-fi dans nos chambre à 100 roupies l’heure et je vais donc profiter du reste de la journée pour mettre le blogue à jour en billets et en photos.

Comme demain nous serons en avion entre Chennai et Kolkata, ce sera donc passablement tranquille comme nouvelles. Nous verrons bien en arrivant à notre hôtel Lytton comment les choses se présentent et je vous ferai un rapport dès que possible.

Mamallapuram
Mamallapuram

29 décembre 2010 – Mardi à Mamallapuram

Suite au Woodstock du Cap Comorin, roulant à tous les jours plusieurs kilomètres, me voilà à penser que les Têtes à Claques auraient du « jus » à venir s’inspirer de la vie indienne.  Voici mes quelques-unes de mes réflexions.

D’abord notre chauffeur a un défaut de dents comme le commandant du vol 1932.  Me voilà à rire seule de mes pensées.

Sur les routes rurales, des femmes portent des tas de foin énorme.  De derrière, on ne voit que le tas de foin qui occupe sa tête et ses épaules, donnant l’impression que le tas de foin marche seul.

Nous voyons des vélos sur lesquels des grappes de chaises en plastique sont empilées dépassant la tête du cycliste de plusieurs pieds.  De derrière, on ne voit que les pieds du cycliste en mouvement.  On a l’impression que vélo avance sans conducteur.

Vidgi dit que les vaches sur les routes sont les policières de la circulation.  Il faut ralentir veut, veut pas!

Les tuktuks du coin, ont une partie du devant peint en noir, ce qui me donne l’impression que c’est un Ganesh, avec sa grande trompe d’éléphant.  Je crois que c’est le temps que je retourne au Québec.  Mon imagination devient très fertile!

Nous rions en disant que s’il fallait conduire au Québec comme ici, nous serions arrêtés pour conduite dangereuse et mentale.

La dernière et non la moindre, ce soir, je désire manger des frites et un sandwich rôtie aux légumes.  Mais il faut commander à partir de notre chambre et nous sommes déjà au restaurant.  Je demande au serveur si je peux commander maintenant.  Non, non, seulement de la chambre.  Alors je fais dring, dring, dring, here room 116, please I want a french fries.

Il rit mais il m’assure que je ne peux le manger au resto.  Il me faudra revenir à ma chambre où la livraison sera faite.  Guylaine est avec moi.  Nous rions de ces incongruités n’ayant aucun sens pour nous.  Je répète la même comédie pour commander la même chose à Guylaine.  Il rit à nouveau et nous dit que le tout nous sera livré.  Nous sortons en riant de plus belle.  Vive la différence.

Il me faut me coucher, car demain matin, nous partons à 06h00 pour le ashram où nous effectuerons une montée de 45 minutes pour nous rendre aux grottes de l’ascète Ramana Maharishi.

Bonne nuit!

Mamallapuram
Mamallapuram

29 décembre 2010 – Mamallapuram

Vieille tradition de sculpture

Suite à un désir exprimé là veille, nous avons fait la grâce matinée ce matin ne débutant nos visites qu’à 10h00. Notre guide nous attendait à la sortie de l’hôtel. Il nous a expliqué qu’à Mamallapuram subsiste une très vieille tradition de sculpteurs de granit dont nous avons pu voir les œuvres et les ateliers le long de la route menant à notre hôtel et qui remonte à plus de 1400 ans dans le passé. Nous allons par conséquent visiter trois types de construction bien différentes les unes des autres : d’immenses rochers sculptés et évidés en temples, un bas-relief sculpté dans une grotte, un autre sur le flanc d’un immense rocher et un temple construit selon la méthode usuelle de blocs sur blocs.

Nos visites

Notre premier arrêt se fait au site des «Cinq rathas» ou chariots. Comme c’est un site reconnu par l’Unesco, les temples ont été désacralisés pour permettre à tous d’y pénétrer. La particularité de ces petits temples c’est d’avoir été sculptés et évidés à même d’immenses rochers qui sortaient du sol. Trois d’entre eux n’ont pas été terminés complètement à cause d’une guerre qui a mis fin aux travaux. Nous avons tous été impressionnés par le travail qu’ont nécessité ces sculptures dans le granit.

Notre deuxième arrêt fut pour voir les plus gros bas-reliefs de l’Inde, un premier sculpté dans une grotte et le second sur le flanc d’un immense rocher de granit et racontant l’histoire des dieux hindous. Nous avons pu ensuite nous amuser à essayer de déplacer une immense boule de pierre en équilibre sur le flanc d’une autre rocher. Très spectaculaire!

Finalement nous sommes allés visiter le «Temple on the sea», un très vieux temple en forme de pagode de plus de 1 400 ans situé sur la plage face à la mer de Bengale. Ce temple faisait parti d’un ensemble de cinq dont quatre ont été emportés par la mer avant que le gouvernement indien n’intervienne et ne fasse construire un mur de protection tout autour.

 Vidji notre chauffeur
Vidji notre chauffeur

Notre chauffeur Vidji

Comme il nous reste très peu de temps avec notre chauffeur Vidji, nous avons donc décidé de l’inviter à dîner avec nous dans un bon resto offrant des fruits de mer. À notre grande joie, il a accepté… après les interventions de Guylaine et Raymonde car il très stricte pour ne pas mélanger les affaires et le social!

Nous avons pu alors le questionner afin de mieux le connaître car les renseignements que nous avions glané à date étaient superficiels et touchaient surtout à son implication dans la religion. Vidji est âgé de 33 ans et est chauffeur depuis 13 ans. Il demeure à Chennai, où nous allons demain, dans une maison qu’il loue 10 000 roupies par mois. Elle n’a qu’une chambre à coucher, une cuisine, une salle de bain et une salle à manger. Son père et sa mère, tous deux âgés de 65 ans et ne travaillant plus, demeurent avec lui ainsi qu’un frère handicapé. Il est marié à une très belle femme dont nous avons vu la photo sur son cellulaire. Ils ont deux enfants, une fille de 5 ans et un garçon de 2 ans. Il a aussi une sœur qui est mariée et qui ne demeure pas avec eux. Son beau-frère est chauffeur tout comme lui.

Son travail

Vidji travaille pour une agence offrant les services de chauffeurs. Ils sont dix chauffeurs à se partager le travail qui consiste en 6 mois de tours touristiques dans le Sud de l’Inde comme celui que nous faisons présentement avec lui, les 6 autres mois étant pour les locaux de Chennai et des alentours. Pour son travail, il gagne 10 000 roupies (230 $) par mois qui servent exclusivement à payer le loyer de la maison. En plus, il reçoit une allocation de 200 roupies (4.60 $) par jour pour sa nourriture. Nous supposons donc qu’il doit en épargner le maximum car 6 autres personnes doivent vivre sur cette allocation. Incroyable! Il doit donc faire un travail impeccable afin d’avoir le maximum de pourboire de la part de ses clients. Son plus long tour a été effectué l’an passé et a duré 35 jours avec quatre français dans un minibus. Heureusement qu’il ne parle pas français car il aurait trouvé le temps long à écouter leurs jérémiades!

Son pourboire

Hier soir au souper, sans savoir combien il gagnait, nous avons estimé à 5 000 roupies (115 $) le pourboire total que nous allons lui donner à la fin du voyage soit le double par jour que nous avons donné à Sanju, notre chauffeur pour le nord, estimant que nous avons reçu un très bon service de Vidji. Considérant qu’il gagne 10 000 roupies par mois, notre 5 000 roupies de pourboire pour 13 jours de travail est par conséquent bien adéquat et lui permettra de payer à sa famille quelques petits extras en ce début d’année 2011.

Profession : chauffeur

Toujours bien mis avec sa chemise et son pantalon blanc, Vidji est le type même du chauffeur dédié et loyal. Bien avant que nous soyons levé, il a déjà lavé l’auto et nettoyé l’intérieur afin que nous puissions y prendre place. Mais la vie de chauffeur n’est pas facile car aucun hôtel n’offre d’accommodation pour ces gens de métier. Il est donc bien heureux lorsque l’hôtel est situé en dehors des villes car il peut alors stationner l’auto dans le stationnement et dormir sur le siège du passager. Il peut aussi profiter de toilettes extérieures mises à leur disposition mais pas toujours propres selon Vidji. Lorsque l’hôtel est situé en pleine ville, il doit alors stationner l’auto le long d’un trottoir et y passer la nuit dans le bruit et la cacophonie. Quant à sa nourriture, nous ne savons pas mais nous supposons qu’il va se nourrir aux nombreux petits bouibouis où il trouve à manger pour pas cher.

Comme conducteur, Vidji est super prudent, peut être un peu trop à notre goût car il manque souvent de belles occasions de dépasser des véhicules plus lents. Et lorsqu’il se décide à la faire, c’est un brusque coup de volant à droite pour dépasser, suivi d’un autre aussi sec à gauche pour revenir dans sa voie! Nos perruques risquent à chaque fois de prendre le bord! Mais il est très prudent et aguerri et par trois fois il a su éviter in extremis des collisions avec des jeunes cyclistes imprudents qui ont décidé de traverser l’autoroute sans même regarder. Nous l’avons félicité pour la rapidité de ses reflexes!

Vidji et la religion

Pendant la visite des temples en sa compagnie, nous avons découvert un Vidji très religieux et, à mon étonnement, très pratiquant. Son dieu, c’est Shiva dont il est un inconditionnel. J’ai déjà utilisé «fous de Shiva» pour décrire ces pèlerins qui vont de temple en temple, la barbe longue et habillés de noir. Il nous a avoué qu’il en faisait parti et que chaque année, dans la semaine du 14 janvier, il prenait une semaine de congé pour aller faire son pèlerinage. Le 14 janvier, habillé de noir, il quitte Chennai en autobus à 2h00 du matin pour arriver à Thiruvannamalai vers 6h00. Il fait ensuite le tour de la Montagne Sacrée à pied pour arriver enfin au temple de Shiva où se déroulera LA cérémonie de l’année soit le miracle de la lumière de Shiva apparaissant sur le faite de la montagne à 18h00 exactement et durant seulement 3 minutes. Un million de pèlerins sont alors réunis dans la ville, devant et autour du temple de Shiva. Cet événement est diffusé en direct à la télé sur la chaine Sun Tv. Il nous a fortement recommandé de ne pas le manquer! Encore faudra-t-il trouver cette chaine sur Internet!

Les fous de Shiva et Pavarti

À chaque fois que nous avons visité un temple de Shiva depuis que nous sommes dans le sud, nous avons toujours vu ces hordes de c«fous de Shiva», habillés de noir, accompagnés de leurs pendants féminins, les «folles de Pavarti», la femme de Shiva, toutes habillées de rouge et de jaune. Nous lui avons donc demandé ce que faisaient ces gens!  Il nous a alors expliqué qu’entre le 14 novembre et le 14 janvier se déroulait une grande fête pendant laquelle les disciples de Shiva et Pavarti parcouraient le sud en autobus pour aller en pèlerinage dans chacun des grands temples de Shiva. Pendant cette période, chacun d’eux fait un jeûne de 45 jours, ce jeûne consistant à ne pas manger de viande. Cette grande «fiesta» se termine par le feu sur la Montagne Sacrée le 14 janvier à 18h00 comme décrit auparavant.

La question qui tue!

La seule question que Marcel et moi n’avons pas osé demander à Vidji est la suivante : «Es-tu vraiment certain que la fameuse flamme sur le dessus de la Montagne Sacrée est un miracle ?» C’est évident que nous ne la lui poserons pas car ce serait douter de la véracité de sa foi au «Lord Shiva» comme il le nomme. Mais nous, on a déjà vu neiger et les miracles qui se produisent exactement pendant 3 minutes à 18h00 le 14 janvier de chaque année, on repassera! Je connais des Chambres de Commerce au Québec qui seraient très contentes de concocter un petit miracle comme cela afin d’avoir un million de personnes supplémentaires dans leur ville! Gros retour sur l’investissement!

Ok! Voilà pour notre chauffeur Vidji.

Demain, nous allons dans sa ville, Chennai.

Mamallapuram
Mamallapuram

28 décembre 2010 – Mamallapuram

Ascension de la Montagne sacrée

Raymonde devait se joindre à Marcel et Guylaine ce matin pour faire l’ascension de la Montagne sacrée de l’ashram Ramana à 6h30 mais elle a décidé de rester couchée, préférant laisser au passé ce qu’avait vécu sa sœur Marie-Pier à cet endroit.

L’ascension comme tel s’est effectuée en moins de 30 minutes, le sentier étant bien construit avec des marches solides et bien disposées. Arrivés à la grotte où Sri Ramana est demeuré jusqu’à sa mort, ils ont dû attendre le bon vouloir des gardiens qui leur ont signifié que l’accès en était interdit jusqu’à 8h00 afin de leur permettre d’en faire le ménage. Et même lorsqu’ils purent y pénétrer, le vacarme de la ville tout en bas et des gens qui nettoyaient ont rendu toute séance de méditation bien difficile. Bref, cette excursion n’eut pas l’effet escompté,  malheureusement.

Raymonde et les sadhus

Nous avons quitté notre resort de Tiruvannamalai en direction de Mamallapuram mais en faisant, en auto, le circuit de 12 kilomètres qui fait le tour de la Montagne Sacrée et que les pèlerins hindous font à pied. Presque sur tout le trajet, un large trottoir de 3 mètres de largeur permet aux marcheurs d’éviter la circulation. Raymonde veut arrêter à un des nombreux temples qui marquent ce parcours afin de prendre des photos des sadhus qui pullulent dans ce secteur. Vidji se fait donc un plaisir nous arrêter à l’un d’eux et voici notre belle Raymonde qui prend des photos d’une couple de sadhus. En quittant, comme elle n’a pas de monnaie, elle veut leur remettre un billet de 100 roupies pour qu’ils se le partagent car ils ont certainement acquis assez de sagesse pour le faire. Mais chacun le dispute à l’autre, aucun ne voulant pas le partager! Devant le ridicule de la situation, elle déchire le billet en deux et en remet une moitié à chacun d’eux! «Là vous allez être pris pour vous entendre!» qu’elle leur lance en regagnant l’auto!

Chariot Beach Resort

Nous atteignons notre hôtel, le Chariot Beach Resort de Mamallapuram, à 14h45. Encore une fois, nous sommes choyés car l’endroit est magnifiquement situé sur la mer avec une plage privée et une immense piscine. Les chambres sont grandes et le lit douillet. Et la toilette fonctionne très bien! Mais les prix du resto sont astronomiques! Pour une frite qui coûtait 40 roupies à l’ashram, ici, on en demande 250! Faudra s’y faire car nous couchons deux nuits ici.

Décompte des photos à date

Nous avons terminé notre journée en prenant une autre bouteille de vin dans notre chambre et en parlant des événements des derniers jours. Raymonde et Marcel sont allés partager une assiette de pâtes au resto tandis que Guylaine a préféré aller se coucher. Quant à moi, j’ai mis mon bloque à date et fait le classement de mes photos. En fait, j’ai 7 029 photos de prises depuis le début du voyage et Raymonde en ajoute 2 470 autres à ce nombre.

Voilà pour notre journée qui se termine sous une pluie fine. Espérons qu’il fera beau demain car, à compter de 10h00, nous avons une longue visite de temples à faire avec un guide que notre bon Vidji nous a déniché en précisant bien : «No money for me! I’am honest! This is my duty!».


Tiruvannamalai
Tiruvannamalai

27 décembre 2010 – Lundi

Je viens d’entendre l’éclatement du dessus du réservoir de la toilette!  Je crois que ce bris exprime bien l’humeur massacrante de mon chum depuis les trois derniers jours, i.e. depuis que nous osons apporter des changements dans notre itinéraire.  Après tout, nous avons un chauffeur qui répète sans cesse : « My family, your family »!

Ce matin à 6h30, à Pondicherry, je marche jusqu’au Golfe de Bengale.  J’admire le lever du soleil et j’apprécie que la grande Rue Gandhi soit fermée à la circulation automobile de toute sorte.  Je prends quelques photos surprises de Marcel, qui après avoir renoué avec la méditation style Amma, se lève tout les matins vers 06h30 pour commencer sa journée par une méditation.

Il y a une multitude de chiens!  Je respire à fond!  Je crains les chiens.  Cette peur est même apparue dans mon astrologie indienne.  Je réalise rapidement que ces chiens gardent leur territoire précieusement et rageusement.  Une bataille est évitée par un chien qui repart la tête basse après avoir été sermonné par un territorial.

Je reprends ma marche au bord du Golfe en méditant sur mon territoire, comment je le partage, comment je le protège et comment il a diminué depuis que je suis en Inde.  Bon!

Je rencontre Gandhi sur mon chemin.  Il se dit majestueusement sur un bâton, le dos tourné au Golfe et le visage regardant un muézin et les bâtisses gouvernementales.  Hier, Clôde mentionnait que des enfants se glissaient sur les 4 rampes qui semblent soutenir cette statue gigantesque.  Ces rampes marquent sans doute les points cardinaux, tout comme les entrées de temple!

Hier soir, ayant eu une mise au point d’une heure entre Pascal. Vidgi, Guylaine et moi, et où, Guylaine a prouvé sa très grande compétence à reverbaliser afin de rendre la communication moins agressive et moins décevante, nous pouvons passer au plan de match avec claireté et amusement.

Nous sommes arrêtés à quelques pieds de singes ruraux où nous avons dégusté ce que Guylaine a apporté : des chocolatines.  Quel délice à manger dans la nature.  Elle a pensé de demander à arrêter à Vidgi afin de ne pas salir son véhicule qu’il affectionne beaucoup et tout les matins, il lave intérieur et extérieur.  Un vrai pro notre Vidgi.

Nous dînons au resort Sparsa à Tiruvannamai.  Il nous faut attendre une heure et quart avant d’être servi et nous n’avons qu’une heure et demie pour manger.  Nous engouffrons notre dîner alors que Pascal est allé se coucher.

Nous arrêtons au Ashram de Ramana Mahaishi où Marie-Pier est venue passer un mois.  Et demain, nous monterons sans Pascal, à la grotte où cet être illuminé y passa plusieurs années dans une caverne.  Première fois : 6 ans sans en sortir.  Ensuite un autre 12 ans.  Il me faudra aller voir sur Internet pour le détail de cette vie d’ascète.  Il est très vénérée ici.

Notre chambre est magnifique et j’en profite pour écrire alors que Pascal est aller sur Internet gratuit.  Il ne veut toujours pas manger ce soir.  Je vais aller lui porter des frites et un sandwich aux légumes.

Bonne nuit!

Tiruvannamalai
Tiruvannamalai

27 décembre 2010 – Athiyanthai Village, Thiruvannamalai

Frustrations indiennes

Une de mes frustrations de la veille venait du fait que la toilette de notre chambre ne fonctionnait pas : pas d’eau. Problème de valve. Donc, à chaque fois que nous l’utilisions, il fallait remplir le réservoir avec le boyau du bidet, un bon cinq minutes chaque fois. Dès notre arrivée, j’en informe la réception en les avisant de réparer sinon de nous changer de chambre : «No problem! No problem!».

Comme toujours, le problème a persisté jusqu’à notre départ! Aucune réparation ne fut faite et comme aucune chambre n’était disponible, nous avons dû vivre avec le problème. Vengeance inconsciente peut-être, mais le couvercle du réservoir s’est cassé en mille morceaux lorsque je l’ai échappé dans le bain ce matin. Aucun remords !

Hier, en revenant d’Auroville, nous avons aussi beaucoup discuté avec Vidji et entre nous sur l’horaire et l’itinéraire pour aujourd’hui qui ne convenait pas à tout le monde. Après plusieurs minutes de discussions, nous sommes finalement arrivés à un consensus : départ retardé d’une heure et remise de la montée sur la montagne sacrée de l’ashram Ramana de Thiruvannamalai à demain matin si possible. De plus, nous ne ferons qu’un arrêt pour les photos à Genji Fort au lieu d’une visite complète.

Au déjeuner hier matin, il n’y avait qu’un employé qui charriait la nourriture au compte-goutte dans un petit sac. Nous étions une vingtaine de personnes à lui crier après et le pauvre gars ne savait plus où donner de la tête. Je m’en suis tiré avec un petit verre de jus et trois chocolatines que j’ai pratiquement dérobées à la cachette! Quant à la facturation, encore une fois nos deux chambres avaient été mêlées! Plus ça change, plus c’est pareil! Donc c’est avec une grande joie que nous avons quitté cet hôtel puant l’humidité (canis) et au service exécrable.

Fabrication de papier à la main

Le premier arrêt de la journée se fait à la fabrique artisanale de papier de l’ashram Aurobindo. De gros ballots de coton provenant de vêtements déchiquetés servent de matière première. On les broie sous une meule afin de les réduire en pâte. Cette pâte est ensuite étendue en une mince couche sur un tamis d’un mètre sur un mètre pour laisser écouler l’eau. Les feuilles résultantes sont empilées, chacune étant séparée par une toile, et une presse applique de la pression pour extraire toute l’eau résiduelle. Les feuilles sont ensuite mises à sécher. Raymonde a trouvé de jolies poubelles faites en carton dans la boutique de souvenirs.

Gengee Fort

L’arrêt suivant se fait à Gengee Fort, une forteresse englobant trois collines sur lesquelles ont été construits des édifices. Il est possible de gravir un long escalier menant à ces édifices mais comme notre intérêt est plutôt d’y prendre des photos, Vidji nous conduit à l’entrée de deux des trois collines d’où nous pouvons facilement prendre toutes les photos possibles. Le site est vraiment particulier avec ses grosses collines aux pentes totalement recouvertes d’énormes rochers érodés ce qui nous rappelle un peu les Météores en Grèce.

Encore les noix de coco

Comme Guylaine avait «dérobé» cinq chocolatines ce matin au déjeuner, c’est avec un grand plaisir que nous faisons une autre arrêt pour les déguster. Je découvre alors une moitié de noix de coco par terre. Elle est complètement séchée et nous pouvons voir l’intérieur avec la coquille typique et dure de la noix mais, autour d’elle, l’enveloppe de fibres qui servent à confectionner les cordes. Il n’y a plus aucune contestation possible et je fais mon mea culpa officiel : les cordes sont bel et bien faites avec les fibres de  la seule et unique noix de coco!

Hôtel Sparsa

Nous arrivons à notre hôtel Sparsa vers 14h00. Il est situé en banlieue de Thiruvannamalai dans le petit village d’Athiyanthai. Un petit chemin d’environ 300 mètres mène à ce Resort super huppé de plusieurs millions de dollars. Mais, comme vous vous en doutez bien, ce fameux petit chemin est une véritable montagne russe pour l’auto! Vidji a peine à éviter les énormes bosses et souvent le dessous de l’auto accroche. Tout cela pour illustrer encore une fois ce que j’ai écrit dans un billet hier, l’Inde c’est la persistance du temporaire. On investit 10 millions de dollars dans un Resort super de luxe et on n’a même pas le génie de prévoir une gratte pour le chemin d’accès! Chez nous, des chemins comme cela, ça mène à des «campes»  perdus dans le fond des bois. Ici…

Asram Ramana

Après nous être rafraichis et restaurés, nous sommes allés à l’ashram Ramana pour nous enquérir de la possibilité de gravir la montagne pour visiter la grotte où le guru Ramana a passé une partie de sa vie et où il est décédé. On nous donne tous les renseignements et Marcel et Guylaine pourront faire l’ascension demain matin à compter de 6h30. Raymonde doit les accompagner en souvenir de sa sœur Marie-Pier qui a séjourné à cet ashram et qui a gravi cette montagne sacrée. C’est pendant cette ascension qu’une de ses compagnes était décédée.

Pendant l’attente d’une réponse pour l’ascension, j’ai observé la «faune» qui habite cet ashram et la comparer à celle de l’ashram d’Amma où nous avons séjourné. Complètement différent! Ici c’est la diversité et la couleur qui domine. Très peu de blanc qui semblait la marque de commerce d’Amma. Beaucoup de gens sont en vêtements occidentaux, même en bermuda. Mais ce qui m’enchante le plus c’est le silence! IL FAIT SILENCE ICI! Tout le monde parle à voix basse. Chez Amma, c’était la cacophonie des chants et des prières de 5 heures le matin à 22 heures le soir! Pollution auditive !

Petite parenthèse concernant le «décès» de Ramana. Selon ses disciples qui propagent cette façon de voir les choses, à sa mort,  le guru Ramana a décidé de «quitter» sont corps volontairement! Bon, c’est possible mais mon esprit cartésien a beaucoup de problème avec cela. Ça me fait penser à cette petite histoire d’un médecin qui, appelé au chevet d’une personne décédée et en mal de trouver une explication à sa mort, dit à la famille éprouvée : «Il est mort pendant son sommeil suite à un cauchemar qu’il a fait!». Qui sommes nous pour décider ainsi si une personne a ou non «volontairement» quitté son corps si on n’est pas dans ce corps pour le savoir? Ridicule!

La journée s’est terminée par une visite guidée par Vidji du temple de Shiva. Je vais revenir éventuellement sur la religiosité de notre chauffeur qui est assez étonnante et qui mérite que l’on s’y attarde.

Comme notre resort interdit la cigarette et l’alcool, Raymonde et Marcel avaient eu un très bon pressentiment ce matin en demandant à Vidji de nous arrêter à Pondicherry pour y acheter six bouteilles de bon vin à très bon prix car ici, on peut acheter tous les alcools sans taxe. Nous avons donc remplacé notre bière quotidienne par la dégustation d’une bonne bouteille de vin à laquelle Raymonde a pu participer.

Ring! Ring! This is room 116!

Une des incongruités de l’Inde est de n’offrir sur le menu des restaurants des hôtels et des resorts que des mets indiens. Donc, si nous désirons manger autre chose que des dahls et des paneers, il faut nécessairement commander par téléphone au service aux chambres à partir d’un menu spécial disponible seulement dans les chambres.

Hier soir, Raymonde et Guylaine se retrouvent au resto et tentent de se faire faire un sandwiche. Impossible de commander ici, leur dit le garçon! Seulement par téléphone! Devant le ridicule de la situation, Raymonde décide donc de faire son «show», et on sait de quoi elle est capable. Devant le garçon du restaurant ahuri, elle fait semblant de composer le numéro de téléphone du service aux chambres : «Ring! Ring! Hello! This is room 116! I want to order a chicken sandwich and a french fries!». Le jeune homme, complètement décontenancé, réalise que Raymonde est sérieuse et prend sa commande mais en l’avertissant qu’elle devra manger ces aliments en dehors du restaurant. Guylaine est morte de rire et doit quitter la pièce craignant de faire pipi dans son pantalon!

L’Inde c’est aussi cela!

Bonne journée!

Pondicherry
Pondicherry

26 décembre – Auroville

Nous rencontrons Marcel Poulin accompagnée de Clôde à ce ashram bien particulier.    Sur le pamphlet de ce site, il est dit : « Auroville veut être une cité universelle où hommes et femmes de tous pays puissent vivre en paix et en harmonie progressive au-dessus de toute croyance, de toute politique et toute nationalité.  Le but d’Auroville est de réaliser l’unité humaine ».

Cette forme de profession de foi laisse Pascal complètement indifférent.  C’est dans le programme : on y va!  La balance de notre petit groupe, nous trippons à découvrir cet environnement qui fut crée de toute pièce, à partir d’une zone complètement désertique.  Aujourd’hui des jardins, des résidences, des maisons et établissements municipaux propres au ashram, couvrent une partie de cette superficie.

Nadaska

Suite à des changements rocambolesques, nous rencontrons Nadaska et d’une femme fin trentaine ou début quarantaine.  Le chant de la femme mêlé à celui de l’homme, accompagné de la musique de Nadaska viennent me chercher au plus profond de mon être.  Les yeux fermés, je sens la musique partir du chakra de base, sautant de chakra en en chakra pour s’arrêter à celui du cœur.  Et là, soudainement, une capsule saute et libère une énergie semblable à des bulles de champagnes.  Les larmes roulent sur mes joues, de bonheur, d’extase et de béatitude.  Je sens mon corps et mon esprit en totale harmonie.  Je suis ICI en fusion avec la musique et les notes vibrent dans chaque cellule de mon corps.  Lorsque que des sons sortent de la gorge de la jeune femme, ils viennent fusionner au niveau de mon cœur.  L’enfant, l’adolescente, la femme et celle que je suis aujourd’hui fusionnent avec le passé et le futur.  Je SUIS.  Quelle sensation.  Lorsque Nadaska cesse de jouer, je reviens tranquillement.

Je me dis que je ne pourrai pas supporter une autre « toune » comme ça.  C’est assez!  Comme par enchantement, il enchaîne dans quelque chose de beaucoup plus doux, plus berçant et plus flottant.  Ce rythme permet à cette nouvelle énergie de s’installer tranquillement et de glisser dans tous les chakras, un à un, tout en gardant un rythme lent.  Quel soulagement.

La musique sacrée est entrecoupée d’explication musicale fort intéressante. Et la musique reprend en passant de la guitare classique à l’électrique.  C’est une expérience, comme dit si bien Marcel Poulin, que je me souviendrai toute ma vie, qui se compare à la beauté du Taj Mahal.

La rencontre de Marcel P. ce matin est passée de l’état de coïncidence à rendez-vous karmique!  Merci Marcel P.  J’ai l’impression que Marcel savait déjà, depuis Québec, que ces rendez-vous nous attendent, qu’importe nos décisions.  Je ne voulais pas y assister.  On le rencontre.  On y va et je vis ce crescendo énergétique intense. Bon!

La journée se termine en magasinage pour Guylaine et moi.  Après un bon repas bio dont les fruits et les légumes sont cultivés au Ashram, nous magasinons.  Je m’achète un haut en soie bleu royale qui me donne l’impression de porter une plume douce et soyeuse.  Sensation très agréable et aérienne.

J’achète quelques chemises coton et soie qui semblent aussi endossées la sensation de la plume légère.  Je termine par deux foulards que je regrette presqu’aussitôt.  Ils perdent leurs granules de couleur… Bon!

Claire, ma bonne et récente amie, je me suis trouvé les deux bracelets que je désirais.  Hélas, au souper, j’ai perdu le plus beau!  Les attaches me laissaient perplexe!  Avec raison.  Rien à faire pour le retrouver.  Regarder partout autour et sous la table et chaises.  Introuvable.  Il a tout simplement disparu.  Il a du glisser de mon poignet et Dieu seul sait qui l’a ramassé.  Je n’ai même bougé de la table.  Alors, quelqu’un est venir le cueillir là où il est tombé… tout près de moi sans que je le sache.  Je vis une déception et ce matin j’en fais un deuil.  Merci pour les quelques heures de plaisir allouées.

Il fallait un petit foulard de soie sur le roof top du resto européen.  Richard : Clôde et moi avons dégusté un banana split en pensant, en parlant et en riant avec toi.  Quel plaisir de se souvenir de vous  - tous!

Bonne nuit!

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Pondicherry
Pondicherry

26 décembre 2010 – Pondicherry

Imbroglio avec un guide
Je vous avais dit que nous avions partagé le guide de Clôde référé par son chauffeur Bapou pour la visite du temple de Shiva à Tanjore. À la fin de la visite, nous avons remis notre part de pourboire du guide à Clôde pour qu’elle le remette à Bapou et finalement au guide.
Mais voilà que Raymonde s’est retrouvée bien malgré elle prise dans un imbroglio causé par la mauvaise foi de Bapou qui, ayant négocié le prix du guide avec Clôde, a pris ensuite une commission personnelle, son agence a pris elle aussi sa commission de sorte que le pauvre guide s’est retrouvé avec moins du tiers de l’argent que nous lui avions donné! Hier, pendant tout le trajet vers Pondicherry, elle a été harcelée de téléphones de la part de ce guide qui voulait que nous lui payons nous-mêmes la partie manquante de son allocation! Finalement, elle a dû se fâcher et lui faire comprendre que le problème était avec Bapou, pas avec nous!

Notre pauvre Vidji, là-dedans, faisait le tampon entre le guide et Raymonde car c’est lui qui recevait les appels téléphoniques et qui tentait, lui aussi, de faire comprendre à ce guide, que le problème était avec Bapou, celui qui l’avait engagé! Vidji nous a confié qu’il trouvait les agissements de Bapou très malhonnêtes et qu’il n’était pas surpris du tout qu’il ait pu se payer sa propre voiture en cinq ans comme chauffeur alors que lui, Vidji, en est à la 13ième année comme chauffeur et ne voit pas le jour où il pourra le faire… à moins d’être aussi «crosseur» que Bapou! Semble-t-il que les relations entre les deux chauffeurs seront au plus bas maintenant. Comme dit Vidji : « You, my family! Me honest! Bapou bad! Not my friend!».

AUROVILLE
Alors que nous ne devions passer qu’une couple d’heures à Auroville, la cité utopique fondée en 1968 par Mère de l’ashram Aurobindo, nous y avons passé la journée. Ce qui fait que nous avons «squippé» la visite du temple de Ganesh auquel Vidji tenait beaucoup. Pauvre lui! S’il savait combien nous en avons soupé des temples hindous et de leur hordes de dieux! Il nous en reste encore quatre ou cinq à nous farcir d’ici la fin du voyage…

Auroville a débutée sur un terrain désertique où rien ne poussait. Aujourd’hui, c’est un immense espace vert resplendissant de santé et de beauté. Le projet derrière cette ville est d’en faire une immense communauté pouvant accueillir éventuellement 50 000 personnes de toutes nationalités et de toutes religions. Aujourd'hui ils sont environ 2 000 a y vivre. Ici, aucune religion n’est pratiquée ou préconisée. Chacun est libre de contribuer selon ses talents au bien être de la commune. Ici tout est concentré sur les techniques modernes d’autosuffisance énergétique et autres. Il sont vraiment à l’avant-garde sur ce plan. Et, comme c’est toujours le cas en Inde, ce sont des occidentaux en grande majorité qui en sont les instigateurs. (Voir mon autre billet sur l’égoïsme indien.)

Alors que je revenais de visiter le Matrimandir, une grosse boule dorée d’une cinquantaine de pieds de diamètre, dans laquelle les rayons du soleil sont concentrés sur une boule cristalline favorisant la «concentration» (un nouveau mot remplaçant «méditation»), j’ai rencontré mes amis qui eux, se dirigeaient vers un autre endroit dans le village pour aller rencontrer un musicien québécois qui y fait de la musique depuis une trentaine d'annees. Marcel Poulin et Clôde étaient avec eux. Je me suis donc joint à eux, par solidarité, pour aller rencontrer cet homme dans sa maison d’Auroville. Mes amis ont pas mal trippé sur sa musique.

Magasinage
Le reste de l’après-midi a été consacré au magasinage de ces dames qui s’est éternisé pendant de longues heures. Le plus comique là-dedans, alors que Marcel et moi attendions nos douces moitiés assis à l’ombre sous les arbres, c’était de les voir arriver, à tour de rôle, avec les bras chargées de sacs. Nous leur disons : «Bon, faudrait songer à partir!» «OK!» dit Raymonde. «Je vais aller chercher Guylaine!». Et la voilà partie à la recherche de Guylaine perdue dans une des nombreuses boutiques. Mais le pire, c’est que dès qu’elle la trouvait, elle lui parlait d’une nouvelle boutique que Guylaine n’avait pas encore visitée. Et les revoilà reparties toutes les deux pour une autre heure de magasinage! Et ce fut ainsi jusqu’à 17h00 où nous avons finalement pu rejoindre Vidji qui se morfondait à nous attendre sur le stationnement, inquiet de nous voir si long à revenir.

Pendant que mes amis allaient souper avec Clôde dans un resto sur la plage, j’ai préféré rester à l’hôtel bien tranquille à écouter TV5 à la télé et à taper mes notes. La journée a été difficile pour moi sur bien des plans et je voulais me refaire une santé mentale et physique!

Demain est un autre jour.

Pondicherry
Pondicherry

25 décembre 2010 – Pondicherry

Changements au programme ce matin!

Nos dames voulant profiter au maximum de la tranquillité et de la piscine de l’hôtel de Tanjore, nous ont demandé, hier soir, de faire des hommes de nous-mêmes et de négocier avec Vidji une nouvelle heure de départ pour le matin de Noël : départ à 10h30 au lieu de 8h30.

Mais c’est sans compter avec toutes les tracasseries administratives des indiens! Ici, impossible de faire faire les choses d’une façon logique, claire et précise : ils vont toujours trouver le moyen de tout compliquer. Par exemple, hier, à chaque fois que nous avons commandé des choses pour nos chambres respectives, nous avons toujours spécifié notre numéro de chambre en leur répétant, à chaque fois, de faire une facture séparée. «OK! OK! No problem!» respondent-ils toujours avec leur dodelinement de tête. Donc, ce matin, il nous a fallu, encore une fois, une bonne demi-heure pour séparer les factures de nos deux chambres respectives qui avaient, encore une fois, été combinées sur une seule facture. C’est à n’y rien comprendre!

Les routes indiennes

Le déplacement vers Pondicherry se fait aujourd’hui sur des routes régionales ce qui m’amène à vous parler d’une autre incongruité de l’Inde. Chez-nous, dans les années 40 et 50, chaque village avait un tracteur tirant une gratte pour aplanir les chemins de gravier de nos rangs. On appelait cela «la voirie». Et le chauffeur du tracteur changeait avec chaque élection… mais ça, c’est une autre histoire.

Tout ce préambule pour vous parler de l’état des routes en Inde. Les autoroutes : pas de problèmes, elles sont adéquates. Mais dès qu’on emprunte les routes secondaires, là, c’est l’Inde tout crachée. Tant que la route est en dehors des villes et villages, c’est carrossable quoique notre chauffeur doivent souvent faire du slalom entre les nids de poules. Mais dès qu’on arrive dans un village, là c’est grave! Primo, pour ralentir la vitesse, on fait un emploi systématique des «policiers dormants» à tous les cent mètres ou presque. Ensuite, à chaque carrefour ou coin de rue, la circulation étant si intense qu’il y a des lustres que toute trace d’asphalte a disparue! On se retrouve donc, dans les villes et villages, avec des rues principales et secondaires en terre, complètement défoncées, bosselées et pleines de nids de poules de dix pieds de diamètre remplis d’eau stagnantes. Et à voir l’état de ces rues, ça fait des années que c’est comme cela et personne n’a encore songé à inventer la gratte en arrière du tracteur! Pourtant, des tracteurs en Inde, ça pullulent! Et des patentes à gosses plus compliquées que des grattes de voiries, on en voit 100 à la minute! Non! Personne n’a encore pensé à faire de la voirie ici! Ça fait que, traverser un village ou une ville relève plus de la cascade automobile que de la balade du dimanche.

La permanence du temporaire

Ce qui m’amène à vous parler d’une autre sujet connexe : la permanence du temporaire. En Inde, chaque action posée de façon temporaire s’incruste irrémédiablement dans un moule de permanence irrémédiable. Et je m’explique. L’autre jour, près de l’hôtel, j’ai remarqué un bloc de béton en plein milieu du trottoir. D’après les déchets accumulés tout autour, ça faisait probablement 3-4 mois qu’il était là. J’ai repassé au moins cinq fois à cet endroit pendant les deux jours de notre séjour dans cette ville, ben, le crisse de bloc, y’a pas bougé d’un pouce! Tout le monde en faisait le tour! Personne avant moi n’avait eu le courage de le déplacer en bordure du trottoir ou de simplement le ramasser! Non. Le bloc, c’est son karma d’emmerder tout le monde comme le tas de déchet sur l’autre coin de rue qui empeste tout le secteur, ou comme l’escalier pleine de détritus, que personne ne nettoie et où tout le monde risque de se casser la gueule en l’empruntant. Comme au marché aux fleurs hier. Tous les déchets sont garochés au centre de la ruelle où nous déambulons et personne ne ramasse rien. On jette tout dans la ruelle. Comme si ça allait disparaitre par enchantement. Non. Ici, en Inde, c’est la permanence du temporaire. C’est l’égoïsme érigé en système. Tout pour soi, les autres démerdez-vous!

L’égoïsme indien

Ce qui m’amène à vous parler d’un autre sujet qui me tient beaucoup à cœur : l’égoïsme érigé en système en Inde. Je n’irai pas par quatre chemins : si vous pensez que les sadhus, gurus, yogis et tous les autres ascètes qui pullulent en Inde sont des gens à adorer et hororer et qu’ils ont plein de mérite a faire ce qu’ils font, ben vous êtes dans le champ pas à peu près! Ce sont les pires égoïstes de la terre!

Quel mérite a un guru de décider, après avoir fondé son ashram pour se faire vivre, de décider à un moment donné qu’il doit se retirer dans sa chambre ou dans sa grotte pour faire du «yoga supra mental» pour le reste de sa vie et de couper tout contact avec le monde extérieur? Ah, vous me dites, il aide le monde d’une autre façon! Il le fait dans «l’univers»! Il le fait dans l’égrégore de la planète. Ben, moi, là, toutes ces sornettes… (Série de mots vulgaires non publiables et censurés). Le problème de l’Inde est exactement ça : l’égoïsme des Indiens. Le chacun pour soi des castes, les mariages arrangés, l’indifférence totale envers les pauvres et les démunis et leur immuable tendance à ne voir rien changer!

Mère Thérésa, je l’admire. C’est une Roumaine qui a décidé un jour, de venir en Inde pour aider. Pas pour égoïstement faire du «yoga supra mental» dans son ashram! Non. C’est une occidentale qui a compris que pour aider vraiment les gens, il fallait mettre les mains dans leur merde physique et de cesser de méditer sur la couleur du linguam de Shiva en pensant aider la planète de cette façon. Elle, elle a eu du mérite. Les autres…

Les visites

Aujourd’hui, ce sera très relax coté visites. Après avoir fait le plein de dentifrices, savons et shampoings dans les hôtels depuis 40 jours et un arrêt dans un petit magasin pour acheter des crayons et des stylos, nous entreprenons notre série de visites populaires!

Arrêt chez un potier qui nous montre comment il tourne des urnes avec son tour manuel consistant en une grande roue de pierre. Très efficace comme système. Notre présence attire irrémédiablement les enfants et la distribution des cadeaux commence. Comme notre route nous fait traverser de petits vilages, Vidji nous arrête donc quelques fois pour nous permettre de faire nos bonnes actions!

Fabrication de cordes

L’activité qui nous a bien intéressés et qui a suscité bien des commentaires fut celle d’un atelier de fabrication de cordes à base de fibres retirées de l’enveloppe extérieure des noix de coco. La fabrication est totalement artisanale mais très efficace, ayant été éprouvée de depuis des lustres. Mais notre interrogation concernait cette fameuse fibre. Vidji nous a montré des moitié de noix de coco avec, à l’intérieur ces fibres que l’on retire avec un couteau. Mais, moi, je suis convaincu que ces noix de coco ne sont pas les mêmes que celles qui produisent du lait de coco. Je suis le seul a proner cette théorie et  je me suis résigné à ce qu'on aille consulter Internet pour trouver la vérité. Ce qui fut fait par Raymonde un peu plus tard : les fibres proviennent bel et bien de la même fameuse noix de coco! Mea culpa!

Sri Aurobindo et mère

Bon. On est arrivés à Pondicherry à 17h00 et sommes allés directement au mémorial de Sri Aurobindo, celui qui a décidé à un moment donné de faire dans sa chambre, et pour le reste de sa vie, du «yoga supra mental». Je vous ai dit ce que je pensais à ce sujet et je vais m’abstenir de tout nouveau commentaire. Mère, la française qui a été sa compagne «spirituelle» et la fondatrice de Auroville, partage son tombeau. C’est situé dans un ashram mais on a accès seulement à ce mémorial et il faut garder le silence et s’abstenir de prendre des photos… ce dont je n’avais nullement l’intention de faire soit dit en passant.

Nous allons loger à l’hôtel Calve dans le quartier français où les noms de rues portent des noms d’artistes ou d’écrivains français comme Debussy par exemple. C’est assez spécial de voir cela. Même les gendarmes détonnent avec leur képis rouges à la française. Et Pondicherry est aussi l’état où il n’y a pas de taxes sur les achats et où la vente des alcools de toutes sortes n’est soumises à aucune restriction. Je comprend que Marcel Poulin, celui qui nous a conseillé pour la partie sud de l’Inde, ait choisi d’habiter cette ville, la plus européenne, avec Goa, de l’Inde.

Nous avons terminé la journée avec une bonne bière suivie d’un très bon souper pris à l’hôtel.