Skip to content

Pondicherry
Pondicherry

25 décembre 2010 – Pondicherry

Changements au programme ce matin!

Nos dames voulant profiter au maximum de la tranquillité et de la piscine de l’hôtel de Tanjore, nous ont demandé, hier soir, de faire des hommes de nous-mêmes et de négocier avec Vidji une nouvelle heure de départ pour le matin de Noël : départ à 10h30 au lieu de 8h30.

Mais c’est sans compter avec toutes les tracasseries administratives des indiens! Ici, impossible de faire faire les choses d’une façon logique, claire et précise : ils vont toujours trouver le moyen de tout compliquer. Par exemple, hier, à chaque fois que nous avons commandé des choses pour nos chambres respectives, nous avons toujours spécifié notre numéro de chambre en leur répétant, à chaque fois, de faire une facture séparée. «OK! OK! No problem!» respondent-ils toujours avec leur dodelinement de tête. Donc, ce matin, il nous a fallu, encore une fois, une bonne demi-heure pour séparer les factures de nos deux chambres respectives qui avaient, encore une fois, été combinées sur une seule facture. C’est à n’y rien comprendre!

Les routes indiennes

Le déplacement vers Pondicherry se fait aujourd’hui sur des routes régionales ce qui m’amène à vous parler d’une autre incongruité de l’Inde. Chez-nous, dans les années 40 et 50, chaque village avait un tracteur tirant une gratte pour aplanir les chemins de gravier de nos rangs. On appelait cela «la voirie». Et le chauffeur du tracteur changeait avec chaque élection… mais ça, c’est une autre histoire.

Tout ce préambule pour vous parler de l’état des routes en Inde. Les autoroutes : pas de problèmes, elles sont adéquates. Mais dès qu’on emprunte les routes secondaires, là, c’est l’Inde tout crachée. Tant que la route est en dehors des villes et villages, c’est carrossable quoique notre chauffeur doivent souvent faire du slalom entre les nids de poules. Mais dès qu’on arrive dans un village, là c’est grave! Primo, pour ralentir la vitesse, on fait un emploi systématique des «policiers dormants» à tous les cent mètres ou presque. Ensuite, à chaque carrefour ou coin de rue, la circulation étant si intense qu’il y a des lustres que toute trace d’asphalte a disparue! On se retrouve donc, dans les villes et villages, avec des rues principales et secondaires en terre, complètement défoncées, bosselées et pleines de nids de poules de dix pieds de diamètre remplis d’eau stagnantes. Et à voir l’état de ces rues, ça fait des années que c’est comme cela et personne n’a encore songé à inventer la gratte en arrière du tracteur! Pourtant, des tracteurs en Inde, ça pullulent! Et des patentes à gosses plus compliquées que des grattes de voiries, on en voit 100 à la minute! Non! Personne n’a encore pensé à faire de la voirie ici! Ça fait que, traverser un village ou une ville relève plus de la cascade automobile que de la balade du dimanche.

La permanence du temporaire

Ce qui m’amène à vous parler d’une autre sujet connexe : la permanence du temporaire. En Inde, chaque action posée de façon temporaire s’incruste irrémédiablement dans un moule de permanence irrémédiable. Et je m’explique. L’autre jour, près de l’hôtel, j’ai remarqué un bloc de béton en plein milieu du trottoir. D’après les déchets accumulés tout autour, ça faisait probablement 3-4 mois qu’il était là. J’ai repassé au moins cinq fois à cet endroit pendant les deux jours de notre séjour dans cette ville, ben, le crisse de bloc, y’a pas bougé d’un pouce! Tout le monde en faisait le tour! Personne avant moi n’avait eu le courage de le déplacer en bordure du trottoir ou de simplement le ramasser! Non. Le bloc, c’est son karma d’emmerder tout le monde comme le tas de déchet sur l’autre coin de rue qui empeste tout le secteur, ou comme l’escalier pleine de détritus, que personne ne nettoie et où tout le monde risque de se casser la gueule en l’empruntant. Comme au marché aux fleurs hier. Tous les déchets sont garochés au centre de la ruelle où nous déambulons et personne ne ramasse rien. On jette tout dans la ruelle. Comme si ça allait disparaitre par enchantement. Non. Ici, en Inde, c’est la permanence du temporaire. C’est l’égoïsme érigé en système. Tout pour soi, les autres démerdez-vous!

L’égoïsme indien

Ce qui m’amène à vous parler d’un autre sujet qui me tient beaucoup à cœur : l’égoïsme érigé en système en Inde. Je n’irai pas par quatre chemins : si vous pensez que les sadhus, gurus, yogis et tous les autres ascètes qui pullulent en Inde sont des gens à adorer et hororer et qu’ils ont plein de mérite a faire ce qu’ils font, ben vous êtes dans le champ pas à peu près! Ce sont les pires égoïstes de la terre!

Quel mérite a un guru de décider, après avoir fondé son ashram pour se faire vivre, de décider à un moment donné qu’il doit se retirer dans sa chambre ou dans sa grotte pour faire du «yoga supra mental» pour le reste de sa vie et de couper tout contact avec le monde extérieur? Ah, vous me dites, il aide le monde d’une autre façon! Il le fait dans «l’univers»! Il le fait dans l’égrégore de la planète. Ben, moi, là, toutes ces sornettes… (Série de mots vulgaires non publiables et censurés). Le problème de l’Inde est exactement ça : l’égoïsme des Indiens. Le chacun pour soi des castes, les mariages arrangés, l’indifférence totale envers les pauvres et les démunis et leur immuable tendance à ne voir rien changer!

Mère Thérésa, je l’admire. C’est une Roumaine qui a décidé un jour, de venir en Inde pour aider. Pas pour égoïstement faire du «yoga supra mental» dans son ashram! Non. C’est une occidentale qui a compris que pour aider vraiment les gens, il fallait mettre les mains dans leur merde physique et de cesser de méditer sur la couleur du linguam de Shiva en pensant aider la planète de cette façon. Elle, elle a eu du mérite. Les autres…

Les visites

Aujourd’hui, ce sera très relax coté visites. Après avoir fait le plein de dentifrices, savons et shampoings dans les hôtels depuis 40 jours et un arrêt dans un petit magasin pour acheter des crayons et des stylos, nous entreprenons notre série de visites populaires!

Arrêt chez un potier qui nous montre comment il tourne des urnes avec son tour manuel consistant en une grande roue de pierre. Très efficace comme système. Notre présence attire irrémédiablement les enfants et la distribution des cadeaux commence. Comme notre route nous fait traverser de petits vilages, Vidji nous arrête donc quelques fois pour nous permettre de faire nos bonnes actions!

Fabrication de cordes

L’activité qui nous a bien intéressés et qui a suscité bien des commentaires fut celle d’un atelier de fabrication de cordes à base de fibres retirées de l’enveloppe extérieure des noix de coco. La fabrication est totalement artisanale mais très efficace, ayant été éprouvée de depuis des lustres. Mais notre interrogation concernait cette fameuse fibre. Vidji nous a montré des moitié de noix de coco avec, à l’intérieur ces fibres que l’on retire avec un couteau. Mais, moi, je suis convaincu que ces noix de coco ne sont pas les mêmes que celles qui produisent du lait de coco. Je suis le seul a proner cette théorie et  je me suis résigné à ce qu'on aille consulter Internet pour trouver la vérité. Ce qui fut fait par Raymonde un peu plus tard : les fibres proviennent bel et bien de la même fameuse noix de coco! Mea culpa!

Sri Aurobindo et mère

Bon. On est arrivés à Pondicherry à 17h00 et sommes allés directement au mémorial de Sri Aurobindo, celui qui a décidé à un moment donné de faire dans sa chambre, et pour le reste de sa vie, du «yoga supra mental». Je vous ai dit ce que je pensais à ce sujet et je vais m’abstenir de tout nouveau commentaire. Mère, la française qui a été sa compagne «spirituelle» et la fondatrice de Auroville, partage son tombeau. C’est situé dans un ashram mais on a accès seulement à ce mémorial et il faut garder le silence et s’abstenir de prendre des photos… ce dont je n’avais nullement l’intention de faire soit dit en passant.

Nous allons loger à l’hôtel Calve dans le quartier français où les noms de rues portent des noms d’artistes ou d’écrivains français comme Debussy par exemple. C’est assez spécial de voir cela. Même les gendarmes détonnent avec leur képis rouges à la française. Et Pondicherry est aussi l’état où il n’y a pas de taxes sur les achats et où la vente des alcools de toutes sortes n’est soumises à aucune restriction. Je comprend que Marcel Poulin, celui qui nous a conseillé pour la partie sud de l’Inde, ait choisi d’habiter cette ville, la plus européenne, avec Goa, de l’Inde.

Nous avons terminé la journée avec une bonne bière suivie d’un très bon souper pris à l’hôtel.