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Nawalwarth
Nawalwarth

5 décembre 2010 – Nawalgarth

Pas grand-chose à dire aujourd’hui car ce fut encore une longue journée de déplacement entre Bikaner et Nawalgarth. Pendant toute la journée, sur des routes étroites et plus ou moins belles, nous avons traversé la campagne indienne et je me suis rendu compte que malgré le milliard et quelques habitants, l’Inde demeure tout de même un très grand pays en superficie. Beaucoup de terres sont inoccupées parce qu’elles sont situées dans des zones arides mais tout le reste est cultivé autant que faire se peut. Les villes sont immenses et très peuplées mais les campagnes ne le sont pas plus qu’ailleurs car la moindre parcelle de terrain est cultivé laissant peu de place aux habitations pour s’étendre.

INSTALLATION DE LOGICIELS

Je me suis levé tôt ce matin après une bonne nuit de sommeil. Comme le nouveau mini-pc de Clôde a besoin d’un traitement de texte et qu’elle a une Datakey Tata Photon lui permettant d’aller sur internet à volonté, hier soir, avant de me coucher, j’avais mis son ordinateur en mode téléchargement d’Open Office, un logiciel gratuit équivalent à Word et Excel, en espérant pouvoir terminer l’installation ce matin. Malheureusement, après 5 heures de téléchargement, le fichier téléchargé était corrompu. Désolation en la demeure! J’avais eu plus de succès avec Avast!, le super logiciel anti-virus gratuit que je lui avais installé quelques jours plus tôt.

NAWALGARTH

Nous avons quitté Bikaner vers 8h15 pour atteindre l’hôtel Roop Niwas Kothi de Nawalgarth à 13h00. Pour gagner du temps, nous avons consenti à un repas rapide consistant en sandwiches et de salades de tomates, concombres, radis et oignons et pris sur la terrasse ombragé de grand draps colorés nous donnant des airs d’englismen and women. En effet, ce très bel endroit était, du temps de la colonie, la résidence d’un ministre ou gouverneur britannique. Plusieurs annexes, séparées du bâtiment principal servant de réception et de restaurant, ont été convertis en chambres avec des meubles typiques de l’époque.

VISITE D’UN HAVELLI PEINT

Raymonde et Guylaine filaient pour rester tranquilles à l’hôtel. Tous les autres ont profité de l’offre de Daniel pour aller voir un haveli converti en musée et représentant les demeures typique de la région de Nawalgarth et dont les murs sont entièrement peints de scènes religieuses et profanes. Comme peu de gens voyagaient et que seul le propriétaire et quelques notables de la place pouvaient se le permettre, ils rapportaient donc de ses voyages «en ville» des photos, cartes postales et journaux, qui servaient ensuite à ses peintres décorateurs d’inspiration pour les murales qu’ils concevaient. Ainsi, sur deux murs, il est possible de voir de longs trains de passagers et de distinguer aux fenêtres des wagons les voyageurs dans leurs accoutrements typiques. Notre guide local nous a régalé, pendant la visite,  d’amusantes anecdotes sur la vie de l’époque. Un musée de turbans et de vêtements de mariés et mariées représentant les différentes régions du Rajastan a clos cette visite.

CLAIRE VOLE SE SPECTACLE

Daniel, Marcel et Clôde sont restés sur place pour continuer leur visite de la ville pendant que François, Richard, Claire et moi, sommes revenus lentement à pied à l’hôtel en parcourant la rue principale. Cette lente procession «d’étranges» m’a permis de faire une petite analyse sociologique de la société nawalgarthaise. Toutes les échoppes étant ouvertes, ce sont donc des centaines d’yeux humains et mâles à 98% - abstraction faites des chiens et vaches sacrés – qui ont suivi notre lente démarche. Vous dire que Claire, dans sa tenue modeste et très séante pour l’endroit, occupait tout l’espace visuelle de ces locaux est une vérité de la Palice, les trois hommes qui l’accompagnent devenant plus ou moins des faire-valoir à leurs yeux inquisiteurs. Si ces regards noirs et perçants avaient été autant de flèches dirigées en sa direction, Claire serait arrivée à l’hôtel aussi criblée de ces projectiles que le fut Saint-Sébastien lors de son martyre! Même si Nawalgarth n’est certainement pas à l’avant-garde du mouvement féministe indien, je me suis tout de même posé la question à savoir si ces hommes, jeunes et vieux, dirigeaient vers elle des regards réprobateurs, curieux ou admiratifs! Eux seuls pourraient y répondre.

BIÈRE ET SOIRÉE TRÈS FROIDE

Nous nous sommes donné rendez-vous sur la terrasse de l’hôtel pour notre 5-à-7 quotidien où nous consommons notre bonne bière Kingfisher «Extra light» accompagnée de chips que nous achetons à tour de rôle. Mais ce soir, c’est froid. Très froid! Pour la seconde fois du voyage, la première étant dans le désert, j’ai été obligé de mettre ma veste. Heureusement, les gens de l’hôtel nous ont fait un feu de bois dans un bac métallique autour duquel nous nous sommes installés pour nous réchauffe et jaser, le temps que les chaufferettes réchauffent la salle à manger où nous allons prendre notre souper.  Nous avons tous fait de même dans nos chambres où elles tournent à plein régime depuis notre arrivée.

NOTRE RÉCONFORT EST DANS LA BIÈRE!

Concernant les milliers d’hectolitres de bière engloutie depuis notre arrivée en Inde, de l’avis général des consommateurs-voyageurs, c’est la première fois de toute notre vie que nous faisons une consommation aussi importante de «grosses 650 ml» en un si court laps de temps! Mais ne vous en faites pas, chers amis qui tenez à notre santé : c’est pour le goût car, pour 1 bière «Extra strong» à moins de 5% que nous pouvons trouver, c’est 10 «Extra light» à moins de 3% que nous consommons. Nous ne deviendrons donc jamais alcooliques en Inde! Comme dit Guylaine : «La bière, ça compense pour tous les Nescafés dégelasses qu’on a pas le choix de boire à chaque matin, pour les tchai trop sucrés qu’on se farcis aux pauses-pipi du matin, pour les dahl (lentilles en sauce) qu’on ne fournit pas d’haïr un repas sur deux et pour les bons vins si rares et si difficiles à trouver à moins de 1300 roupies! ».

À notre retour du souper, la chambre était chaude. Hum! Un bon lit et une bonne nuit!

Ram! Ram!

Nawalwarth
Nawalwarth

5 décembre – Bikaner – Nawalgarh – 225 km – 5h1/2

Cette ville est réputée pour ses havelis.  Ce sont des résidences construites au XVIIe siècle par de riches marchands dans l’état de Shekhawati.  Ils les couvrirent de fresques du sol au grenier, sur toutes les surfaces disponibles.  Ces havelis témoignent de l’ère riche et prospère de Marwari de ces siècles passés.  Il y a une centaine d’havelis peints et une tour d’horloge fin de la période britannique.

Aujourd’hui, la majorité des fresques sont effacées.  Il n’en reste que quelques unes pour représenter ce qu’elles furent dans leur jeunesse.

Comme j’écris, une horde de corneilles – corbeaux viennent se perchés sur le toit de la maison voisine en assistant au lever du soleil.  Après 4 minutes de croassements, les voilà installés pour commencer la journée tout comme les mendiantes et leurs enfants.

Il me faut avouer que la promiscuité est tolérable pour moi.  Autant je craignais cette promiscuité, autant je ne suis jamais bousculé ni dérangé.  Ils sont curieux de tout et ils prennent le temps de regarder, analyser et hocher de la tête.  Ils repartent pour continuer leur vie si différente de la nôtre.  Ils y a une bonne quantité de beaux ténébreux aux yeux sombres et au sourire à faire fondre un iceberg.  Les femmes du groupe trouvent que les hommes ne sont pas aussi choyés qu’au Vietnam où elles sont magnifiques et élégantes.

Je me suis fâchée avec notre guide Daniel.  Je constate qu’il nous a pris en otage.  Il veut admirer les havelis et nous aussi; du moins, ceux et celles qui voulaient venir aussi.  Après une heure de marche rapide, de traverser de boulevard au risque de nos vies (à peine exagéré) et avoir admirer des havelis, nous voulons magasiner dans le bazar.  Richard désire acheter un cadeau à son conjointe et François aimerait bien regarder un peu pour des achats.  Nous les femmes, on sait déjà que nous adorons les pachminas.  Bon!

Voilà Daniel qui court et nous arrête aux havelis majestueux en effet, mais nous voulons aller au bazar.  Nous le traversons en coup de vent car il veut nous montrer un temple jaïn.  Nous ne voulons plus rien voir ni entendre.  Nous voulons aller au bazar.  Il ignore complètement nos demandes.  Je lui cris : je suis prise en otage!  Il fait une remarque murmurée dans sa barbe et nous repartons en courant.  Je suis horrifiée et nous sommes tous indignés.  Rendu au temple, nous refusons de le suivre.  Il lui faudra bien revenir vers nous.  Nous commandons des rickshaws pour rentrer à l’hôtel.  C’est notre voyage après tout!  Revenus à l’hôtel, nous l’attendons pour lui parler.

Mais voilà que j’explose!  Je suis en colère et le lui dit devant les autres.  Je sais que la majorité est aussi indignée que moi, mais ils sont plus tolérants et tolérantes.  Une fois cette situation derrière moi, je me fais masser pour évacuer ces tensions.  Quelle bonne coïncidence d’avoir réservé une massothérapeute.

Clôde viendra dans ma chambre en médiatrice.  Je ne suis pas rancunière et Daniel non plus.  Le lendemain on s’excusera mutuellement.  Il faut dire que Daniel connait très bien ses lacunes en tant que réactions personnelles.  Bon, un guide parfait, ça n’existe pas!

Namaste!