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21 février 2013

Sabadie!

Pour donner une idée, voici comment est décrit l'itinéraire d'une journée, en occurrence ce qu'on nous propose pour aujourd'hui dans notre forfait:

Jour 21 (21 février) - Luang Prabang (Laos) (PD/D)

  • Visite de Vat Xieng Thong, considéré comme le plus beau temple de Luang Prabang
  • Croisière en bateau traditionnel en bois sur le Mékong pour les Grottes de Pak abritant des milliers de statues de bouddhas
  • Dîner pique-nique dans une maison en bambou à la confluence des Fleuves Mékong et Nam Ou
  • Retour en bateau à Luang Prabang
  • En voiture au village de tissage sur soie de Ban Xang Khong.

Notre guide est père de 9 enfants, dont 2 enfants décédés. Il lui reste 2 filles et 5 garçons. Il n'utilise pas le mot "mort" mais décédé. Le mort appartient aux gens sans manière. Le mot royal employé ici est "Nirvana" pour remplacer ce mot "mort". Bon!

Notre hôtel est un ancien palais royal. Je n'ai pas compté le nombre de maisons, de jardins ni de terrasses, mais il y en a beaucoup.

Petit déjeuner au bord du Mékong. Vue très Zen de ce fleuve mythique. J'apprends "bonjour: sabadie"; "merci: khop chai lai lai"; "au revoir: la gon" et non "la conne"!

Nous arrêtons au lavoir pour y laisser notre linge à laver. Nous payons au kilo plutôt qu'à l'unité. Une facture nous est remise au montant d'environ 8 - 9$ canadiens (65 000 kips). À l'hôtel, le lavage d 'une chemise: 2$. J'en ai 7, sans compter mes T-shirt, mes pantalons et tout le linge à Pascal. Çà vaut le coup de demander au guide qui demande au chauffeur, qui lui sait. Quelle économie!

Ensuite, nous arrêtons pour acheter une batterie et un chargeur supplémentaires. Pascal prend beaucoup plus de photos que moi, donc il décide de s'équiper afin de s'enlever du stress sur l'unique chargeur de batterie.

Visite de Vat Xieng Thong

Nous débutons notre tournée par la visite d'un temple connecté à trois autres. Au temple, le guide appelle le cimetière, " le village des âmes". Il nous raconte la légende du "richard" dans le sens de l'homme riche, et de son fils décédé.

C'est un homme riche qui a un fils unique qui décède au début de l'adolescence (je résume ce qu'il a pris 10 minutes à dire, et je n'exagère même pas)! Il décide d'envoyer une personne donner à manger à son fils décédé, et ce, tous les jours. Mais voila qu'une journée, l'inondation envahie le chemin que la personne emprunte. Elle ne peut traverser nourrir l'âme du jeune homme donc, en revenant, elle donne la nourriture aux moines.

Durant la nuit, le richard rêve à son fil décédé qui lui annonce qu'il n'a pas reçu son repas. Au réveil, le richard convoque la personne responsable du repas. Il lui demande pourquoi il n'a pas nourri l'âme de son fils. De lui expliquer la raison et ce qu'elle a fait. Le richard réfléchit et conclut que c'était la meilleure chose à faire. À partir de ce moment est née l'offrande! Fin de la légende!

Le Mékong

J'inclus cette carte qui représente la course du Mékong à travers les différents pays, d'ou son importance.

Le Laos en raccourci: au tout début était le Mékong "la mère des eaux". Ce fleuve légendaire et authentique voie royale d'un Laos millénaire, ou il continue de baigner toute vie. Dixième fleuve du monde par sa longueur (+ de 4 000 km), c'est un seigneur sur de son éternité mais capable de tout engloutir sur son passage au plus fort de la saison des pluies, lorsqu'il monte de 12 a 15 mètres! C'est évidemment sur ses rives que des ermites et des rois très sages ont, en des temps anciens, choisi d'édifier ce belle Luang Prabang.

Croisière sur le Mékong

Et ce matin, une croisière sur un navire tout en bois, au toit gracieusement incurvé, permet d'arriver confortablement a la grotte aux 1 000 bouddhas. Nous sommes quatre à bord: le chauffeur, le guide et nous deux! Il y a au moins trente sièges de libre! Bah! On a payé pour ça!

Une fois la moiteur apprivoisée, le vent du fleuve nous rafraîchit. Des buffles nous regardent passer en se disant que ce n'est pas le roi, ni la reine, mais bien des québécois qui viennent admirer ses berges.

Au-delà des deux rives, les crêtes innombrables de reliefs escarpés, couverts d'une jungle dense et vorace, nous pouvons admirer de très beaux arbres (tecks, fromagers, flamboyants, tamariniers...) ; quelques rares villages de minorités, si pauvres, totalement coupés du monde pendant les pluies.

Ici et là, de fines cannes en bambou retenant des filets immergés, des buffles lourds aux fins sabots se désaltérant, des grappes d'enfants jouant dans l'eau limoneuse, des orpailleurs rudes à la tâche (le lit du fleuve est constellé de minuscules paillettes d'or), des plages de sable blanc écrasées de chaleur, des rochers affleurant, des bouquets de roseaux et de palmiers à sucre. Sur l'eau, des sampans, des «bateaux à longue queue», des embarcations de toutes formes et de toutes puissances: la vision fugace d'un pêcheur solitaire, fine silhouette coiffée de son chapeau conique arrimée à sa longue perche, aussitôt effacée par celle d'un speed boat à plein régime, rempli de touristes chinois casqués et bruyants ! Et au milieu glisse le Mékong, souverain, coulant lentement et parfois, de petits rapides viennent troubler sa face sereine. Nous glissons ainsi environ 2 heures pour parcourir 35 km.

Le guide me fait rire lorsqu'il compare les balises sur l'eau à des stupas du fleuve. Au fond, ce Mékong est un peu souverain!

Nous faisons une halte au village de Ban Xang Hai, où les habitants produisent du lao-lao, une boisson alcoolisée qu'ils distillent dans des jarres. Une boisson rouge qu'on nomme "vin", du blanc pour dame (très sucré) et un alcool genre whisky blanc très fort.

Les Grottes de Pak Ou

Nous remontons pour nous rendre aux grottes. Hier, nous avons monté 328 marches et descendu autant, afin d'admirer le coucher de soleil. On a "hersé" du c-- comme dit l'expression qui dit demander de gros efforts. Des français semblaient avoir hersé autant que nous!

En aval du Mékong et situées dans une falaise abrupte, longtemps habitées par des ermites, ces grottes sont un lieu de pèlerinages important. Des centaines de Bouddhas apportés par les pèlerins remplissent les 2 grottes.

Nous descendons pour monter jusqu’à la 2e grotte. Pascal a compté les marches pour conclure qu'il en a environ 247 dont plusieurs étaient tellement larges que je pouvais en marcher 2 pas avant de monter l'autre! Bon!

Mais pourquoi a t-il un si gros ventre ce Bouddha là ? La légende raconte que ce Bouddha, très beau, très courtisé, était troublé pour méditer. Les dieux exaucèrent ses prières, le rendirent moins séduisant en lui donnant ce gros ventre. Il put ainsi se consacrer entièrement à la méditation. Le guide taquine Pascal. Je lui dis qu'il est mon bouddha à moi et qu'il est séduisant ainsi.

En sortant de Tham Ting, un escalier mène vers la grotte supérieure, plus profonde et plus sombre [Tham Phum].

Là-bas encore, des milliers de statuettes ont été déposées un peu partout à l'intérieur de la grotte, dans le noir total cette fois. Munis d'une lampe, la visite prend d'ailleurs des airs d'explorations à la Indiana Jones!

En 1996, un inventaire a été fait par une équipe d'archéologues australiens, mais l'endroit n'étant toujours pas gardé la nuit, des pilleurs thaïlandais munis de bateaux rapides n'ont pas manqué de se servir.

Les grottes Pak Ou (littéralement "la bouche Ou" du nom de la rivière affluent du Mékong) sont un des symboles religieux les plus précieux de la Province de Luang Prabang. Plusieurs légendes ont cours sur cet endroit où ont été déposées, au cours des ans, ces milliers de statuettes de Bouddha.

Après avoir redescendu, nous traversons de l'autre coté de la berge pour dîner. C'est agréable car le guide nous laisse tous les deux. Nous pouvons échanger sans avoir à écouter un français qui frise l'incompréhension. Bon!

Nous revenons à Luang Prabang en fin de journée. Une heure et demie à regarder défiler a nouveau la vie sur les berges du Mékong.

Notre dernière activité: fabrication du papier brut et tissage de la soie. Le guide fait des siennes pour nous faire acheter. J'ai succombé: j'ai acheté ma petite lampe en papier fabriquée par eux. Encore des moines!

Pour terminer la journée, nous achetons des oranges et des gousses de tamarin que j'adore. Ce sera notre souper dans la chambre. Après la douche, nous aimons nous asseoir au balcon et regarder le soleil se coucher dans les eaux du Mékong. Pascal sirote une bière avant de déguster nos fruits.

Une autre journée remplie de découvertes et de relaxation. Je suis loin de la fatigue d'hier soir.

Bonne nuit a vous que j'aime x x x

Pst: parfois j'ai des petits bouillons de vous.... qui me manquez!!!


POUR LES PHOTOS DU JOUR & EN SAVOIR PLUS  : Le Jour 21 sur le blogue de Pascal.


 

14 février 2013

Joyeuse Saint-Valentin à vous que j'aime! Le guide fut le premier à me souhaiter une journée radieuse, comme il dit!

Tous les jours, tous les jours et je dis bien, tous les jours, quelque chose se produit pour pratiquer ma patience, et parfois, la faire sauter!

Aujourd'hui, c'est le Wi-Fi. Nous sommes dans un endroit idyllique et le WiFi part et arrive, selon le bon loisir de je ne sais quel petit démon, mais c'est drôlement frustrant. Ce soir, de retour du souper, je vais m'installer à la réception. Parfois, cela aide.

Aujourd'hui, ce fut un peu plus confortable coté température, car il y a un petit vent qui balance ma jupe apportant un peu de fraîcheur à mon corps. Nous avons visité quatre temples, stupas ou pagodes: le premier fut un stupa doré, le 2e pour ses peintures intérieures, le 3e parce qu'il est le plus grand et le dernier, le plus populaire. Ces chefs-d'œuvre d'architecture furent construits du 11e au 13e siècle.

Ce soir, j'ai un peu le cœur à la flotte. La Saint-Valentin me rend nostalgique. Mon coté romantique souffre un peu. Demain, ce sera déjà passé.

Ce que j'ai aimé le plus aujourd'hui, fut notre randonnée en bateau et que le couché de soleil a enflammé le ciel de toutes les teintes d'orangées. J'en ai eut les larmes aux yeux. Les jeunes filles pauvres qui vivent au pied de notre hôtel de luxe veulent me vendre leurs trucs. Elles sont belles, fières et heureuses. En regardant le coucher de soleil, je me disais qu'elles sont heureuses. Elles assistent au même coucher de soleil, elles vivent au bord du fleuve et elles sont entourées de leurs frères, sœurs et parents.

J'ai offert le Pepsi Cola à notre responsable de bateau. Il était très heureux. Pascal a donné des sous, en cachette, je crois que c'est à ZaZa, la petite vendeuse. Elle a refermé sa main rapidement. Gilles a acheté des coffrets pour ses petites-filles. J'ai l'impression que nous faisons une petite différence dans la vie de ces gens qui ne demandent qu'à vivre un peu plus confortablement.

Sur ce, bonne nuit a tous(tes) x x x


POUR LES PHOTOS DU JOUR & EN SAVOIR PLUS  : Le Jour 14 sur le blogue de Pascal.