Skip to content

Jour 22 – Le Laos me surprend dans sa version de l’histoire

jour22_luang prabang22 février 2013

05h30, réveil au chant des coqs. Au loin, on perçoit même de légers coups de gongs, sûrement pour annoncer le début du TAK BAT, la procession des moines à travers la ville et participer au rituel des moines bouddhistes que l'on appelle Alms-giving.
Chaque jour, au lever du soleil, le même rituel se répète. Dans un silence religieux, les bouddhistes viennent se poster devant leur maison, les pieds nus et la tête découverte et attendent l'arrivée des bonzes.

Le riz qu'ils s'apprêtent à donner est sans doute encore chaud. Celui-ci demande en effet une très longue préparation puisqu'avant d'être cuit, il doit être soigneusement nettoyé de ses impuretés à la main, puis déposé une demi-douzaine d'heures dans de l'eau avant d'être cuisiné, vers 05h00 - 05h30.

Le défilé des moines

Le défilé des robes orange colore la ville par intermittence entre 6 et 7 heures du matin. Les moines sortent par groupe de 10, 15, 20 ou plus de leur temple respectif, et parcourent silencieusement les rues de la ville, leur bol d'aumône à l'épaule. Devant chaque demeure, ils présentent leur panier pour recevoir les offrandes de nourriture (du riz, gâteaux, fruits et confiseries) pour leur journée. Il faut savoir que les moines ne vivent que de l'aumône. Ils n'ont pas le droit de gagner ni de dépenser de l'argent. Ils dépendent donc complètement des autres pour leurs besoins matériels (nourriture, transport et autre). Les croyants sont très nombreux, les paniers se remplissent donc très vite.

C'est pour cette raison qu'au cours de leur marche, les moines donnent à leur tour aux enfants les plus démunis. Cette quête matinale est tellement belle, tellement impressionnante qu'elle est devenue une vraie « attraction » touristique.

Luang Prabang se réveille en faisant la charité, lorsque ses premiers tuk-tuk (taxis bariolés à trois roues) se mettent à pétarader. Au bord du fleuve, les marchandes d'algues séchées commencent à disposer leurs paniers sur le trottoir. Jouxtant l'ancien palais royal, le marché du matin est en pleine effervescence. À même la rue, très propre, il est rempli de curiosités à nos yeux d'Occidentaux : lamelles de peau de buffle séchée, liserons d'eau, œufs de fourmis, écureuils rôtis, confiture de piment sucrée...

Nous arrivons sur place et achetons un grand panier d'osier plein de riz encore très chaud, moi des biscuits enveloppés et le guide un petit panier de riz chaud. Ici, ça se corse, car le guide, sans nous demander, décide que nous payons pour sa part. Je refuse en le disant assez fort à Pascal, que ce n'est pas correct. C'est un manque de respect total, surtout que c'est la 3e fois qu'il nous fait le coup. Celui-ci est de trop. Je réalise ça, lorsque je lui demande le prix individuel de nos achats. Il est bouddhiste, et depuis trois jours, il ne se gène pas pour nous dire "Ici, on peut faire des offrandes", soit l'équivalent de 100 fois par jour. Nous sommes sollicités en tant que personnes riches, selon leur critère. Je suis d'accord avec cette réalité. Mais, je refuse qu'on abuse de ma bonté. Je sais juger quand je donne ou quand je m'abstiens.

Pascal qui a horreur de l'adversité, me tempère. Alors, j'y vais au plus court: je boycotte le guide. Lorsqu'il parle, je regarde de l'autre coté. Lorsqu'il donne ses instructions, je ne bouge pas. D'ailleurs, lorsque nous avons payé, je lui ai dit: "Nous payons pour vous?" Il rit et dit qu'il nous donne la chance de faire l'offrande pour toute sa famille et pour nous. Et en plus, il rit. C'est trop pour ma compréhension des différences. C'est de l'abus, pur et simple. Après 5 minutes, il se rend compte que je n'abdiquerai pas et que son attitude est inacceptable. Il me donne le prix de son panier de riz, soit 10 000 kips (1,25$). Je les prends et je le remercie. Je le mets dans mon panier de distribution aux moines. Il me suggère de donner juste 1 000 kip à la fois. Je lui remets pour qu'il aille chercher le change. Ce qu'il fait avec gentillesse. Lorsqu'il parle à nouveau, je l'écoute. Je suis ses recommandations que voici:

  • Acheter de préférence du riz ou des fruits ou des biscuits;
  • Enlever nos chaussures pour faire les offrandes et pour les femmes, obligation d'être agenouillées et porter une écharpe en travers de l'épaule. Je m'agenouille d'un genou et je garde l'autre pour garder mon équilibre;
  • Ne pas gêner la procession des bonzes;
  • Éviter tout contact physique avec les bonzes. Il est même défendu aux femmes seulement de toucher un moine (je m'abstiens de commentaire, car vous savez toutes ce que j'en pense, de ces discriminations qui n'ont aucune raison d'être);
  • Ne pas être plus haut que les bonzes, ce qui constitue au Laos,  un manque de respect. Et naturellement, comme dans les temples, stupas et compagnies, s'habiller de manière à ne rien dévoiler des genoux aux épaules, donc pas de manches courtes malgré les 36°C. vécus en Thaïlande et en Birmanie.

J'avoue que ce rituel m'émeut beaucoup. Tous ces jeunes hommes, dont l'âge varie de 7 à 8 ans jusqu’à une cinquantaine d'années, qui acceptent de vivre selon toutes les règles de moine bouddhiste, je lève mon chapeau et je les admire.

Une fois la procession terminée, nous traversons le marché du matin où il y a de tout, mais vraiment tout. J'achète des galettes chaudes, une bouteille de miel et des arachides fraîches, dont le sel est en sachet. Vu l'humidité d'ici, si le sel était mélangé aux arachides, ça ferait une saumure. Je garde les arachides mais je donne les galettes et le miel à notre guide, car il n'a pas encore déjeuné, alors que nous retournons à l'hôtel, prendre le nôtre. Il est très ému, car le prix d'une bouteille de miel représente, selon moi, une journée de salaire. Il répète, à plusieurs reprises, que c'est trop. Nous insistons pour qu'il la garde.

Le Musée National

À 08h30, nous partons pour visiter le Musée National. Le guide nous y amène aujourd'hui au lieu de demain matin. Nous aurons ainsi notre journée libre demain. C'est excellent pour nous.

Ce Musée National vaut vraiment le détour. L'histoire du Laos y est représentée par ses photos, ses peintures, ses sculptures, son architecture, etc. C'est un bâtiment construit entre 1904 et 1909, à l'époque du Protectorat français du Laos, pour le roi Sisavang Vong et sa famille. Le site a été choisi pour que des visiteurs officiels venus par le Mékong puissent débarquer directement à son pied pour y être reçus royalement.

Après la mort de Sisavang Vong en 1959, son fils Savang Vatthana et les siens ont été les derniers à occuper le palais. En 1975, le Royaume du Laos (la monarchie) a été aboli par les communistes et la famille royale envoyée en camp de rééducation. Le palais a alors été transformé en musée.

Nous avons fait le tour du palais: les cuisines, entrepôt, l'abri de la barque royale, salle de spectacle, une nouvelle pagode pour abriter le Phra Bang (Bouddha doré dont il y a toute une histoire de vols et de récupérations), bâtiment du personnel, etc.

Les jardins sont ornés d'un bassin où une quantité inouïe de poissons nagent. Il y a deux canons à l'entrée du palais. Une énorme statue en pied de Sisavang Vong se trouve devant la salle de spectacle.

Le parc et les cascades de Kuangxi

Nous quittons pour nous diriger vers les chûtes Kuangxi. Mais, nous ferons quelques arrêts le long de notre trajet.

Les cascades de Kuangxi est un lieu incontournable à découvrir. Les chûtes sont vraiment spectaculaires et sont les plus grandes chûtes d’eau de Luang Prabang. Nos chûtes à l'Ours n'ont, par contre, rien à envier à celles-ci. Elles sont seulement différentes en hauteur.

Cette cascade à multi-niveaux est située à environ 30 kilomètres hors de la ville. Mais avant, nous arrêtons à un village Hmong qui sont les autochtones laotiens.

Un village Hmong

Ce village Hmong où les vieilles dames portent encore le costume traditionnel hmong. Il est célèbre pour ses vêtements tissés à la main. Nous pouvons regarder leur mode de vie très simple. L'artisanat est le principal revenu pour ces gens. Un homme sculpte un magnifique morceau de bois qui se transforme en chef-d'œuvre.

Les Hmong sont un peuple d’Asie originaire des régions montagneuses du sud de la Chine (spécialement la région du Guizhou) au nord du Viêt Nam et du Laos. Ils sont aussi appelés les Miao, ce qui signifie « riz cru » et désigne depuis longtemps des populations nomades peu intégrées. Les Hmong eux-mêmes emploient souvent la dénomination «montagnards».

J'achète un bracelet de l'amitié d'une petite fille habillée en costume du pays. Pascal achète une pochette de la grand-mère juste à coté. Les femmes travaillent toute la journée et s'occupant des enfants qui courent partout. Les enfants du village Hmong ne vont pas à l'école le vendredi. L'horaire des écoles, au Laos, est de 8 - 11 heures 1/2 et PM 1 h 1/2 à 16 heures.

Les Hmong ont les mêmes avantages que nos indiens dans le système gouvernemental: logis, argent et éducation gratuits. Pascal va sans doute vous raconter, dans son blogue, ce qu'il a vu et photographié. Deux hommes qui fumaient de l'opium. Notre guide nous explique que cette tribu en une de guerriers et de contrebandes. Rien de nouveau à l'est des Rocheuses! Comme chez-nous avec les cigarettes et les animaux de la forêt! Ici, la contrebande, c'est de l'opium pourtant interdit par le gouvernement laotien, sous peine de prison sévère. Bon!

Je reviens aux chûtes. Le guide me dit que partout dans les cafés et les agents de voyages dans la ville, il y a des excursions organisée vers les chûtes. On peut également louer un propre tuk-tuk pour environ 15 $ pour une demi-journée de location. La route vers les chutes de Kuangxi nous plonge à travers les collines avec des vues spectaculaires sur des jardins en terrasses. On les voit même dans le lit des rivières asséchées.

Plus on se rapproche des cascades, plus on sent que l’air devient plus frais car la région est plus élevée et couverte de forêt.

Pour entrer dans le parc Kuangxi, on doit payer un droit d'entrée, soit 20 000 kips (2,50$). Dès l’entrée, nous pouvons marcher à travers une région boisée où il y a des enclos qui abritent l'ours noir d'Asie sauvé de braconniers. Il y en a une vingtaine.

Au bas de la chûtes il y a plusieurs bassins d’eau émeraude et de petites cascades (3-5 mètres de haut). Quelques-unes des chûtes sont à multi-niveaux. La plupart des bassins sont ouverts à la baignade (l’un est fermé comme site sacré). J'ai entendu un français dire que l'eau est un peu froide. Ce domaine est ombragé par de grands arbres. Cela rend la cascade une zone de rafraîchissement pour les habitants et les touristes. Le guide dit que ces cascades sont l'air climatisée naturelle.

Enfin, en montant vers le sentier, nous arrivons à une immense piscine naturelle, très impressionnante. Nous pouvons apercevoir sa source. Des jeunes gens s'adonnent a jouer àTarzan et s'élancent, accrochés à un câble, et se laissent tomber dans ce réservoir d'eau pure. Un jeune Tarzan saute même avec sa Jane dans les bras!

Nous nous sommes arrêtés avant d'arriver au sommet qui semble encore bien élevé. Je prends en photo, deux jeunes filles qui sont attablées avec de la belle vaisselle bleue et blanche. Je les trouve bien romantiques. Je les remercie de se prêter à la photo. Nous montons encore quelques marches. Une vue magnifique s'offre à nous. Les chûtes dégringolent d'une hauteur qu'il faut relever la tête jusqu'au ciel pour l'admirer.

Notre pique-nique

Le guide nous montre une table recouverte d'une nappe bleue royale. C'est pour nous! Et les deux jeunes filles que je viens juste d'admirer, ce sont elles qui ont apporté notre nourriture jusqu'ici. Notre itinéraire spécifiait "pique-nique". Nous sommes enchantés. Nous dégustons notre repas très goûteux composé de languettes de poulet frit, de légumes du pays, des nouilles de riz aux légumes et du riz aux légumes aussi. Nous terminons notre repas par des bananes. En quittant, nous laissons un bon pourboire aux jeunes filles.

Nous redescendons lentement dans la fraîcheur des cascades. Nous arrêtons dire au revoir aux ours d'Asie. Quelle fut ma surprise, en prenant une photo, de voir des poinsettias! Ces plantes poussent ici, comme le bleuet chez-nous, à l'état sauvage.

Lorsqu'il fait soleil, un brouillard recouvre une bonne partie des cascades. Depuis que nous sommes au Laos, le ciel est couvert, ce qui explique probablement la température plus fraîche.

Je me fais déposer à l'hôtel pendant que les hommes se rendent en ville récupérer notre linge propre. Je fais mes adieux au guide que je n'ai jamais appelé par son prénom.

Pour terminer en généralité, à part les moyens de transport que nous connaissons, ici il y a le djembo (pour le marché), le skylep (en ville seulement) et le tuk tuk traditionnel.

Comme en Thaïlande, la couleur de l'immatriculation du véhicule :

  • blanche: véhicule public, taxi, autobus
  • bleu: véhicule de l'état;
  • rouge: véhicule de la police
  • jaune: véhicule appartenant a un particulier.

Au Laos, on conduit à droite, et le volant est à droite, comme chez-nous
En Thaïlande, la conduite est gauche et le volant est à gauche, comme en Angleterre
Au Myanmar, le volant est parfois à droite, parfois à gauche, mais la conduite est à droite de la route. Très dangereux comme système.

La Thaïlande fut le pays le plus chaud: moyenne de 36°C
Le Myanmar est un peu moins chaud. La température variait entre 28°C et 32°C
Le Laos est un peu plus frais toute la journée. En moyenne, 25°C à 28°C.

Beaucoup d'occidentaux sont avec des femmes laotienne parce qu'ils leur offre de meilleures conditions de vie et j'imagine que la vie sexuelle joue un rôle aussi, car souvent, la femme est plus jeune que l'homme.

Le Laos est producteur de bois teck qui est exporté majoritairement en Chine et en Thaïlande.

La soie

Pour la fameuse soie, je résume ce que j'en retiens. Je n'avais encore jamais vu tout le procédé de la transformation, en tissus final.

Dans ce pays, chaque famille développe sa propre technique et parfois ses propres motifs de décoration, quoique la plupart soit des reproductions de motifs traditionnels et d'ikats (tissus dont les fils de chaîne sont noués et teints pour former un dessin avant d'être installés sur le métier à tisser) spécifiques à l'ethnie de l'artisan. Ainsi, chaque région, chaque famille produira une soie particulière, selon sa méthode de dévidage et de moulage, obtenant des soies mates ou brillantes, plus ou moins épaisses et plus ou moins douces.

Ici, Francine et Raynald n'apprendront rien puisqu'ils ont visité la Chine au printemps dernier. Salutations les amie(s).

  • Tout d'abord, il s'agit de nourrir les vers à soie, 3 fois par jour, avec des feuilles fraîches de mûrier blanc. Ces petites bêtes doivent manger sans discontinuité durant 1 mois.
  • À la suite de quoi, les vers seront disposés sur des piques "hérissons" entre lesquels ils pourront tisser durant quelques jours leur cocon protecteur.
  • Lorsque les vers sont en passe de percer le cocon, on les ébouillante puis on procède à l'extraction de la soie par des bains alcalins (décreusage).
  • Les fils seront ensuite bouillis dans de l'eau pure afin d'obtenir la souplesse attendue. Plus l'opération est répétée plus la soie est souple; et il faudra de la part de la fileuse, une grande connaissance des matières premières utilisées.
  • Il ne faudra pas moins de 5000 cocons pour faire 1 kilo de soie grège, durant un processus qui se déroule sur 8 jours.
  • Viennent ensuite les étapes de filage, de teinture, puis de tissage; toutes ces étapes étant réalisées manuellement. Pour réaliser une longue étole traditionnelle, il faudra compter souvent plus d'un mois de travail.
  • Plusieurs qualités de fil sont obtenues: on extraira un fil de texture inégale en employant le cocon en entier (mai sao lueai), un fil de texture plus rêche en employant l'extérieur du cocon (pueak mai) et un fil lisse et fin avec exclusivement l'intérieur du cocon, c'est la soie royale (mai nyot). Ces fils de soie grège sont appelés plis.
  • A ce stage rentrent en jeu la dextérité et la connaissance de la fileuse qui devra former son fil définitif (celui qui servira au tissage à proprement parler) de 1, 2, 3 ou 4 plis, le pli n°1 donnant la soie la plus fine, la plus souple, la plus résistante et la plus brillante. Selon la pression des doigts au moment du filage, selon la technique de jointure des fils, la soie sortira plus ou moins régulier.

Voila pour ma journée qui se termine avec le chant des cigales comme accompagnement de mes pensées et de mes écrits. Le soir, je prends le temps de penser aux gens que j'aime!


POUR LES PHOTOS DU JOUR & EN SAVOIR PLUS  : Le Jour 22 sur le blogue de Pascal.


 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *