CARNET DE VOYAGE
VISITES
AUJOURD'HUI
Havre-aux-Maisons
Pointe-aux-Loups
La Martinique
MÉTÉO
Ensoleillé et frais. Venteux.
20°C
RECHERCHE
JOUR 9
VENDREDI, 9 AOÛT 2002
Ce matin, il faudra attendre que Gaétan arrive à 11h00 avant que Valérie ne se lève.
Elle a mal partout! Les coups de rame d'hier lui sont tombés dans le corps. Ils
quittent vers 11h30 pour aller nager avec les phoques.
FROMAGERIE
Le temps est frais et nous allons consacrer
notre journée à quelques visites. Nous nous dirigeons vers l'île du Havre-aux-Maisons.
Nous faisons notre premier arrêt à la fromagerie du Pied-de-vent. Guylaine et Marcel nous
ont précédés vers 11h00 et ont pu assister au remplissage des moules à fromage que nous
pouvons voir à travers la vitre de la boutique.
On y vend le «Pied-de-Vent» qui est une pâte molle
de type brie et le «Jeune-Cœur», un fromage à pâte ferme. Ils ne sont pas encore
disponibles à la grandeur du Québec.
La préposée au comptoir nous apprend qu'un pied-de-vent
est un rayon de soleil qui traverse les nuages. C'est un effet que bien des artistes et photographes
aiment capter. Le jeune-cœur est un jeune loup-marin qui a une tache blanche
sur le dos en forme de cœur.
FUMOIR DE HARENG
Nous continuons notre route vers le
Fumoir d'Antan
situé près du quai de Pointe-Basse. Nous sommes accueillis par un des fils Arseneau.
Il a l'accent typique des habitants de Havre-aux-Maisons qui ne prononcent pas les «R».
C'est un plaisir que de l'écouter parler. À lui seul, il vaut le déplacement!
Nous visitons l'Économusée installé dans un ancien fumoir. Depuis trois générations,
la famille Arseneau a exercé le métier de fumeur de hareng. Dans les années 40-50,
l'entreprise employait environ 150 employés. Mais la disparition du hareng dans le golfe
dans les années 70-80 amena la fermeture de cette institution familiale. Benoît, le paternel eut
cependant la bonne idée de conserver une partie des bâtiments ce qui a permis de reprendre
les activités dans les années 90.
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LE FUMAGE
Les harengs sont placés dans la saumure pour les saler pendant
quelques jours. Ensuite, on les enfile sur des bâtons à travers les ouïes et la bouche et
on les transporte sur des
boyards
vers la fumerie où les bâtons enfilés de harengs sont installés entre les poutres du toit. On
allume ensuite, à même le plancher, des feux de bois d'érable et de bouleau mêlés de
sciures pour produire une fumée dense.
La personne la plus importante est le fumeur qui doit veiller à l'entretien des
feux et s'assurer que la fumée soit correctement produite en fonction des vents et de
l'humidité ambiante. Il faut entre 60 et 90 jours pour fumer le hareng. La visite terminée,
nous retournons à l'accueil pour y acheter une caisse de 12 pots de hareng fumé mariné et deux gros sachets
de hareng fumé. En prime, Raymonde reçoit une belle étoile de mer du fils Arseneau!
HISTOIRE DU JOUR
Voici une petite histoire qu'il faut raconter en prenant l'accent des habitants
de Havre-aux-Maisons et remplacer les «R» par des «Y».
BEUYE DE PEANUT
C'est gars de Havre-aux-Maisons qui frappe un petit chien avec
son camion «dix-roues».
Il débarque et frappe à la porte de la maison voisine.
Un petit garçon apparaît.
Le gars lui demande :
« As-tu un 'tit chien, toi ? »
Le gamin lui répond « Oui ! ».
« Et comment y s'appelle ? »
« Peanut !» répond-il.
Et le camionneur de conclure :
« Ben maint'nant c'est Beuye de Peanut ! J'l'ai écyasé avec
mon dix youes ! » 
POTENTIEL ÉOLIEN
Nous reprenons la route panoramique en direction de la Pointe-aux-Loups.
Nous traversons une section où nous pouvons voir les sillons laissés dans le sol
par le déplacement des dunes et que la végétation de sapins trapus accentue car ils
ne prospèrent qu'au fond des sillons où ils sont relativement protégés des vents.
Nous passons devant le prototype d'éolienne que Hydro-Québec avait testé ici.
Le projet fut abandonné mais il devrait resurgir bientôt car l'archipel
a un fort potentiel éolien exploitable sous forme de parc d'éoliennes de type européen.
La faim nous tenaille et pas questions de faire un repas gastronomique! Nous achetons
une poutine et un hot-dog à une cabane à patate de Pointe-aux-Loups avec
l'intention d'aller les déguster sur la plage de la Dune du Nord. Mais le vent vient
de l'ouest et la plage est sous son emprise. Ce sera trop froid. Nous décidons donc de
revenir à Havre-Aubert et de nous installer sur la plage de La Martinique où nous serons à l'abri de la dune.
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LA MARTINIQUE ?
Il est 15h00. Nous mangeons notre dîner sur la plage. Raymonde va prendre une
marche et revient avec les deux mains pleines de dollars des sables! Elle est vraiment
chanceuse car deux hommes vont et viennent sur la plage depuis une heure et n'ont
encore rien trouvé. Une pancarte près des dunes nous renseigne sur le pluvier siffleur,
une espèce d'oiseaux en voie de disparition. On indique comment le reconnaître et
protéger son habitat. L'istorlet est un autre oiseau des Îles qui ressemble à une hirondelle.
Il n'est pas en danger cependant. Nous passons le reste de l'après-midi à lire tranquillement
au soleil et à nous chamailler sur le véritable nom de cette plage!
OÙ SOMMES-NOUS?
Depuis notre arrivée, je prétend que le nom «La Martinique» s'applique à toute
la plage longeant la route 199 entre les îles de Cap-aux-Meules et Havre-Aubert.
Raymonde et Guylaine affirment que le véritable nom est «plage de l'Étang-du-Nord», la
plage de la Martinique n'étant qu'une petite section du coté de Cap-aux-Meules.
Je fais remarquer à Raymonde qu'une pancarte sur le stationnement nous indique
que nous sommes sur la «plage de La Martinique». Raymonde
trouve un paragraphe dans le livret touristique qui me donne partiellement raison
car on y signale qu'une petite section du coté de Bassin porte le nom de «plage de Portage-du-Cap».
Plus tard, nous poserons la question à Normand, notre proprio: selon lui, la
Dune du Havre-aux-Basques où nous étions cet après-midi est constituée de trois plages:
La Martinique, Havre-aux-Basques et, finalement, Portage-du-Cap.
Rien de résolu! On ne s'en sortira pas!
En soirée, Marcel et Guylaine vont à La Grave voir les «mi-carêmes».
Ils reviennent vers 22h30. Guylaine a pris quelques photos mais déplore le fait qu'il y avait
peu de personnes déguisées. Peut-être la soirée était-elle encore jeune!
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HISTOIRES DE PÊCHEUR
Normand et Louise, nos hôtes, viennent jaser un moment devant les coquillages que
Raymonde a cueillis.
Normand nous montre la douille d'un ancien obus
de marine et une défense de morse qu'il a remontées dans ses filets
lorsqu'il était pêcheur. Il draguait le fond de la mer et remontait des
dollars des sables en quantité énorme. «Une nuisance!» dit-il.
DÉPENSES
|
| Crème glacée: | 6 $ |
| 12 bocaux hareng mariné: | 66 $ |
| 2 sachets hareng fumé: | 20 $ |
| Lunch du midi: | 11 $ |
| Beurre et vin: | 15 $ |
| | --------- |
| TOTAL : | 118 $ |
Ainsi, répondant au désir d'une touriste qui avait manifesté le désir d'en «avoir beaucoup»
il lui avait apporté un plein chargement de camionnette! Son vœu fut exaucé au centuple!
Normand nous a dit que les mouettes ici sont très intelligentes et que
pour casser les moules, elles volent au dessus des routes et les font tomber sur
l'asphalte! Ça doit être dur pour un pare-brise d'auto!
À un moment donné, nous dit-il encore, tous les magasins des Îles ont
manqué de siphon pour déboucher les toilettes! Quelqu'un avait convaincu
les touristes que le meilleur moyen pour ramasser les moules enfoncées dans le
sable était d'utiliser un siphon. Et paraît que ça marche très bien! Parole de pêcheur!
POUR EN SAVOIR PLUS...
...SUR LES ÎLES DE LA MADELEINE !
Pascal
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