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Jour 35 – LA VIE À L’ASHRAM

Amritapuri
Amritapuri

17 décembre 2010 – Ashram Amma - Amrita Puri

Il est 7h00. Raymonde dort encore. Elle devait faire du yoga ce matin à cette heure-ci mais a tout annulé hier : elle ne veut pas se contraindre à rien! Cette attitude est celle qui prévaut ici à l’ashram : LIBERTÉ TOTALE! Peu importe la motivation qui nous amène venir vivre ici, personne ne vous contraint à rien. On vous suggère des activités, on vous demande de l’aide et du bénévolat mais tout se fait en douceur, sans que l’on ait même à répondre.

Pour bien comprendre la vie dans un ashram, je vais vous faire le portrait typique d’une de mes journées.

LE LEVER

Comme nous nous couchons tôt, vers 21h30 d’habitude, à 6h30, je suis réveillé. Rien de différent de la maison, je suis un lève-tôt. Chaque soir, cependant, je prends bien pris soin de mettre mes bouchons d’oreille pour ne pas me faire réveiller à 4h50 par la cloche invitant les fidèles au temple pour les récitations des 1000 noms de la Mère Divine suivi par des chants et des prières jusqu’à 7h00. Hors, le temple est situé juste sous notre chambre et ces jérémiades  parviennent jusqu’à nous. C’est pourquoi nous dormons avec les fenêtres fermées et le ventilateur ouvert afin de passer une nuit confortable.

LA TEMPÉRATURE

Côté température, même si les journées sont chaudes et que le soleil plombe, ce n’est pas si chaud que cela dans les bâtiments dont le rez-de-chaussée est généralement à aire ouverte pour permettre la circulation de l’air et tempérer le bâtiment. Dans notre édifice haut de 18 étages, nous avons toujours  une brise qui traverse le couloir central dont les extrémités sont à air libre. En entrebâillant la porte de la chambre et en ouvrant les fenêtres, nous pouvons ainsi bénéficier d’un courant d’air gratuit très rafraichissant. Présentement, nous sommes en hiver en Inde. Je ne sais pas si j’écrirais la même chose en été!

LE LAVAGE DU LINGE

7h15. Raymonde vient de se lever et a ouvert les fenêtres. On entend les corbeaux croasser. Ce matin, elle fait le lavage de «blanc». Elle met tous les morceaux dont deux de mes chemises dans un sceau qu’elle laisse tremper quelques minutes avec du «bleach» qu’elle a acheté au dépanneur de l’ashram.

Je vous avais dit qu’on avait trois éviers dans la chambre. C’est faux! Ce que j’avais pris pour un évier dans la salle de bain est en fait une planche à laver très bien pensée faite à même une tablette de béton dont on a laissé la surface rugueuse. Raymonde s’en sert présentement pour mes cols de chemise qu’elle nettoie à même cette planche. Très efficace! Ils reprennent leur blancheur d’antan!

J’ai installé une corde à linge en lieu et place du pôle à rideau inexistant ce qui nous permet de faire sécher le linge devant la fenêtre. Extrêmement pratique! Pendant la journée, cette corde à linge sert aussi à suspendre un drap de lit afin d’en faire un rideau pour minimiser les ardeurs des rayons du soleil et nous permettre de faire notre sieste en après-midi.

LA TOILETTE

On a aussi une toilette «hybride» avec des ailes comme une toilette turque. Je ne sais pas si c’est pour accommoder les gens qui sont habitués à ce genre de toilettes mais je me vois mal me hisser les deux pieds là-dessus pour faire mes besoins! Mais utilisée de façon conventionnelle, c’est très très confortable, les deux ailes offrant beaucoup de support!

LA DOUCHE

Rien à signaler pour la douche sauf qu’elle n’a que l’eau tiède et qu’elle arrose tout ce qui se trouve dans la salle de bain, toilette comprise!  C’est le seul petit défaut de conception de notre chambre qu’un ascète ne verrait même pas!

LES LITS

Ils sont solides et faits de bois et d’une planche de contreplaqué sur lequel repose un mince matelas qui ne donne pas beaucoup de confort. Même avec un deuxième matelas récupéré chez Marcel et Guylaine, je ne peux pas dire que c’est idéal pour les hanches, l’inconfort me réveillant deux ou trois fois par nuit. Mais ça s’endure. C’est comme au camping : faut faire avec et on en meure pas!

LES REPAS

HORAIRE : Déjeuner: 9h00  -  Dîner: 13h00  -  Souper : 20h00

Les heures de repas communautaires – i.e. les grands chaudrons! -  sont les mêmes autant du côté indien qu’occidental. Si on mange du côté indien, c’est gratuit tandis que tout est payant du côté occidental mais on peut s’en tirer pour moins de 40 roupies (1$) si on prend de petites portions sinon c’est le double. Hier soir, sans y être obligé, j’ai essayé la nourriture du coté occidental et c’était infecte : des patates pilées avec de gros morceaux de pelures noires et des grumeaux non pilés et un genre de quelque chose au choux et à la tomate. Pas bon du tout! J’ai mangé une fois du coté indien, le premier jour, et je ne répéterai plus l’expérience. Trop dégeu!

Autant du coté indien qu’occidental, un CAFÉ ouvert dès 7H30 le matin offre un menu rudimentaire à la carte. Ces deux restos ne ferment que pour des occasions spéciales, toujours aléatoires et sans avis car dépendant des activités publiques d’Amma. Le resto occidental offre du café, du thé, des boissons gazeuses, frites, grill cheese, végé-burgers, pizza, omelettes, rôties etc. On peut «bien» manger pour 130 roupies (3$) genre végé-burger, frites grand format et Pepsi. Donc, ici, personne ne peut vraiment se plaindre de la nourriture car il y en a pour tous les goûts!

LES ACTIVITÉS

Je ne peux pas vous en parler vraiment car je ne participe à aucune. Mais Marcel et Guylaine on suivi une formation en méditation. Hier, Raymonde a rencontré un astrologue indien qui l’a profondément surprise par la précision de ses dires. On offre aussi du yoga et d’autres patentes du même genre, les tableaux d’affichage en sont pleins.

LE SEVA

Une particularité des ashram est le seva, un travail bénévole demandé aux habitants du ashram afin de s’assurer que tout fonctionne bien. Avec seulement 300 permanents, il est impossible de tout faire car beaucoup de travaux de nettoyage, de cuisine, etc. dépendent beaucoup du nombre d’habitants dans l’ashram. Ainsi, en période creuse, soit lorsqu’Amma est absente, toutes les activités sont au minimum tout comme le nombre d’habitants. Mais lorsqu’elle arrive, ce sont des autobus entiers de «suivants» qui arrivent avec elle. Elle a sa cour et ses adeptes qui la suivent partout en Inde et souvent autour du monde. Très spécial!

Avant-hier, Raymonde a fait un seva aux cuisines pour préparer les pates à pizza… dont j’en ai mangé une pour souper! Hier, elle et Guylaine ont entrepris le seva de balayage et de lavage des escaliers de notre immeuble de 18 étages. Elles ont interrompu leur travail au 8ième étage et vont le continuer aujourd’hui. Moi, mon seva, depuis que je suis ici c’est de préparer mes photos pour les mettre sur le blogue dès que possible!

Bon, j’ai pas mal tout couvert! À part cela, c’est un endroit bien tranquille.

LES RÈGLEMENTS

Pour que tout fonctionne bien, il faut un minimum d’ordre et les règlements sont bien affichés sur tous les murs pour nous les rappeler. Les plus importants sont de porter des tenues décentes et non transparentes donc pas de shorts ou bermuda ni d’épaules à découvert pour les femmes. On conseille l’abstinence sexuelle par respect pour les autres habitants et on interdit l’alcool (maudit que j’ai hâte de prendre une bonne bière froide!) et la cigarette de même que les marques d’affection comme se tenir par la main et se donner des ti-becs! On est maintenant habitués à ce dernier point car c’est la norme en Inde depuis notre arrivée. Finalement, interdit de prendre des photos… ce qui fut le premier règlement que j’ai brisé!

LA TECHNIQUE À L’AHRAM

Autant la technique et la technologie est omniprésente lors des «shows» d’Amma, autant elle est absente partout ailleurs dans l’ashram. Je crois que ce qu’il y a de plus technique, ce sont  les deux ascenseurs de notre immeuble! Ici, tout se fait manuellement et j’ai cru comprendre que c’est nécessaire vu le «roulement de main d’œuvre» et la nécessité de tout garder très simple. Ainsi, sauf pour le kiosque d’inscription international et au minuscule centre d’internet qui font ait appel à des ordinateurs, tout le reste se fait manuellement sur des bouts de papier comme au resto ou avec des machines enregistreuses qui n’enregistrent rien car étant perpétuellement ouvertes!  On se croirait revenu 100 ans en arrière.

LES ÉDIFICES

Je vous avais écrit dans un précédent billet qu’il y avait sept ou huit édifices sur le site. Je me suis trompé! Hier, je suis monté au 18ième étage de notre immeuble et j’ai pu faire le recensement: au moins dix immeubles de 6 à 18 étages servent de logements sans compter les nombreux petits édifices de un ou deux étages utilisés pour les services comme les restos, les buanderies, etc. Plusieurs appartements appartiennent à des gens qui viennent ici passer plusieurs mois par année comme ce couple d’iraniens de Chicago avec qui j’ai jasé à mon arrivée qui passent les mois d’hiver ici. Je les trouve bien braves! Certains de ces appartements ont la climatisation ainsi que des antennes-satellites pour la télé mais ils sont rares.

Bon, assez pour aujourd’hui. Faut que j’aille au village, de l’autre côté du pont, pour aller faire de l’internet.

Demain, je vous parlerai d’Amma!

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