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Tanjore
Tanjore
24 décembre 2010 – Tanjore, Tamil Nadu

Le marché aux fleurs
Avant de quitter définitivement Marurai, Vidji nous fait visiter un grand marché de fleurs à la sortie de la ville où tous les producteurs des campagnes environnantes viennent vendre leur production de roses, d’œillets mais surtout de jasmin qui est un des produits qui fait la renommée de cette ville. Les acheteurs sont présents aussi dont plusieurs revendeurs qui vont aller par la suite dans les temples et les endroits de prière pour vendre ces fleurs sous forme de guirlandes.

Lingame ou igname
Pendant notre trajet vers Tanjore, nous jasons entre nous surtout des déités hindouistes qui sont nombreuses et dont il est mal difficile de comprendre toutes les filiations. Ce matin, le sujet était le «lingam de Shiva» ce phallus dressé que l’on retrouve dans les temples dédiés à Shiva et qui le représente. En toute naïveté, notre belle Raymonde, qui ne nous croit pas du tout, demande à Vidji si le «lingam» n’est pas plutôt un légume! Vous auriez dû voir la face de Vidji qui est un adepte de Shiva dont il a fait le pèlerinage des «fous de Shiva» à chaque année pendant 5 ans. Nous avons expliqué à Raymonde que c’est l'«igname» qui est un légume et non le lingam de Shiva!

L’anglais de Vidji
Comme l’anglais de Vidji n’est vraiment pas très «fluent» comme on pourrait dire, à la suggestion de Guylaine, nous allons dorénavant lui parler en «ti-nègre» de la même façon que lui nous parle du genre : «Go Shiva temple. After go lunch. After check-in hotel». Nous sommes tous d’accord car nous avons remarqué que lorsque nous faisons des phrases complètes, il ne comprend absolument rien et ne fait alors que répéter : «No problem! No problem!». Nous savons alors que nous avons un problème de communication car sa réponse fétiche n’a souvent pas rapport avec la question. Mais il arrive parfois qu’il nous fasse bien rire avec ses observations comme ce matin, alors que, obligé d’arrêter l’auto pour laisser passer une vache sacrée sur la route, il nous dit avec un grand sourire : «Trafic police!».

Choix du guide
Nous sommes arrivés à midi à Tanjore et Vidji voulait que nous allions visiter le temple Brihadisvara dédié à Shiva avant qu’il ne ferme à 13h00. Il fait parti du patrimoine mondial de l’Unesco depuis 1959. Pendant le trajet, il nous a demandé à plusieurs fois si nous voulions un guide car il pouvait nous accommoder. Mais comme nous nous étions entendus avec Clôde pour qu’elle fournisse le guide aujourd’hui à 16h00 au lieu de midi, notre Vidji n’était pas tellement content car il a fallu qu’il annule son guide ce qui le privait d’une commission, commission qui allait aller à Bapou, le chauffeur de Clôde! Mais cela, nous ne le savions pas encore et nous venons de le découvrir indirectement par la mine renfrognée de notre Vidji! Je crois que les relations avec Bapou vont être plutôt froides dorénavant!

L'atelier de bronze
Pour se refaire d’avoir manqué cette commission, il nous amène dans un atelier de bronze où le propriétaire nous fait une démonstration de la technique de la cire perdu pour le coulage des figurines de bronze. C’est toujours la même chose dans ces cas-là que ce soit pour le tissage, les tapis, la peinture, etc, on nous fait une rapide démonstration et dès qu’on entre dans le magasin, leur performance d'acteurs terminée, les gens de la démonstration foutent le camp chez-eux,! Du bidon quoi! On commence à savoir comment cela fonctionne. Comme nous savons que Vidji va avoir une commission même si nous n’achetons rien, nous jouons le jeu et allons «fouiner» dans le magasin en nous exclamant devant les étalages et en demandant quelques prix, histoire de ne pas passer pour des ingrats! Finalement, après 15-20 minutes de «flânage», nous quittons le magasin pour rejoindre notre Vidji tout content de nous dire : «This my duty. If no buy, no problem!»

Ideal River Side Resort
Nous sommes vraiment étonnés de notre hôtel pour cette veille de Noël. C’est un ressort situé sur une rivière en campagne et ne dehors de la ville de Tanjore. Guylaine décide donc de ne pas venir à la visite du temple de Shiva et de profiter au maximum de la grande piscine de l’hôtel. Nos chambres sont spacieuse et le personnel vraiment accueillant. Beaucoup de Français et d’Allemands passeront le réveillon de Noël avec nous. Lorsque nous sommes revenus de nos visites, nous avons été estomaqués de voir toutes les lumières et décorations de Noël que les gens du ressort avaient installées pour célébrer cette fête. Une féérie! Je laisserai donc à Raymonde le soin de vous faire la description de notre fin de journée qui fut vraiment très agréable.
Joyeux Noël à tous!

Tanjore
Tanjore

24 décembre 2010 à Tangore
Autant le Nord a demandé de l’adaptation à tous les jours, autant qu’au Sud, la vie coule doucement et chaudement. Dans le Nord, nous vivions des expériences à tous les jours; ici, nous vivons des surprises souvent très agréables, à tous les jours. Les indiens s’ajustent à ce qui est là, sans se questionner. On chante Alléluia, ils chantent Alléluia. Ils ont aussi le sens de la copie. Nous disons un mot en français; ils le répètent sans accent. Que veut dire « Pas pire »? Cette réplique de Marcel nous a bien fait rire en la traduisant par « nice ». Il faut donc être très précis.
Magasin de coton
Guylaine et moi voulions acheter quelques robes en coton. Nous demandons à Vidgi de nous amener dans un magasin de coton. Nous voilà dans un magasin de coton. Oui, ils ont des tuniques de couleur; non, en blanc. Oui, les étagères sont pleines de coton de toute sorte, même des saris en soie pure. Non, nous désirons des tuniques blanches en coton. Ils essaient par tous les moyens de nous vendre quelque chose. Small business qu’ils disent. C’est vrai, mais nous ne voulons rien d’autre que du coton. Nous sortons bien déçue de ne pouvoir encourager cette boutique qui était prête à nous livrer notre tunique à 20h00. Mais connaissant un peu plus le système indien, nous savons que 20h00 peut vouloir dire demain matin et à quelle heure?
Fêtons Noël
Ce matin à Madurai, le guide de l’agence à Chennai nous appelle. Je prends l’appel sur le cellulaire de Vidgi. Il veut savoir si nous voulons prendre le souper de Noël au resort, car aux alentours, beaucoup de commerces et de restos seront fermés pour Noël. Bien sur, pas de problème. Il me parle de roupies mais je ne comprends pas trop. Pas de problème. Nous avons des roupies.
À l’enregistrement à l’hôtel, nous avons la surprise d’un surplus de 7 850 roupies supplémentaires pour notre groupe. Nous sommes habitués à manger pour 500 roupies pour deux (13$), et souvent moins. Alors 7 850 roupies nous fait sursauter. Nous pensons alors à notre bonne compagne de voyage, Claire qui nous aidait à relativer souvent. En dollars canadien, ce n’est même pas 200$ pour les quatre. Au Québec, le festin que nous offre le personnel de l’hôtel est l’équivalent d’un repas au Château Frontenac qui pour l’occasion nous aurait coûté au moins ce prix par personne. Alors, vraiment pas de problème.
Ideal Resort à Tangore
Un autre petit paradis. À Kovalam, l’humidité demeure l’inconvénient principal. Il était impossible de faire sécher quoi que ce soit avant 10h00 le matin. Il fallait attendre à la fin de la journée afin de le reprendre sec humide. Ici, c’est un peu plus frais. Il est 06h00 et l’usage du plafonnier n’était pas nécessaire. Il m’a fallu fermer la porte de la salle de bain d’où les bruits entraient en profusion dans la chambre. Les indiens fêtent Noël! Ça ne fait que quelques minutes que les chants et la musique ont cessé. Comme il faut être dans la salle de bain pour les entendre, Pascal s’est rendormi. Nous avons tous les deux un rhume depuis quelques jours. L’air climatisé et les courants d’air étant omniprésents, notre système conteste un peu.
Visite du temple de Shiva à Tanjore
Ce temple mérite le détour car il est inscrit au patrimoine mondial de l'Unesco depuis 1959. Les autres temples bonbons sont recouverts de peintures végétales et minérales leur donnant cet aspect bonbon. Celui-ci se présente à l’état naturel du granit, sans peinture aucune, dont les blocs ont été sortis par des éléphants et des hommes de 1004 à 1010. Les indiens viennent rendre hommage ou demander à Shiva, ce temple lui étant dédié.
Avant 1004, les champs appartenaient aux Bouddhistes. Il n’y avait qu’une statue d’un énorme Bouddha. Le bouddhiste ne vénère aucune déité sauf Bouddha qui se retrouve être la 9e incarnation de Vishnou dans la croyance hindouiste. Alors le Raja Râja de la dynastie Chola demande la permissions aux moines bouddhiste et achète ce lopin de terre pour y construire cet immense complexe « autelier » à Shiva.
Nous visitons aussi l’ancienne bibliothèque des dynasties passées où le commun des mortels n’avait aucun accès. Il y a une écriture sur feuille végétale visible qu’à la loupe. Minuscule, elle fut d’abord gravée sur la feuille. Ensuite, on vidait du charbon afin de remplir les vides ainsi créés. Ils terminaient par un miel ou une cire d’abeille, ça sera à vérifier. C’est la raison pour laquelle ils ont pu conserver ces écrits millénaires. D’ailleurs, nous sommes ici, à fêter le millénium 2010 avec les indiens sur leur territoire ancestrale.
Souper indien gastronomique et Père Noël
Nous revenons un peu beaucoup fatigués de nos visites. L’eau nous revigore et seul Pascal reste habillé à l’occidental. Je porte l’ensemble trois pièces vert et rose, Guylaine en blanc avec son foulard en soie favori et Marcel moitié-moitié, pantalon occidental et chemise indienne avec un foulard en soie également. Nous sommes bien fiers de poser devant l’arbre de Noël en prenant en drink (moi exclu).
Nous passons à la table où un podium termine cette salle à air ouverte. Des musiciens(ne) jouent des airs enjoués et classiques indiens. Nous avons différents thèmes durant la soirée qui se relaient à toutes les heures. De 19h30 à 20h30, nous dégustons un verre de vin rouge Madera offert par le patron. Cette musique n’a rien à voir avec celle entendue dans le Nord. Ce sont des professionnels qui ont étudié la musique classique. Ceux que nous avons entendu dans le Nord semblaient plus avoir appris sur le tas, laissant traîner des notes ici et là, et changer d’octave sans avertir nos oreilles.
À 20h30, nous pouvons nous servir. Le buffet de rêve pour un Noël en Inde. Je le répète, je me croyais au Château Frontenac ou Bonne Entente. Les musiciens laissent la place à des danseuses dont la plus jeune n’a que 4 ans. Elle fait fureur cette jeune artiste. Nous dégustons, nous échangeons, nous rions et nous commandons une bouteille de vin rouge Madera vu que nous l’aimons bien. Les chin chin se succèdent ainsi que les rires. Guylaine et moi remarquons comment plusieurs personnes autour de nous sont présentes de corps seulement. Le cellulaire à la main, ils sont très occupés ailleurs. D’autres, mangent sans même regarder et admirer le décor féérique autour de nous. Les lumières scintillent de partout. Pouvez-vous imaginer que Guylaine et moi apprécions cet entourage sans que nous aillons eu à y participer. Ça nous est offert à Noël.
Je vous avoue sincèrement que lorsque j’ai préparé tous ces Noël entourée de ceux et celles que j’aime, c’était avec amour et plaisir. J’anticipais leur arrivée et leur réaction à toute cette bouffe qui embaumait la maison du grenier au sous-sol. Quel bon temps aussi! Ça me donne le goût de le préparer ce réveillon 2011. Je vais vérifier avec Pascal. On pourrait être une bonne gang car lorsque je reçois pour 10, j’en fais pour 20; aussi bien inviter les 20 personnes. Bonne idée!
21h30 : danse folkloriques et turlute indien. Notre Bolduc serait surprise de constater qu’en Inde on peut turluter aussi avec dextérité et un rythme surprenant.
22h30 : feux d’artifices! Oui, mesdames, un beau spectacle à travers les arbres. Je reste assise la tête penchée juste pour regarder à travers les feuilles. Je veux regarder différemment et la présence de cet immense arbre m’en donne l’opportunité.
Et la soirée se termine par un « Happy Hours » qui pour nous se terminera vers 22h30 alors que pour les indiens, il se terminera vers 05h00. Ils ont le sens de la fête ces indiens!

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Madurai
Madurai

23 décembre 2010 – Madurai, Tamil Nadu

Bilan de santé

Raymonde a passé une très bonne nuit et s’est réveillée ce matin en pleine forme! Ce n’est pas le cas pour moi et je crois que j’ai attrapé la grippe de notre chauffeur car j’ai toussé toute la nuit et je file mollo aujourd’hui. De plus j’ai presque perdu la voix. Guylaine et Marcel sont en pleine santé et pètent le feu!

À 8h45 nous quittons notre très bel hôtel Sparsa et Vidji a toutes les peines du monde à manœuvrer son véhicule à travers les hordes de pèlerins vêtus de noir venus célébrer la fête du troisième fils de Shiva. Des centaines d’autobus sont garées le long des rues et ils sont des milliers à marcher et à acheter de la nourriture aux multiples échoppes. À voir tout ce monde, nous sommes convaincus que leur nombre a doublé depuis hier.

Enfin sortis de la ville, nous prenons une autoroute en direction de Madurai qui longe un immense champs d'éoliennes, des milliers qui s'étendent des deux cotés et sur une dizaine de kilomètres. Très impressionnant comme installation.

Nous arrivons à 12h40 au magnifique hôtel Royal Court de Madurai d'où nous pouvons voir le fameux temple que nous allons visiter plus tard. Je crois, qu’à date, c’est lui qui bat tous les records de beauté et de services et nous avons internet wi-fi gratuit directement dans les chambres. Dire que nous n’y coucherons qu’un seul soir!

Vidji offre à nos compagnes la possibilité d’aller magasiner du coton car la ville est reconnue pour quatre produits qui font sa fortune : le coton, le jasmin, le granite et le bronze. Marcel et moi décidons de demeurer à l’hôtel et de taper nos messages.

Les visites

À 14h45 nous reprenons l’auto pour faire les visites du palais Thirumalai Nayakar et du temple Meenakshi Amman, le plus beau de tous ceux que nous avons vu jusqu’ici en Inde avec ses tours décorées de statues multicolores. Vidji nous a trouvé un guide, un de ses amis, qui parle un excellent anglais ce qui nous a permis d’en apprendre beaucoup lors de ces visites.

Nous avons terminé la journée sur le toit de l’hôtel Supreme pour y prendre le souper. Quelle ne fut pas notre surprise d’y voir apparaître Clôde à la fin du repas : elle demeure à cet hôtel! Nous avons partagé nos impressions et découvertes du jour et avons pris congé en se donnant rendez-vous demain à Tanjore.

Kanya Kumari
Kanya Kumari

22 décembre 2010 – Kanya Kumari, Tamil Nadu

Miss Teflon malade!

Après 30 années de voyage sans pépin ce qui lui avait valu le surnom de Miss Teflon tellement rien ni aucune maladie ne l’avait indisposée, voilà que ma belle Raymonde a finalement succombée à un virus!  Comme disait Claire, elle a eu son Son et Lumière aujourd’hui, le premier cette nuit vers 2h00 alors que la diarrhée a fait son apparition, et le deuxième phénomène, dans l’auto, quelques minutes avant d’arriver à notre hôtel de Kanya Kumari dans le Tamil Nadu. Il va sans dire qu’elle a passé la journée bien tranquille dans  l’auto et à l’hôtel pendant que nous faisions les visites mais rassurez-vous, elle se remet et sera très certainement sur le piton demain.

Palais de Padmanabhapuram

Notre trajet vers le sud ce matin nous fait quitter le Kérala pour le Tamil Nadu où nous aurons à entendre une nouvelle langue et voir une nouvelle orthographe. La première visite de la journée s’est faite au palais de Padmanabhapuram faite en compagnie de Clôde. Même si ce palais ne revêt pas beaucoup d’importance à nos yeux blasés d’en avoir tellement vu dans le nord, nous avons cependant été remarquablement étonnés par l’architecture, les boiseries et les pièces d’art sculptés par les artisans de l’époque.

Ville en fête

Arrivés à 14h00 au superbe hôtel Spansa de Kanya Kumari, nous avons pris un rapide repas pour ensuite marcher sur la promenade le long de la mer vers les monuments à visiter. Comme cette ville est sur le circuit des pèlerinages des temples vénérant le troisième fils de Shiva, la ville est remplie de ses disciples tous vêtus de noir. C’est le cas de le dire, c’est noir de monde! Cette fête a débutée à la deuxième semaine de novembre pour se terminer le 14 janvier prochain. Cette affluence rendait donc vaine notre tentative de prendre un bateau pour aller visiter le mémorial Vivekananda et l’immense statue du poète Thiruvalluvar sur l’îlot rocheux en face de la ville.

Ce fut en fait un mal pour un bien car cela nous a permis de prendre toutes les photos possibles de ces deux monuments à partir de la rive. Comme de nombreux indiens, nous sommes ensuite allés nous tremper les pieds dans les trois mers qui convergent ici soit le golfe du Bengale, l'océan Indien et la mer d’Arabie et où Guylaine et moi avons été frappés par une couple de grosses vagues qui nous ont trempés jusqu'à la taille! Visite ensuite du mémorial de Gandhi où une partie de ses cendres furent dispersées dans la mer, et finalement, nous sommes allés assister au coucher du soleil sur les trois mers à partir de Sunset Point.

Revenus à l’hôtel pour notre bière quotidienne, Marcel et Guylaine ont soupé avec Clôde à l’hôtel tandis que j’allais rejoindre Raymonde à la chambre pour m’enquérir de son état de santé et me commander un grill-cheese et des frites dont elle a grignoté quelques morceaux. Jamais nous n'avons mangé autant de grill-cheese et de frites que depuis que nous sommes en Inde. Dire que j'étais fou de la nourriture indienne avant notre départ et maintenant, j'ai de la difficulté même avec l'odeur. Raymonde reprend du poil de la bête!

Kanya Kumari
Kanya Kumari

22 décembre 2010 – Vers le Cap Comorin

J’ai à peine dormi et il me semble que ça ne va pas!  J’ai mal au cœur et une course à la toilette, à 02h30 m’indique que madame Téflon a brisé sa réputation.  Ça ne va pas!  Pascal me donne une pilule genre Imodium que Claire lui a donné.  Je me recouche et je verrai bien.

Au réveil, je mange une rôtie et je bois un thé chaud.  Rien à faire, ça ne va pas.  Au moins je  ne cours plus à la toilette.  Seul les maux de cœur persistent.

Pascal et mes amie(s) m’offrent de monter à l’avant.  Je l’apprécie grandement.  Mais ça ne va pas mieux.  J’essaie de me changer les idées en posant des questions au chauffeur Vijhi.  Son accent est énorme et je devine plus que je ne comprends, même si c’est l’anglais qui est utilisé.  Je me tais.  Guylaine demande si je vais mieux, vu que je parle.  Dans mon cas, parler n’est pas un signe de santé; c’est un signe que  je m’intéresse à ce qui m’entoure.

Pendant un arrêt à un Palais, sur la route vers Cap Comorin, je me couche sur la banquette arrière.  Malgré les 36oC, je suis juste bien.  Vijhi  vient vérifier mon bien-être.  Il part la clim.  Je pense à l’environnement et à la pollution.  Je lui demande de tout fermer.  J’ouvre les fenêtres pour continuer mon sommeil.

Les amis reviennent et nous repartons.  Mais là, ça ne va pas du tout.  Je demande à Pascal s’il a vu de l’eau en bouteille, des limes ou autres.  Il dit oui!  Il échange avec nos amis de ce qu’il a admiré au Palais.

A quelque km de notre arrivée à Cap Comorin, je suis malade.  J’avais prévu le coup.  Un sac de papier dans un grand sac en plastique à mes pieds recueille mon souper d’hier soir.  Les crevettes et nouilles aux langoustes s’y retrouvent assez vite.  Guylaine m’assiste rapidement et j’inquiète Pascal.  Le chauffeur me passe des papiers mouchoirs et après quelques minutes, je me sens mieux.

À l’hôtel avec vue sur les mers, je me couche alors que les trois autres partent visiter avec notre chauffeur et Clode.  Je dors jusqu’à 17h00.

Pas de souper pour moi ce soir.  Tant qu’à être malade, aussi bien l’être ici à cet hôtel qui offre bien des services.

Anniversaire à Clode

Hier soir, nous avons fêté l’anniversaire de Clode avec elle.  Les échanges fusaient de toutes parts afin de savoir ce qu’elle a vécu depuis notre dernière rencontre.  Pascal énumère ses récriminations avec le guide Prashant, mon genre à devenir selon lui.  C’est celui qui à Mumbai nous a drôlement organisé.  Nous appuyons Pascal et Guylaine et moi prenons quelques photos pour appuyer l’intensité des propos.

J’attends que mes petits aaamis reviennent.

Surprise

Le service au chambre m’apporte une énorme bouteille d’eau dans laquelle je presse deux limes vertes.  Un Seven Up que je laisserai ouvert afin d’enlever le gaz.  Mon chum est revenu à l’hôtel pour la livraison et il est reparti.  Je suis descendu à l’entrée, mais il était déjà être reparti.  Ça me fait un bien immense de boire cette eau citronnée.  J’apprécie cette attention.

Biologie totale

Naturellement, je ne laisse pas cet état de santé tranquille.  Je pense aux aspects psychosomatiques.  Je le prends comme un nettoyage de la mer et de la mère, dans tous les sens.  Ce qui m’a blessé, je l’envoie à la poubelle.  Toutes ces pensées, je les élimine : je n’en ai plus besoin.  Toutes ces femmes mères qui ont traversé ma vie, je les remercie.  Je reconnais ma fragilité face aux pensées des autres.  Comme disait l’astrologue indien : « vous n’avez pas à croire ce que les autres pensent de vous ».   Je nettoie donc tous les jugements passés et les méchancetés gratuites qui ont entachées ma vie.

À la rencontre des trois mers : océan Indien, golfe de Bengale et la mer d’Oman; je fais la paix avec les mères.  Je sais que ça doit paraître bien confus, mais je vous assure que je vis quelque chose de profond face aux mères et aux femmes qui ont traversé ma vie, et par ricochet, avec les hommes aussi.  Je fais la paix « Shanti »!  Quel endroit merveilleux pour effectuer ce rituel de nettoyage involontaire mais conscient.

Je continue à utiliser la douceur, tout comme avec la clé de la chambre.  Gentil, dit le jeune homme qui est monté ouvrir ma porte.

Shanti! Au cœur de ma vie!

Kovalam
Kovalam

21 décembre 2010 – Kovalam, Kérala

Nouveaux massages

Mon billet sera court aujourd’hui car notre journée a été des plus tranquilles… une journée de farniente! Elle a débutée avec nos massages complets – tabouret, pieds et table – dès 8h30. Même si hier je vous ai décrit une séance de sado-maso, nous avons tous décidé de récidiver ce matin car, l’effet de surprise passée, nous avons apprécié amplement les bienfaits de ces techniques de massage inconnues de nous tous.

Clôde!

Quelle ne fut notre surprise, à notre sortie des salles de massages, alors que nous étions en train de relaxer dans nos robes de chambre vertes et nos bonnets oranges à boire nos noix de coco, de voir apparaître notre amie Clôde qui venait, elle aussi, pour un massage. Comme c’est son anniversaire aujourd’hui, nous nous sommes donc donné rendez-vous à son hôtel pour 19h00 ce soir pour célébrer l’événement.

Le reste de l’avant-midi s’est passé sur le patio de nos bungalows certains à  lire, d’autres à écrire leurs notes dans leur calepin ou sur l’ordinateur d’autant plus qu’une bonne averse est venue contrecarrer nos plans de passer d’autres moments à la mer ou à la piscine. Mais ces moments furent, encore, des plus agréables car, faisant contre mauvaise fortune bon cœur, nous avons pu les utiliser à bon escient pour des choses agréables. Comme l’hôtel offre l’internet Wi-Fi gratuit, j’ai profité aussi de ces moments pour mettre en ligne d’autres billets et plusieurs nouvelles photos.

Anniversaire de Clôde

Après diverses activités personnelles dont la visite du phare de Kovalam par Marcel, la journée s’est terminé au resto Le café de la mer, bien oui, en français, non loin de l’hôtel de Clôde avec qui nous avons fêté son anniversaire. Bien sur que nos échanges ont porté sur notre séjour remarquable et remarqué à l’ashram mais aussi sur nos impression de la partie du voyage dans le nord de l’Inde. En  bonne chachi, elle a pris bien note des irritants (qualité des hôtels à Delhi et Varanasi) et des bons points que nous avons trouvé à ce voyage. Comme elle fait pratiquement le même trajet que nous dans le sud avec son propre chauffeur pour en découvrir toutes les facettes, il est presque certain que nos chemins se croiseront lors de nos prochaines visites.

La génératrice

À notre retour à nos bungalows pour la nuit, nous avons été à nouveau confrontés au bruit de la fameuse génératrice qui fournir le courant lorsqu’il y a panne sur le secteur! En effet, depuis que nous sommes ici, c’est la troisième fois qu’elle se met en marche, hier soir de 21h00 à 23h00,  aujourd’hui de 10h00 à 17h00, et ce soir, de 20h00 à minuit. Il va sans dire que c’est l’irritant majeur de cet hôtel mais nous ne savons vraiment pas si c’est la même chose dans tous les hôtels du secteur car la génératrice démarre seulement lorsque l’électricité du secteur est coupée. Pour une seconde nuit d’affilée, je vais devoir m’endormir avec mes bouchons.

Kovalam
Kovalam

21 décembre 2010 - Kovalam et le sud

Nous sommes à Kovalam.  Jusque dans les années 60, Kovalam n’était qu’un petit village de pêcheurs assoupi, aux ruelles étroites et aux maisons à toits de chaume.  Elle devint une station prisée par les hippies.  Désormais il attire aussi les célébrités qui y viennent dans leurs avions privées.

Aujourd’hui, les plages du village deviennent des cours pour de grandes chaînes d’hôtels de tous genres.  Nous sommes dans un 3 étoiles et demi... Soma devient un petit paradis pour nous quatre.  Kovalam conserve son charme et est, dit-on, l’une des plus belles stations balnéaires de l’Inde.

Deux caps rocheux bordent la baie naturelle et y encastrent des plages magnifiques, dont celle où nous avons la chance de nous y baigner.

J’avais oublié mon sac à dos bleu où mes notes de voyages s’y trouvaient.  Me revoilà à nouveau en possession de ce sac qui recèle mes trésors à usages quotidiens.

Nous expérimentons une deuxième averse en Inde.  Celle-ci danse devant nous dans une marre d’eau alors que notre chauffeur est disponible au 2e étage, que la femme de ménage termine le service à notre chambre, que le serveur nous apporte notre repas du midi sous la véranda de notre appartement et que l’agent de sécurité surveille que notre tranquillité ne soit pas dérangée.  Un paradis!

Ici, mes miroirs se retrouvent dans la nature plutôt que dans les gens : l’odeur de la terre mouillée mêlée à celui de la  mer me donne une sensation d’exotisme très sensuel.  J’admire les feuilles des plantes qui accueillent toute cette eau inattendue.  Les corneilles croassent et semblent se transmettre leur expérience de douche matinale.

Nous revenons, tous les quatre, d’un deuxième soin ayurvédiques.  Nous sommes déguisés en plante verte avec cette robe imbibée d’huile et notre tête enturbannée qui termine notre nouveau modèle santé.

Hier, j’ai opté pour un « marma ».  Une tonne d’huile sur la tête et tout le corps.  Rami a débuté le message, mon corps en position assise sur un tabouret (en recherche d’équilibre), elle débute en déposant un tas de cendre sur ma tête huilée à outrance.

Avec de l’huile chaude, Raymonde frite, elle imbibe tout mon corps.  Elle taponne ma tête légèrement comparé au massage à Udaipur où ma « cabesa »  ne faisait qu’un beau rond.  Ensuite les épaules et les bras.

Elle me fait allongée sur une table où un massage intégral m’attend.  Quel bonheur!  Mais aujourd’hui j’ai choisi le style « rejuvénaissance »!  Ce fut du sport.  Rami à nouveau, se balance au bout d’une corde, afin de garder un certain équilibre, en massant mon corps dans son entier, avec ses pieds.   L’expérience vaut le prix de la chandelle.  Malgré une pression assez énergétique, la sensation demeure agréable.  Elle masse ainsi le dos et le devant.  Elle me demande si je pratique le yoga.  Pas depuis 1 mois, et ça parait… Mais quel délice malgré tout.  Malgré la présence de l’huile en quantité débridée dans mes cheveux et sur tout mon corps, j’adore!  Je crois que ma peau restera hydratée pour la prochaine année.  Claire, ma belle, tu m’as  bien dit ce qui m’attendait; mais rien de comparable ne pouvait exister dans mon esprit.  Quelle erreur de douter des qualificatifs employés lors de ton explication : une tonne d’huile chaude!!! Bon!

La pluie martèle maintenant les bananiers et les cocotiers.  Le son tambourine sur les noix de coco en autant de note de musique que de gouttelettes de pluie.  Quel délice!  Je suis bien loin des questionnements existentiels lors de mon séjour à l’Ashram.  Il n’en demeure pas moins que ce que j’ai compris à cet endroit, continue de se frayer un chemin dans ma vie quotidienne.  Cesser de servir les autres comme ça!  Penser à moi.  Personne ne me demande rien.  Chacun demeure responsable de ses besoins…. Bon, bon, bon! Me voilà repartie…

Mais quand même!  En recevant mes messages, un coq chantait à tout moment.  Comme dans la bible, je me référais au Christ renié trois fois par Judas!  Je choisis une autre version pour mon coq.  Il chante pour me saluer.  Il chante pour solliciter ma présence ici et maintenant! Il chante pour le plaisir d’être en vie et non en poulet Bar BQ. Bon!

C’est aussi tout ça l’Inde.  On se croirait dans un paradis perdu, non, nous sommes dans un paradis perdu à l’autre bout du monde, de mon monde, et la corneille croasse mon entendement.   Les vagues déferlent et roulent dans un mouvement de mantras naturels qui réconfortent mon esprit et mon corps.  Quel bonheur!

Une autre expérience aujourd’hui.  Je désirais manger du poulet tikka.  Oui, oui, les amis du voyage, vous lisez bien.  Mais voilà que l’averse qui dure déjà depuis une heure, empêche l’utilisation du four tandoori où cuisent les poulets tandoori et les pains naans rôtis.  C’est aussi ça l’Inde.

Clôde a surgi sur la plage alors que Guylaine et moi échangions sur ce que nous vivons en Inde.  Elle vient préparer la venue de son prochain groupe de 14 personnes en Inde du Sud.  Aujourd’hui, nous souperons avec elle, dans un petit resto sympathique du bord de mer, que Guylaine et Marcel ont déniché hier après-midi.

La pluie a cessé pendant que Pascal dort un peu et que Marcel gambade vers un temple ou je ne sais quoi.  Les repas servent aussi à échanger ce que nous avons vécu durant la journée.  Hier, j’ai pris du soleil et une démarcation rosée prouve qu’il était chaud.  Je me suis baignée dans la mer sous la surveillance de mon amie Guylaine.  Les vagues sont trop puissantes pour moi.  Je me retire.  Pascal, à ma demande, se baigne aussi.  Sa présence me sécurise beaucoup.

Il est déjà 15h00 et je descends à la page m’allonger devant la mer sans soleil mais au son des vagues et de leur chant si inspirant pour le sommeil.

A demain!

Kovalam
Kovalam

20 décembre 2010 – Kovalam, Kérala

Raymonde et la Mer

J’écris ces mots alors que Raymonde est à la plage depuis un bon moment. Le soleil se couche. Je suis assis sur le patio du bungalow et je la vois, tout en bas, étendue sur sa chaise longue. La Mer… la Mère… C’est ainsi qu’elle vit sa relation privilégiée avec l’océan Indien depuis notre arrivée au Kérala. Autant à Kochi, à l’ashram, qu’ici, elle adore se recueillir sur la plage dès les premiers rayons du jour et répéter l’expérience à la tombée du jour. C’est sa façon de faire son pèlerinage intérieur.

Après le buffet-déjeuner excellent, nous sommes tous allés rencontrer la Docteur en soins ayurvédiques. Une centaine de choix nous sont offerts et chacun y va selon l’expérience qu’il veut vivre. Pour ce midi, je choisi un massage complet suivi d’une application d’huiles chaudes et d’herbes pour le mal de dos qui m’afflige parfois depuis mon arrivée en Inde. Raymonde choisit le même massage mais ajoute le soin des yeux et des oreilles. Marcel et Guylaine ont fait des choix similaires.

Mon premier massage ayurvédique

C’est mon premier massage ayurvédique donné par un homme et je dois avouer que c’est très différent de ceux auxquels ma masseuse Louise m’a habitué à Québec. Pas mal plus raide comme traitement… et plus gênant! Pas habitué moi à me faire taponner par un gars!

Le massage sera en trois phases s’étendant sur 1½ heure. Ça débute avec bibi assis nu comme un ver sur un tabouret et le masseur qui me vide la moitié de la production annuelle d’huile de l’Inde sur la tête et sur le corps. Et l’huile est bouillante! J’espère juste qu’il ne m’en vide pas sur le zizi car je ne répondrai plus de moi-même à ce moment-là! Et débute par le massage du cuir chevelu qu’il pince, tapoche, frappe,  tord et tourne en tous les sens. «Ça y-est! Il va me scalper! Certain qu’à la fin il ne me restera plus un seul cheveux sur la tête que j’ai déjà passablement dégarnie!». Quand le bout des doigts ne suffit pas, ce sont les jointures qui sont mises en action pour me meurtrir d’avantage. Il termine cette première étape par le massage du torse et des bras.

Seconde phase : le massage avec les pieds. Il me fait étendre par terre sur un grand coussin les bras en croix. Nouvelle onction d’huile chaude partout sur le corps et le voilà reparti pour une autre séance de maso-thérapie sur le dos, sur le ventre, en X, en Y, en Z… toutes les figures de styles y passent! Il se tient à une corde fixée au plafond pour ne chuter et par ici la glisse! Par moments, j’en perds le souffle tellement il appui fort!

Finalement la troisième phase arrive, celle de la table de massage qui m’est plus familière. Tous les muscles qui ont déjà été massacrés sont à nouveau l’objet de ses efforts. Il utilise même de nouveaux trucs pour que ça fasse encore plus mal!

Mes 90 minutes de massage terminés, j’ai eu droit ensuite à un traitement de 40 minutes pour aider à guérir mon mal de dos. Il a créé un beignet de cire sur le bas du dos dans lequel il a mis, par deux fois, un mélange d’herbes et d’huile chaude. Enfin quelque chose de vraiment relaxant!

Bon, ok, vous vous êtes dit que je suis vraiment fou pour me soumettre volontairement à ce genre de massage. Peut-être mais j’en avais vraiment besoin pour me faire oublier les derniers  six jours passés d’ashram! Le massage, c’est de la petite bière à coté de cela! Moi, j’ai eu du mérite à être là mais ceux qui y passent volontairement un mois, deux mois, six mois, ils n’ont aucun mérite. Aucun mérite! Eux ils ont choisi sciemment d’y être… et ils capotent ben raide sur Amma. Aucun mérite!

Demain matin, 8h30, les quatre mousquetaires recevront à nouveau un massage ayurvédique! Ben oui, nous devons exorciser tous les méchants démons d’Amma!

Plage et détente

Le  reste de la journée s’est passée dans la détente la plus totale avec baignade à la mer et un très bon souper au resto de l’hôtel. Nous avons  récupéré le sac de Raymonde qu’un taxi a laissé à l’hôtel et avons rencontré Clôde avec qui nous allons fêter l’anniversaire demain soir à son hôtel.

 

Kovalam

19 décembre 2010 – Kovalam, Kérala

Départ de l’ashram retardé

Quelques jours auparavant, Guylaine avait reçu un courriel de notre agent nous donnant le nom du chauffeur et le numéro d’immatriculation du véhicule devant nous prendre à l’ashram à 10h00 pile aujourd’hui et nous conduire à Kovalam. Dès 9h00, Marcel et moi faisons le pied de grue devant notre immeuble vérifiant les immatriculations de tous les véhicules qui se présentent dans la cour : notre taxi se fait attendre. Finalement, après une couple de  téléphones de Raymonde à notre agent, celui-ci indique au chauffeur où nous trouver à l’ashram : il était stationné à l’entrée secondaire depuis 2h30 cette nuit à nous attendre! Et nous  l’attendions à l’entrée principale! Ce manque de communication a retardé notre départ de deux heures y voyant, pour ma part, une secrète vengeance d’Amma pour tout ce que je vous ai communiqué de pas bien sur elle et son ashram! Ah le kharma!

«Special Tea» dans la chambre 114

Nous quittons sans manger car le resto n’ouvre qu’à 12h30. Nous arrêtons à l’hôtel Comfort Regency de Karunagappally pour notre dîner. Notre abstinence en matière de bière ayant atteint son comble, il est hors de question que nous ne dégustions pas, ici,  notre premier produit du houblon en 6 jours. Le garçon nous répond que c’est impossible! Devant nos mines déconfites, il nous prend en pitié et nous invites à le suivre dans la chambre 114.  Surprise! Une table à dîner est déjà installée devant le lit double et rapidement les  bières arrivent suivies de nos assiettes de nourriture. Je crois que ce fut le plus beau repas depuis notre arrivée en Inde! Whoaaaaaa!

Notre nouveau taxi Toyota du genre Station Wagon est tout neuf et plus spacieux que celui que nous avions à Kochi permettant à trois personnes de s’asseoir aisément sur la banquette arrière. Sous la conduite experte de notre chauffeur Vigi qui a une grosse grippe soit dit en passant, nous atteignons Kovalam à 16h30. Pendant le trajet, nous avons formulé une série d’attentes toutes plus farfelues les unes que les autres afin de ne pas être déçus de notre nouvel hôtel. En fait, nous nous contenterions de notre cellule de moine de l’ashram en autant que les matelas soient plus confortables et qu’elle soit située sur la plage avec un joli resto pas loin!

Notre coin de paradis!

Il va sans dire que toutes nos attentes furent dépassées et de loin! L’endroit est superbe! L’hôtel Soma Palm Shore surplombe une belle petite plage de sable blanc en croissant de lune que l’on peut atteindre en descendant une cinquantaine de marches. En remontant de la plage, nous atteignons, au premier palier, un resto de fruits de mer où nous nous sommes régalés le soir même. Poursuivant notre remontée, nous arrivons sur le second palier, celui de la piscine d’eau douce et de nos luxueux bungalows à toit de chaume! Nous sommes très choyés car il n’y a que six bungalows et ils sont très en demande. Quelques marches de plus et nous entrons finalement dans le bâtiment principal de l’hôtel contenant plusieurs chambres conventionnelles et tous les services dont, sur le toit, une série de soins ayurvédiques dont nous allons nous prévaloir très certainement dans les deux jours à venir. C’est un paradis!

Nous prenons congé de Vigi que nous ne reverrons que dans deux jours… à moins que nous ayons besoin de ses services pour aller quelque part en ville. Nous avons son numéro de cellulaire et il est à notre disposition en tout temps demeurant sur le stationnement de l’hôtel avec les autres chauffeurs dans un bâtiment réservé pour eux.

À nous la vie de pacha!

Amritapuri
Amritapuri

19 décembre 2010 – Ashram Amma - Amrita Puri

MISE À JOUR SUR LA FAUNE

Je ne peux quitter l’ashram sans vous faire une mise à jour sur la faune qui le hante.

«Les émules de Ti-Guy»

Ti-Guy n’est pas apparu ces deux derniers soirs. Il faut dire qu’Amma ne chantait pas, occupée qu’elle était à donner des «darshans» à ses fidèles. Ti-Guy, lui, aime juste le direct, pas la musique enregistrée. Pas assez «boostante» à son goût. Mais Ti-Guy a des émules. Pas des survoltés à 33 000 volts comme lui. Non mais ils essayent. Ils sont comme le lapin rose de la pub de Duracell :  ils sont branchés sur des batteries 1.5 volt et battent des bras lentement. Ils se ménagent pis ils font du chemin avec ça.  Hier, un émule de Ti-Guy a toffé pas mal toute la ronne. J’ai passé par là à 21h30 : il avait encore un bras qui bougeait, tout le reste était figé. Il était tout seul dans l’auditorium.

«Olive Oil»

Olive Oil, la copine de Popeye, n’est pas un nouveau personnage de la faune ashramique. Vous vous souvenez sans doute qu’«In Silence» était une «Olive Oil». En fait, beaucoup de femmes ici sont des Olive Oil. Pourquoi vous entends-je crier en cœur? Ben parce que Amma, en plus d’être l’avatar de Kali, est aussi l’avatar d’Olive Oil! Ben oui! Avec 100 kilos de plus, c’est vrai mais, physiquement, avec ses cheveux tirés vers l’arrière et son bun (beignet) derrière la tête c’est exactement Olive Oil!

« Bavishna»

«AVIS IMPORTANT: Ceci est une fiction: toute ressemblance avec des personnages réels et vivants n'est pas une coïncidence. Seuls les faits sont imaginaires!»

Qu’ont en commun les copines Sandrine et Sabine de Ste-Odile-sur-Saone en France  et les copines Martine et Aline de Ste-Marthe-sur-le-Lac au Québec?

Arrêtez! Vous ne trouverez jamais! Bien sur elles sont francophones et font partie des Olive Oil. Mais ce que je vais vous apprendre ne vous surprendra pas vraiment : chacune d’elle a choisi un nom religieux par lequel elles se font connaître à l’ashram. Et tous ces noms ont trois syllabes et sonnent pareil genre «*a*ish*a» où les * sont des consonnes aléatoires.

Voici quelques exemples en traduction libre:

Bavishna : «Salive onctueuse de Vishnu sur le sein de Kali»

Dratshiva : «Droite comme le troisième orteil du pied en lotus de Shiva»

Vagishpa : «Second vagissement incontrôlé de Pavarti enfant»

«Parlishma : «Perle de rosée séchée sur le collier d’œillets au cou de Rama»

Vous l’aurez deviné, Parlishma ou Perle de Rosée… c’est Aline de Ste-Marthe-sur-le-Lac. Elle a 64 ans et est très nostalgique des belles heures de son enfance passées devant la télévision. C’est en honneur de Perle-de-Rosée, la blonde de l’autochtone Aigle-Noir dans Rin-Tin-Tin qu’elle a choisi ce nom.

Ce midi, j’ai mangé au resto. On commande, on paie et on attend qu’on dise notre nom pour nous remettre notre repas. Les quatre dames ci-haut identifiées par leur nom religieux étaient aussi en attente. Comme je suis taquin, j’ai choisi un nom religieux… disons profane, pour ma commande, question de m’amuser un peu à leur dépens.

La dame arrive avec mon assiette et crie : «PACHEMINA».  Je me lève donc pour aller chercher mon assiette, «Pachemina» étant mon nom profane pour aujourd’hui. Mais vous auriez dû voir la stupeur et la consternation sur la figure de mes quatre comparses! Voyons mesdames! On a ben le droit de s’amuser un peu et de se rappeler ces heures de plaisir à magasiner les pacheminas dans le Nord! Ce soir mon nom profane sera «Kingfisher» en souvenir de nos 5 à 7 de bières.

«Modèle LE»

Ce modèle est en fait un hybride :

LE pour Limited Edition car confiné à l’ashram.

LE pour Low Energy car il consomme très peu, carburant à l’énergie d’Amma.

Le «Modèle LE» standard est occidental et masculin, 20-30 ans, grand, mince, blondin avec une barbe qui tarde à fleurir. Lui aussi fonctionne sur une batterie Duracell 1.5 Volt mais il ne danse pas : il marche lentement. Ou plutôt, il flotte. Comme sur un nuage. Avec du «spring» dans les genoux. Sans sandales. Avec une longue besace en bandoulière datant de l’époque hippie des années 60. Probablement un don de sa mère biologique car ici, maman, c’est Amma.

Le «Modèle LE» vient avec son propre système d’autoguidage GPS incorporé, l’appendice nasal, qu’il tient bien haut devant lui, lui servant d’antenne omnidirectionnelle. Un sourire perpétuel orne ses lèvres qui s’entrouvrent par moment pour laisser échapper un «Om namah shivaya» bien senti!  Et il tourne à gauche. Pour tourner à droite c’est :  «Shiva om namah».

Bon, ben, voilà.

C’est fini.

Terminé.

Tout a été dit.

Tout est consommé.

Alea jacta est.

Veni, vidi, vici.

Je crisse mon camp d’icitte.

Kovalam
Kovalam

KOVALAM NOUS VOICI!