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Amritapuri
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13 décembre 2010 – Ashram Amma - Amrita Puri

L’endroit

L’ashram d’Amma est situé dans une vaste enceinte clôturée d’un mur de 10 pieds de hauteur avec seulement deux entrées gardées et fermées à compter de 23h00 jusqu’au matin à 6h00. Il est situé à 10 km de la ville la plus proche, Karunagappally, au bout d’une longue péninsule luxuriante plantée de palmiers et de cocotiers. D’un coté et longeant la mer, une route  très mal entretenue et détruite par les pluies diluviennes qui ont anormalement inondé le Kérala les deux dernières semaines et une plage de blocs de rocs placés là pour la protéger de l’érosion. Au centre, l’immense enceinte de l’ashram s’étendant, telle une forteresse, jusqu’au canal où les pêcheurs locaux amarrent leurs bateaux. Un pont piétonnier construit par l’ashram s’élève au dessus du canal et permet de rejoindre l’autre rive et le «monde ordinaire» où nous pouvons acheter diverses choses.

L’arrivée à l’ashram

 Il est midi lorsque nous prenons congé de notre chauffeur. L’ashram est constitué de plus d’une dizaines de hauts et gros édifices de plusieurs étages dont un temple à la façade très colorée style «bonbons smarties».  On dit que l’ashram peut accommoder jusqu’à 2 000 personnes et, lors de notre inscription, on refusait des nouveaux arrivants sans réservation. Pourquoi cette affluence ? Parce qu’Amma est revenue de voyage et qu’elle sera ici pour les prochains trois mois. Nous sommes donc très chanceux d’être en sa «divine présence».

Nous serons logés dans l’édifice E haut de 18 étages. Nous serons au 8ième étage et Marcel et Guylaine logeront au 13ième. Deux ascenseurs nous permettent d’accéder aux étages mais nous devons montrer notre carte d’enregistrement à  un préposé assis devant les portes de l’ascenseur. Tout est propre, immaculé! Parvenus à notre étage, nous pouvons jeter un coup d’œil au site : avec les palmiers tout partout, on se croirait à Hawaii dans un hôtel de luxe! Ne manquent que les piscines et les femmes en bikinis!

Notre chambre

Un cadenas à combinaison nous donne accès à la chambre. C’est une bonne chose de ne pas avoir à traîner de clé. L’intérieur est spacieux et divisé en trois parties avec chacune un évier.  La salle de bain a une douche et une toilette hybride «avec des ailes» ainsi qu’un planche à laver  constituée  tablette de béton avec une surface rugueuse et un drain. Rudimentaire mais efficace. La chambre a deux lits simples avec un petit matelas rigide et une annexe qui pourrait être une cuisine mais sans les accessoires comme le frigo et le poêle mais deux lits de camps repliés et une commode fermée à clef et dont nous n’avons pas accès. La douche et chacun des trois éviers n’ont qu’un robinet pour une eau tiède. La seule eau chaude ici est dans le café!  

Un ventilateur à vitesse variable nous permettra de pouvoir dormir sans à avoir à ouvrir les fenêtres et un climatisateur tout neuf mais pas encore fonctionnel est accroché au mur laissant présager des jours plus frais pour les prochains visiteurs. Bref, si on fait abstraction des matelas minces et durs qui parent nos lits, c’est pas si pire pantoute! Faudra seulement ajouter du mou aux lits et tout sera parfait! C’est ce que j’ai fait quelques minutes plus tard en récupérant un matelas chez Marcel et Guylaine qui en avaient deux supplémentaires pour des lits superposés.

Raymonde a perdu son sac

Avant de laisser partir notre chauffeur, nous avons fait l’inventaire de nos effets et avons malheureusement constaté que le sac à dos bleu de Raymonde, celui où elle range son carnet de notes, manque à l’appel. Elle se souvient, dans l’excitement de quitter le bateau ce matin, de l’avoir laissé sur la table à dîner. Je vais donc au centre de services situé au dessus du temple pour aller envoyer un courriel à notre agence Trimurti pour qu’on retrouve ce sac et nous le retourne avec le chauffeur qui viendra nous chercher à l’ashram dans quelques jours.

Le minuscule centre internet a six postes. Un préposé à l’entrée note les noms des postulants sur une feuille et nous demande d’attendre sur un banc et des chaises à l’extérieur. Comme le temps est limité à 30 minutes pour 30 roupies, en dedans d’une demie heure j’ai pu envoyer mon message.

Notre premier repas

Bon, parlons de notre premier repas. Nous voyons donc tous ces gens faire la file à l’extérieur d’une grande salle avec, dans les mains, des gamelles et un bol en inox pris dans un grand bac à l’entrée de la salle. Nous en prenons chacun un et nous mettons en ligne. Ça va vite!  Trois gars derrière autant de gigantesques chaudrons nous donnent des louches de riz, d’un mélange de légumes, et pour le gobelet, un étrange liquide brun avec des choses dedans.

Nous nous assoyons avec des indiens et nous les regardons manger. Eux, avec la main droite, ils mélangent tout cela dans la gamelle pour en faire une bouillie et se font des boulettes qu’ils mangent avec les doigts. Comme nous n’avons pas d’ustensiles, Marcel décide de retourner à la chambre chercher le kit de couteau, cuillère et fourchette en plastique récupéré dans l’avion l’autre jour. Comme Raymonde a perdu son sac et que ce kit était dedans, elle et moi décidons donc de faire comme les Indiens et de manger comme eux! Le riz a une drôle de forme et un drôle de goût et je dois utiliser le liquide brun bizarre pour l’améliorer comme font les indiens. C’est épicé mais comme on dit : À Rome, on fait comme les Romains!

Une française qui est venue au Lac en octobre est à notre table et nous profitons de sa présence pour lui poser toutes les questions possible et apprenons que, moyennant quelques roupies, nous pouvons, nous les occidentaux, manger dans la section «occidentale» des mets plus adaptés à nos goûts et à nos estomacs. 

Une fois le repas pris, il faut aller laver les gamelles et les gobelets. Plusieurs robinets d’eau froide et des bols remplis de cendres mélangé à du savon nous permettent de laver ces ustensiles et de les remettre, tout dégoulinant d’eau, dans le bac pour le prochain repas. Nous verrons, plus tard, que dans la section occidentale, on met des serviettes à vaisselle à notre disposition pour essuyer les gamelles et les bols avant de les mettre dans le bac. Beaucoup plus hygiénique!

L’auditorium et les salles à manger

Nous sommes nouveaux et nous devons tout apprendre en même temps des us et coutumes de la place ce qui est assez déboussolant même pour des voyageurs aguerris comme nous. Ainsi, comme nous venons de voir,  les repas se prennent sous un immense bâtiment aussi grand qu’un aréna de hockey avec trois murs ouverts sur l’extérieur. Au centre, sur ce qui pourrait servir de patinoire et délimité par des paravents sur deux cotés et par une grande scène à un bout, un grand auditorium où se déroulent toutes les cérémonies lorsqu’Amma est ici.

 De chaque coté de cette vaste salle, en lieu et place des estrades de spectateurs, on retrouve, d’un coté, les tables et les chaises pour la section «cuisine indienne», entièrement gratuite, et de l’autre coté, la section «cuisine occidentale» payante mais très peu dispendieuse. À l’extérieur de cette section, un café vendant des expresso et autres cafés, et un petit resto pour hamburgers végé, omelettes, frittes, 7up, etc.

Premier miracle!

Le reste de la journée a été consacrée à diverses choses. Raymonde s’est acheté des vêtements et  est allée à la plage pour y voir Amma tout comme Marcel et Guylaine. Pendant ce temps j’ai traversé le petit pont pour aller faire quelques achats de l’autre côté : de l’eau, du jus de mangue et surtout, je me suis trouvé, tout à fait par hasard, une montre à rétro-éclairage qui me permettra enfin de voir l’heure dans la nuit! Depuis le temps que j’en cherche une! J’ai payé seulement 165 roupies, moins de 4$. Je l’ai trouvée chez un réparateur de montres et d’horloges et c’était la seule qu’il avait de cette nature en montre. Tout un hasard! Merci, Amma, de ce miracle on ne peut plus inattendu! Sa montre ayant rendu l’âme, Marcel est retourné au même endroit le lendemain pour y faire exactement le même achat.

Fin de notre première journée à l’ashram

À 17h00, je suis monté à la chambre faire une sieste et ce sont les chants qui m’ont réveillé vers 19h00. Je suis descendu et j’ai marché jusqu'à l’auditorium où Amma donne son spectacle. Je vous reviendrez plus longuement sur ce sujet dans  un autre billet.

Nous nous sommes tous retrouvés à la section occidentale pour manger un bon hamburger végé et des frites accompagnés d’un 7up. Ah que c’était bon! Vers 21h30, nous avons regagné nos chambres pour notre première nuit à l’ashram.

 

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13 décembre 2010 – Ashram Amma - Amrita Puri

Notre croisière sur les Backwaters s’est terminée à 9h00 avec notre retour à Allepey. Nous faisons à nouveau nos adieux à Claire et à Chris en leur promettant d’aller les voir au Kamouraska dès que possible à l’été 2011. Ils retournent à Kochi prendre l’avion pour une continuité de voyage qui les mènera au Cambodge.

Partis à 9h30, nous descendons plein sud pour atteindre la ville de Karunagappally où notre chauffeur Rajesh tourne à droite sur une minuscule route indiquant : Amrita Puri 10 km. Je crois que ce sont les 10 plus longs kilomètre depuis que nous sommes en Inde puisqu’il nous a fallu plus d’une heure pour atteindre l’Ashram.

Nos motivations

Pendant le trajet, j’ai pensé et repensé longuement à la discussion que nous avons eue hier soir, pendant le souper, sur les motivations personnelles de chacun d’aller passer ainsi six jours dans un ashram. Pour Marcel et Guylaine, c’est de renouveler l’expérience vécue à Toronto où ils avaient rencontré Amma et reçue d’elle l’accolade qui la caractérise. Pour Raymonde, c’est de vivre personnellement l’expérience que Darlène, sa copine shamane, a vécue plusieurs fois et dont elle lui a parlé. Quant à moi, l’iconoclaste, j’y vais pour aussi vivre une expérience nouvelle et pouvoir en parler en toute connaissance de cause. Positivement ou négativement ? Nous verrons.

Le Guru et la Formule 1

Hier soir, j’ai utilisé l’analogie de la Formule 1 pour tenter d’expliquer mon attitude vis-à-vis les ashrams et leur gurus. Le guru, c’est le pilote de Formule 1, le Jacques Villeneuve ou le Michael Shumacher. Lui seul peut humainement sentir et éprouver toute la puissance et l’énergie de son véhicule, de son corps. Dans la foule de ses admirateurs, certains sont plus proches du véhicule que d’autres et sont privilégiés, comme les mécanos d’une certaines façon, d’être si près du véhicule.

Puis il y a les fans ordinaires. Eux, ils sont dans la salle ou dans les stands et ne peuvent qu’entendre le bruit créé par le véhicule et se faire une petite idée de sa puissance et de son énergie. Ils aimeraient bien avoir une passe pour, une fois dans leur vie, aller dans le paddock, dans le saint des saints, mais très peu sont élus..

Et enfin, il y a les tifosis! Eux, ce sont des inconditionnels qui ne se posent plus de questions: ils adorent tout simplement le véhicule! Sans se poser de question, ils sont conquis à la cause. Ils dansent, chantent et portent des accoutrements les plus débiles les uns que les autres!

J’adore la Formule 1 et j’ai pu, par deux fois, assister en direct à un Grand-Prix et c’est toute une expérience. Ce sera donc dans cette attitude que j’aborderai mes six jours à l’Ashram d’Amma. Cà, c’est le plan A

Le plan B

En toute logique cartésienne, je ne peux aborder une situation sans en peser le pour et le contre. Comme disait si sagement Claire ce matin: toute décision se prend toujours entre deux bonnes choses. Jamais entre une mauvaise et une bonne! Ce ne serait pas logique.

Ce qui fait que ce matin, pendant le trajet nous conduisant à l’ashram, j’ai élaboré un plan B, le plan A étant de demeurer à l’ashram pour toute la durée et de m’accommoder tout en espérant en tirer que du positif.

Mais que faire si, après deux jours, je trouve la nourriture affreuse, la chambre trop «spartiate» à mon goût et les restrictions trop invivables? Vous êtes les premiers à le savoir et à moins que Raymonde, Guylaine et Marcel ne lisent ce billet avant notre départ de l’ashram, je ne  leur en dirai rien! Mais je suis vraiment sérieux : si rien ne va plus, je contacte notre prochain hôtel de villégiature sur la plage de Kovalam pour réserver une chambre, je prend le premier bus qui y va  et Bingo! je vais me chauffer la couenne au soleil là-bas à boire des daiguiris et des rhum-and-cokes sur le bord de la piscine! Toute une transition ne trouvez-vous pas?