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28 janvier 2015 – mercredi - Vol - Samosir - Medan (Sumatra) - Hôtel Plaza Jogjakarta

Aujourd’hui nous changeons d’Îles. Levé tôt pour monter sur un bateau de passagers qui nous ramène sur l’autre rive afin que nous puissions prendre notre vol vers Jakarta – jogyakarta ou nous dormirons trois nuits au Yogyakarta Hôtel.

Ce levé de soleil est témoin de notre passage devant les différents hôtels qui se sont construits depuis le début du tourisme en 1970 où, à chaque arrêt, des locaux montent pour aller prendre leur travail. Les noms se succèdent avec leur histoire riche en relations amoureuses entre le ou la propriétaire et son mariage avec un étranger(e). Tabo, indonésien marié à une Allemande, Carolina, indonésien marié Hollandaise, Silintong fut le premier hôtel à ouvrir ses portes au tourisme sur l’Île de Samosir.

Deux femmes mettent leurs nouvelles à jour accompagnées du clapotis de l’eau. Le soleil salue les montagnes de ses rayons ce qui forme une brume rêveuse d’où monte une prière de gratitude envers toutes les personnes que j’aime.

La rencontre des rayons de soleil avec la surface de l’eau forme une brume qui se transforme en réalité pour l’âme qui la contemple et l’élever en moment d’éternité. Cette communion de paix, de sérénité et de beauté m’émeut beaucoup!

Effendy nous parle de son pays avec amour et connaissances. Sa tribu, les Bataks, sont de très bons musiciens. C’est la raison pour laquelle nous pouvons les entendre dans les hôtels de luxe.

Du coq-à-l’âne

Le Tabo Cottages que nous quittons ce matin prône l’écologie de plusieurs manières, en l’appliquant eux-mêmes, dont remplir nous-mêmes nos bouteilles d’eau, plutôt que d’en déposer deux, chaque matin dans les chambres. Le rebut de nourriture est gardé pour le compost de leur jardin. Chapeau! Car beaucoup d’endroits ressemblent à notre mode de vie des années ’50 : de mini dépotoirs un peu partout.

Ce matin, en inversant notre itinéraire d’arrivée et de départ, nous économisons du temps afin de bien s’assurer de prendre notre vol, car le trafic est dense dans les grandes villes que nous traversons. Ce fut une excellente idée que de faire charger nos valises directement dans le véhicule et de ne garder que la petite valise pour voyager jusqu’à l’aéroport. Effendy est un guide d’expérience efficace et attentif.

À Sienta, notre arrêt « technique » matinal se fait à un magasin tenu par des chinois. On peut y trouver une variété de friandises incroyable. Tout en longueur, la dame ouvre des sachets de barres au sésame, aux arachides et noix, à la noix de coco, comme le ferait un expert sommelier avec son vin. J’achète deux sortes que Pascal et moi préférons et un petit sac de pistaches que nous avait fait découvrir Vicky durant son adolescence à Saint-Félicien. Valérie en régalait tellement, qu’il fallait souvent en acheter à l’épicerie du vendredi.

Les principales causes de décès sont les crises cardiaques et le diabète.

Avec ma paire de Croc suggérée par Valérie et Pascal avec la sienne en matériel aéré comme ceux de Frédéric, nous n’avons besoin d’aucune autre paire de chaussures. Ces chaussures vont dans l’eau, sont aérées, se lavent sans abîmer la couleur, en plus d’être très belles. Mon édition spéciale Valérie fait fureur chez les filles et les femmes indonésiennes.

En regardant vivre les gens d’ici, je constate que la réalité dépasse largement les rêves lors de la préparation de ce voyage. Les odeurs s’y ajoutent, les couleurs dansent sur les hanches des femmes, la moustache des hommes se soulèvent lorsqu’ils se mettent à rire en gang, les enfants marchent pour se rendre et revenir de l’école dans des costumes identiques ce qui égaient la route poussiéreuse. L’air de la montagne que nous quittons est plus froid et sec que celui vers lequel nous nous dirigeons qui sera plus chaud et plus humide. En plus, l’aéroport de Medan se trouve au bord de la mer.

Sultan et sultanat de l’île de Java
Le sultanat de Yogyakarta est un État princier d’Indonésie situé dans le centre de l’île de Java. Son territoire constitue l’essentiel de celui du territoire spécial de Yogyakarta. L’actuel souverain est le sultan Hamengku Buwono X.

Effendy nous raconte que le sultanat existe toujours grâce au père du sultan actuel, lorsque ce dernier a reconquis l’indépendance de son pays lors de la décolonisation où les Hollandais ont cédé leur colonie.

Souvent, il conduit lui-même sa Jeep 4×4 et paie lui-même ses achats. Parfois, il n’est pas reconnu par ses « sujets », d’où vieount une part du respect que lui voue les javanais. Je reviendrai pour l’histoire de la révolution avec les noms de Sukarno et reine Juliana. Un jour, le sultan reçoit une contravention. Le policier ne le reconnaît pas ni même lorsqu’il présente son permis de conduire. Il accepte la contravention sans dire un mot. Lorsque le supérieur du policier voit la contravention, il congédie le policier pour cet affront au sultan. Mais non! Celui-ci est très fier que les employés accomplissent leur travail avec justice et égalité. Le policier fut rembauché.

Maintenant, l’alcool de palme provient du fruit d’un palmier sucrier (palmier à  sucre) qui une fois éclaté est coupé pour y cueillir le sirop. Ce qui donne un alcool par évaporation d’environ 4% nommé touak. Selon Efendy, cet alcool est bien meilleur acheté directement chez celui qui le produit que celui vendu en magasin dans lequel peut s’ajouter d’autres produits pouvant être nocifs. Nous pouvons apercevoir cet alcool sur les tablettes des « stands » extérieurs qui longent notre route. Il est embouteillé dans des bouteilles transparentes et sa couleur est celle de l’eau. C’est une boisson acide et acre facile à produire car la sève de palme fermente très vite et peu coûteuse. On peut obtenir un alcool de palme avec un taux d’alcool plus élevé obtenu en faisant distiller la sève.

Après une journée de travail, les hommes se rencontrent pour un petit verre (???) entre eux avant de rentrer à la maison où la femme aura préparé le repas pour la famille. Comme dans le bon vieux temps, mesdames!

À tout moment, au Tapo, j’entendais les gens chanter en travaillant. C’est que les Bataks sont des artistes et que le chant fait partie des traditions ancestrales pour la paix de l’âme et le plaisir du cœur. À la maison, les enfants apprennent le chant enseigné par les parents et la communauté en les intégrant des chorales. Le trio de voix est aussi très populaire.

L’arbre hévéa pousse en Indonésie et est beaucoup plus bénéfique pour la terre que le palmier qui produit l’huile de palme. Voici une adresse qui vous en dira un peu plus sur l'hévéa.

J’apprends que Charles Goodyear qui est principalement connu par la marque de pneu Goodyear était un chimiste et inventeur de la « vulcanisation » qui est la base de nombreuses applications industrielles du caoutchouc! Vive mes Crocs! Goodyear a été vendu à Bristol.

Planning familial indonésien

Une jeune femme indonésienne, déjà mère de plusieurs enfants, se rend chez son médecin pour lui demander comment faire pour ne plus avoir de bébé. Le médecin lui enseigne comment installer un condom sur le pénis de son mari, en utilisant son pouce afin qu’elle comprenne bien. Oui docteur, je comprends très bien.

Quelques mois plus tard, elle revient voir son médecin! Elle est encore enceinte. Le médecin de lui demander comment il se fait. Elle lui montre, avec détails, ce qu’elle a fait. Elle ne comprend pas. Elle a pourtant bien installé le condom sur le pouce de son mari! 

Elle accouche du bébé. Elle revient enceinte à nouveau. « Mais voyons madame, que se passe-t-il? La dame de répondre : « Mon mari a coupé le condom, car il était trop long »!

Après l’accouchement, le médecin décide de lui donner la pilule à prendre. Son mari ne veut pas qu’elle prenne la pilule. Il veut encore des enfants. Il jette donc la pilule au cochon blanc. Vous devinez ce qui est arrivé : plus de cochon blanc sur la ferme! Mais la femme est toujours enceinte, à chaque année!

Tangahan est la nouvelle destination de Sumatra. On ne peut s’y rendre qu’en hélicoptère ou en 4×4. Cette adresse internet vous permettra de comprendre toute la partie écologique existentielle de cet endroit.

Voyager avec seulement un guide et un chauffeur, nous offre l’opportunité de gérer notre voyage à tous les jours. Nous sommes des lève-tôt, alors nous préférons être actifs en matinée et se reposer en fin d’après-midi. Nous aimons manger avec les locaux dans des petits bouibouis pour dîner et souper à notre hôtel de luxe. Nous n’avons aucun temps d’attente en plus d’avoir toute l’information la veille avant de visiter. L’orchestration de l’itinéraire est seulement en fonction de nos goûts et notre confort. Nous sommes beaucoup moins fatigué que notre voyage en Chine, car j’ai intercalé des journées de repos entre chaque vol. Ana de Tanah Kita Tours a fait un excellent travail avec une compréhension totale et même supérieure à mes demandes et attentes. Chapeau Ana!

Effendy nous explique comment est préparé le lemang qui est un riant gluant mélangé avec du lait de coco et cuit dans un bambou pour le faire rôtir. Souvent, on ajoute des épices sur le riz. On le retrouve le long de la route et aux marchés locaux. Parfois dans des restos locaux aussi.

Et leur fameux ragoût : rendant. C’est ce ragoût épicé et mijoté pendant des heures, que les gens emportent lorsqu’ils font le voyage à la Mecque dû à sa longue conservation.

La richesse du vocabulaire touchant au riz montre l’importance de cette céréale dans la culture indonésienne :
• Padi est le riz sur pied, dans les rizières;
• Gabah est le riz moissonné;
• Beras est le riz en grain;
• Nasi est le riz cuit.

Cuit, le riz peut prendre d’autres formes :
• Bubur quand il devient de la bouillie
• Ketan quand il est gluant
• Lontong quand il est riz cuit à la vapeur dans des feuilles de bananier
• Tape ou tapai quand il est fermenté (et légèrement alcoolisé).

Fascinante Indonésie!

Lorsque nous traversons Tebing Tinggi, Effendy nous apprend que c’est la première ville d’Indonésie à élire, pour une période de cinq an, (mère – maire) une mairesse musulmane. Je vérifie si son mari était ministre ou autre. Non, non, par elle-même.

Ce matin nous avons quitté la région chrétienne Batak pour entrer dans celle musulmane des Javanais et Malais. Nous pouvons voir la différence par la présence des nombreuses mosquées qui nous saluent au passage. Plus aucune église en vue.

À l’aéroport, je vois un Starbuck où nous dégustons notre latte. Je peux noter l’insolence de la jeunesse face à l’indécence de la vieillesse lorsque les uns et les autres se côtoient. Même si je trouve que vieillir est un privilège, parfois, lorsque je vois de vieilles gens tout courbés, en chaises roulantes, c’est là que je trouve que vieillir est indécent pour le corps et l’esprit, mais je me console en me disant que c’est pour faire grandir l’âme.

Après une douche bien appréciée, le petit verre de bienvenue, le premier en pays Indonésien, je vais me glisser dans mon douillet lit individuel. C’est ce que Pascal a demandé pour les trois prochains jours. J’apprécie, car ainsi, même si l’un se lève durant la nuit, l’autre continue à dormir. Bonne idée mon homme!

27 janvier - Mardi - Villages  Batak, lac Toba (Sumatra) - Toba Cottages
Petit déjeuner plein de fruits frais, papaye sucrée, ananas, banane, mandarine, fromage, plusieurs sortes de pains allemands, omelette, riz frit au poulet et légumes, crêpes bien rôties cette fois, confitures maison, etc. Je le dis, nous sommes au paradis.

En écrivant, je me dis qu’il y a bien quelque chose qui me déplait ou qui ne va pas : bien oui! J’y vais par gradation : J’ai horreur d’être interpellée « mama » par les vendeuses de « souk », je déteste la toilette publique turque et le plancher mouillé où j’arrive à mouiller le bas de mes pantalons malgré ma pose acrobatique semi-penchée, je n’aime pas les crêpes et les œufs caoutchoutés et il me faut accepter les différences, qui parfois, à la fin de la journée, fatiguée, je les enverrais chi.. , ce qui ne représente que 2% du voyage, et encore! Bon!

Le café est délicieux et je jase avec un couple hollandais qui est venu au mariage de leur fils à Medan. Il s’est marié en Hollande mais ayant pris épouse chinoise originaire de Medan, il se remarie ici. Deux jours de noces pour la parenté qui compte 400 invités. Moi qui pensais que nous faisions de « grosses noces ».

Une merveille née d’une catastrophe naturelle
Hier, notre chauffeur a serpenté dans les hauteurs pour nous offrir une vue spectaculaire sur le fameux lac Toba. Nous dînons pour ensuite prendre le ferry pour nous rendre sur l’île de Samosir.

Au cœur du lac Toba se trouve l’île Samosir, une île, dans un lac, sur une île : direction le nord de Sumatra (qui elle-même est la plus grande île de l’archipel d’Indonésie, et la sixième plus grande île du monde).

Niché à 2 157 mètres d’altitude, le lac Toba impressionne par ses dimensions : 100 km de long et 30 km de large ! Époustouflant, mais pas autant que son histoire. Il y a quelques 75 000 ans, le super volcan Toba entre en éruption. Selon différentes estimations scientifiques, l’éruption dura deux semaines et des débris furent crachés dans un rayon de 3 000 km. Résultat : le lac et l’île où nous sommes. Le prix : l’extinction de la quasi-totalité de la faune et de la flore indonésiennes, une baisse globale des températures autour du globe, une période glaciaire de 1 000 ans, et la réduction de la population humaine à quelques milliers d’individus. Incroyable!

Le lac est ce qui reste du cratère effondré. C'est plus grand lac d’Asie du Sud-est. Le lac atteint 450m de profondeur.

On estime que les matériaux volcaniques qui ont été lancés à la montagne totalisant 2 800 km3 sur 800 km3 de roches et des cendres volcaniques qui, selon les estimations ont été soufflé (vent) à l’ouest pendant 2 semaines. Une remontée du fond a ensuite créé la grande île de Samosir qui apparaît au milieu du lac. Certains sismologues redoutent apparemment un nouveau séisme dans cette région.

En faite, cette ile fut créée par l'homme quand celui-ci a décidé de creuser un petit canal séparant ainsi cette bande de terre qui s'avançait dans le lac du reste des terres de Sumatra. Et c'est en faisant le tour qu'on voit clairement l'origine volcanique du lac Toba : nous sommes dans le cratère de l'ancien volcan. D'ou les jolies montagnes qui entourent le lac. Et dans la partie ouest du Lac, à l'endroit où les hommes ont creusé le canal, nous sommes très près de la côte, ce qui nous offre des vues à couper le souffle. Un spectacle fabuleux pour le plaisir des yeux !

Nous débutons par Ambarita où se trouve le Palais de Justice des anciens animistes du clan Batak. Nous traversons d’abord le musée représenté par des maisons de nobles et des maisons du peuple Batak. Ensuite, toute une série de procédure à partir du jugement, de la mise en prison pour se terminer par la mort de l’inculpé, selon le calendrier Batak basé sur l’astronomie et les cycles de la Lune, décrit par les vestiges qui en reste, dont les sièges en pierre et les instruments utilisés durant le processus de mise à mort. Le signe du Scorpion leur donnait du fil à retordre afin de trouver une date qui évite de semer le mauvais sort.

Depuis l’entrée sur le site, je suis surprise par la ressemblance des visages incas ou mayas. Plus je vois les différentes sculptures, plus je me sens en Amérique du Sud. Entre la section du jugement et celle de la mise à mort, l’accusé traversait un corridor où des pierres sont superposées de la manière inca ou maya.

Il nous faut, malheureusement, traversé un « souk » où la sollicitation est de rigueur. Je trouve un sac qui me plait et qui m’éviterait de porter ma sacoche de voyage. Je paie car je crois qu’il est en cuir. Je le montre à Pascal. Mais non! C’est du toc. Je retourne me faire rembourser de peine et de misère.

En marchant avec Effendy, nous avons un cours de botanique très intéressant. L’arbre Kamiri qui produit le fruit karité dont un fabrique le fameux beurre si populaire auprès des femmes, l’arbre qui produit le durian qui pue tant mais qui est délicieux, l’arbre où pendent des fruits de la passion, l’arbre qui produit les fleurs en bouton qui deviennent des clous de girofles, des graines de cacao qui sèchent au soleil et qu’une vieille femme édentée à la bouche rouge du bétel mâché avec du tabac brassent les cabosses le allègrement.

Sur plusieurs terre se trouve le tombeau familial qui peut compter jusqu’à 12 niveaux. Il est l’arbre généalogique mortuaire des descendants du propriétaire de ce terrain. Les femmes et les enfants sont aussi enterrés dans ce tombeau, mais sur le même niveau que l’homme décédé qui porte l’héritage de la descendance. Il y a en a de magnifiques ayant la forme des maisons Batak.

En plus, ce tombeau est une protection pour garder la terre dans la famille, car la croyance est que son âme s’y trouve. Ça dissuade les acheteurs potentiels car c’est une croyance du peuple Batak ancrée dans la tradition la plus pure des clans.

Nous quittons pour Simanindo. La pisciculture que se pratique ici comprend la carpe et le tilapia. Avant le début de la danse traditionnelle, je jase à nouveau avec les hollandais. Ils ont un chauffeur mais pas de guide.

Après quelques séquences annoncées par un « crieur », je réalise que cette danse est celle qui représente la vie de la naissance à la mort. J’ignore combien de donations Pascal a fait depuis hier, mais à chaque endroit visité, on demande une « donation ». Ça serait gênant de ne pas le faire et en même temps, ça montre notre appréciation. D’un autre côté, nous passons notre temps les mains dans les poches qui donne un sentiment d’exploitation du touriste. Je sais que je suis chanceuse mais c’est quand même tannant. Une autre chose à travailler ma Raymonde!

Effendy nous offre de marcher un peu vers le lac alors qu’il fume sa cigarette. Nous passons devant la maison du roi. Du roi??? Mais quel roi? C’est le chef de la région issue de la famille noble, de descendant en descendant, et qui vit du travail de ses sujets. C’est un entrepreneur comme la reine d’Angleterre. Il est respecté et il représente une valeur morale pour le peuple Batak. Ce noble a étudié à l’extérieur et est revenu homme d’affaire. Son rôle n’est pas administratif mais bien moral. Il m’en manque un bout pour bien comprendre. L’adage « Il vaut mieux être roi dans son pays que valet dans un château » s’applique bien ici.

Effendy nous montre, dans la nature, en coupant une feuille et en la frippant, la citronnelle et le clou de girofle. Elle porte l’odeur de ses fruits, et chocolat signifie eau sale! Ben voyons donc! Ce fruit fut amené à Sumatra au début des années 1980. Aujourd’hui, le chocolat est produit principalement pour Nestlé et Philippe Maurice, le producteur de tabac international.

L’arbre produit ses premiers fruits après 3 ans de croissance. Des fleurs se forment sur le tronc de l’arbre, fleurit, et après 45 jours, elles produisent le fruit qui contient 3 noyaux à l’intérieur de lesquels se trouve la graine de cacao.

La péninsule où nous sommes se nomme TukTuk qui veut dire « gueule du chien » dû à sa forme particulière.

Je demande à Effandy si nous pouvons manger dan un petit resto local. Oui, pas de problème. Nous sommes au New Tomok. Sympa et la nourriture délicieuse. Pascal affectionne le goreng ayam (riz frit et une cuisse de poulet) et moi la soupe aux légumes et poulet en morceaux coupés à la façon asiatique : la peau et les os indiquent que c’est bien de la carcasse du poulet, mais il faut chercher la viande. Elle est par contre vraiment délicieuse : 8$ pour les deux, incluant un Coke, ça va! Djoko mange au resto musulman en face.

Nous repartons pour Tomok qui signifie mort et la route arrête ici. C’est là que se trouvent les sarcophages de 3 rois Batak animistes du clan Sida Butar, nom que porte aussi le village. C’est un de ses descendants qui travaille comme surveillant et voit aussi à l’entretien. Il prend son rôle très au sérieux. Il nous faut porter un tissu que nous portons sur l’épaule droite, tout comme les danseurs traditionnels de cet avant-midi.

Le premier roi est décédé vers l’âge de 120 ans et il ne voulait pas être enterré, d’où la présence de ces sarcophages en pierre de la montagne du coin. Ompu Sorre Sida Butar.

Le 2e roi porte le nom de son grand-père Maibatu Sidar Butar. Ici, j’imagine que son grand-père n’était pas roi, vu qu’il est le fils du premier roi. Bon! On dit qu’il était le plus beau et le plus puissant. Il a agrandit le territoire par ses conquêtes, et comme Salomon, il n’a jamais coupé ses cheveux de la naissance à sa mort. On dit qu’il a été amoureux d’une femme qu’il a aimé toute sa vie mais qu’il n’a jamais pu épouser. Le roi épousa une autre femme avec de gros seins afin qu’elle puisse nourrir sa descendance. C’était le premier critère d’acceptation. Les petites maigres n’avaient pas grande chance, à moins, que comme moi, à 17 ans déjà j’aurais pu être la mère de sa descendance. Ouf!

Le 3e roi était chrétien.

Nous revenons à notre jardin d’eden vers 14h30. Je monte dans la garçonnière Batak qui donne une vue magnifique sur la région. Aucun bruit, seulement le clapotement des poissons qui sautent dans l’eau pour venir manger les insectes à la surface de l’eau ainsi que la nourriture que des passagers d’un bateau autobus jettent à l’eau.

Le soleil reste de rigueur malgré l’annonce, ce matin, d’une journée de pluie à venir. Non, non! Pascal est avec nous. Une autre journée de plaisir s’achève. Demain, route, vol vers Jakarta et transfert pour Yogiakarta, suivi d’une journée d’arrêt! Mes oreilles en ont besoin. Beaucoup d’informations en peu de temps sur des cultures tellement différentes de la mienne. Un peu de repos me fera du bien.

Salutations à vous que me lisez! X x x

 

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26 janvier 2015 - Lundi - Berastagi - Île de Samosir (Sumatra) - Tabo Cottages

Notre hôtel est vieux et été mal entretenu. Rien à comparer à ce que nous avons eu à date. Mais c’est bien pour une nuit. Une piscine orne le décor. Malgré son âge, il garde un certain style colonial charmant.

Il y a certaines règles à suivre en venant en Indonésie, et j’en ai transgressé une hier, en remettant un pourboire de la main gauche au porteur de valises à Bukit.

Un petit résumé de ces règles élémentaires :
o Ne tendez jamais la main gauche : rappelez-vous qu'elle est considérée comme impure. Utilisez les deux mains pour tendre quelque chose à une personne âgée, en signe de respect.
o Évitez de parler avec les mains posées sur les hanches, geste équivalant à une expression de mépris, de colère ou d'agressivité dans la danse traditionnelle. Oupssss!!!!!
o Veillez toujours à vous vêtir décemment : décolletés pour les femmes et shorts pour les hommes sont jugés incorrects ou vulgaires. Chacun son trip!
o Certaines questions vous paraîtront peut-être indiscrètes, irritantes, voire totalement déplacées :
o dari mana? ("d'où venez-vous ?")
o sudah kawin ? ("êtes-vous marié ?")
o mau kemana ? ("où allez-vous ?")...
o Aux yeux des Indonésiens, ce sont des marques de politesse et d'intérêt. Vous n'avez nul besoin d'y répondre systématiquement, mais vous pouvez les poser à votre tour à votre interlocuteur pour lui manifester votre sympathie.
o Enfin, sachez que vous serez immanquablement dévisagé ou même touché en signe d'amitié, quoique seuls les contacts physiques entre membres du même sexe soient tolérés.

Terminée le rappel des us et coutumes du coin. Revenons au peuple Batak.

Nous continuons notre périple dans les terres de la tribu Karo. Rizières, clous de girofle, gingembre, palmiers ornent le décor naturel de cette région prolifique.

La région a vécu au fil des immigrations successives de peuples différents, ce qui a créé un paysage multiculturel qui ne s’est jamais homogénéisé. Parmi les communautés, on trouve des Chinois, des Javanais, des communautés de Toba-Batak, Minangkabau, Mandailing Batak, Karo batak, des Indiens du sud et du nord et plusieurs ethnies plus minoritaires. Cette richesse ethnique nous permet de découvrir autant de cultures que de cuisines variées au fil des rues. A tout moment de la journée, il est possible de succomber aux spécialités vendues dans les échoppes qui encombrent les rues. Toutes ont leurs saveurs, leurs couleurs et leurs parfums, et toutes sont à tester. La région est par ailleurs réputée en Indonésie pour son tourisme gastronomique car on y trouve de tout partout. De la cuisine javanaise au porc grillé de Batak en passant par les Padang, les nouilles chinoises et la cuisine indienne, comment résister à l’appel constant de ces délices exotiques ? Ce paysage diversifié dans lequel toutes les communautés semblent vivre en harmonie en suivant leurs propres traditions est une caractéristique de Sumatra, véritable vitrine culturelle asiatique. Cette article prise au hasard de mes lectures sur Internet, résume bien la région et ce que nous y apprenons.

Située dans les collines, la ville de Brastagi est la région où habitent des tribus de Karo Bataks qui vivent dans de très vastes maisons, construites sur d'énormes pilotis et abritant au moins huit familles du même clan.

Efendy nous explique comment le travail de chacun est inter relié l’un à l’autre pour vivre en harmonie, tous ensembles : cuisine, entretien et revenus monétaires qui souvent sont du troc plutôt qu’en salaire.

Estimés à 6 230 000 personnes (1991), les Batak, qui vivent dans l'île de Sumatra, se divisent en plusieurs groupes : les Angkola, les Nandheling (ou Mandailing, qui sont des clans malaïcisés), les Karo, les Toba, les Timor (ou Simalungun), les Dairi et les Alas-Kluet.

Chaque clan a chacun un ancêtre commun masculin ce qui donne lieu à un chef par clan de 8 familles qui agit en toute autorité sur l’ensemble de la maison commune.

Les villages, sans défense naturelle, s'entouraient d'un rempart de terre d'une largeur de cinq à dix mètres planté d'une haie impénétrable de bambous épineux ; des portes massives sculptées en fermaient l'accès. La maison batak, entièrement édifiée en bois, est établie sur pilotis et couverte d'un toit à forte pente. Les Batak cultivent du riz et des pommes de terre, cette dernière récolte étant destinée à l'exportation ; ils élèvent des buffles et des chevaux. En matière d'artisanat, le tissage et la teinture sont encore en honneur, mais le travail des armes, des bijoux, ainsi que la sculpture sur bois tendent à disparaître.

Effendy nous explique que ce peuple souligne, par des rituels, différents passages de la naissance à la mort : la naissance, à 3 mois la première sortie officielle, à 7 mois la première coupe de cheveux par l’oncle paternel, à l’adolescence lorsque le jeune homme est envoyé vivre dans une maison juste à côté de la maison familiale afin de le séparer des filles, le mariage et enfin la mort.

La différence physique entre les Bataks et les Toranga que nous visiteront bientôt se trouve au niveau du faciès. Les joues sont plus prédominantes et le front est plus large chez les Toranga.

En route, il nous parle de la philantrophie de la compagnie Danone dans la région de l’huile de palme. Danone a obtenu la permission d’opérer une source d’eau naturelle pour embouteiller l’eau de marque Aqua. Ce qui leur rapporte beaucoup de sous. En retour, il donne à l’église sous forme de participation monétaire pour la rénovation ou autres travaux nécessaires à les garder belles et fonctionnelles. C’est le principe du GSR (General social responsability). Répartir (pas tout à fait également) les revenus dans la société en passant par l’église. Bon! Est-ce que ça vous rappelle des souvenirs?

Des immenses cornes de buffle remplacent la croix chrétienne, car ici, toutes les religions sont respectées. Ces cornes proviennent du style animiste des ancêtres Batak qui pouvaient être assez sanguinaires dans des situations de conflits. On retrouve les cornes sur les pointes des toitures de la maison Batak. C’est l’assistance de Dieu a chassé les mauvais esprits. Je pense que les Capucins et les Jésuites ont soit échoués leur évangélisation ou soit ils ont tirés des leçons à ne pas aller trop loin dans leur croyance.

Je termine l’histoire des Bataks en disant que lorsqu’un Batak rencontre un autre Batak, il lui demande son numéro de clan numérologique. S’il ne le sait pas, c’est un imposteur. Même si un Batak émigre dans un autre pays, il garde sa terre afin de prouver ses racines à ses descendants de manière concrète. Ainsi, ses origines sont protégées. Souvent, il réfèrera à son terrain en disant près du volcan, tel nom, près de la rizière du voisin Monsieur Untel, ainsi de suite. Il y a une référence de racine à ne jamais perdre afin de respecter les chefs qui ont travaillé dur pour conserver cet héritage qui s’étale sur des siècles de propriété. Ça me rappelle les livres que j’ai lu : « Les enfants de la terre » qui m’ont tellement fascinés, que je me suis prénommée Ayla pendant 15 jours.

Je laisse à Pascal vous faire le récit de notre rencontre de 5 femmes et un vieil homme magnifiques qui habitent une maison regroupant 8 familles, mais elles ne sont pas du même clan, car ces familles louent l’espace dans ce petit village Dokan Karo.

Changeant de propos, le fruit rambutan est délicieux. Il fait partie de la famille des litchis. Il porte une chevelure rouge magnifique. Nous en avons mangé en nous rendant à la chûte Sipiso Piso. Je la coterais 2 sur 5. Rien à voir avec nos chutes Niagara. Elle ressemble aux Chutes Montmorency en plus haut.

Nous avons aussi visité le palais des sultans dont le dernier fut assassiné par le peuple lors de la révolution, afin d’obtenir leur indépendance le 17 août 1945, lors de la fin de la 2e guerre mondiale. Je pourrais vous dire que le 12e sultan fut celui qui a eut le plus grand nombre de femmes, que le dernier n’en avait qu’une, qu’on sonnait la cloche un coup pour annoncer la naissance d’un garçon et deux coups pour une fille.

Nous habitons un site paradisiaque à Toba sur l’Île Samosir. Une jeune allemande mariée à un Batak a construit un coin de paradis au bord du lac Toba, qui est en fait, un cratère de volcan éteint.

J’en parlerai demain. J’entends les enfants dans la piscine qui donne sur le lac. Une fois dans l’eau, on ne peut distinguer le ciel de l’eau du lac.

Selamat Tidur! xxx