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Le 25 février 2015 – mercredi déjà!!!

Hier en faisant un peu le tour de mon environnement, je réalise que le Puri Mas Boutique Resort & Spa est situé dans le village de pêcheurs de la baie de Mangsit.  Notre hôtel, le Puri Mas se trouve à la limite du secteur Mangsit et Kerandangan. L’adresse postale indique Mangsit Beach.

Mon bilan de ce voyage est composé de plus et de moins :

  • Diversité culturelle enrichissante de chaque île de l’Indonésie
  • L’omni présence des rizières sur chacune d’elle, son agriculture selon la région
  • Les ourangs-outans de Sumatra, Île Samosir et le lac Toba
  • Java : ses temples et ses volcans
  • Sulawesi : les surprenantes coutumes du peuple Toraja
  • Bali : mon enchanteresse. La gentillesse des gens, ses temples, ses volcans
  • L’efficacité de notre agente de voyage Ana qui a tout fait pour satisfaire nos demandes et d’y répondre rapidement. Elle est Catalane!
  • Itinéraire bien équilibré sans temps mort ou juste ce qu’il fallait compte tenu de condition physique et de notre âge
  • Hébergement, transport, guide/chauffeur : j’ai l’impression d’avoir fait 6 voyages bien différents l’un de l’autre
  • Coup de cœur: la gentillesse des Indonésiens, douceur et harmonie du pays malgré des problèmes liés au développement (circulation congestionnée dans les grandes villes et conditions routières)

Ce fut cinq semaine de randonnée, de bateau, ferry, canot, d’avion, de minivan, de jeep pour nous faire découvrir ce paradis qu’est l’Indonésie.  Ici, tout est combiné pour utiliser ce mot de « paradis » : le soleil, la chaleur souvent accompagnée d’une petite brise, les fleurs, les jardins à profusion, la nourriture épicée délicieuse, les hébergements de qualité et du personnel attentionné.

La journée s’achève et le soleil descend donnant des couleurs au coucher de soleil qui nous fait sortir nos caméras malgré les centaines de photos déjà captées d’un coucher de soleil. Cette journée s’est écoulée entre baignades, lecture, repas et balades alentour.  Que du bonheur!

Lorsque j’admire les coucher de soleil, ici à Mangsit, je pense à Jimbaran dont on dit qu’il est le Beverly Hills balinais; alors, Mangsit serait quoi, le Miami de Lombok! J’inverserais plutôt les définitions, car la région de Senggigi, tous les grands hôtels nichent au bord de l’eau sur le détroit de Lombok.  Une odeur d’encens flotte dans l’air.  Je cherche, je cherche et je viens de trouver.  Un aromatiseur naturel diffuse une essence au jasmin et parfume notre maisonnette.  Tous mes sens (entendons-nous) sont éveillés : ouïe, odorat et le sensitif.

Étant au paradis, le sarong devient notre tenue vestimentaire pour la journée.  Nous retrouvons le plaisir de se baigner en costume d’Adam et Ève.  Nous ne sommes que tous les deux après tout.  Vicky et Valérie, sautez ce paragraphe!

Maintenant, les moins :

  • Seule tache dans ce portrait idyllique : l’Indonésie est loin d’être une championne de l’environnement. Entre poubelles allègrement balancées à la mer et pêche à la dynamite ou au cyanure (illégales) qui ravagent encore des pans entiers de corail et autant d’espèces animales, mon cœur vert voit souvent rouge comme le dit si bien Rodolphe Lasnes
  • Naturellement, l’état des routes qu’une niveleuse pourrait égaliser de temps en temps

Il est 20h00, et il fait encore chaud.  Le soleil plombait aujourd’hui. Il n’y a pas que les lézards qui sont lents : moi aussi.

Nous revenons d’aller souper dans un petit bouiboui fort sympathique.  Le serveur et le chef nous préparent mon spaghettis carbonari aux fruits de mer (morceaux de calmar caoutchouc mais bon mini cubes de poissons) et Pascal, une pizza Molly, leur spécialité chez Molly. Nous attendons une heure et demie avant d’être servis.  Nous le savons, ici, tout est préparé au fur et à mesure.  Il nous est même arrivé qu’un aide cuisinier aille acheter ce qu’il fallait pour préparer notre repas.

Un peu de Daudet et hop ! au lit !  Bonne nuit de Lombok. xxx

 

21 février 2015 – samedi

José marche tous les jours au bord de la mer en compagnie de son chien.  Parfois, le matin très tôt et le soir aussi. Il a perdu son chien pendant quelques jours.  C’était la première fois. Son inquiétude se situait surtout sur le fait que son chien ne fait partie d’aucune meute.

En prenant notre petit déjeuner, je remarque que le buffet de service est en bois et Pascal mentionne le vieux bois utilisé.  Lorsque j'arrête payé mes deux sacs au nom de l'hôtel, José me dit que ces morceaux de bois viennent d'un ancien pont démoli de Bali.  On trouve, un peu partout sur le site et dans nos appartements, des articles de ce vieux bois pour indiquer notre no. de chambre, la note "Ne pas déranger", celle de "Nous sommes à la piscine ou à la plage" et les grands piliers de l'entrée qui servent d'entrée sacrée comme celle des temples hindous.

Hier, la réflexologie reçue m’a amené à dormir comme un bébé.  Nous avions envie de maïs grillé pour souper dans notre petit appartement.  J’y vais car Pascal semble vraiment « knock out » et il ne s’en cache pas.  Il me faut revenir chercher une lumière.  Avant hier soir, tout était éclairé par les phares des motos et des autos.  J’ai entendu les feux d’artifices qui n’ont duré que 15 minutes.  J’étais trop paresseuse pour aller les admirer. Hier soir, le Noël An Chinois se déroulait ailleurs.

La chipie et sa charrette à maïs

Je n’ai que 2$ alors qu’on m’en demande 3$ pour les 3 maïs.  Je leur dit que c’est ok et je marche vers une autre charrette.  Non, non, 2$, ok.  Grands sourires! J’attends qu’ils soient cuits, grillés et enrobés de leurs huiles épicées.  Mais voilà qu’un maudit chinois arrive et en demande deux, et la chipie, leur donne deux des miens déjà prêts.  Je suis en c..v…e! Je lui demande de me redonner mon 2$.  Non, non, les autres à toi! Et elle sourit à pleines dents! Non, non! Plus de sourires et je prends ma voix fâchée, non, je suis fâchée et je leur dis.  D’autres chinoises arrivent et veulent les maïs déjà prêts.  Cette fois-ci, elle me les remet sans aucun sourire.  Je les mets dans le sac que j’avais apporté et je les salue d’un grand sourire malgré tout.  Elle décide alors de sourire à son tour.  On est quitte!

Temple Tanah Lot

Serinata et Santa sont au rendez-vous plus tôt que l’heure dite.  Ils ont été au bord de la mer.  Nous partons pour 09h00 et fait déjà très chaud : 28oC.

En regardant les rizières défilées ce matin, je réalise que je m’ennuie un peu de ces belles rizières. L'une des particularités de l'Indonésie, est que l'on y cultive le riz toute l'année ce qui permet d'en observer tous les stades de la culture. Ici, certaines parcelles sont labourées alors que sur d'autres, le riz a déjà quelques centimètres de haut. Certains, les pieds dans l'eau, arc-boutés sous leur chapeau de paille, plantent régulièrement des semis qui atteindront entre 80 et 120 cm de haut. Ici, pas de machines agricoles polluantes : des bœufs tirent une charrue qui laboure le sol de gros sillons. Elles me manquent définitivement un peu!

Arrivés à Tanah Lot, je suis surprise de voir tant de chinois en un seul endroit après la plage de Jimbaran.

Ma belle Denise, le fameux temple dont tu parlais est celui-ci.  Même principe que le Mont Saint-Michel en France.  Le temple est isolé sur un rocher.  Ce matin, c’est la marée haute, donc on ne peut s’y rendre à pied.

Les ombrelles d'apparat et les pyramides d'offrandes donnent un air de fête à la couleur très foncé de la majorité des temples qui sont fabriqués à partir du sable volcanique, Tanah Lot inclus.

Les Français disent de Tanah Lot que c’est le Mont-Saint-Michel de Bali. C’est vrai pour toutes les raisons suivantes : un temple dans la mer, sur un rocher, des marchands du temple à une échelle astronomique, des embouteillages déments pour y arriver, et surtout pour en repartir. Mais comme au Mont-Saint-Michel, on y va quand même parce que c’est beau.

Je pense qu’il est mieux de le visiter le matin afin d’avoir la lumière sur sa face. J’assume que le soir, il doit être plutôt sombre et le coucher de soleil est loin d’être garanti.  Nous avons choisi de le visiter ce matin et prendre notre après-midi à se préparer pour repartir demain matin entre 06h30 et 07h00.  Alors, petit déjeuner à 06h00. Heureusement, car il est 15h15 et il pleut depuis une demi-heure. Le seul coucher de soleil que nous avons eu la chance de vivre et photographier est celui du jour de notre arrivée. La nuit passée, Ubud et d’autres régions de Bali furent inondées.  Les nouvelles en parlent à CNN. À Jimbaran, aucune pluie locale.

Comme disait ma bonne amie Denise Jodoin, Tanah Lot est un rocher célèbre de Bali, sur lequel repose le temple. Le temple aurait été construit au XVIe siècle par un prêtre du nom de Nirartha qui se serait reposé à cet endroit lors d'un voyage. Certains pêcheurs, l'ayant vu, lui auraient remis des cadeaux. Il demandera par la suite aux pêcheurs de construire à cet emplacement un temple pour vénérer les dieux de la mer. La légende raconte qu'un serpent marin, né de l'écharpe de Nirartha, protège le temple des voleurs et mauvais esprits.

Tanah Lot est l'un des sept temples marins construits sur la côte sud-ouest de Bali. Certains racontent qu'ils forment une chaîne en raison du fait qu'il est possible d'apercevoir de part et d'autre de chaque temple, celui qui le précède et celui qui le suit.

D'importants travaux de restauration ont été entrepris en 1980, pour consolider le rocher qui s'émiettait et menaçait les structures du temple. Le gouvernement japonais finança les travaux de restauration grâce à un prêt de 800 milliards de roupies. Le tiers de la roche visible aujourd'hui est artificiel. Le rocher était lié à Bali par une arche naturelle aujourd’hui disparue et non reconstituée. Tanah Lot fait partie d’une série de temples, dits "temples de l’océan".

En revenant, je demande si je peux arrêter m’acheter un sac en cuir de Bali.  Oui, madame, avec plaisir. Serinata nous arrête à un marché local immense comme un Rosy en triple. Il y a de tout, à tous les prix.  J’achète un tissu fleuri d’immenses fleurs colorées pour Vicky comme celui qu’elle m’avait suggéré et un autre pour je ne sais qui, 2 tissus en batik et une nappe pour l’été.  Malgré le fait que je n’ai pu trouver mon sac de voyage en cuir, je suis heureuse de mes achats.

Serinata nous dit qu’à Bali pas beaucoup de serpent, plus de tigre sauvage, pas de tarentule… Ces bestioles se retrouvent à Sumatra.

On se salue en Indonésie en faisant le Namaste avec les mains jointes et en prononçant Om Swasti Astu.

* Les mots hindi/urdu abondent dans la langue indonésienne: desha (village), pura (temple), saniscara (samedi), gaja (éléphant), putra et putri (fils et fille), bali (sacrifice), dharma (devoir), dirghayu (longévité), buddhi (intelligence), dewi - dewta - wanita (femme), pertiwi (terre mère) ou prithivi en hindi.

* Hanuman road (le nom des rues, des boutiques et des personnes sont d'origine sanskrite ou arabe).

* Surya - Sevana est un rituel observé chaque matin par le prêtre balinais.

* La mère, ibu, joue un rôle essentiel au sein de la famille. L'éducation d'un homme se mesure au respect qu'il porte à sa mère.

Il nous explique qu'un étranger ne peut devenir propriétaire d’un terrain.  La Loi indonésienne interdit formellement qu’un étranger soit propriétaire d’un terrain sur l’archipel. Seuls les indonésiens ont la faculté d’avoir, juridiquement,  un titre de propriété (Hak Milik). Il lui faut le mettre au nom d’une personne vivant en Indonésie.  C’est un règlement gouvernemental afin de garder la terre aux habitants indonésien. C’est un peu le principe de la Coopérative. Ça pourrait expliquer aussi pourquoi beaucoup d’étrangers(e) sont en couple avec des gens d’ici.

Nous faisons nos adieux à Serinata et Santa.  Temps de vivre la dernière portion de notre voyage.

Nous retournons dîner au Jimbaran Bay Cafe pour un dernier fish and chips avec Coke et arachides salées à l’ail rôti.  Le couple de russe commande un immense homard vivant afin de le manger grillé avec légumes et riz blanc.

Bali! Bali! L’enchanteresse! Cascades de rizières émeraude en terrasses, cérémonies de temples féeriques, longues plages de sable, des coutumes qui semblent immuables, une expression artistique bien vivante et l'exceptionnelle gentillesse de la population souriante, la liste des images qui évoquent ce coin de paradis appelé Bali est sans fin.  Alors entre mer et rizières, plages immaculées et temples hindous, cérémonies et offrandes, je ne sais plus à quels saints me vouer. Je dirais qu’ici, je choisis Vishnu, Shiva et Brahma en compagnie de mon Dieu si précieux! Après tout, c’est le coin terrestre où toutes les religions vivent en harmonie!!!

Ce soir, j’aurais aimé souper aux lanternes, les pieds dans le sable blanc encore chaud de la chaleur du soleil. C’est la première fois que l’eau d’une mer est chaude ainsi. Avec le retour des pêcheurs, je désire manger du thon : oui mes filles d’amour, votre mère va manger du thon, car il y en a. En regardant déambuler les gens, je réalise que les balinais viennent se reposer et parfois méditer et prier sur cette plage alors que les touristes viennent prendre des photos. Je dois plier bagage car il pleut.

Au plus profond de moi-même, je rends grâce pour l’amour que je suis, pour les amours qui sont dans ma vie et pour l’amour qui m’entoure.

À demain à Lombok sur l’île de Lombok!

 

12 février 2015 - Depensar pour le Visa de 09h15 à 12h10...Temple à Bedugul, marché local, rizières en terrasses UNESCO, Jardin botanique, Jatiluwih

Une des particularité de Bali, c'est comme ce matin, le nombre impressionnant de porteuses d’offrandes que l'on croise un peu partout sur la route, dans les temples, traversant les rizières. Un spectacle unique ! Nous descendons à Denpasar pour régler l'histoire de l'extension de nos visas.

Trois heures d'attente dans un local où les étrangers circulent remplis d'espoir qu'ils pourront "extensionner" leur visa, tout comme nous. Madi, l'ami de Serinata nous accueille au Ministère du Tourisme.  Connaissant notre chance, nous passerons rapidement pour débuter une autre journée de découverte dans les différences, surtout religieuse et culturelles, d'avec celles de l'Inde.

En route, nous apprenons que l'ancien palais du roi est habité par des membres de sa descendance familiale à Ubud.

Le met préféré des hindous balinais est le cochon rôti.  Je dis: "Le mechoui".  Non, non de répondre Serinata le babi guling.  Ici, très peu de végétarisme.  Bien différent de l'Inde.  Les repas sont pris en silence, ce qui fait, qu'il est vite expédié.  Le balinais mange soit devant la tv, soit dans la cuisine, soit dans le jardin car il n'y a pas de salle à manger ici.

Le marché local ouvre vers 03h00 jusqu'à 08h00 afin que les femmes aient le temps de préparer le repas du matin et du midi ainsi que les offrandes tellement importantes pour chaque famille.  C'est aussi pour s'assurer que toute la famille a le ventre plein avant de quitter la maison.

Les hommes fument très peu car c'est néfaste pour la santé.  Ils ne traînent pas non plus devant les devantures de magasin ou de boutiques alors que la femme travaille, comme on a pu voir dans les autres provinces.  Ici, les deux travaillent.  Il n'y a que très peu de chômage à Bali.

Harry Smith, célèbre peintre est venu enseigné l'art de la peinture à Bali.  La coutume se continue afin d'aider les artistes d'ici de se faire connaître par cet forme d'art.

Ici, le combat de coq est différent de celui qui se pratique dans les autres provinces d'Indonésie. Il fût un temps où  les combats de coq étaient fréquents et chaque village en organisait. Depuis 2005, ils ne peuvent de par la loi qu'avoir lieu lors de certaines importantes festivités religieuses, et cela encore que de manière très contrôlée.  Voici le rituel de préparation du coq pour le combat de sa vie.

Premièrement, le proprio lui fait prendre du soleil, tôt le matin.  Ensuite, il le nourrit bien, tous les jours.  Troisièmement, durant la journée, c'est le massage du coq pour renforcer ses pattes et ses muscles.  Le ring mesure 3 m x 3 m et il y a un arbitre qui compte jusqu'à trois pour le début du combat qui ne dure, en général, que 3 à 4 minutes.  Le reste du combat se déroule comme partout ailleurs.  Ici, c'est juste défendu de le faire en gageure.  Il n'y a pas de casino, pas de loterie non plus.

Le vélo est défendu de circuler dans la ville de Denpasar ainsi que les besak.  Les bemos sont très rares mais les taxis pilulent.  Bali est riche et ça se voit partout. Le tourisme amène une qualité supérieure à cette province où tout est un peu plus cher que dans les autres provinces.

Lorsque j'ai parlé, dans un blogue précédent, du cuisinier qui disait "pénis" au lieu de fish, bien voici l'explication.  Dans l'alphabet balinais, il n'y a pas de f ni de v.  Le f est remplacé par le b ou le p et le v est remplacé par le w.  Fish devient pish d'où le mot prononcé piiiish qui fut pour mon oreille orientale, pénis!  Aujourd'hui, Serinata dit jeuuune.  Pascal se demande bien de quoi il parle.  Il disait "jaune".  Une autre fois, il dit "sous" dans les champs.  Ben voyons, ça coûte des sous.  Non, il veut dire des "choux".  Bon!

Il y a 4 "suces" (choses) d'interdites lors du Nouvel an balinais - Nyepi depuis 1937 - jour férié obligatoire qui a lieu suite à la pleine lune du mois de mars: 1) défense de travailler, exception du personnel des hôpitaux, policiers et des hôtels. 2) L'électricité est fermé pour tout le monde à partir de 06h00, et ce, pour la journée. 3) Tout le monde reste à la maison.  Pas d'excursion pour le tourisme non plus. 4) Pas de télé, ni de radio ni de spectacle.

Ce matin, je remarque qu'il y a plusieurs petits vieux blancs avec de jeunes femmes balinaises. Je demande à Serinata si ce sont des américains.  Pas seulement: des australiens, des japonais et des européens.  Mais le contraire est vrai aussi: de jeunes balinais marient des femmes allemandes, japonaises, australiennes et européennes.   En général, elles demeurent à Bali, car "qui prend mari, prend pays" semble bien s'appliquer ici aussi.

Serinata nous énumère les 4 castes:  Brahmana, Satria, Wesia et Sudras. Voici le lien. Ici, le système de caste est beaucoup plus flexible que celui en Inde.  Mais, une loi reste immuable: si une fille de caste inférieure marie un homme de caste supérieure, alors change de caste et monte dans la hiérarchie de son mari.  Si un homme de caste inférieure marie une femme de caste supérieure, celle-ci descend dans la hiérarchie de son mari. C'est un peu comme nos autochtones.  Un "indien" marie une blanche au Québec, il peut vivre à l'extérieur de la réserve  et il garde tous ses droits.  Pas pour l'indienne qui marie un blanc.  Elle perd ses droits du moment qu'elle quitte sa réserve.

Comme l'écrit une blogueuse, dès le 8e siècle, on retrouve les premières traces d'une "indianisation" de Bali. Puis, quand les souverains indonésiens se convertirent à l'Islam, une bonne partie des fidèles de la religion hindoue se réfugia à Bali où elle conserva intactes ses croyances. Voilà pourquoi, aujourd'hui encore, 93% des Balinais sont hindous; il n'en reste que quelques petits groupes de musulmans, de protestants, de catholiques et de bouddhistes. La capitale de Bali, Denpasar, offre un témoignage parfait de la tolérance: les temples, les églises et les mosquées ont été construits les uns à côté des autres.

Naturellement, notre journée débute de travers.  Nous resterons 3h00 dans ce local où chacun espère passer rapidement.  Parfois, des agents de voyage repartent avec une pile de dossiers en demande d'extension.  Nous, c'est seulement deux!  Rien à faire.  Madi a beau insister, il nous faut attendre.  À suivre.  Je peux vous dire que Pascal fait "du sang de cochon".  Malheureusement, je ne partage pas cette peur.  Je pense que les 7 jours obligatoires pour obtenir cette extension nous permettra de rester jusqu'à la fin de nos vacances.

Il est déjà temps de remonter dîner dans le nord où se trouvent la plupart de nos excursions de la journée.  C'est un buffet pris dans un village: Pacung.  Des asiatiques occupent les tables ainsi que des russes.  C'est bon mais pas comme avant hier où le buffet était excellent.

Nous partons pour Bedugul.   Dû au climat frais, cette zone est utilisée par les balinais pour planter des légumes et des céréales.

Temple Pura Ulun Danu Bratan (Bedugul)

Selon mon amie Denise Jodoin, ce temple situé au bord du lac Bratan où un meru de 11 étages domine le temple Pura Ulun Danu Bratan fondé au 17e siècle et dédié à la déesse du lac, Dewi Danu est une des plus choses qu'elle ait vu durant ses multiples voyages.  J'aurai des photos demain car il me faut apprendre comment brancher mes appareils vu que c'est avec la tablette Samsung que je capte ces beautés.

Sous un certain angle, le regard peut porter à la fois sur le temple hindouiste de Bratan, sur un stupa bouddhiste et sur le dôme d'une mosquée, illustrant une spécificité balinaise, celle d'une coexistence multi-religieuse pacifique.

Le fameux marché du coin.  Je ne peux en parler car tout ce que j'en ai vu, c'est l'achat que j'y ait fait.  J'avais vu à Tabo Cottages, des plats recouverts de moustiquaires pour les plats servis à l'extérieur.  Je les ai enfin trouvés à ce fameux marché.  Pascal voulait s'asseoir dans l'auto et m'attendre.  Pas question, nous repartons, car  mes achats sont terminés dans cette région.  Il me reste encore Flores et Lomboc après tout! L'histoire du marché ne s'arrête pas ici mon beau Pascal!

 Je ne peux parler non plus du Jardin Botanique car c'est la saison hivernale et toute la nature est endormie.  Seuls le cactus méritent notre attention.  En plus, cette première journée de pluie depuis le début de notre voyage, ralentie nos ardeurs de déambuler à l'extérieur.

On se dirige ensuite vers la région rurale de Jatiluwith – qui signifie en balinais « très merveilleux » où nous profitons des superbes vues (une des plus belles de l’île) et des rizières en terrasses.  Je reste assise dans la vannette alors que Pascal sort avec Serinata, sous un petit crachin ennuyant.  Je prends de superbes photos sans avoir à me déplacer.  Je  vois bien que mon homme ne veut pas être pris en photo car je refuse de sortir me faire mouiller.  Il est jalouxxxx de mon comfort.  Lorsqu'il revient, je lui montre mes superbes photos.  Nous finissons par en rire.  Ces rizières sont inscrites sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO, non seulement pour leur beauté, mais aussi pour tous les rites religieux et les pratiques culturelles de ceux qui les exploitent.

Bali est caractérisée par une végétation luxuriante et des paysages verdoyants, par des rivages séduisants, par les vestiges imposants de son histoire, par le charme de ses traditions et rituels qui marquent la vie de chaque Balinais, ainsi que par la sérénité et la paix qu'on trouve chez eux. Le sens du sacré, une gentillesse spontanée, une nature d'une richesse exceptionnelle, une flore exubérante, des paysages qui reflètent la douceur de vivre, tout cet ensemble fait de l'île un lieu enchanteur et extrêmement fascinant.  Tout a été dit! On la nomme "L'Île des Dieux" et hier, j'ai appris qu'on la nomme aussi "L'Île de l'Amour".  Vive la Saint-Valentin en avance!

Je suis témoin que les gens passent leur vie de paysans à retourner la terre, creuser, couper du bois, planter, repiquer, ramasser, faire pousser du riz, des haricots, du café, du cacao et des bananes, cultivant la moindre parcelle de terre, faisant pousser du riz jusque près de leurs habitations.

Pour ce qui est du temple de Tanah Lot, après avoir posé la question à notre guide, j'apprends que nous le visiterons lors de notre retour à Jambaran, après avoir visiter Flores.  Super! Nous aurons le même guide et le même chauffeur.

Bonne nuit car il nous faut se lever à 03h30 pour prendre notre avion à Denpasar qui est à au moins 3/4 d'heure de route. Bizzzzz

 

Visite de Tanah Lot : un des temples le plus fameux et charismatique de l’île posé sur un ilot rocheux.

10 février – mardi – Sebatu, Kintamani, Besakih, Bali - Suara Air Villa

Déjà 3 semaines de passées...aujourd’hui

Nous sommes à Suara Air Villa pour 5 nuits et 4 jours.  Notre guide Serinata parle un français que nous pouvons comprendre mais souvent, il ne semble pas comprendre ce que nous lui disons.  Il nous faut articuler énormément et répéter souvent.  Notre chauffeur est Santa comme Santa Claus (Père Noël). L’homme de service, Wagan Dona, s’occupe de la navette qui nous conduit sur demande à Ubud.  Nous sortons pour souper et faire nos petites « commissions ». Ce magnifique hôtel offre un service gratuit de navette n'importe quel moment de la journée. Avec préavis de seulement 10 minutes, nous pouvons nous faire déposer dans la ville et vous revenons de la même façon.

Nous soupons à un petit resto appelé « warung lokal ».  Le proprio est aussi le cuisinier et lorsqu’il vient me dire qu’il n’a pas de fish, je comprends qu’il n’a pas de « pénis »… Bon!

Un couple de Québécois rencontré un peu plus tôt, vient s’asseoir à notre table.  Il voyage « aventure » dans des « Cafés couettes ».  Gisèle et Maurice voyagent ensemble depuis 2011.  Ils partent 4 mois et décident en chemin, où ils iront, au jour le jour.  Ils sont dans cette région-ci depuis 3 semaines, car ils aiment beaucoup les gens, l’atmosphère et la bonne bouffe pour vraiment pas cher.  Il ne nous en a coûté moins de 10$ pour nous deux : poulet frit frais pour Pascal et moi une assiette de légumes, une petite bière et un Sprite.  Nous pigeons un peu dans l’assiette de l’autre afin d’équilibrer notre repas.

Pascal leur a laissé son adresse mitan.ca afin qu’ils puissent suivre notre voyage et prendre l’info pour leur prochaine destination en Indonésie.  Ils semblent vouloir se rendre à Sumatra et peut-être à Sulawesi.  Gisèle a pris quelques notes.  Étrangement, elle aussi a vécu ce que je vis, au niveau de ma gorge.  Elle, s’était d’avoir trop chanté.  Moi, sans doute de trop parler.  Elle ne parlait plus du tout.  Elle a été en orthophonie pendant 3 mois et tout s’est replacé.  Il fallait faire des exercices vocaux pour raffermir certains muscles de la gorge ainsi que ses cordes vocales. Ils sont vraiment intéressants.

Coq à l’âne

  • Pascal remarque l’absence de besak à Bali.
  • Avant-hier, à l’aéroport, une dizaine de papis sportifs Australiens équipés de leur planche à surf échangeaient des blagues au sujet de leur performance future. Beaucoup d’Australiens viennent au sud de Bali uniquement pour surfer sur les vagues de l’Océan Indien.  Il faut ajouter que Bali est bien renommée pour ceux qui aiment faire la fête, et comme dit la chanson, le soleil et la mer…
  • Le tourisme est la principale source de revenu de l’Île de Bali suivie de prêt par l’agriculture.

J’ai bien peur, en lisant le blogue de Pascal, qu’il verra plus de déesses en pierre que vivantes. L’avantage sera qu’elles seront nues, alors il pourra s’en mettre plein la vue ce pauvre pépé chéri.

Notre départ pour la journée a été un peu retardé car nous avons rencontré le responsable d’obtenir l’extension pour nos visas. J’espère que nos photos certifiées au Québec empêcheront de nous rendre à Denpasar pour d’autre photos. À suivre.  En attendant son arrivée qui fut retardée par la circulation, Serinata enseigne à Pascal comment se compose la grammaire indonésienne.  Il vous en parlera sans doute.  Ensuite, Pascal me l’explique.  Elle n’est vraiment pas compliquée comparé au français.

Notre départ de l’hôtel se fait donc à 09h30 au lieu de 08h30.  Nous sommes en vacances après tout.  Nous arrêtons à Tegallalang où Serinata nous explique les rizières étagées où d’autres groupes courent pour prendre des photos : beaucoup de chinois, coréens, indonésiens des autres îles, des russes et des hongrois et quelques québécois ! Le riz balinais possède un grain plus long ce qui donne que deux récoltes par année, comparé à d’autres riz produisent trois récoltes.

La route nous fait passer par d’autres merveilleux champs de rizières en terrasses avant d’arriver à Sebatu où nous visitons le Temple de la source sacrée, lieu de purification pour les Balinais. Je passe toute l’histoire reçue pour résumer que ce temple est divisé en trois parties : la salle de réunion ou de badmington (oui, oui), la cloche et les endroits de prières ou de méditations où les touristes sont interdits, s’ils ne sont pas là pour prier. Le temple est construit selon les points cardinaux, les couleurs et les dieux et déesses hindoues.

Nous continuons visiter un genre de jardin d’éden, le Cantik, où sont concentrées les différentes cultures du pays balinais, où poussent le café Arabica, la cacao, la citronnelle, le tamarillo (petite tomate verte), le gingembre sauvage, le gingembre, le clou de girofle, la cannelle, cajeput, le manioc, le salak, le ginseng (oui messieurs), la vanille, et la fameuse civette.

Le Kopi Luwak est un café de luxe, à base d’excréments d'animal, le plus cher au monde.  Ses grains sont passés par le système digestif d’un petit animal originaire d’indonésie, la civette asiatique. Voici un lien ci-dessous qui vous permettra d’aller lire un peu plus sur ce sujet.

Nous dégustons 11 thés et cafés et cacao dont le fameux Kopi Luwak à 5$ la tasse.  Nous avons bien aimé.  C’est un café très fort mais doux en même temps dans le sens, sans amertume. Nous avons acheté le thé au gingembre et l’autre à la citronnelle.  Nous avons jasé avec un suédois marié à une coréenne.  Super sympathiques tous les deux avec Ted qui ne voulait rien savoir de manger.

Notre chauffeur fut vérifié deux fois par la police pour s’assurer qu’il a bien un permis et qu’il est accrédité comme chauffeur pour touristes.

En route, nous arrêtons avant d’arriver à Kintamani, village de montagne à 1 400 mètres d’altitudes au-dessus du niveau de la mer.  D’ici, nous pouvons apprécier la spectaculaire vue du volcan Batur (1 717 m) encore en activité, et du lac Batur.  Serinata prend quelques photos de nous deux.  Hyper gentil notre guide.  Le sommet du volcan symbolise la montagne sacrée,  l’harmonie et la prospérité.  La purification commence par l’eau de la montagne qui descend et nettoie tout sur son passage.  La dualité qui devient la complémentarité est très présente dans la croyance hindoue et bouddhiste, car les deux subsistent, côte à côte, ici aussi.

Lorsque Serinata dit : « l’essence », je suis un peu perdue, car dans la phrase, ça n’a pas de sens.  Il disait en faite : les singes.

Ensuite, nous visitons Besakih, le temple le plus important de Bali, bâti sur le flanc du Mont Agung (3 142 m), la montagne la plus haute de l’île.

Les offrandes font parties du quotidien balinais.  On peut remarquer sur les trottoirs,

Ces petits paniers en feuille de palmier qui contiennent toutes sortes de choses : des grains de riz, des biscuits, des cigarettes, souvent des fleurs, de l’encens… C’est même un exercice que d’éviter de les piétiner car ils imposent le respect.

Le volcan: mystique, majestueux, vital.

En visitant l’île de Bali, on ne peut manquer d’être impressionné par l’immensité du volcan Agung qui culmine à 3 142 mètres d’altitude. On est aussi frappé par l’intensité de l’attachement qu’ont les balinais pour leur montagne, qui évoquent son énergie, son esprit, ses vertus apaisantes et y effectuent des pèlerinages fréquemment, comme le mentionne si bien Nadia Fournier effectuant un voyage en Espagne.

Ils ont raison, car sans les volcans, l’Indonésie aurait une allure bien différente. Le volcan, avec son auguste stature, donne naissance à une foule de formations météorologiques, dont certaines incidences capitales pour la survie de l’agriculture sur les différentes îles. Les vents soufflent formant des nuages chargés de vapeur d’eau.  Lorsqu’ils se heurtent à la crête du volcan, les vapeurs se refroidissent, se condensent et se précipitent, le plus souvent sous forme de pluie, d’où les ondées journalières vécues à Sulawesi.  Nous bénissions les dieux de cette pluie qui apportait une fraîcheur à la nuit.

Dîner à Mahagiri où le panorama est à couper le souffle.  Le buffet satisfait mon estomac affamé car nous avons déjeuner à 07h00 ce matin et il est déjà 14h15.  Une jeune hongroise, Greta, s’adresse à nous en français. En partant, j’échappe ma caméra sur la céramique. Elle ne fonctionne plus! La tablette Samsung IV va prendre la relève pour la prochaine journée de visites à Bali, dans deux jours. en route vers Jimbaran.

Ensuite, destination à Klungkung, ancienne capitale (1740 – 1908) où nous visitons le Palais de justice (kertagosa) et la pavillon flottant (Bale Kambang).  Maurice nous salue et il va chercher Gisèle qui arrive avec un sourire magnifique.  Nous échangeons un peu avant de continuer, car nous sommes en retard sur notre itinéraire.  On se salue et nous espérons les rencontrer à nouveau.

Ce Palais Kertha Gosa (Taman Kertha Gosa) est un vestige précolonial de Bali. Ce vaste palais carré, probablement inspiré d'un mandala, comprenait des cours, des jardins, des pavillons et des douves. La majeure partie du palais et des dépendances fut détruite lors de l'attaque néerlandaise le 28 avril 1908.

Deux bâtiments importants sont conservés : la salle de justice, pavillon ouvert, qui faisait office de cour suprême du royaume de Klungkung, et le pavillon flottant que nous venons de visiter.

Nous terminons par la visite de Goa Gaiah (la grotte des éléphants) dont le temple à l’intérieur est un des plus visités et vénérés de Bali.  C’est un temple construit au XIe siècle, il a d'abord été consacré au culte bouddhiste avant d'être transformé en sanctuaire hindouiste. Ce dernier fut détruit lors du dernier tremblement de terre.

Wikipédia dit : « La façade de la grotte est une sculpture de diverses créatures et de démons menaçants. La gueule d'un monstre sert d'entrée à la grotte. Le couloir de 13 m de longueur mène à un carrefour en T. D'un côté on observe une statue (1 m de haut) de Ganesh, dieu de la sagesse, de l’intelligence, de l’éducation et de la prudence, le patron des écoles et des travailleurs du savoir ; de l'autre côté, trois statuettes représentent des lingams de Shiva.

À proximité, des bains rectangulaires sont restés enfouis jusque dans les années 1950. Ils sont divisés en deux parties, chacune décorée de trois statues de femmes portant un vase au niveau du ventre, d'où sort l'eau qui les alimente. Ces bains dateraient du XIe siècle. Le site est mentionné dans le Nagarakertagama, poème épique javanais écrit en 1365. Patrimoine de l’UNESCO depuis 1995.

Voilà ce qui termine notre journée sous un soleil d’une trentaine de degrés centigrades.  Il fait chaud !

En arrivant à la « maison », vite nous sautons dans la piscine afin de nous rafraîchir un peu.  Souper de fruits : mangoustan, salak, kiwi jaune sucré (rien à voir avec ceux que nous connaissons au Québec), rambutan, clémentines et quelques noix de macadam que j’aime, tout comme mes filles les aiment aussi.

Je tombe de sommeil ! xxx

 

 

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6 février 2015 – Vendredi - Sulawesi

Notre dernière journée dans la région.  C’est incroyable comment je peux m’adapter rapidement.  Je me sens déjà un peu « chez-moi » à l’Hôtel Misiliana.

Nos découvertes commencent par une grotte funéraire.  Je peux vous dire, que si je m’étais écoutée, je serais resté au lit à lire la fin du roman de Marquez « L’amour aux temps du choléra ». Je n’ose m’en ouvrir à Pascal car je sais que ça l’inquiéterait.  Je me prépare comme d’habitude et nous partons après avoir terminé notre petit déjeuner habituel.

Je le lui dis, une fois partis.  Lui aussi se questionne à savoir, serons-nous heureux de cette expédition.  Sans nous en rendre compte, nous avons des attentes et des idées préconçues en ce qui a trait à ces fameuses niches et grottes funéraires.  Que peut bien avoir celle-là qui mérite le détour?

Le soleil varie son horaire pour l’heure de son apparition, mais il est au rendez-vous à chaque matin, sauf hier, il se cachait souvent derrières les nuages, au plus grand bonheur de Pascal. Ce matin, à 06h00, il fait encore noir, mais le concert matinal est débuté : les grillons se taisent pour laisser les oiseaux débuter leur concert.  S’ajoute alors le chant du coq qui désire vraiment qu’on l’entende, car il se reprend pendant une bonne demi-heure.  Ensuite, s’insèrent des sons inconnus à mes oreilles mais qui demeurent très harmonieux avec les autres notes naturelles.  Ce sont sans doute des animaux qui se réveillent aussi.  Les chiens ne jappent que le soir pendant une heure.  Je pense qu’ils reviennent chez-eux et reprennent possession de leur territoire en l’annonçant à qui veut bien les entendre.

Nous cahotons jusqu’à Tempangallo où une vieille dame accueille Risal (pas Richard) en lui demandant des sous.  Il semble surpris mais il lui remet des rupiahs.  Trois enfants arrivent en courant pour quêter. J’ai ma caméra en main qui est devenue l’extension de ma main droite. Clic ! une photo !

 

Nous descendons près d’une rizière où un homme laboure son champs de riz avec un tracteur manuel muni de deux immenses roues métalliques qui permettent de rouler dans la boue et une herse centrale qui l’envoie derrière pour être déchiquetée par un autre système de roue.  De jeunes ouvriers travaillent avec un homme plus âgé à terminer l’enveloppement d’un mur à fin décorative.  Ils ne sont pas très souriants ce matin !

Comme le suggère notre itinéraire, suit un trekking en passant par une petite rizière près d’une forêt de bambou qui nous conduit voir des tombes de pierre et l’ancienne Erong.  Cette grotte éclairée de la lumière du matin est tout simplement magnifique.  Tout ce que nous avons pu regarder et apprendre dans les derniers jours se trouvent ici, dans cette grotte.  Une chance que je suis venue.  Une fois acceptée cette manière de faire des Toraja envers leurs morts, je dirais que ces cercueils suspendus ressemblent à des nids pour garder les corps des défunts dans leur « maison sans fumée ».  Une paix règne dans cette grotte naturelle.  Une prière monte à mes lèvres pour exprimer ma reconnaissance d’apprendre de leurs coutumes qui me paraissaient si barbares au début, pour en venir à ressentir cette paix qui pénètre jusque dans mes os.

À notre retour, les enfants demandent à nouveau de l’argent.  Risal semble leur dire quelque chose qui les saisit, car plus un mot ne sort de leur bouche.  Ils repartent même un peu piteux.  Sans doute leur dire que quêter n’est pas une solution !

En admirant le buffle bien allongé dans la rizière, je me dis qu’après tout, la vie de buffle d’eau en est une de luxe et de pacha.  Il broute toute la journée, regarde ce qui se passe alentour, se repose, mâche, rumine et recommence ainsi, toute la journée.  Des aigrettes, des canards ou des oies, et parfois les trois en même temps, lui tiennent compagnie le temps de se nourrir à leur tour.  Et puis, être égorgé, lorsque tu ne le sais pas, c’est rapide et ne dure que quelques minutes ! Il peut admirer, ce matin, les nuages blancs floconneux qui s’enlignent en une rangée unique pour nous annoncer la venue éventuelle des autres nuages plus foncés vers 13h00 et qu’il pleuvra sans doute vers 15h00, et ce, pendant une bonne heure.

Le grenier à riz, construit tout près de la maison, sert encore souvent, mais parfois, pas du tout.  Il représente le statut social de la famille.

Aujourd’hui, découverte de la cuisine locale Toraja. Quelqu’un de l’agence est allé au marché pour acheter les ingrédients nécessaires pour mon cours de cuisine avec une famille locale.  Ce village n’est pas visité par des touristes.

À notre arrivée, notre guide fait les présentations de la famille locale Bughi : la maman à qui appartient la maison, sa fille (cuisinière) et son dernier enfant. Elles nous accueillent chaleureusement par des sourires soulignés de mots Toraja.

Le but de cette rencontre est pour moi d’apprendre comment préparer et cuisiner la nourriture traditionnelle Toraja.  Pendant 2h00, Lyna, Risal et moi alternons dans la préparation des mets : « papiong » au poulet, du pamarasan au porc, des légumes qui les accompagneront, ainsi que des riz rouge et noir préparés par la maman, ainsi que le dessert.

Risal aide au début afin de m’expliquer comment on fait pour couper le jeune tronc de bananier qui sent le concombre.  C’est lui aussi qui pile l’ail au mortier, ainsi que le gingembre et l’échalote française.

La gastronomie de la région Toraja est différente de celle de l’Indonésie. La cuisine Toraja est connue pour le Papiong qui est du riz cuit avec du lait de coco dans une feuille de bananier et insérée dans du bambou et mise à cuire très lentement sur le feu alimenté d’écorces de coco séché.  C’est délicieux !  Les papiongs peuvent être du riz blanc ou rouge ou le mixe des deux.  On peut également trouver de la viande de poulet ou de porc avec des légumes cuits de la même façon.

Lyna le prépare avec des tranches fines provenant du tronc d’un jeune bananier, des épices, du poulet, plein de bons légumes, ail, gingembre, citronnelle et une base de poulet en sachet.  C’est la tourtière Toraja.  Ensuite, elle remplie avec Risal, deux pièces de bambou dont le dessus est fermé avec des feuilles de concombre. À deux reprises, il lui a fallu les enfoncer à nouveau, car la vapeur les soulève. On peut aller voir la recette internet sous le nom de « papiong ». J’ai quand même notée celle de Lyna.

Et le Pamarasan est cuisiné avec le fruit Pangi.  C’est un ragoût composé ici de morceaux de porc frit, légumes et épices.  Et la viande devient noire à cause du fruit Pangi.  Dans la cuisine Toraja, il est possible de trouver trois types de riz : rouge, blanc et noir. Ce midi, nous avons la chance de goûter au rouge et au noir.

Rashni est le maître du feu et de la cuisson des deux tronçons de bambou.  Ici, il chauffe le feu avec du bambou séché. Il les tourne en prenant deux feuilles dans les arbres tout proche, les tourne de quelques degrés, et ainsi de suite, tout le long de la cuisson qui dure environ 30 à 40 minutes.  Ce qui fait dire que le met est prêt, c’est la couleur du bambou.  Lorsqu’il devient presque calciné en son milieu extérieur, Rashni perce la base des deux bambous en les piquant avec le bout d’un énorme couteau à lame allongée.  Un autre 10 minutes, et le tout est près.  Il épluche donc les deux tronçons, en retirant la couche noire calcinée, et ce, en en faisant le tour au complet.  Ainsi, il évite de se salir les mains en l’ouvrant.  Ses feuilles d’arbre lui servent aussi à le tenir par le haut, tirer une languette de bambou d’où la vapeur très chaude s’échappe.  Tout est bien cuit et ça sent drôlement bon.

Lyna et moi avons aussi préparé des haricots dont on enlève la fibre centrale en tirant à partir de la queue du haricot vert.  Toute qu’une job ma Lyna !  En pays Toraja, on fait comme les Toraja ! Tirons, équeutons et coupons en tronçons, ces beaux haricots verts frais. Ensuite, nous tranchons des carottes aussi fines qu’une allumette, comme les aime mes deux amies Francine et moi.

Nous dégustons ces mets locaux avec la famille, Risal, Rashni, et trois des cinq enfants de Lyna âgée de 45 ans.  Nous mangeons dans le Lumbung ou Alang Alang (endroit où les familles locales mangent habituellement) qui nous préserve du soleil. Avec ces préparations, nous avons mangé 5 adultes et trois enfants et il en reste encore pour un autre repas pour autant de convives.

Et pour dessert, des coupes de fruits frais : tamarella et fruits de la passion mélangés avec un peu de canne à sucre.  Vraiment délicieux !

Il y a plein de patates douces tout autour de nous.  Il ne suffit que de quelques patates plantées qui donneront, en se répandant par des rhizomes, un champ de patates.  Les feuilles nourrissent les cochons. Des poules entourées de leurs petits se promènent en leur montrant comment se nourrir ou s’enfuir lorsque nous approchons.

J’ai la réponse à ma question au niveau du corps du  mort qui peut rester dans la maison pendant plusieurs semaines.  Dans les temps anciens, le corps du mort était enveloppé dans des écorces de bois, des herbes et du vinaigre. Mais après quelque temps, ça sentait beaucoup, pendant des semaines.  Aujourd’hui, il se serve du « formol » pour le conserver.  Ça veut dire que la famille vit avec le mort dans son lit jusqu’à ses funérailles. Ouf !

Dans le village de notre guide, un mort est encore allongé dans son cercueil depuis 15 ans, au sein de la maison familiale.  Notre guide habite un îlot de 4 maisons Bughi au sein de sa belle-famille.  Sa mère est décédée l’an passé et ses funérailles eurent lieu tout de suite après son décès.  Sa sœur habite Célèbes et 2 de ses frères habitent Papoua (Papouasie). Son veuf de père préfère rester dans son village d’origine plutôt que de venir vivre en ville chez son fils. En 2008, sa grand-mère maternelle est décédée et son corps est resté 5 mois dans la maison avant d’avoir des funérailles.

A notre retour, Pascal demande de nous arrêter pour acheter des ramboutans et des bananes pour souper ce soir à notre cottage.  Nous aimons bien cette formule et on s’en porte que mieux.

Une autre journée de découverte terminée.  Nous rentrons et je ferai ma valise pour partir tôt demain matin : 08h00.

Selamat siang! Bonne journée ma famille et mes amis(e) xxx

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26 janvier 2015 - Lundi - Berastagi - Île de Samosir (Sumatra) - Tabo Cottages

Notre hôtel est vieux et été mal entretenu. Rien à comparer à ce que nous avons eu à date. Mais c’est bien pour une nuit. Une piscine orne le décor. Malgré son âge, il garde un certain style colonial charmant.

Il y a certaines règles à suivre en venant en Indonésie, et j’en ai transgressé une hier, en remettant un pourboire de la main gauche au porteur de valises à Bukit.

Un petit résumé de ces règles élémentaires :
o Ne tendez jamais la main gauche : rappelez-vous qu'elle est considérée comme impure. Utilisez les deux mains pour tendre quelque chose à une personne âgée, en signe de respect.
o Évitez de parler avec les mains posées sur les hanches, geste équivalant à une expression de mépris, de colère ou d'agressivité dans la danse traditionnelle. Oupssss!!!!!
o Veillez toujours à vous vêtir décemment : décolletés pour les femmes et shorts pour les hommes sont jugés incorrects ou vulgaires. Chacun son trip!
o Certaines questions vous paraîtront peut-être indiscrètes, irritantes, voire totalement déplacées :
o dari mana? ("d'où venez-vous ?")
o sudah kawin ? ("êtes-vous marié ?")
o mau kemana ? ("où allez-vous ?")...
o Aux yeux des Indonésiens, ce sont des marques de politesse et d'intérêt. Vous n'avez nul besoin d'y répondre systématiquement, mais vous pouvez les poser à votre tour à votre interlocuteur pour lui manifester votre sympathie.
o Enfin, sachez que vous serez immanquablement dévisagé ou même touché en signe d'amitié, quoique seuls les contacts physiques entre membres du même sexe soient tolérés.

Terminée le rappel des us et coutumes du coin. Revenons au peuple Batak.

Nous continuons notre périple dans les terres de la tribu Karo. Rizières, clous de girofle, gingembre, palmiers ornent le décor naturel de cette région prolifique.

La région a vécu au fil des immigrations successives de peuples différents, ce qui a créé un paysage multiculturel qui ne s’est jamais homogénéisé. Parmi les communautés, on trouve des Chinois, des Javanais, des communautés de Toba-Batak, Minangkabau, Mandailing Batak, Karo batak, des Indiens du sud et du nord et plusieurs ethnies plus minoritaires. Cette richesse ethnique nous permet de découvrir autant de cultures que de cuisines variées au fil des rues. A tout moment de la journée, il est possible de succomber aux spécialités vendues dans les échoppes qui encombrent les rues. Toutes ont leurs saveurs, leurs couleurs et leurs parfums, et toutes sont à tester. La région est par ailleurs réputée en Indonésie pour son tourisme gastronomique car on y trouve de tout partout. De la cuisine javanaise au porc grillé de Batak en passant par les Padang, les nouilles chinoises et la cuisine indienne, comment résister à l’appel constant de ces délices exotiques ? Ce paysage diversifié dans lequel toutes les communautés semblent vivre en harmonie en suivant leurs propres traditions est une caractéristique de Sumatra, véritable vitrine culturelle asiatique. Cette article prise au hasard de mes lectures sur Internet, résume bien la région et ce que nous y apprenons.

Située dans les collines, la ville de Brastagi est la région où habitent des tribus de Karo Bataks qui vivent dans de très vastes maisons, construites sur d'énormes pilotis et abritant au moins huit familles du même clan.

Efendy nous explique comment le travail de chacun est inter relié l’un à l’autre pour vivre en harmonie, tous ensembles : cuisine, entretien et revenus monétaires qui souvent sont du troc plutôt qu’en salaire.

Estimés à 6 230 000 personnes (1991), les Batak, qui vivent dans l'île de Sumatra, se divisent en plusieurs groupes : les Angkola, les Nandheling (ou Mandailing, qui sont des clans malaïcisés), les Karo, les Toba, les Timor (ou Simalungun), les Dairi et les Alas-Kluet.

Chaque clan a chacun un ancêtre commun masculin ce qui donne lieu à un chef par clan de 8 familles qui agit en toute autorité sur l’ensemble de la maison commune.

Les villages, sans défense naturelle, s'entouraient d'un rempart de terre d'une largeur de cinq à dix mètres planté d'une haie impénétrable de bambous épineux ; des portes massives sculptées en fermaient l'accès. La maison batak, entièrement édifiée en bois, est établie sur pilotis et couverte d'un toit à forte pente. Les Batak cultivent du riz et des pommes de terre, cette dernière récolte étant destinée à l'exportation ; ils élèvent des buffles et des chevaux. En matière d'artisanat, le tissage et la teinture sont encore en honneur, mais le travail des armes, des bijoux, ainsi que la sculpture sur bois tendent à disparaître.

Effendy nous explique que ce peuple souligne, par des rituels, différents passages de la naissance à la mort : la naissance, à 3 mois la première sortie officielle, à 7 mois la première coupe de cheveux par l’oncle paternel, à l’adolescence lorsque le jeune homme est envoyé vivre dans une maison juste à côté de la maison familiale afin de le séparer des filles, le mariage et enfin la mort.

La différence physique entre les Bataks et les Toranga que nous visiteront bientôt se trouve au niveau du faciès. Les joues sont plus prédominantes et le front est plus large chez les Toranga.

En route, il nous parle de la philantrophie de la compagnie Danone dans la région de l’huile de palme. Danone a obtenu la permission d’opérer une source d’eau naturelle pour embouteiller l’eau de marque Aqua. Ce qui leur rapporte beaucoup de sous. En retour, il donne à l’église sous forme de participation monétaire pour la rénovation ou autres travaux nécessaires à les garder belles et fonctionnelles. C’est le principe du GSR (General social responsability). Répartir (pas tout à fait également) les revenus dans la société en passant par l’église. Bon! Est-ce que ça vous rappelle des souvenirs?

Des immenses cornes de buffle remplacent la croix chrétienne, car ici, toutes les religions sont respectées. Ces cornes proviennent du style animiste des ancêtres Batak qui pouvaient être assez sanguinaires dans des situations de conflits. On retrouve les cornes sur les pointes des toitures de la maison Batak. C’est l’assistance de Dieu a chassé les mauvais esprits. Je pense que les Capucins et les Jésuites ont soit échoués leur évangélisation ou soit ils ont tirés des leçons à ne pas aller trop loin dans leur croyance.

Je termine l’histoire des Bataks en disant que lorsqu’un Batak rencontre un autre Batak, il lui demande son numéro de clan numérologique. S’il ne le sait pas, c’est un imposteur. Même si un Batak émigre dans un autre pays, il garde sa terre afin de prouver ses racines à ses descendants de manière concrète. Ainsi, ses origines sont protégées. Souvent, il réfèrera à son terrain en disant près du volcan, tel nom, près de la rizière du voisin Monsieur Untel, ainsi de suite. Il y a une référence de racine à ne jamais perdre afin de respecter les chefs qui ont travaillé dur pour conserver cet héritage qui s’étale sur des siècles de propriété. Ça me rappelle les livres que j’ai lu : « Les enfants de la terre » qui m’ont tellement fascinés, que je me suis prénommée Ayla pendant 15 jours.

Je laisse à Pascal vous faire le récit de notre rencontre de 5 femmes et un vieil homme magnifiques qui habitent une maison regroupant 8 familles, mais elles ne sont pas du même clan, car ces familles louent l’espace dans ce petit village Dokan Karo.

Changeant de propos, le fruit rambutan est délicieux. Il fait partie de la famille des litchis. Il porte une chevelure rouge magnifique. Nous en avons mangé en nous rendant à la chûte Sipiso Piso. Je la coterais 2 sur 5. Rien à voir avec nos chutes Niagara. Elle ressemble aux Chutes Montmorency en plus haut.

Nous avons aussi visité le palais des sultans dont le dernier fut assassiné par le peuple lors de la révolution, afin d’obtenir leur indépendance le 17 août 1945, lors de la fin de la 2e guerre mondiale. Je pourrais vous dire que le 12e sultan fut celui qui a eut le plus grand nombre de femmes, que le dernier n’en avait qu’une, qu’on sonnait la cloche un coup pour annoncer la naissance d’un garçon et deux coups pour une fille.

Nous habitons un site paradisiaque à Toba sur l’Île Samosir. Une jeune allemande mariée à un Batak a construit un coin de paradis au bord du lac Toba, qui est en fait, un cratère de volcan éteint.

J’en parlerai demain. J’entends les enfants dans la piscine qui donne sur le lac. Une fois dans l’eau, on ne peut distinguer le ciel de l’eau du lac.

Selamat Tidur! xxx

23 janvier 2015 - vendredi à l'Hôtel FM7 à Medan, Sumatra

Ce matin, un petit clin d'oeil du Québec. Au FM7, sur notre chemin vers la réception, des sièges coquilles ornent une pièce. Ils sont semblables à ceux de l'émission "C'est juste de la télé" où la journaliste regarde une émission afin de donner son opinion.

Nous quittons l'île de Java qui ressemble, vue d'en haut, à une passoire dont les filets sont composés de rizières qui longent même la piste d'atterrissage.

Nous sommes en route vers Medan (Sumatra) par un départ vers 10h40 afin d'atterrir à Kusianamu (nouvel aéroport ouvert depuis seulement un an) avec la compagnie aérienne Garuda (monture de Vishnu dans l'hindouisme).

La route étroite qui nous relie à l'aéroport sur laquelle deux voitures seulement peuvent trouver place, laisse s'insérer les motos qui semblent plus pressées à se rendre à destination.

Ce matin, je me demande encore, si ce sont des dauphins ou autres mammifères marins que j'ai vu au large des côtes de Java?

Le soleil vient de se coucher sur Medan. Je suis fourbue et le décalage horaire joue encore un peu sur mon désir de sommeil.

Par où commencer? Quelle journée remplie d'une multitude de visages, de sons, d'odeur d'épices, de rires d'enfants et de klaxons d'impatience de la part des chauffeurs indonésiens. Mais quelle sensation merveilleuse de dépaysement total. J'aime l'Asie dans ses différences.

Je m'endors trop! Après un repas de diversités culinaires au Kitchen de notre hôtel, je me couche en espérant avoir le temps de repasser ma journée dans ma tête et dans mon coeur. J'ai bien peur de ne pas réussir cet exploit!

Sumatra! Juste un peu d'info sur cette île d'Indonésie. 40 millions d'habitants, d'une longueur de 1800 km et largeur de 400 km, la plus grande ville: Medan (environ 2 millions d’habitants) où nous couchons ce soir.

Sumatra est l’une des quatre îles de la Sonde, avec Java, Sulawesi et Bornéo. La majorité des habitants de Sumatra sont musulmans (90%). Les Batak sont chrétiens protestants et le reste du peuple est partagé entre l'hindouisme, le bouddhisme, le catholicisme, et la croyance traditionnelle chinoise.

Du côté température, Sumatra est située au nord de Java sur l'Équateur. Elle est la sixième plus grande île au monde, avec ses 443 065 km², et la troisième de l'archipel indonésien.

Nous avons pu constater que son architecture évoque l'art islamique et l'époque coloniale à la fois, confirmé par Effendy, notre guide originaire de la région de Toba. Ses origines sont Batak, donc il est autochtone indonésien.

L'île est formée d'une longue chaîne de montagnes, parmi lesquelles un grand nombre sont des volcans. Il y en a 90, dont une quinzaine sont encore en activité.
Fidèle à la tradition de pluralité ethnique indonésienne, Sumatra rassemble une mosaïque de peuples : des musulmans fervents d'Aceh aux Batak chrétiens, peuple d’anciens chasseurs de tête et cannibales en passant par la société musulmane matrilinéaire (La famille matrilinéaire est un système de filiation dans lequel chacun relève du lignage de sa mère. Cela signifie que la transmission, par héritage, de la propriété, des noms de famille et titres passe par le lignage féminin) des Minangkabau de Padang et de Bukittinggi, ainsi que les populations indigènes de l'île de Nias et des îles Mentawai qui coexistent la plupart du temps en bonne intelligence, unis par un même amour et une même crainte de leur terre farouche.

Les éruptions volcaniques, tremblements de terre, inondations et tsunamis qui font régulièrement la « une » des journaux sont le prix à payer pour avoir le privilège de vivre dans cet écosystème particulièrement diversifié où des volcans bouillonnants montent la garde sur des lacs de cratère. La fertilité du sol se traduit partout par la présence d'une végétation luxuriante, refuge d'une faune abondante. La jungle abrite non seulement notre cousin à poil roux l'orang-outan, mais toutes sortes d'autres singes qui s'ébattent dans la canopée. Avec de la chance, on peut même apercevoir un tigre ou un timide rhinocéros de Sumatra.

Une autre attraction : les plages. Le caractère sismique et tempétueux du littoral entraîne la formation constante de rouleaux qui déferlent sur les rivages déserts, faisant de Sumatra l'un des plus beaux lieux isolés pour pratiquer le surf.

Je me suis inspirée d'articles que j'ai condensés afin d'éviter les répétitions.

Un dernier mot sur l'histoire et ses sultans. Hier, nous avons visité leur mosquée principale Masjid Raya, le palais du sultan construit fin 1800 où nous avons été les vedettes de l'après-midi. Un seul sourire suffisait pour déclencher, madame, madame, photos, photos. Incroyable! Pascal a embarqué dans ce délire de popularité et le guide s'est retiré afin de nous permettre de vivre ce plaisir de la reconnaissance de l'étranger en visite chez-eux.

Après avoir été dominée par le Sultan Ismail, Medan ne s’est réellement développée qu’à partir de la fin du XIXe siècle, à l’arrivée des colons hollandais venus dans la région pour créer des plantations de tabac. Elle devient alors rapidement le centre névralgique du commerce et des affaires politiques de la région ouest de l’Indonésie. Depuis, les nombreux bâtiments de l’époque coloniale ont plutôt tendance à être démolis pour construire des édifices plus modernes. C’est sans doute la faible activité touristique de la ville qui ne pousse pas les autorités à protéger son patrimoine historique.

Que de trésors démolis tout comme au Québec. Une chance que les anglais y ont vu, car nous les québécois, détruisions la pierre et le béton pour reconstruire avec du bois.

Fini le cours d'histoire, pour aujourd'hui tout au moins! Salutations à vous qui me lisez. Quel plaisir de partager ce quotidien avec des gens que j'aime. x x x