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26 janvier 2015 - Lundi - Berastagi - Île de Samosir (Sumatra) - Tabo Cottages

Notre hôtel est vieux et été mal entretenu. Rien à comparer à ce que nous avons eu à date. Mais c’est bien pour une nuit. Une piscine orne le décor. Malgré son âge, il garde un certain style colonial charmant.

Il y a certaines règles à suivre en venant en Indonésie, et j’en ai transgressé une hier, en remettant un pourboire de la main gauche au porteur de valises à Bukit.

Un petit résumé de ces règles élémentaires :
o Ne tendez jamais la main gauche : rappelez-vous qu'elle est considérée comme impure. Utilisez les deux mains pour tendre quelque chose à une personne âgée, en signe de respect.
o Évitez de parler avec les mains posées sur les hanches, geste équivalant à une expression de mépris, de colère ou d'agressivité dans la danse traditionnelle. Oupssss!!!!!
o Veillez toujours à vous vêtir décemment : décolletés pour les femmes et shorts pour les hommes sont jugés incorrects ou vulgaires. Chacun son trip!
o Certaines questions vous paraîtront peut-être indiscrètes, irritantes, voire totalement déplacées :
o dari mana? ("d'où venez-vous ?")
o sudah kawin ? ("êtes-vous marié ?")
o mau kemana ? ("où allez-vous ?")...
o Aux yeux des Indonésiens, ce sont des marques de politesse et d'intérêt. Vous n'avez nul besoin d'y répondre systématiquement, mais vous pouvez les poser à votre tour à votre interlocuteur pour lui manifester votre sympathie.
o Enfin, sachez que vous serez immanquablement dévisagé ou même touché en signe d'amitié, quoique seuls les contacts physiques entre membres du même sexe soient tolérés.

Terminée le rappel des us et coutumes du coin. Revenons au peuple Batak.

Nous continuons notre périple dans les terres de la tribu Karo. Rizières, clous de girofle, gingembre, palmiers ornent le décor naturel de cette région prolifique.

La région a vécu au fil des immigrations successives de peuples différents, ce qui a créé un paysage multiculturel qui ne s’est jamais homogénéisé. Parmi les communautés, on trouve des Chinois, des Javanais, des communautés de Toba-Batak, Minangkabau, Mandailing Batak, Karo batak, des Indiens du sud et du nord et plusieurs ethnies plus minoritaires. Cette richesse ethnique nous permet de découvrir autant de cultures que de cuisines variées au fil des rues. A tout moment de la journée, il est possible de succomber aux spécialités vendues dans les échoppes qui encombrent les rues. Toutes ont leurs saveurs, leurs couleurs et leurs parfums, et toutes sont à tester. La région est par ailleurs réputée en Indonésie pour son tourisme gastronomique car on y trouve de tout partout. De la cuisine javanaise au porc grillé de Batak en passant par les Padang, les nouilles chinoises et la cuisine indienne, comment résister à l’appel constant de ces délices exotiques ? Ce paysage diversifié dans lequel toutes les communautés semblent vivre en harmonie en suivant leurs propres traditions est une caractéristique de Sumatra, véritable vitrine culturelle asiatique. Cette article prise au hasard de mes lectures sur Internet, résume bien la région et ce que nous y apprenons.

Située dans les collines, la ville de Brastagi est la région où habitent des tribus de Karo Bataks qui vivent dans de très vastes maisons, construites sur d'énormes pilotis et abritant au moins huit familles du même clan.

Efendy nous explique comment le travail de chacun est inter relié l’un à l’autre pour vivre en harmonie, tous ensembles : cuisine, entretien et revenus monétaires qui souvent sont du troc plutôt qu’en salaire.

Estimés à 6 230 000 personnes (1991), les Batak, qui vivent dans l'île de Sumatra, se divisent en plusieurs groupes : les Angkola, les Nandheling (ou Mandailing, qui sont des clans malaïcisés), les Karo, les Toba, les Timor (ou Simalungun), les Dairi et les Alas-Kluet.

Chaque clan a chacun un ancêtre commun masculin ce qui donne lieu à un chef par clan de 8 familles qui agit en toute autorité sur l’ensemble de la maison commune.

Les villages, sans défense naturelle, s'entouraient d'un rempart de terre d'une largeur de cinq à dix mètres planté d'une haie impénétrable de bambous épineux ; des portes massives sculptées en fermaient l'accès. La maison batak, entièrement édifiée en bois, est établie sur pilotis et couverte d'un toit à forte pente. Les Batak cultivent du riz et des pommes de terre, cette dernière récolte étant destinée à l'exportation ; ils élèvent des buffles et des chevaux. En matière d'artisanat, le tissage et la teinture sont encore en honneur, mais le travail des armes, des bijoux, ainsi que la sculpture sur bois tendent à disparaître.

Effendy nous explique que ce peuple souligne, par des rituels, différents passages de la naissance à la mort : la naissance, à 3 mois la première sortie officielle, à 7 mois la première coupe de cheveux par l’oncle paternel, à l’adolescence lorsque le jeune homme est envoyé vivre dans une maison juste à côté de la maison familiale afin de le séparer des filles, le mariage et enfin la mort.

La différence physique entre les Bataks et les Toranga que nous visiteront bientôt se trouve au niveau du faciès. Les joues sont plus prédominantes et le front est plus large chez les Toranga.

En route, il nous parle de la philantrophie de la compagnie Danone dans la région de l’huile de palme. Danone a obtenu la permission d’opérer une source d’eau naturelle pour embouteiller l’eau de marque Aqua. Ce qui leur rapporte beaucoup de sous. En retour, il donne à l’église sous forme de participation monétaire pour la rénovation ou autres travaux nécessaires à les garder belles et fonctionnelles. C’est le principe du GSR (General social responsability). Répartir (pas tout à fait également) les revenus dans la société en passant par l’église. Bon! Est-ce que ça vous rappelle des souvenirs?

Des immenses cornes de buffle remplacent la croix chrétienne, car ici, toutes les religions sont respectées. Ces cornes proviennent du style animiste des ancêtres Batak qui pouvaient être assez sanguinaires dans des situations de conflits. On retrouve les cornes sur les pointes des toitures de la maison Batak. C’est l’assistance de Dieu a chassé les mauvais esprits. Je pense que les Capucins et les Jésuites ont soit échoués leur évangélisation ou soit ils ont tirés des leçons à ne pas aller trop loin dans leur croyance.

Je termine l’histoire des Bataks en disant que lorsqu’un Batak rencontre un autre Batak, il lui demande son numéro de clan numérologique. S’il ne le sait pas, c’est un imposteur. Même si un Batak émigre dans un autre pays, il garde sa terre afin de prouver ses racines à ses descendants de manière concrète. Ainsi, ses origines sont protégées. Souvent, il réfèrera à son terrain en disant près du volcan, tel nom, près de la rizière du voisin Monsieur Untel, ainsi de suite. Il y a une référence de racine à ne jamais perdre afin de respecter les chefs qui ont travaillé dur pour conserver cet héritage qui s’étale sur des siècles de propriété. Ça me rappelle les livres que j’ai lu : « Les enfants de la terre » qui m’ont tellement fascinés, que je me suis prénommée Ayla pendant 15 jours.

Je laisse à Pascal vous faire le récit de notre rencontre de 5 femmes et un vieil homme magnifiques qui habitent une maison regroupant 8 familles, mais elles ne sont pas du même clan, car ces familles louent l’espace dans ce petit village Dokan Karo.

Changeant de propos, le fruit rambutan est délicieux. Il fait partie de la famille des litchis. Il porte une chevelure rouge magnifique. Nous en avons mangé en nous rendant à la chûte Sipiso Piso. Je la coterais 2 sur 5. Rien à voir avec nos chutes Niagara. Elle ressemble aux Chutes Montmorency en plus haut.

Nous avons aussi visité le palais des sultans dont le dernier fut assassiné par le peuple lors de la révolution, afin d’obtenir leur indépendance le 17 août 1945, lors de la fin de la 2e guerre mondiale. Je pourrais vous dire que le 12e sultan fut celui qui a eut le plus grand nombre de femmes, que le dernier n’en avait qu’une, qu’on sonnait la cloche un coup pour annoncer la naissance d’un garçon et deux coups pour une fille.

Nous habitons un site paradisiaque à Toba sur l’Île Samosir. Une jeune allemande mariée à un Batak a construit un coin de paradis au bord du lac Toba, qui est en fait, un cratère de volcan éteint.

J’en parlerai demain. J’entends les enfants dans la piscine qui donne sur le lac. Une fois dans l’eau, on ne peut distinguer le ciel de l’eau du lac.

Selamat Tidur! xxx

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20150125-Santa Maria Annai église universelle25 janvier - dimanche - Hôtel Bukit Lawang - Berastagi (Sumatra)

Itinéraire de mon réveil Bukit Lawang :
- Muezzin à 04h00 pour la première prière musulmane
- 05h00 : le chant du coq : réveil matin naturel pour annoncer la venue du lever du jour dans une heure
- 06h00 : lever du jour accompagné du chant des enfants qui se réveillent pour réclamer déjà leur petit déjeuner. Mais pourquoi se lèvent-ils si tôt? École ou boulot? Car à 06h30, tout est redevenu très silencieux! Mais c'est dimanche et toute la famille se rend à la messe, comme le faisait nos parents, pour échanger les nouvelles et "faire" le social de la semaine.
- Tout ça accompagné par le murmure incessant de la rivière Bohorok. Qu’elle orchestre symphonique où s’ajoute, selon les heures, selon la température et les heures du jour, le chant des oiseaux ou le croassements du genre corneilles que j’apprécie beaucoup moins.

L’effet du décalage horaire semble s’être volatisé ce matin. Ça sera plus facile pour les semaines à venir.

Enfin dans notre chambre
Nous voici rendu à destination à notre hôtel Sinabung à Berastagi. J’ai juste la présence du corps à Pascal. Son esprit est totalement endormi et son cœur est en flotte. De mon côté, ma bouteille d’eau s’est répandue dans mon sac mouillant toutes mes notes de voyage écrites à la main. Heureusement qu’il fait très chaud : tout est sec, feuille par feuille, juste en laissant le papier au soleil qui traverse la fenêtre. Aujourd’hui, la température a monté à 34o C. Très chaud. Heureusement que nous faisions de la voiture aujourd’hui. Par contre, la nuit fut fraîche et douce.

La grandeur et profondeur des nids de poules passe de petits à nids d’éléphants. Pascal arrête acheter des arachides, une boite de papier mouchoir pour utiliser dans l’auto et aux arrêts « techniques » qui veulent dire arrêt pipi et un grand 7Up afin de faire passer la tourista qui l’accable depuis son réveil. Je suspecte aussi une réaction au comprimé pour la malaria qui donne ces effets d'épuisement, un peu de fièvre et maux de coeur.

En fin de compte, nous allons soulager nos vessies dans une toilette hindouiste. Shiva règne en maître suprême sur le site. Beau souvenir de l’Inde où nous avons vécu avec ces dieux et déesses indiens

Dyoko porte l’ongle du pouce très long. Il dit que c’est juste pour l’esthétique. Mais, il est musulman et souvent, les musulmans portent l’ongle long au petit doigt. Bon! Questionnement ici!

Nous prenons presqu’une heure pour traverser Medan. Ben oui! Il faut revenir à Medan pour remonter à Berastagi qui se trouve à 1400 mètres d’altitude. Se soir, une poussière de volcan couvre la région car il y a eut une éruption il y a quelques jours. Mais, je n’ai pas encore vu de volcan!

Efendy nous arrête à Santa Maria Annai Velengkanni. Une église, un temple, une synagogue unifiée en une seule. Un Jésuite indien, Père James Barada, a initié ce projet qui s’est complété en 2005. Il est né à Madras, Inde de parents catholiques mais de culture hindoue. La maison des Jésuites à laquelle il est rattaché se trouve à Toulouse, France.

Sa maison est passée au feu brûlant tout, ses vêtements, la maison elle-même de fond en combe, mais oh! Miracle, seul la Bible et furent épargnés.

Par la suite, il fait un rêve dans lequel il dessinait les plans de cet endroit qui réunit les différentes religions. Il dit que Dieu a été l’architecte et Marie la comptable. Car il priait Dieu pour la réalisation concrète des matériaux nécessaires et il priait Marie pour recevoir de l’argent. Le tout a coûté près de 3 millions de dollars. Lorsque tout fut fini, l’argent a cessé de rentré. Les dons suffissent pour l’entretien.

Je le mets dans la soixante. Il ressemble à René Angelil, sérieuse! Il a souffert d’une opération au cœur et il marche maintenant avec l’aide d’une canne.

Il dit que visiter cet endroit de prière correspond à un pèlerinage en lui-même. On débute par la section Bethléem avec la crèche de Noël, ensuite vient Rome et une statue du Pape Jean-Paul II qui est venu à Medan en septembre 1979, ensuite la section Nazareth où se trouve un temple dédiée à Marie.

C’est un peu le Lourdes de Medan, car le Pape Jean-Paul II fut canonisé saint, donc c’est un saint endroit. Lorsque les catholiques se réunissent en grand groupe, ils le font dans l’hippodrome de Medan. C’est la mecque catholique.

L’Indonésie est une mosaïque de peuples et d’ethnies où se côtoient musulmans, chrétiens, bouddhistes, hindouistes et animistes. Chacun vit à son rythme, du plus traditionnel au plus frénétique. Père James a bien intégré ce principes des différences dans le respect et la paix universelle.

J’ai complètement oublié de demander la guérison de ma corde vocale qui a des maux afin de me faire prendre conscience que j’ai a utilisé les mots pour les guérir. À suivre!

Nous dinons au Sunrise Resto. On y mange très bien, mais c’est cher pour le coin. Ensuite, nous visitons le marché près de la ville. Vraiment charmant avec ses enfants accrochés à leur mère qui travaille tout en leur jasant des conditions à lesquelles ils doivent s’en tenir. Elles sont très belles ces femmes. La majorité des hommes portent la moustache ce qui leur donne un air mâle plus évident.

Je refais connaissance avec le fruit mangoustine. J’achète trois kilos de clémentines juteuses à souhait, 2 kilo de salak aussi appelé le fruit serpent dû à sa pelure de style peau en écailles de serpent. Délicieux!

Cette région est très fertile. Elle produit des fruits et des fleurs qu’elle exporte un peu partout dans le monde. Dix camion partent à chaque jour pour être déchargés dans des avions. J'avais noté les nombreux véhicules neufs que nous avons rencontrés. Ce sont des cultivateurs prospères.

La tribut Batak
Effendy est né dans un clan Batak. Lors de notre arrêt à une église catholique, il nous amène visiter une maison Batak complètement rénovée qui se trouve sur le site.

J'apprends que les Toranja que nous visiterons dans quelques semaines viennent de la même souche que les Bataks et ils parlent tous bahasa qui est en fait, la langue nationale. Seules certaines personnes âgées ne parlent que leur dialecte local.

Je termine afin d'aller prendre une assiette garnie d'un tas d'oignons et ail frits, quelques morceaux de boeuf rôti. Quelques fruits et dodo.

 

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24 janvier – samedi - Bukit Lawang Cottages (Sumatra) - Guide Efendy et chauffeur Djoko

On quitte les routes bondées bruyantes et enfumées de Medan, capitale de Sumatra, pour les champs sans fin de palmiers à huile, une monoculture entrainant une déforestation massive, le rejet d’une quantité trop importante de gaz à effet de serre et la disparition progressive des Orang Outangs et des éléphants, dépendant de la forêt tropicale. Tout ça pour produire l’huile de palme, l’huile la plus consommée au monde, que l’on retrouve dans les agro carburants, les cosmétiques et les produits de consommation quotidienne qu’elle rend bien trop riches. Un désastre écologique pour l’Indonésie et des problèmes de santé pour tous.

De minibus circule sur la voie de gauche. Nous apprenons que c’est le bemo (minibus) qui se retrouve dans cette île comme partout ailleurs en Indonésie. C'est un moyen pratique et très bon marché pour couvrir de petites distances. Ils sont par centaine ce matin à nous dépasser allègrement sans retenue.

Venir de Medan à Bukit Lawang, « la porte des montagnes », c’est comme passer de l’accéléré au ralenti. Ce petit village en bord de rivière parait presque désert hors saison. Seulement quelques hommes nostalgiques de leur passé de conquérant ainsi que quelques jeunes hollandaises qui s’amusent à lire le menu et nous complétons la toile de fond pour un souper bien tranquille. Les sons de la nature servent de musique de fond : des grillons qui chantonnent allégrement et la rivière Bohorok qui débite ses gallons d’eau dans un tumulte digne de porter le nom de chutes.

Le village est très souvent complet en pleine saison selon notre guide selon notre guide. Bukit Lawang est un petit village situé à 90 km au nord-ouest de Medan, la capitale du nord de Sumatra. Malgré la courte distance, nous avons pris quelques heures pour nous y rendre, dû aux mauvaises conditions routières. Hier, il est tombé une averse digne de ce nom. Après avoir traversé le grand pont suspendu qui traverse la rivière Bohorok, nous payons les porteurs de valises et entrons dans notre chambre bungalow en partie à air ouverte qui s’avère être un lieu de quiétude, juste à l’entrée de la jungle.

Nous arrivons, il fait soleil. L’adage continue sa vérité pascalienne. Nous portons chance malgré tout ce qui arrive à Tintin Pascal depuis le début du voyage. Aujourd’hui, il a vécu deux autres expériences : celle de la toilette turque en inversant ses pieds sur la base (ça fait du dégat pas pour rire) et il s’est embarré dans la toilette lors de notre arrivée à l’Écolodge.

Ce petit village est surtout célèbre pour être l'un des derniers endroits au monde où l'on peut voir des orangs-outans à l'état sauvage. C’est mon 2e but après le soleil pour venir à Sumatra. En 1973, une organisation suisse met en place un centre de réhabilitation des orangs-outans à Bukit Lawang. Le but du centre a été de réhabiliter les orangs-outans ayant vécu en captivité pour passer à la vie sauvage. Dans les années qui suivirent l'arrivée de ce centre, de plus en plus de touristes se rendent à Bukit Lawang faisant de cet endroit l'une des destinations les plus populaires de l'île de Sumatra.

Notre guide nous informe que le centre n’est plus nécessaire ayant atteint leur but`la survivance des ourangs outans. On vient de loin pour les voir. Il faut dire que se retrouver face à cet animal est assez déroutant et inoubliable. On a l’impression de rendre visite à un vénérable ancêtre, et on est souvent le plus étonné des deux. Pour ne rien gâcher la jungle, la flore et le reste de la faune sont magnifiques dans ce coin du globe.

Voir les orangs-outangs vaut le détour même s’ils ne sont pas vraiment sauvages mais plutôt en train de le (re)devenir. C’est un animal magnifique qui nous ressemble étonnamment. Les voir se déplacer dans les branches au-dessus de soi est unique.

Comme on est à l’orée de la jungle, on a juste à faire quelques pas et on s’enfonce directement dans la forêt bien humide. Sugar et Yupu ne s’enfoncent pas très loin pour se prévenir par téléphone dès qu’un primate est sur les lieux ou pour donner les nouvelles des gens qui redescendent de la jungle à voir s’ils ont rencontré ces fameux ourangs-outans.

En même pas dix minutes, on dégouline déjà à grosses gouttes mais le parcours est agréable : ni trop dur ni trop facile. C’est agréable de marcher, escalader et alterner bonnes grosses montées et bonnes descentes ! Sugar et Yapu “appellent” à leur manière les singes en poussant des petits cris dont eux seuls ont le secret un peu comme nos calleurs d’orignaux au Québec. Et ça portera ses fruits.

Nous continuons à descendre et à remonter ensuite avant d’entendre Yapu qui signale à Sugar la présence de Mina accompagnée de son bébé plus sauvage qu’elle qui pose comme une star de la forêt indonésienne. Aucune gêne pour l’apparition des parties les plus intimes de son corps. Après tout, le nu est à la mode dans le monde entier. Vive Mina! N’étant que nous deux avec les deux guides indigènes, nous avons pu les photographier sous tous les angles pendant une bonne demi-heure. Parfois, Sugar prenait les photos afin que se soit la meilleur.

En route, ce matin, notre guide nous informait comment Sumatra est extrêmement riche en ressources naturelles, dont les plus importantes sont le pétrole et le gaz naturel. L'huile de palme et le caoutchouc sont les deux autres grandes ressources, tandis que le bois est également très exploité, sans doute beaucoup trop. L'agriculture de l'ile est basée sur les plantations de thé, de cacao, de café et un peu de tabac apporté par les hollandais et leur passé colonial.

Je vais revenir sur ma rencontre avec Mina et son bébé. Après un souper de légumes, poisson et riz blanc, le sommeil me réclame!