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24 janvier – samedi - Bukit Lawang Cottages (Sumatra) - Guide Efendy et chauffeur Djoko

On quitte les routes bondées bruyantes et enfumées de Medan, capitale de Sumatra, pour les champs sans fin de palmiers à huile, une monoculture entrainant une déforestation massive, le rejet d’une quantité trop importante de gaz à effet de serre et la disparition progressive des Orang Outangs et des éléphants, dépendant de la forêt tropicale. Tout ça pour produire l’huile de palme, l’huile la plus consommée au monde, que l’on retrouve dans les agro carburants, les cosmétiques et les produits de consommation quotidienne qu’elle rend bien trop riches. Un désastre écologique pour l’Indonésie et des problèmes de santé pour tous.

De minibus circule sur la voie de gauche. Nous apprenons que c’est le bemo (minibus) qui se retrouve dans cette île comme partout ailleurs en Indonésie. C'est un moyen pratique et très bon marché pour couvrir de petites distances. Ils sont par centaine ce matin à nous dépasser allègrement sans retenue.

Venir de Medan à Bukit Lawang, « la porte des montagnes », c’est comme passer de l’accéléré au ralenti. Ce petit village en bord de rivière parait presque désert hors saison. Seulement quelques hommes nostalgiques de leur passé de conquérant ainsi que quelques jeunes hollandaises qui s’amusent à lire le menu et nous complétons la toile de fond pour un souper bien tranquille. Les sons de la nature servent de musique de fond : des grillons qui chantonnent allégrement et la rivière Bohorok qui débite ses gallons d’eau dans un tumulte digne de porter le nom de chutes.

Le village est très souvent complet en pleine saison selon notre guide selon notre guide. Bukit Lawang est un petit village situé à 90 km au nord-ouest de Medan, la capitale du nord de Sumatra. Malgré la courte distance, nous avons pris quelques heures pour nous y rendre, dû aux mauvaises conditions routières. Hier, il est tombé une averse digne de ce nom. Après avoir traversé le grand pont suspendu qui traverse la rivière Bohorok, nous payons les porteurs de valises et entrons dans notre chambre bungalow en partie à air ouverte qui s’avère être un lieu de quiétude, juste à l’entrée de la jungle.

Nous arrivons, il fait soleil. L’adage continue sa vérité pascalienne. Nous portons chance malgré tout ce qui arrive à Tintin Pascal depuis le début du voyage. Aujourd’hui, il a vécu deux autres expériences : celle de la toilette turque en inversant ses pieds sur la base (ça fait du dégat pas pour rire) et il s’est embarré dans la toilette lors de notre arrivée à l’Écolodge.

Ce petit village est surtout célèbre pour être l'un des derniers endroits au monde où l'on peut voir des orangs-outans à l'état sauvage. C’est mon 2e but après le soleil pour venir à Sumatra. En 1973, une organisation suisse met en place un centre de réhabilitation des orangs-outans à Bukit Lawang. Le but du centre a été de réhabiliter les orangs-outans ayant vécu en captivité pour passer à la vie sauvage. Dans les années qui suivirent l'arrivée de ce centre, de plus en plus de touristes se rendent à Bukit Lawang faisant de cet endroit l'une des destinations les plus populaires de l'île de Sumatra.

Notre guide nous informe que le centre n’est plus nécessaire ayant atteint leur but`la survivance des ourangs outans. On vient de loin pour les voir. Il faut dire que se retrouver face à cet animal est assez déroutant et inoubliable. On a l’impression de rendre visite à un vénérable ancêtre, et on est souvent le plus étonné des deux. Pour ne rien gâcher la jungle, la flore et le reste de la faune sont magnifiques dans ce coin du globe.

Voir les orangs-outangs vaut le détour même s’ils ne sont pas vraiment sauvages mais plutôt en train de le (re)devenir. C’est un animal magnifique qui nous ressemble étonnamment. Les voir se déplacer dans les branches au-dessus de soi est unique.

Comme on est à l’orée de la jungle, on a juste à faire quelques pas et on s’enfonce directement dans la forêt bien humide. Sugar et Yupu ne s’enfoncent pas très loin pour se prévenir par téléphone dès qu’un primate est sur les lieux ou pour donner les nouvelles des gens qui redescendent de la jungle à voir s’ils ont rencontré ces fameux ourangs-outans.

En même pas dix minutes, on dégouline déjà à grosses gouttes mais le parcours est agréable : ni trop dur ni trop facile. C’est agréable de marcher, escalader et alterner bonnes grosses montées et bonnes descentes ! Sugar et Yapu “appellent” à leur manière les singes en poussant des petits cris dont eux seuls ont le secret un peu comme nos calleurs d’orignaux au Québec. Et ça portera ses fruits.

Nous continuons à descendre et à remonter ensuite avant d’entendre Yapu qui signale à Sugar la présence de Mina accompagnée de son bébé plus sauvage qu’elle qui pose comme une star de la forêt indonésienne. Aucune gêne pour l’apparition des parties les plus intimes de son corps. Après tout, le nu est à la mode dans le monde entier. Vive Mina! N’étant que nous deux avec les deux guides indigènes, nous avons pu les photographier sous tous les angles pendant une bonne demi-heure. Parfois, Sugar prenait les photos afin que se soit la meilleur.

En route, ce matin, notre guide nous informait comment Sumatra est extrêmement riche en ressources naturelles, dont les plus importantes sont le pétrole et le gaz naturel. L'huile de palme et le caoutchouc sont les deux autres grandes ressources, tandis que le bois est également très exploité, sans doute beaucoup trop. L'agriculture de l'ile est basée sur les plantations de thé, de cacao, de café et un peu de tabac apporté par les hollandais et leur passé colonial.

Je vais revenir sur ma rencontre avec Mina et son bébé. Après un souper de légumes, poisson et riz blanc, le sommeil me réclame!