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4 février – mercredi - Hôtel Toraja Misiliana

En premier, je désire parler de notre « chez-nous » de cette semaine.  L’endroit hébergeait une rizière à l’origine.  Le propriétaire a acheté 14 hectares de terre afin de construire cet hôtel, qui malgré qu’il n’y ait pas de climatisation, est très agréable et frais.  La douche date des années ’70, mais fonctionne très bien.  Notre cottage était un ancien grenier pour le riz.

Le personnel est très accueillant mais aussi très présent.  À la réception, les gens portent le costume traditionnel.  Qu’importe où nous sommes une paire de yeux suit nos déplacements.  Parfois, c’est un peu gênant, surtout lors du petit déjeuner.  Leurs prénoms français viennent du fait qu’ils sont chrétiens.  Je me disais aussi!

Les jardins sont superbes et très bien entretenus par deux femmes qui y besognent tout la journée. Ce site est idéal pour tous nos déplacements.  On roule de 15 à 20 minutes, selon l’état des chemins, pour visiter les différents endroits offerts par l’agence.  Le WiFi est gratuit mais la connexion ne se fait qu’à la réception.  Une jolie piscine se trouve au centre de ce complexe hôtelier.  Ce matin, j’aurais bien mangé pain, beurre et confiture.  Le beurre non réfrigéré est monté en spirale et goutte plus le fromage que le beurre.  Bon!

Nous débutons notre journée au marché hebdomadaire qui a lieu le mercredi à Ratanpeo soit à environ 12 km de Lemo où nous habitons.  Une autre chance pour nous avec la présence du soleil, une journée de plus.

Ce marché est très coloré de fruits, légumes, articles ménagers, et tout le tralala d’un marché public, mais celui-ci se distingue par la présence des animaux à vendre, surtout des buffles d’eau et des cochons. Et il y a aussi les fameux combats de coq qui demande une préparation du coq qui dure des semaines et parfois des mois, à le masser, afin d’affermir ses chairs pour qu’il gagne.  De petits couteaux sont fixés aux ergots pour s’assurer de la mort du plus faible qui sera mangé sans honneur. Le coq étant très territorial se battra à mort pour évincer le coq ennemi.

Je goutte au langsat, petit fruit local rond de la grosseur d’un gros raisin rouge qui contient un noyau en son centre enveloppé d’une pulpe gélatineuse sucrée et douce.  Ça sera pour notre souper avec les autres fruits et quelques biscuits accompagnés d’un thé Lipton, gracieuseté de la maison. Ce marché dure toute la journée et une partie de la soirée pour ceux qui n’ont pas trop de route à parcourir.  Durant la semaine, seulement les bâtisses permanentes abritent des animaux qui ainsi peuvent restés à l’ombre sans avoir à parcourir la route à nouveau.  Mais aujourd’hui, des milliers de buffles d’eau, de tout âge, au nez perforé pour insérer une immense corde afin de le retenir à la main de son maître, se tiennent là pour être achetés et sans doute finir saignés durant les différentes cérémonies des Torajas.  Ils sont beaux mais combien sanguinaires.  Marcher pieds nus dans le sang des buffles, il faut le faire!

J’apprends que le bambou sert à la fabrication des articles ménagers : transporter du riz, faire des paniers de toutes sortes, des objets de décorations ou utiles dans la cuisine, alors que le rotin sert à tisser des tapis comme ceux posés sous les buffles avant d’être éventrés.  Ils sont résistants et surtout imperméables.  Le toit de notre cottage est en rotin tressé.

Nous reprenons la route pour Kete Kesu, l’un des plus anciens villages de la région où Richard nous explique la forme et la taille des maisons familiales traditionnelles Tonghonan des Torajas. Elles sont faites en forme de bateaux.  Je ne vois tellement de différence avec toutes celles photographiées depuis que nous sommes dans la région.  Selon l’opinion de celui qui la regarde, le toit peut représenter des cornes de buffles et pour l’autre, surtout s’il est marin, il dira qu’il a la forme d’un bateau.  Comme dit Richard : « Ils ont raison tous les deux ».

Ce village serait céleste car les Torajas, selon la légende, seraient descendus du ciel.  Tana Toraja veut dire « Terre des rois célestes ». Cet endroit daterait de 3 000 ans et le toit Tonghonan qui s’élance vers le ciel lui donne une apparence aérienne.  Mais les marins discutent cette version, car on dit que les Bataks et les Torajas, comme mentionné auparavant, origineraient du sud de la Chine, et ce, depuis 5 000 ans.  Naturellement, vu que l’histoire s’est transmise de bouche à oreille, de génération en génération, il est facile de conclure qu’elle a pu subir bien des variantes selon les oreilles qui les écoutaient et les bouches qui les transmettaient.

Ici, le nombre de cornes de buffle correspond aux nombres d’animaux sacrifiés lors des funérailles.  À mieux dire, au statut social du défunt, alors que chez les Bataks, les cornes correspondaient au compte générationnel de la personne décédée, que dis-je, de l’homme décédé.

Richard explique que dans ce village ancien, le chef du village, pour régler un conflit entre deux antagonistes, leur faisait apporter chacun un coq pour qu’ils se battent.  Le coq gagnant donnait raison à l’une des deux personnes, coupable ou pas.  Ainsi était la cours de justice de ces temps anciens Toraja.  Aujourd’hui, le combat de coq se fait strictement parce que c’est payant pour le gagnant.

Un jeune homme assis près de nous regarde nos allées et venues.  Je demande à Richard pourquoi il n’est pas à l’école.  Ici, primaire et secondaire sont obligatoires, donc l’enfant va à l’école jusqu’à 12 ou 13 ans, et c’est une éducation publique offerte par le gouvernement.  Si les parents n’ont pas de sous pour l’envoyer au collège, alors il cherche un emploi ou quitte son village pour aller travailler ailleurs.  C’est comme l’exode de nos jeunes vers les grandes villes.  Beaucoup de jeunes quittent pour Singapour, Hong Kong ou pour travailler sur les bateaux, car c’est très payant. Je ne parle pas de filles car ça serait trop long et ma frustration ne serait qu’augmentée à ce sujet! Devinez pour les filles???? Bon!

Les grottes de Londa où là aussi les Tau-Tau (poupée à l’effigie des morts) trônent sur un balcon à la devanture d’une grotte du village visité.

Les morts ne sont pas enterrés mais placés à l’intérieure de la grotte, enveloppés dans un tissus ou placés dans un cercueil pour être transportés au cœur de la grotte. Plusieurs tombeaux datent d’une centaine d’années, mais à l’intérieur, on peut voir des corps récents enveloppés ainsi. Ici, les gens disent de la personne décédée, qu’elle est malade jusqu’à ce que ses funérailles aient lieu : alors, ils disent, elle est décédée. Ces cercueils remplis et entassés profondément à l’intérieur donnent un peu de frissons à cotoyer ces crânes et ces ossements pêle-mêle. Des crânes à l'entrée de la grotte surveillent les nouveaux venus avec des yeux ronds et sans expression!

Il est 14h00 et nous dînons à Rantapeo.  Nous sommes fatigués.  J’avise Richard que nous terminons notre journée par ce dîner.  Nous voulons rentrés pour prendre le temps de visiter le site où nous sommes, se baigner, et ce soir, je me fais masser par la cuisinière qui trouve que mes épaules sont trop rigides.  Eh! Bien, ça va pour 19h00 et pour 15$ pour une heure, rien à perdre ma Raymonde!

Nous réalisons qu’à partir de 15h00, le ciel commence par se couvrir, ensuite les nuages s’ajoutent à un rythme continu jusqu’à 16h00 pour ensuite nous menacer de pluie.  Elle annonce sa présence par un tonnerre qui gronde et aujourd’hui, j’ai vu ma première boule de feu qui précède l’éclair.  C’est quelque chose.  Les deux dames qui travaillent dans le jardin ont criées et courues se mettent à l’abri.  Ça duré une heure : temps de repos pour mon homme et relaxation pour moi en triant mes photos de la journée.

Une vieille dame s’abrite d’un parapluie naturel : une feuille de palmier à l’envers.  Sa bouche tachée de bétel sourit à dents espacés et non à pleine dents ! Elle est amusante la madame !

3 février, mardi, Lemo, Sulawesi - Hôtel Toraja Misiliana

La journée débute par un réveil un peu plus tardif : 07h30 – 08h00 qui se fait tout naturellement.  Nous quitterons à 09h00 après le petit déjeuner à notre Hôtel Misiliana à Lemo.  Rantepao est un peu plus au nord. Je dirais une quinzaine de minutes, soit 12 km de distance entre les deux. Je prépare notre linge à faire laver pour environ 25$.  C’est très raisonnable comme prix comparé à ceux dans les grands hôtels où nous avons séjourné.

Ce  matin, je découvre le jus de tamarella.  Un fruit oblongue qui possède un intérieur semblable à la tomate, mais en plus ferme, pas plus gros qu’un petit avocat.  On le coupe en deux et on retire la pulpe et les pépins avec une petite cuillère.  J’ai choisi de boire le jus frais extrait ce matin.  De couleur rouge vin, le goût est légèrement amer.  Petrus, Pierre ou Peter, comme il me défile son prénom dans ces trois langues, m’assure qu’il est générateur de vitamine C très concentré.  Chin, chin calcium! Allain avec deux « l » est plus discret et écoute une joute qui se dispute à la télé.

Ensuite, vient le fruit de la passion qui a la forme et la grosseur d’une lime. L’intérieur est habité d’une multitude de pépins enrobés d’une chaire molle délicieuse et sucrée.

Une petite omelette baveuse accompagnée d’une rôtie grillée seulement d’un côté (ici, c’est comme ça), d’un peu de confiture d’ananas, papaye et melon miel, et mon petit déjeuner est terminé.  Le café est très noir mais il est loin d’être fort.  Il est, disons, buvable. Une tasse suffit!

Que nous réserve cette journée ensoleillée!  Mais oui! La météo annonce une journée jouant dans les 30oC à 32oC.  On verra bien!

Richard débute notre journée en nous résumant son pays.  Sulawesi compte 15 millions d'habitants qui parlent près de 40 langues, et les trois ethnies aux cultures parmi les plus fascinantes de l'archipel indonésien sont les Torajas, les Bugis et les Makassars.  Les Bataks de Sumatra et les Torajas d’ici seraient originaires de Chine et possèdent les mêmes descendants.  Ce que nous avaient effectivement parlé Effendi.

Richard nous résume l’horaire d’aujourd’hui : voir les différentes maisons Toraja et leurs symboles et la manière qu’elles sont construites, arrêter voir l’arbre où des corps d’enfants décédés, il y a une trentaine d’années, sont insérés au creux d’un arbre tara et si nous sommes chanceux, assister à des funérailles.  Il s’est informé ce matin, mais personne ne savait s’il y avait eu un décès dans les derniers jours.

Dans cette région, dont les paysages sont constitués de rizières en terrasses, les vivants honorent leurs défunts par des cérémonies funéraires qui ont fait, en quelque sorte, la réputation du Tana Toraja (Terre des Rois Célestes).  Elles sont les plus fastueuses d’Indonésie. C’est ce que j’avais lu! Comment est-ce possible?

Nous prenons la route pour monter admirer les maisons de construction Toraja.  En route, Richard arrête un camion plein de monde afin de savoir s’il y a une funéraire aujourd’hui.  Ce peuple Toraja est réputé pour ses funérailles exceptionnelles basées sur des rituels animistes.  Non, on ne pense pas qu’il y ait des funérailles.  Rashni bifurque pour prendre un petit chemin de vache qui nous amènera au site désiré.  Ah! Mais, que voyons-nous?  Des funérailles prennent place.  Nous descendons de la voiture pour aller voir ce qui se passe.

Quatre buffles, encore tout chauds, viennent d’être égorgés au beau milieu de la route.  Le sang fut recueilli, mais la balance qui s’écoule de leurs corps, descend la route pour coaguler en chemin.

Des hommes équipés de couteaux énormes, de machettes et d’autres outils qui servent à découper l’animal, en enlevant la peau en premier qui est récupérée pour en faire des articles utiles.  Un autre homme enlève les deux fesses de manière chirurgicale.  Vraiment! Pas une goutte de sang.  Seulement un trou béant où apparaît une graisse blanche.  On ne dirait jamais qu’il y avait eu une fesse à cet endroit.  Un autre, coupe les sabots, un autre la queue et un autre sépare la peau de la chair au niveau de la tête, mais ne la garde attachée au corps.

Il en est ainsi du corps des quatre buffles d’âge différent.  On peut dire l’âge à la grosseur et la longueur des cornes.

Au début, seulement les membres de la famille étaient là avec certains villageois.  À mesure que l’heure avance, des européens et des américains s’ajoutent au groupe.

Étant Toraja lui-même ainsi que Rashni, il nous rassure en nous disant que les Toraja sont sortis de leur long isolement que depuis le début du siècle dernier, et aujourd’hui encore, adhèrent à leurs anciennes croyances, rites et traditions, bien que beaucoup de ces gens soient modernisés ou ont embrassé le christianisme.

Une fois le choc passé de voir cet amas de chair étendue sur la route où le peuple et touristes mélangés regardent avec différentes expressions sur le visage, je me calme et décide de participer dans le sens de comprendre, questionner et apprendre d’eux.

Ces cérémonies funéraires élaborées et complexes s'accompagnent de sacrifices de buffles et de cochon.  Aujourd’hui cinq cochons furent ficelés comme des boudins à une tige de bambou afin de les retenir de la tête au pied, prêt à être égorgés à leur tour. Ils seront sacrifiés après que les buffles soient dépecés et les morceaux distribués aux familles assises dans une habitation temporaire construite exprès pour ces funérailles. Des numéros indiquent où chaque famille prendra place afin de faire cuire le morceau qui lui est attribué, selon le rang, l’importance soit dans le village ou au sein de la famille.  Il semble y avoir une variété de raisons qui accompagne cette distribution.  Je me demande bien qu’elle famille aura les « t…….. » et pourquoi? Bon!

Suivant la classe sociale du défunt, plusieurs buffles seront sacrifiés pour permettre à l'âme du mort de s'échapper, des prières, des festins et des danses, et les processions peuvent s’étaler souvent sur plus de 5 jours et impliquer des villages entiers.  Les défunts sont ensuite placés dans une niche creusée dans la roche et gardée par des effigies en bois, des Tau Tau prononcées Tao Tao, à moins que la sépulture ne soit suspendue à flanc de colline ou dans un arbre. Tout dépend de la richesse de la personne décédée.  Ici, on ne sait pas! Naturellement, les autres ethnies musulmanes, choisissent d’être soit enterrées ou d’avoir un mausolée.

Ce ne sont pas seulement des moments de deuil, mais des événements pour renouveler les liens familiaux et veiller à ce que l’unité continue entre les villages et les communautés.  Les familles s'endettent parfois pour des générations à construire les nombreux pavillons provisoires qui accueilleront les centaines d'invités venus de tout l'archipel. Nos photos vous aideront à comprendre ce que nous avons vécu avec émotion mélangée de curiosités un peu morbides.

À mesure que se déroule la cérémonie, le dépeçage, la procession des familles nommées à se présenter dans la maison funéraire, les enfants jouent et rient et demandent à être photographiés.  Ils sont mignons comme tout dans cette innocence de la vie et de la mort.

Richard commente souvent ce qui se passe.  Depuis la venue des Hollandais, beaucoup de changements furent apportés par les Toraja dans leurs croyances, mais le rituel funéraire demeure ancestral et est célébré comme dans le temps des Anciens mais avec moins de vaste.

Pour certaines raisons d’économie, il est possible que les morts ne soient pas enterrés immédiatement, mais soient conservés pendant des mois, parfois pendant des années, dans la maison ancestrale jusqu’à ce que temps et argent le permettent afin d’offrir des funérailles convenables.

La personne décédée était âgée début soixantaine et ce sont ses reins qui ont lâchés.  Un jeune homme originaire d’Atlanta, USA, habite ici à Lemo depuis un an.  Le décédé était son voisin.  Il est ici avec sa compagne et une fille est née, Abigail, à Jakarta.  Ils demeurent à Sulawesi pour une autre année.  Il semble servir de guide non officiel pour s’amasser des sous.

Les Bugi et les Makassar, étant de pratique musulmane, enterrent leur mort le jour même.  D’autres cérémonies ont lieu aussi lors des naissances, des mariages, des récoltes, pour célébrer la vie.  Là aussi, le sacrifice d’animaux est pratiqué.  Ce sont des sacrés fêtards ces Toraja!

Le rituel de la cérémonie funéraire semble vouloir prendre une autre tangente selon notre guide.  Les jeunes d’aujourd’hui ne veulent plus que cette cérémonie soit basée seulement sur le respect des aînés, du chef du village ou du plus noble.  Ils veulent avoir les mêmes égards pourvu qu’ils aient les moyens de payer même s’ils n’y a aucune noblesse dans la famille. De cette manière, le prestige devient accessible à tous dans ces moments de reconnaissance sociale.  Il y a toujours eu une certaine forme de compétions dans ces rituels funéraires, mais c’était le pouvoir de la noblesse qui l’emportait sur la majorité.  Aujourd’hui, c’est le pouvoir de l’argent.

Dans l’ordre des processions, les femmes habillées de costumes identiques sont celles qui préparent le thé, offrent les biscuits et s’occupent du service offert à la famille et aux invités.  Le chef du village, souvent l’homme le plus âgé, ouvre la marche avec son bâton de pèlerin.

Restant dans le même ordre d’idée, nous marchons pour nous rendre sur un site funéraire ou nous découvrons les Tau Tau, ces effigies grandeur nature, qui se tiennent debout dans une rangée, sur un balcon, avec le visage du mort gravé dans un masque afin de le reconnaître parmi les autres Tau Tau.  Ils regardent sans les voir les champs de riz à leurs pieds.  Ça prend quand même un bon 6 à 7 mois pour creuser, dans la pierre, une niche de 3 m x 4 m.  Les Torajas appellent cette niche « la  maison sans fumée » alors que la maison vivante, est celle avec de la fumée donc avec des activités quotidiennes.

Richard nous parle que l’âme monte dans l’astral lors du décès et que les sacrifices permettent ainsi à l’âme de s’élever au-dessus de l’astral.  Plus le nombre d’animaux sacrifiés est important, plus l’âme s’élève rapidement.  Pauvre pauvres, va! Lorsque les parents ne peuvent payer les funéraires, ce sont les enfants qui prennent la relève. Chaque village a ses propres grottes.

Nous traversons des rizières à pied sous un soleil de plomb d’au moins 30oC et plus et il est midi.  Il fait drôlement chaud.  Vite l’ombre pour quelques minutes.  La culture de la patate douce se mélange à celle du maïs dans les jardins familiaux.  La feuille nourrit les cochons.  Dans un arbre, nous pouvons voir le fruit panghi.  Son écorce séché sert à épicer des mets (pamarasan), son noyau séché donne une noix succulente et le fruit est énorme et délicieux!  Pratique cet immense fruit! Richard reconnaît s’il est prêt à être récolté, juste à l’odeur.

Nous allons maintenant visiter l’arbre-tombes de bébés décédés.  C’est un immense tara dans lequel furent creusés la tombe pour ces bébés décédés.  Le Toraja disait que l’enfant était nourri par le centre de l’arbre car sa sève ressemble à du lait et ainsi l’arbre se développera autour des corps morts, leur donnant ainsi une autre forme de vie.   Mais les Hollandais ont coupé court à ce rituel, qui selon eux, était inapproprié. Le trou sont bouchés par des feuilles de bambou qui une fois séché adhérent à l’arbre.  Pascal et moi saluons notre Kira d’amour. Il n’existe que trois arbres comme ça dans la région des Torajas.

C’est là que j’achète mes premiers souvenirs à Vicky et à Valérie.  Du bambou sculpté pour enfermer les gousses de vanille et un autre pour y entreposer 5 épices cueillies ici : cardamone, poivre, clous de girofle, anis étoilée et des noix de muscade.  Ils sont jolis comme tout.

Nous dînons au resto Panorama.  Nous n’avons pas d’appétit.  À chaque jour, nous diminuons beaucoup nos portions. La chaleur nous affecte beaucoup et à 16h00, nous désirons rentrer « à la maison », car nous sommes au Misiliana pour 5 nuits.

Nous avons jasé avec des Alsaciens déménagés, depuis 8 ans, dans la région de Marseille, en Ardèche, car la dame a des problèmes de respiration.  Ils voyagent désormais comme nous : guide et chauffeur privés.

Nous quittons pour aller voir d’autres maisons Toraja au village Ke’te Kesu où une rangée de tongkoman joliment décorées – maisons ancestrales – et les granges de riz (Toraja alang) se côtoient dans un site de verdure et de rizières.  C’est la maison typique dont le toit en forme de selle, rappelle les cornes de buffle.  Les murs des maisons sont joliment décorés avec des motifs abstraits et géométriques de couleurs noir, rouge et blanc.

Nous n’osons le dire à Richard, mais la fatigue a gagné sur l’intérêt.  Nous prenons quelques photos et c’est là qu’il s’aperçoit que nous ne posons plus de question.  Allez, hop, à la maison!  Oui, oui, oui…Il sourit et se retourne.  Discret notre Richard et attentif notre Rashni.  Il m’enseigne des mots indonésiens lorsque je décide de rester dans la voiture pendant que Pascal descend capter des images indonésiennes. Ah! Mon beau Rashni Guichard!

Aussitôt arrivés, on s’est couché.  Pascal dort encore à 20h00 alors que je me suis levé pour accueillir nos vêtements propres qui viennent d’être livrés à 17h00.  Super!

Bizzzz xxx

 

Pst : à 15h00 le ciel se couvre.  Je demande la traduction du mot pluie : hunan je crois… il me faudra vérifier.  16h00 pile : elle tombe pour nous ramener un peu de fraîcheur. Elle tambourine au rythme des mots tapés sur le clavier.

 

27 janvier - Mardi - Villages  Batak, lac Toba (Sumatra) - Toba Cottages
Petit déjeuner plein de fruits frais, papaye sucrée, ananas, banane, mandarine, fromage, plusieurs sortes de pains allemands, omelette, riz frit au poulet et légumes, crêpes bien rôties cette fois, confitures maison, etc. Je le dis, nous sommes au paradis.

En écrivant, je me dis qu’il y a bien quelque chose qui me déplait ou qui ne va pas : bien oui! J’y vais par gradation : J’ai horreur d’être interpellée « mama » par les vendeuses de « souk », je déteste la toilette publique turque et le plancher mouillé où j’arrive à mouiller le bas de mes pantalons malgré ma pose acrobatique semi-penchée, je n’aime pas les crêpes et les œufs caoutchoutés et il me faut accepter les différences, qui parfois, à la fin de la journée, fatiguée, je les enverrais chi.. , ce qui ne représente que 2% du voyage, et encore! Bon!

Le café est délicieux et je jase avec un couple hollandais qui est venu au mariage de leur fils à Medan. Il s’est marié en Hollande mais ayant pris épouse chinoise originaire de Medan, il se remarie ici. Deux jours de noces pour la parenté qui compte 400 invités. Moi qui pensais que nous faisions de « grosses noces ».

Une merveille née d’une catastrophe naturelle
Hier, notre chauffeur a serpenté dans les hauteurs pour nous offrir une vue spectaculaire sur le fameux lac Toba. Nous dînons pour ensuite prendre le ferry pour nous rendre sur l’île de Samosir.

Au cœur du lac Toba se trouve l’île Samosir, une île, dans un lac, sur une île : direction le nord de Sumatra (qui elle-même est la plus grande île de l’archipel d’Indonésie, et la sixième plus grande île du monde).

Niché à 2 157 mètres d’altitude, le lac Toba impressionne par ses dimensions : 100 km de long et 30 km de large ! Époustouflant, mais pas autant que son histoire. Il y a quelques 75 000 ans, le super volcan Toba entre en éruption. Selon différentes estimations scientifiques, l’éruption dura deux semaines et des débris furent crachés dans un rayon de 3 000 km. Résultat : le lac et l’île où nous sommes. Le prix : l’extinction de la quasi-totalité de la faune et de la flore indonésiennes, une baisse globale des températures autour du globe, une période glaciaire de 1 000 ans, et la réduction de la population humaine à quelques milliers d’individus. Incroyable!

Le lac est ce qui reste du cratère effondré. C'est plus grand lac d’Asie du Sud-est. Le lac atteint 450m de profondeur.

On estime que les matériaux volcaniques qui ont été lancés à la montagne totalisant 2 800 km3 sur 800 km3 de roches et des cendres volcaniques qui, selon les estimations ont été soufflé (vent) à l’ouest pendant 2 semaines. Une remontée du fond a ensuite créé la grande île de Samosir qui apparaît au milieu du lac. Certains sismologues redoutent apparemment un nouveau séisme dans cette région.

En faite, cette ile fut créée par l'homme quand celui-ci a décidé de creuser un petit canal séparant ainsi cette bande de terre qui s'avançait dans le lac du reste des terres de Sumatra. Et c'est en faisant le tour qu'on voit clairement l'origine volcanique du lac Toba : nous sommes dans le cratère de l'ancien volcan. D'ou les jolies montagnes qui entourent le lac. Et dans la partie ouest du Lac, à l'endroit où les hommes ont creusé le canal, nous sommes très près de la côte, ce qui nous offre des vues à couper le souffle. Un spectacle fabuleux pour le plaisir des yeux !

Nous débutons par Ambarita où se trouve le Palais de Justice des anciens animistes du clan Batak. Nous traversons d’abord le musée représenté par des maisons de nobles et des maisons du peuple Batak. Ensuite, toute une série de procédure à partir du jugement, de la mise en prison pour se terminer par la mort de l’inculpé, selon le calendrier Batak basé sur l’astronomie et les cycles de la Lune, décrit par les vestiges qui en reste, dont les sièges en pierre et les instruments utilisés durant le processus de mise à mort. Le signe du Scorpion leur donnait du fil à retordre afin de trouver une date qui évite de semer le mauvais sort.

Depuis l’entrée sur le site, je suis surprise par la ressemblance des visages incas ou mayas. Plus je vois les différentes sculptures, plus je me sens en Amérique du Sud. Entre la section du jugement et celle de la mise à mort, l’accusé traversait un corridor où des pierres sont superposées de la manière inca ou maya.

Il nous faut, malheureusement, traversé un « souk » où la sollicitation est de rigueur. Je trouve un sac qui me plait et qui m’éviterait de porter ma sacoche de voyage. Je paie car je crois qu’il est en cuir. Je le montre à Pascal. Mais non! C’est du toc. Je retourne me faire rembourser de peine et de misère.

En marchant avec Effendy, nous avons un cours de botanique très intéressant. L’arbre Kamiri qui produit le fruit karité dont un fabrique le fameux beurre si populaire auprès des femmes, l’arbre qui produit le durian qui pue tant mais qui est délicieux, l’arbre où pendent des fruits de la passion, l’arbre qui produit les fleurs en bouton qui deviennent des clous de girofles, des graines de cacao qui sèchent au soleil et qu’une vieille femme édentée à la bouche rouge du bétel mâché avec du tabac brassent les cabosses le allègrement.

Sur plusieurs terre se trouve le tombeau familial qui peut compter jusqu’à 12 niveaux. Il est l’arbre généalogique mortuaire des descendants du propriétaire de ce terrain. Les femmes et les enfants sont aussi enterrés dans ce tombeau, mais sur le même niveau que l’homme décédé qui porte l’héritage de la descendance. Il y a en a de magnifiques ayant la forme des maisons Batak.

En plus, ce tombeau est une protection pour garder la terre dans la famille, car la croyance est que son âme s’y trouve. Ça dissuade les acheteurs potentiels car c’est une croyance du peuple Batak ancrée dans la tradition la plus pure des clans.

Nous quittons pour Simanindo. La pisciculture que se pratique ici comprend la carpe et le tilapia. Avant le début de la danse traditionnelle, je jase à nouveau avec les hollandais. Ils ont un chauffeur mais pas de guide.

Après quelques séquences annoncées par un « crieur », je réalise que cette danse est celle qui représente la vie de la naissance à la mort. J’ignore combien de donations Pascal a fait depuis hier, mais à chaque endroit visité, on demande une « donation ». Ça serait gênant de ne pas le faire et en même temps, ça montre notre appréciation. D’un autre côté, nous passons notre temps les mains dans les poches qui donne un sentiment d’exploitation du touriste. Je sais que je suis chanceuse mais c’est quand même tannant. Une autre chose à travailler ma Raymonde!

Effendy nous offre de marcher un peu vers le lac alors qu’il fume sa cigarette. Nous passons devant la maison du roi. Du roi??? Mais quel roi? C’est le chef de la région issue de la famille noble, de descendant en descendant, et qui vit du travail de ses sujets. C’est un entrepreneur comme la reine d’Angleterre. Il est respecté et il représente une valeur morale pour le peuple Batak. Ce noble a étudié à l’extérieur et est revenu homme d’affaire. Son rôle n’est pas administratif mais bien moral. Il m’en manque un bout pour bien comprendre. L’adage « Il vaut mieux être roi dans son pays que valet dans un château » s’applique bien ici.

Effendy nous montre, dans la nature, en coupant une feuille et en la frippant, la citronnelle et le clou de girofle. Elle porte l’odeur de ses fruits, et chocolat signifie eau sale! Ben voyons donc! Ce fruit fut amené à Sumatra au début des années 1980. Aujourd’hui, le chocolat est produit principalement pour Nestlé et Philippe Maurice, le producteur de tabac international.

L’arbre produit ses premiers fruits après 3 ans de croissance. Des fleurs se forment sur le tronc de l’arbre, fleurit, et après 45 jours, elles produisent le fruit qui contient 3 noyaux à l’intérieur de lesquels se trouve la graine de cacao.

La péninsule où nous sommes se nomme TukTuk qui veut dire « gueule du chien » dû à sa forme particulière.

Je demande à Effandy si nous pouvons manger dan un petit resto local. Oui, pas de problème. Nous sommes au New Tomok. Sympa et la nourriture délicieuse. Pascal affectionne le goreng ayam (riz frit et une cuisse de poulet) et moi la soupe aux légumes et poulet en morceaux coupés à la façon asiatique : la peau et les os indiquent que c’est bien de la carcasse du poulet, mais il faut chercher la viande. Elle est par contre vraiment délicieuse : 8$ pour les deux, incluant un Coke, ça va! Djoko mange au resto musulman en face.

Nous repartons pour Tomok qui signifie mort et la route arrête ici. C’est là que se trouvent les sarcophages de 3 rois Batak animistes du clan Sida Butar, nom que porte aussi le village. C’est un de ses descendants qui travaille comme surveillant et voit aussi à l’entretien. Il prend son rôle très au sérieux. Il nous faut porter un tissu que nous portons sur l’épaule droite, tout comme les danseurs traditionnels de cet avant-midi.

Le premier roi est décédé vers l’âge de 120 ans et il ne voulait pas être enterré, d’où la présence de ces sarcophages en pierre de la montagne du coin. Ompu Sorre Sida Butar.

Le 2e roi porte le nom de son grand-père Maibatu Sidar Butar. Ici, j’imagine que son grand-père n’était pas roi, vu qu’il est le fils du premier roi. Bon! On dit qu’il était le plus beau et le plus puissant. Il a agrandit le territoire par ses conquêtes, et comme Salomon, il n’a jamais coupé ses cheveux de la naissance à sa mort. On dit qu’il a été amoureux d’une femme qu’il a aimé toute sa vie mais qu’il n’a jamais pu épouser. Le roi épousa une autre femme avec de gros seins afin qu’elle puisse nourrir sa descendance. C’était le premier critère d’acceptation. Les petites maigres n’avaient pas grande chance, à moins, que comme moi, à 17 ans déjà j’aurais pu être la mère de sa descendance. Ouf!

Le 3e roi était chrétien.

Nous revenons à notre jardin d’eden vers 14h30. Je monte dans la garçonnière Batak qui donne une vue magnifique sur la région. Aucun bruit, seulement le clapotement des poissons qui sautent dans l’eau pour venir manger les insectes à la surface de l’eau ainsi que la nourriture que des passagers d’un bateau autobus jettent à l’eau.

Le soleil reste de rigueur malgré l’annonce, ce matin, d’une journée de pluie à venir. Non, non! Pascal est avec nous. Une autre journée de plaisir s’achève. Demain, route, vol vers Jakarta et transfert pour Yogiakarta, suivi d’une journée d’arrêt! Mes oreilles en ont besoin. Beaucoup d’informations en peu de temps sur des cultures tellement différentes de la mienne. Un peu de repos me fera du bien.

Salutations à vous que me lisez! X x x

 

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20150125-Santa Maria Annai église universelle25 janvier - dimanche - Hôtel Bukit Lawang - Berastagi (Sumatra)

Itinéraire de mon réveil Bukit Lawang :
- Muezzin à 04h00 pour la première prière musulmane
- 05h00 : le chant du coq : réveil matin naturel pour annoncer la venue du lever du jour dans une heure
- 06h00 : lever du jour accompagné du chant des enfants qui se réveillent pour réclamer déjà leur petit déjeuner. Mais pourquoi se lèvent-ils si tôt? École ou boulot? Car à 06h30, tout est redevenu très silencieux! Mais c'est dimanche et toute la famille se rend à la messe, comme le faisait nos parents, pour échanger les nouvelles et "faire" le social de la semaine.
- Tout ça accompagné par le murmure incessant de la rivière Bohorok. Qu’elle orchestre symphonique où s’ajoute, selon les heures, selon la température et les heures du jour, le chant des oiseaux ou le croassements du genre corneilles que j’apprécie beaucoup moins.

L’effet du décalage horaire semble s’être volatisé ce matin. Ça sera plus facile pour les semaines à venir.

Enfin dans notre chambre
Nous voici rendu à destination à notre hôtel Sinabung à Berastagi. J’ai juste la présence du corps à Pascal. Son esprit est totalement endormi et son cœur est en flotte. De mon côté, ma bouteille d’eau s’est répandue dans mon sac mouillant toutes mes notes de voyage écrites à la main. Heureusement qu’il fait très chaud : tout est sec, feuille par feuille, juste en laissant le papier au soleil qui traverse la fenêtre. Aujourd’hui, la température a monté à 34o C. Très chaud. Heureusement que nous faisions de la voiture aujourd’hui. Par contre, la nuit fut fraîche et douce.

La grandeur et profondeur des nids de poules passe de petits à nids d’éléphants. Pascal arrête acheter des arachides, une boite de papier mouchoir pour utiliser dans l’auto et aux arrêts « techniques » qui veulent dire arrêt pipi et un grand 7Up afin de faire passer la tourista qui l’accable depuis son réveil. Je suspecte aussi une réaction au comprimé pour la malaria qui donne ces effets d'épuisement, un peu de fièvre et maux de coeur.

En fin de compte, nous allons soulager nos vessies dans une toilette hindouiste. Shiva règne en maître suprême sur le site. Beau souvenir de l’Inde où nous avons vécu avec ces dieux et déesses indiens

Dyoko porte l’ongle du pouce très long. Il dit que c’est juste pour l’esthétique. Mais, il est musulman et souvent, les musulmans portent l’ongle long au petit doigt. Bon! Questionnement ici!

Nous prenons presqu’une heure pour traverser Medan. Ben oui! Il faut revenir à Medan pour remonter à Berastagi qui se trouve à 1400 mètres d’altitude. Se soir, une poussière de volcan couvre la région car il y a eut une éruption il y a quelques jours. Mais, je n’ai pas encore vu de volcan!

Efendy nous arrête à Santa Maria Annai Velengkanni. Une église, un temple, une synagogue unifiée en une seule. Un Jésuite indien, Père James Barada, a initié ce projet qui s’est complété en 2005. Il est né à Madras, Inde de parents catholiques mais de culture hindoue. La maison des Jésuites à laquelle il est rattaché se trouve à Toulouse, France.

Sa maison est passée au feu brûlant tout, ses vêtements, la maison elle-même de fond en combe, mais oh! Miracle, seul la Bible et furent épargnés.

Par la suite, il fait un rêve dans lequel il dessinait les plans de cet endroit qui réunit les différentes religions. Il dit que Dieu a été l’architecte et Marie la comptable. Car il priait Dieu pour la réalisation concrète des matériaux nécessaires et il priait Marie pour recevoir de l’argent. Le tout a coûté près de 3 millions de dollars. Lorsque tout fut fini, l’argent a cessé de rentré. Les dons suffissent pour l’entretien.

Je le mets dans la soixante. Il ressemble à René Angelil, sérieuse! Il a souffert d’une opération au cœur et il marche maintenant avec l’aide d’une canne.

Il dit que visiter cet endroit de prière correspond à un pèlerinage en lui-même. On débute par la section Bethléem avec la crèche de Noël, ensuite vient Rome et une statue du Pape Jean-Paul II qui est venu à Medan en septembre 1979, ensuite la section Nazareth où se trouve un temple dédiée à Marie.

C’est un peu le Lourdes de Medan, car le Pape Jean-Paul II fut canonisé saint, donc c’est un saint endroit. Lorsque les catholiques se réunissent en grand groupe, ils le font dans l’hippodrome de Medan. C’est la mecque catholique.

L’Indonésie est une mosaïque de peuples et d’ethnies où se côtoient musulmans, chrétiens, bouddhistes, hindouistes et animistes. Chacun vit à son rythme, du plus traditionnel au plus frénétique. Père James a bien intégré ce principes des différences dans le respect et la paix universelle.

J’ai complètement oublié de demander la guérison de ma corde vocale qui a des maux afin de me faire prendre conscience que j’ai a utilisé les mots pour les guérir. À suivre!

Nous dinons au Sunrise Resto. On y mange très bien, mais c’est cher pour le coin. Ensuite, nous visitons le marché près de la ville. Vraiment charmant avec ses enfants accrochés à leur mère qui travaille tout en leur jasant des conditions à lesquelles ils doivent s’en tenir. Elles sont très belles ces femmes. La majorité des hommes portent la moustache ce qui leur donne un air mâle plus évident.

Je refais connaissance avec le fruit mangoustine. J’achète trois kilos de clémentines juteuses à souhait, 2 kilo de salak aussi appelé le fruit serpent dû à sa pelure de style peau en écailles de serpent. Délicieux!

Cette région est très fertile. Elle produit des fruits et des fleurs qu’elle exporte un peu partout dans le monde. Dix camion partent à chaque jour pour être déchargés dans des avions. J'avais noté les nombreux véhicules neufs que nous avons rencontrés. Ce sont des cultivateurs prospères.

La tribut Batak
Effendy est né dans un clan Batak. Lors de notre arrêt à une église catholique, il nous amène visiter une maison Batak complètement rénovée qui se trouve sur le site.

J'apprends que les Toranja que nous visiterons dans quelques semaines viennent de la même souche que les Bataks et ils parlent tous bahasa qui est en fait, la langue nationale. Seules certaines personnes âgées ne parlent que leur dialecte local.

Je termine afin d'aller prendre une assiette garnie d'un tas d'oignons et ail frits, quelques morceaux de boeuf rôti. Quelques fruits et dodo.

 

23 janvier 2015 - vendredi à l'Hôtel FM7 à Medan, Sumatra

Ce matin, un petit clin d'oeil du Québec. Au FM7, sur notre chemin vers la réception, des sièges coquilles ornent une pièce. Ils sont semblables à ceux de l'émission "C'est juste de la télé" où la journaliste regarde une émission afin de donner son opinion.

Nous quittons l'île de Java qui ressemble, vue d'en haut, à une passoire dont les filets sont composés de rizières qui longent même la piste d'atterrissage.

Nous sommes en route vers Medan (Sumatra) par un départ vers 10h40 afin d'atterrir à Kusianamu (nouvel aéroport ouvert depuis seulement un an) avec la compagnie aérienne Garuda (monture de Vishnu dans l'hindouisme).

La route étroite qui nous relie à l'aéroport sur laquelle deux voitures seulement peuvent trouver place, laisse s'insérer les motos qui semblent plus pressées à se rendre à destination.

Ce matin, je me demande encore, si ce sont des dauphins ou autres mammifères marins que j'ai vu au large des côtes de Java?

Le soleil vient de se coucher sur Medan. Je suis fourbue et le décalage horaire joue encore un peu sur mon désir de sommeil.

Par où commencer? Quelle journée remplie d'une multitude de visages, de sons, d'odeur d'épices, de rires d'enfants et de klaxons d'impatience de la part des chauffeurs indonésiens. Mais quelle sensation merveilleuse de dépaysement total. J'aime l'Asie dans ses différences.

Je m'endors trop! Après un repas de diversités culinaires au Kitchen de notre hôtel, je me couche en espérant avoir le temps de repasser ma journée dans ma tête et dans mon coeur. J'ai bien peur de ne pas réussir cet exploit!

Sumatra! Juste un peu d'info sur cette île d'Indonésie. 40 millions d'habitants, d'une longueur de 1800 km et largeur de 400 km, la plus grande ville: Medan (environ 2 millions d’habitants) où nous couchons ce soir.

Sumatra est l’une des quatre îles de la Sonde, avec Java, Sulawesi et Bornéo. La majorité des habitants de Sumatra sont musulmans (90%). Les Batak sont chrétiens protestants et le reste du peuple est partagé entre l'hindouisme, le bouddhisme, le catholicisme, et la croyance traditionnelle chinoise.

Du côté température, Sumatra est située au nord de Java sur l'Équateur. Elle est la sixième plus grande île au monde, avec ses 443 065 km², et la troisième de l'archipel indonésien.

Nous avons pu constater que son architecture évoque l'art islamique et l'époque coloniale à la fois, confirmé par Effendy, notre guide originaire de la région de Toba. Ses origines sont Batak, donc il est autochtone indonésien.

L'île est formée d'une longue chaîne de montagnes, parmi lesquelles un grand nombre sont des volcans. Il y en a 90, dont une quinzaine sont encore en activité.
Fidèle à la tradition de pluralité ethnique indonésienne, Sumatra rassemble une mosaïque de peuples : des musulmans fervents d'Aceh aux Batak chrétiens, peuple d’anciens chasseurs de tête et cannibales en passant par la société musulmane matrilinéaire (La famille matrilinéaire est un système de filiation dans lequel chacun relève du lignage de sa mère. Cela signifie que la transmission, par héritage, de la propriété, des noms de famille et titres passe par le lignage féminin) des Minangkabau de Padang et de Bukittinggi, ainsi que les populations indigènes de l'île de Nias et des îles Mentawai qui coexistent la plupart du temps en bonne intelligence, unis par un même amour et une même crainte de leur terre farouche.

Les éruptions volcaniques, tremblements de terre, inondations et tsunamis qui font régulièrement la « une » des journaux sont le prix à payer pour avoir le privilège de vivre dans cet écosystème particulièrement diversifié où des volcans bouillonnants montent la garde sur des lacs de cratère. La fertilité du sol se traduit partout par la présence d'une végétation luxuriante, refuge d'une faune abondante. La jungle abrite non seulement notre cousin à poil roux l'orang-outan, mais toutes sortes d'autres singes qui s'ébattent dans la canopée. Avec de la chance, on peut même apercevoir un tigre ou un timide rhinocéros de Sumatra.

Une autre attraction : les plages. Le caractère sismique et tempétueux du littoral entraîne la formation constante de rouleaux qui déferlent sur les rivages déserts, faisant de Sumatra l'un des plus beaux lieux isolés pour pratiquer le surf.

Je me suis inspirée d'articles que j'ai condensés afin d'éviter les répétitions.

Un dernier mot sur l'histoire et ses sultans. Hier, nous avons visité leur mosquée principale Masjid Raya, le palais du sultan construit fin 1800 où nous avons été les vedettes de l'après-midi. Un seul sourire suffisait pour déclencher, madame, madame, photos, photos. Incroyable! Pascal a embarqué dans ce délire de popularité et le guide s'est retiré afin de nous permettre de vivre ce plaisir de la reconnaissance de l'étranger en visite chez-eux.

Après avoir été dominée par le Sultan Ismail, Medan ne s’est réellement développée qu’à partir de la fin du XIXe siècle, à l’arrivée des colons hollandais venus dans la région pour créer des plantations de tabac. Elle devient alors rapidement le centre névralgique du commerce et des affaires politiques de la région ouest de l’Indonésie. Depuis, les nombreux bâtiments de l’époque coloniale ont plutôt tendance à être démolis pour construire des édifices plus modernes. C’est sans doute la faible activité touristique de la ville qui ne pousse pas les autorités à protéger son patrimoine historique.

Que de trésors démolis tout comme au Québec. Une chance que les anglais y ont vu, car nous les québécois, détruisions la pierre et le béton pour reconstruire avec du bois.

Fini le cours d'histoire, pour aujourd'hui tout au moins! Salutations à vous qui me lisez. Quel plaisir de partager ce quotidien avec des gens que j'aime. x x x