Skip to content

Jour 29: je tangue encore malgré les 2 pieds sur terre

17 février 2015 – mardi

Nous quittons notre petit refuge de couvent avec un peu de regret.  Je rencontre un homme originaire de Sudbury.  Lui et sa femme, c’est la 4e fois qu’ils viennent en Indonésie.  Ils aiment le côté aventure que leur procure chaque île en plus du coût peu élevé pour y vivre.  Bien d’accord.  Nous avons échangé un bon 20 minutes sur nos manières de voyager qui se ressemblent.  Il trouve que Lonely Planet n’est pas à jour, que le Routard est trop de base mais que Trip Advisor fourni des infos au jour le jour et en diversité.  Là aussi je suis bien d’accord car c’est ainsi que j’ai opté pour l’Indonésie suite à tous les blogues parus dans la dernière année et souvent, dans les derniers mois.

Nous débutons notre journée en roulant sur une route, mais qui n’en porte que le nom, pour faire connaissance avec ces petits hommes découverts dans une caverne dont la mort remonte à plus de 12 000 ans.  Dans les faits, ces petits hommes mesuraient environ 1,25 m et avait un cerveau de la grosseur de celui d’un chimpanzé. Le mot « pigmé » pourrait s’appliquer mais les scientifiques parlent d’eux en d’autres termes.  Nous en avions entendu parlés en 2003 lorsque la nouvelle est sortie mais on peu lire plusieurs sites afin de faire sa propre opinion.

Le guide parle un anglais bien compréhensible et le gardien me suit pas à pas afin de regarder les photos que je prends.  Je me détourne, il est là presque nez-à-nez! Enfin! Il semble prendre beaucoup de plaisir à regarder le résultat!

Il nous faut remonter ce chemin de chèvre en voiture pour reprendre la route à environ 25 km de Ruteng où se trouve une colline d’ou l’on peut voir les très rares rizières en étoile.  Comme les autres rizières, chaque parcelle appartient à une seule famille et est léguée aux enfants sous forme d’héritage. Ici aussi il a fallu monter une centaine de marches pour atteindre le sommet d’où les vues sont magnifiques.

On peut entendre le cri des agriculteurs et des vendeurs de poissons du petit marché qui s’étend tout en bas de cette montagne.

 

Je reviens sur l’ikat, l’artisanat principal dans les petites îles de la sonde.  Le terme désigne des étoffes aux motifs élaborés dont les fils, avant d’être tissés sont noués et teints. Riches en couleurs et en motifs, ils sont encore portés couramment dans certaines régions. Les plus connus sont les superbes Ikat de Sumba et de Florès.

 

On peut voir, le long de la route, des gros « fuseaux » de câbles style Hydro Québec posés à même le sol en attendant d’être installés sur les poteaux sans fil pour le moment.  Ma belle Lyne Hamel tu peux être fière de cette compagnie qui œuvre ici aussi pour « éclairer » les gens.

Pascal et moi discutons du genre de vie que vive les habitants de l’Île.  Ils sont à la base des besoins : ceux de se nourrir et de se loger dans des pièces qui ressemblent plus à un poulailler qu’à une maison.  C’est l’instinct de survie vécu au quotidien.  Souvent ils nous disent comment c’est difficile de voir tant de gens qui peuvent venir les visiter alors qu’eux, ils ne peuvent même pas en rêver.  Rien à ajouter!

Une pluie torrentielle tombe une bonne partie de notre traversée des montagnes et oblige Dennis à ralentir et à doubler de prudence.  Il est un excellent conducteur et les rencontres se font parfois avec un petit dérapage ressenti à quelques reprises.  Des masses d’arbres déboulent sur les pentes, des torrents se forment sur la route composés de pierres et de graviers assez grossiers qu’on peut très bien les ressentir lorsque nous roulons sur leur passage.  Cette eau s’écoule vers la vallée en de grandes trombes d’eau.

Pas une goutte d’eau n’est tombée à Luanbanjo où nous prenons le bateau pour aller la rencontre de ce fameux lézard sur l’Île de Komodo.  Une des deux raisons qui m’ont choisir Flores : ces lézards et les lacs dans le cratère du volcan Ketimutu.

Il me faut dire aujourd’hui, que malgré le fait que j’ai été traumatisé de l’Hôtel à Bajawa, je devrais nous trouver bénis Pascal et moi.  Le couple de Sudbury a couché à l’Hôtel Eldeweiss où je voulais suggérer ce choix à l’agence, mais voilà, ils ont été piqués par des punaises de lit.  Ils en avaient partout sur les bras et les jambes surtout.  J’espère que leurs valises étaient fermées! Notre chambre était bien, c’est la salle de bain qui était purement dégueulasse.  Bon!

Nous faisons connaissance avec Side, le capitaine, son fils Isra et un ami de la famille Ara, l’assistant d’Isra qui occupe les fonctions d’assistant capitaine (il prend la roue de temps en temps, lorsque son père le lui permet), cuisinier (excellent à part ça) et assistant à l’amarrage.  Notre Murilahi (nom du bateau) est quand même confortable sans aucun luxe par contre.

 

Nous avons la surprise de notre vie lorsque vers 18h15, des oiseaux par centaines volaient au-dessus de nous.  Nous avions bien entendu des cris d’oiseaux, mais pas de questionnement à ce sujet.  Isra vient nous montrer les oiseaux : bat – batman = chauffe-souris par centaines.  Leur cri résonne dans l’air en annonçant qu’ils partent pour ne revenir qu’au lever du jour demain matin.  Elles vont se nourrir de fruits sur l’île de Komodo.  Elles sont nomades.  Cette semaine elles vont sur cette île, la semaine prochaine elles peuvent changer d’idée pour aller en visiter une autre qui leur offrira leur nourriture quotidienne. Impressionnant!

 

Nous dormirons sur le pont.  Les deux jeunes hommes viennent installer notre lit.  Plus confortable que nous nous y attendions.  La brise légère rafraîchit un peu l’air humide.  Nous sommes bien.  Pascal aimerait se coucher plus tard, mais l’équipage attend qu’il se décide à se coucher afin de faire leur propre nid.

J’adore les 5 étoiles, mais se soir, comme je le disais à Pascal, ce sont des milliers d’étoiles qui brillent au-dessus de nos têtes.  Curieusement, je suis en train d’écrire au resto de notre super hôtel à Luanbanjo, La Prima, et j’ai l’impression de tanguer un peu.  Je lève la tête pour cesser ce ressenti.

Moi qui aime le plein air, je suis servie à profusion.  La voie lactée se trouve à l’horizontale de notre petit rafio. Pascal et moi vivons un moment branché sur l’infini.  Il se souvient des endroits où nous avons vécu cette communion avec les étoiles : à un chalet sur la pointe de Chambord lorsque les filles étaient encore des enfants, avec ma sœur Marie et mon amie Guylaine Niquet à North Hatley, dans le Outback en Australie, en Inde dans le désert du Rajasthan et ici, à Florès.  Quelle magie! Malgré l’inconfort du 0 étoile, quatre personnes font tout leur possible pour que nous soyons bien, heureux d’être là avec eux.  Merci gang!

Bonne nuit!

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *