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Jour 27 : Flores continue à nous surprendre

15 février 2015 – Des noms imprononçables qui deviennent réalité !

Andréan ajuste notre horaire selon la température afin de s’assurer que notre itinéraire est respecté et que nous soyons satisfaits de notre voyage à Flores.  Super prévenant, nous apprécions ces initiatives.

Aujourd’hui, selon sa recommandation d’hier midi, nous prenons la route après le petit déjeuner à 07h00 pour nous rendre à Bajawa, en passant par Ende (81,7 km – 2h16).

Copieux petit déjeuner, comme à tous les matins ici.  Le café Arabica est un des plus délicieux en plus, il est servi dans une copie de Bodum ! Nona nous sert avec le sourire et nous souhaite bon voyage.  M’étant couchée à 20h30, à 03h00 je termine le livre d’Amélie Nothcomb : « Hygiène d’un assassin ».  Quelle fin de lecture !  Je me rendors en me disant que je change d’auteur.  Je désire lire quelque chose de plus doux un peu. J’opte pour un écrivain français, Alphonse Daudet, avec un de ses romans « Lettres de mon moulin – 1885 ».  Quelle plaisir que de courir sur ses mots qui décrivent son quotidien d’une manière tellement poétique.

Les gens qui sillonnent la route à pied, c’est dimanche après tout, sont enveloppées dans un sarong, comme les anciens.  Ça me rappelle la Bolivie.  La tradition perdure ici.  Chapeau ! Le  matin je porte le pashmina de 07h00 à 09h00 environ.

Vers cette heure, nous arrivons au bord de la mer à Ende.  Beaucoup de musulmans dans cette ville.  Les étales de poissons longent la route dans une odeur fraîche de la mer.  Le paysage passe de magnifique à fascinant tant il y a de la diversité d’un paysage à un autre : les nuages, la mer, les chaloupes, les canots, les bateaux des pêcheurs qui semblent flotter dans les airs tant la mer est transparente dans ses tons de vert et de bleu, le volcan qui se détache des nuages, l’Île d’Ende en face de la ville du même nom et enfin les gens colorés qui se rendent soit à la messe soit à la mosquée.

Nous arrêtons à Penggajawa pour découvrir les galets bleus, turquoises et parfois mauves.  Cette partie du littoral, située à quelques kilomètres au sud-ouest de la ville d’Ende que nous venons de quitter, est rebaptisée « Blue Stone Beach », la plage aux galets bleus.  En fait, c’est une succession de plusieurs plages qui s’étire sur une dizaine de kilomètres : Nangamboa, Nangapanda et celle-ci.  Ces pierres servent dans la décoration de salles de bain, d’aquarium et les murets.

Sur l’Île de Flores la malaria est présente car la forêt est omniprésente ainsi que les moustiques.  À Kelimutu, c’était la première fois que nous utilisions des moustiquaires pour entourer nos lits.

La route Trans Flores est améliorée grâce à la collaboration des australiens.  On dit qu’ici aussi il y a de la corruption.  Je trouve que c’était plus évident à Sumatra qu’ici, car les industriels ne s’occupent même pas de construire leurs routes pour le transport de noix de palme.

Alain Bouchard, si tu veux prendre ta retraite à la chaleur et faire un peu d’argent (7.50$ par jour), il y a beaucoup de travail de disponible ici.  En plus, Pascal a vu un auto-piqueur comme celui que tu opères à Québec.

Andréan arrête pour s’acheter de l’eau et moi j’en profite pour acheter 2 sacs de crackers, un pour eux et un pour nous et un Sprite.  Une chance, car les restos sont tous fermés aujourd’hui où nous étions sensés dîner au village de Boawak Nageklo. Pendant que les hommes fument leur cigarette, Pascal et moi photographions le volcan Ebulobo qui au mois d’août 2013 montrait des panaches de gaz montant jusqu’à une trentaine de mètres au-dessus du volcan.  L’incandescence était visible de nuit dans la partie nord du sommet, phénomène qui n’avait pas été observé depuis 2011.  Le niveau d’alerte a été élevé à 2 sur une échelle de 4. Il est tout simplement magnifique.

Les chèvres portent un morceau de bois transversal à leur barbichette.  Il sert à les empêcher de manger de l’autre côté de la clôture où se trouve les légumes du  jardin. Ils peuvent juste passer la tête. Ingénieux!

Nous parlons de l’Arak, boisson nationale que boivent les gens de Flores.  Je vous reviens sur ce sujet, car c’est demain que nous visitons des gens qui en fabriquent.

Nous arrêtons pour qu’Andréan achète un durian à sa sœur enceinte et qui ne pense qu’à en manger : 70 000 rupiahs (7$) ! Énorme comme prix pour un seul fruit qui pue tant mais qu’on dit tellement délicieux.  C’est le prix d’un repas pour deux au resto.  Andréan demande s’il peut le mettre dans l’auto.  Pas de problème!  On nous a dit qu’il pue, mais nous on trouve pas trop.  C’est que nos fenêtres sont ouvertes, car après avoir visité un autre village, lorsque nous revenons, ça pue terriblement dans l’auto.

Le style de toit des maisons dans cette région a la forme d’un Pizza Hut.  Ils ont dû voir ça ici!

Nous passons par le petit village de Mamjulewa où les familles cultivent leurs légumes devant leur maison : chou vert, carotte, oignon vert, haricot et tomates.  Mignon comme tout ce petit village.

Et maintenant parlons du Mont Inerie de forme pyramidale qui est l’un des plus hauts volcans de l’île de Flores.  Il culmine à 2 245 m. C’est celui que nous voyons à partir du village Bena. Juste ce village valait le voyage autant que les lacs de Kelimutu.

La culture est encore ancrée dans les communautés ce qui signifie que les villages traditionnels que l’on visite abritent encore de nos jours des locaux. L’artisanat est maintenu dans ses communautés depuis des générations. C’est l’atout principal de ces villages comme Bena qui restent encore très peu touristiques et pourtant facilement accessibles depuis la ville de Bejawa où nous couchons ce soir, soit à 16 km.

Le village se compose en fait de deux rangées de maisons traditionnelles aux hauts toits de chaume que se partagent 2 tribus. Une paire de sanctuaires ngadhu et bhaga est mis en évidence au centre du village de Bena.

  • Le ngadhu, qui incarne l’ancêtre mâle d’un clan, est en forme de parapluie. Son tronc est sculpté et est surmonté d’une figure guerrière car il symbolise la férocité et la virilité.
  • Le bhaga, qui incarne l’ancêtre du clan féminin, est en fait une petite cabane avec un toit de chaume là encore et qui ressemble à une miniature d’une maison traditionnelle. Il symbolise ainsi le sanctuaire de la maison mais aussi le corps de la femme.
  • Entre les deux, un pilier en bois dont la couleur noir provient du sang des animaux sacrifiés lors de cérémonies.

Lors de la visite du village de Bena, on voit aussi un peu partout des formations mégalithiques qui permettent en fait aux locaux de se connecter avec le monde surnaturel et de communiquer avec les ancêtres, souvent par des sacrifices d’animaux. Il y a aussi un autel de pierre pour chaque clan du village où Pascal et moi nous sommes assis.  La pierre aurait pu faire cuire un œuf.  Imaginez nos fesses après la photo prise par Andréan.

Ce qui est fascinant dans le village de Bena, c’est bien sûr l’histoire des pierres mais aussi son architecture avec le toit à la Pizza Hut ainsi que la décoration de ces maisons traditionnelles, qui comme chez les Toraja, comprend des cornes de buffles, des mâchoires de porcs et des crânes d’animaux accrochés aux murs des maisons, souvenirs d’animaux sacrifiés lors des cérémonies.

Nous sommes montés, au bout du village, sur un promontoire pour admirer un superbe panorama sur le village de Bena d’un côté et sur la mer de l’autre. Un sanctuaire avec la Vierge Marie est installé ici.

Le village est resté complètement préservé et le mode de vie ancestral de ses habitants aussi. Sur place, pour aider la communauté à vivre et aussi me faire plaisir, j’ai acheté de l’artisanat local, un ikat (fibre de noix de coco tissé et teinte) directement auprès deux vieilles dames qui jouaient avec des billes et des bols selon des règles que nous ne voulions pas trop savoir sous ce soleil de plomb.

À Bejawa, ville servant de passage, nous prenons notre dîner souper chez Dito’s resto.  Pascal y va pour un gado gado (légumes dans une sauce aux arachides) et moi d’un riz brun genre chinois.  Délicieux! Ça sent le naphta à plein nez lorsque la cuisinière débute notre repas.  Rien n’est fait d’avance.  Il faut prendre le temps que les légumes soient coupés et rôtis et ensuite cuisiner la recette demandée.  Le résultat est délicieux tout en fraîcheur.

Une averse arrose la ville pendant une dizaine de minutes.  Le soleil revient glorieux de cet intermède mouillé.

Notre hôtel : non, notre trou mais qui nous permet quand même de se mettre à jour dans nos photos et nos blogues. Pour ce qui de l’Hôtel Bintang Bajawa lui-même, je n’en parle même pas! Bonne nuit!

Pst : hier au sujet des lacs, je viens de trouver leur signification :

Tiwu Ata Mbupu         Lac noir – lac où montent l’âme des gens âgés

Tiwu Ata Poloe                       Lac émeraude – lac enchanté

Tiwu Nuwa Muki Koo Fai      Lac turquoise – lac où montent l’ame des jeunes filles et des jeunes hommes

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