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1er février 2015 - Dimanche - Makassar (Sulawesi)

Ce matin, au petit déjeuner, une fille de 8-9 ans se déplaçait en patins dans le restaurant accompagnée de sa soeur plus âgée. Ses parents ont quitté en leur demandant de rester sages. Je me demande bien pourquoi? Je suppose, à voir le visage de la femme, qu'elle a un devoir à accomplir auprès de son mari. Car, son conjoint après s'être adressé à elle, elle a bu son verre de lait d'un trait, a baissé la tête, lui a donné une pilule qu'il s'est empressé de mettre dans sa bouche et ils ont quitté rapidement. Bon!

L'hôtel Santika est tout près de la mer. Notre choix s'est arrêté ici parce que l'île de Célèbes (Sulawesi) est une vrai diversité culturelle et ethnique. Avec une population de 15 millions d'habitants, Sulawesi comprend plusieurs dizaines d'ethnies parlant plus de 40 langues et une bonne centaine de dialectes. Les principales ethnies sont les Makassars, les Torajas, Les Bugis ou les Gorontalos. Jadis, les pirates des côtes ouest parcouraient la route des épices entre Sulawesi et les îles Moluques.

Ujung Pandang (Makassar), basé à la pointe de Sulawesi sud en est la capitale. Trépidante, si on la compare au reste de l'île, elle reste tout de même paisible pour une ville indonésienne. Situé au bord de la mer, le port maritime de la ville reste florissant et on trouve de nombreux villages de pécheurs tout le long des côtes de la région. Ce que nous pourrons constater tout le long de notre séjour sur l'Île.

Le guide Risal et le chauffeur Rashni m'ont fait bonne impression. Je mentionne que je veux visiter le fort Rotterdam, vestige Hollandais réputé ainsi que le port pour admirer les bateaux des pêcheurs. Il suggère que demain, avant de quitter la ville, nous pourrions les visiter avec eux, en voiture! Super prévenant notre Risal!

Je mets ces sites internet pour les personnes, qui comme moi, aime l'histoire sous "roi actuel" et Hamengkubuwono.

Bon résumé au sujet du roi actuel et de son rôle de sultan. Hamengkubuwono X est né en 1946 et fut couronné roi en 1989, à la mort de son père Hamengkubuwono IX qui a signé l’indépendance de l’Indonésie en août 1945.

Et pour les amoureux de l’histoire, voici mon site favori qui résume bien le déroulement des échelons indonésiens qui ont amenés le pays à l’indépendance

Il me faut parler du café kopi luwak. Il est récolté dans les excréments d’une civette (animal) asiatique qui est élevée en Indonésie, uniquement pour cette raison. L’animal consomme les cerises du caféier, digère leur pulpe mais pas leur noyau qui se retrouve dans ses excréments. Son système de digestion fait subir une transformation bénéfique aux arômes des grains de café. Ce café vaut parfois plus de 1 000$ US le kg.

Cet pm, je suis sortie en exploratrice.  Une fois dehors, le chaleur me surprend.  Je m'informe à un Dunkin Donuts pour savoir dans quelle direction marcher jusqu'à la mer.  Des familles déambulent avec des enfants qui ne demandent qu'à grimper, à courir et à rire.  C'est dimanche!  Un chapelet de petites échoppes de nourriture s'étirent le long de la mer.  Des odeurs d'ail, de fritures, de fruits et de cigarettes se mélangent en un effluve exotique qui sent l'ailleurs à mon odorat québécois.

Je prends quelques photos et après 1h00 de chaleur, je décide de revenir à l'hôtel.  Des jeunes hommes m'accostent afin de me questionner en anglais.  Un film avec une caméra quand même de qualité et l'autre m'interview.  Il se sent dit très nerveux, mais à son école, ce devoir sera très apprécié.  Les questions restent les mêmes que par les jours passés où je me suis aussi prêtée à répondre, en anglais, à ces jeunes garçons ou filles, qui d'un sérieux assez impressionnant, cherchent leurs mots en anglais tout en restant le plus naturel possible.

L'eau coule le long de mon échine.  Je décide de cesser l'entrevue et de leur souhaiter bonne chance après 15 minutes à l'ombre.  Malgré cette position, je transpire beaucoup.  Une fois à l'hôtel, je vérifie: 30oC à 18h20.  Ouf!  Je me disais aussi!

Quelques photos de ce dimanche d'échanges avec des gens super sympathiques.  Ils me prennent en photo et je leur demande la même chose pour mes souvenirs sur ma caméra.  Ils sont souvent très sérieux pour la photo.  Un peu comme nos grands-parents sur les photos qui ont marquées notre génération.

En revenant, je prends une photo du Colonel Sanders.  Pascal en voyant mes photos, me demande si on peut aller souper chez Kentucky.  Bien sûr!  Un peu de friture après 15 jours de nourritures à base de riz, d'épices et de légumes apporte une petite douceur de chez-nous!

Selamat malang!

31 janvier 2015 - Samedi -Vol - Jogiakarta (Java) - Makassar (Sulawesi) - Guide Risal, chauffeur Rashni

Une journée d'arrêt pour terminer notre séjour à Yogyakarta qui s'écrit de plusieurs manières.  Le soleil semble vouloir nous quitter et les nuages s'accumulent au-dessus de nos têtes.  Je voulais aller marcher, mais je ne prends pas le risque: le ciel est trop sombre en plus le tonnerre semble annoncer le choc des éléments.

Je décide donc de continuer à inclure mes photos prises depuis le début du voyage.  J'apprécie toute cette connaissance que Pascal partage afin de me rendre plus autonome et indépendante.  Il en est de même pour le choix des lits simples.  Ainsi, l'un ne dérange pas l'autre durant la nuit, car notre corps semble prendre une bonne semaine afin d'inverser le processus du jour et de la nuit, vue que nous sommes à 12h00 de différence d'avec le Québec.

Pour le petit déjeuner, étant une lève-tôt, je descend prendre mon petit déjeuner seule en regardant vivre les employés, les touristes et leurs enfants et parfois admirer la ville se réveiller.  Je prends au moins une bonne heure et demie alors que Pascal qui part à mon arrivée dans la chambre, ne prend qu'une demi-heure environ.

J'apprécie ces intermèdes de la présence de l'autre, car nous vivons 24h00 sur 24h00 ensemble en partageant le même espace.

Suite à la visite des temples bouddhiste et hindouiste qui me ramène, comme un fil d'Ariane, vers l'Inde où j'ai vécu une connexion qui continue même aujourd'hui dans le sens de prises de conscience de l'ego, ce fameux locataire qui agit comme un propriétaire, comme le disait si bien Placide Gaboury.

La pluie vient arroser les plantes et les fleurs qui lui démontre bien leur appréciation en grandissant vertes et colorées pour notre plus grande admiration devant tant de beautés naturelles.

Lorsque Pandri nous décrit les débats archéologiques afin de prouver, seulement la signification du nom sanskrit gravé sur les pierres originales, démontre bien la présence de ce fameux ego locataire.  Il en est de même à l'intérieur de chaque couple, le mien inclus.  Quelle importance d'avoir tort ou raison?  Quelles blessures se cachent sous tant de souffrances enfantines non réglées?   Et que dire de celles de nos ancêtres qui coulent dans nos veines?

Et lorsque Pandri nous remémorait les 4 nobles vérités enseignées par le bouddhisme soient que la souffrance provient des passions et des désirs et que pour l'éliminer, seule notre propre sagesse peut y parvenir:, en l'appliquant au quotidien et en faire bénéficier aux autres c'est notre karma.  Dans mon cas, je les mets en pratique ce qui me demande beaucoup d'efforts et de conscience au quotidien, pour ne pas dire tout le temps. Bon!

Ce qui m'a fasciné lors de la visite des deux temples, c'est la persévérance de tous ces gens travaillant en équipe pour leur redonner vie après des siècles d'abandon à la terre qui les avait ensevelis sous des tonnes de débris provenant de l'éruption des volcans et des tremblements de terre.  La base a été refaite par les Hollandais de  manière à être plus flexible lors de ces attaques naturelles, en y ajoutant des espaces remplies de matière plus flexible que le béton qui figeait les bases originales.

Les matériaux d’origine ont été utilisés pour reconstruire le temple en deux étapes au XXe siècle : après le début du siècle et plus récemment (1973-1983). Ces matériaux sont ceux qui ont essentiellement été utilisés, avec quelques ajouts pour consolider le monument et assurer un drainage approprié, ce qui n’a pas eu d’impact néfaste sur la valeur du bien. Bien que l’état actuel du temple de Borobudur soit le résultat de restaurations, il restait plus de matériaux d’origine que nécessaire pour rendre possible la reconstruction.

Aujourd’hui, le temple pourrait servir de site de pèlerinage bouddhiste. Son atmosphère générale est cependant compromise dans une certaine mesure par le défaut de contrôle des activités commerciales et la pression résultant de l’absence de stratégie adéquate de gestion du tourisme.

Par exemple, des gens grimpent sur les pierres en s'agrippant aux sculptures afin d'éviter de tomber lors de la prise de photo (ego quand tu me tiens)!

Pour terminer, en écoutant le fameux tango dansé par Al Pacino et Gabriel Anwar dans le fille "Femme", j'ajoute que les grandes oreilles de Bouddha signifient que la sagesse vient d'écouter plus que de parler.  Ma gorge semble avoir compris, puisque ma voix revient de jour en jour!

Bizzzzzz à vous qui me lisez!

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30 janvier 2015 - vendredi - Hôtel Plaza Jogjakarta - Temples:  Borobudur, Prambanan

Une journée bien remplie nous attend. Avec mes 20 pages de notes, je vais me concentrer seulement sur les grandes lignes. Le reste restera dans mes notes personnelles de voyage.

L'île de Java est en fait une terre qui s'étire d'Est en Ouest sur près de 1000 km. Celle-ci regroupe de nombreux volcans actifs.

Le fruit durian qui pue est le roi des fruits indonésien. Il peut peser jusqu’à 3 kg. Plus il sent fort, plus il est prêt à être manger. La saison de la mangue s’est terminée en décembre.

Nous prenons nos premières photos d’un volcan actif, le Merapi qui s’élève à 2 900 mètres au-dessus des forêts et des champs. Avec 49 éruptions explosives entre 1548 et 2010, il est considéré comme le volcan le plus actif et le plus dangereux d’Indonésie. En 2010, il a produit 100 millions de tonnes de résidus et a tué environ 200 personnes de villages situés sur ses flans ou à son pied, dans une avalanche de larve. Il y a 129 volcans actifs dans l’archipel de l’Indonésie dû au fait qu’elle se trouve sur une faille tectonique importante. Tous les volcans des îles de la Sonde menacent aussi de faire éruption.

Voici une adresse qui vous donnera une idée de ce qui se passe en cliquant sur KPK.

Au niveau politique, Pascal vous parlera sans doute du KPK qui est une commission anti-corruption qui implique deux institutions en conflit : la police et le système de la justice.

Et cet article est plus explicative de la formation et du rôle de KPK.

Depuis l’élection du dernier président, le prix de l’essence à monter. Il y a eut contestations dans les rues par les étudiants, entre autre. Alors le prix a rebaissé au même niveau qu’il était à l’élection. Pendant qu’il nous explique ce système, j’aperçois des lavandières qui s’échinent sur les pierres pour laver le linge au bord de la rivière. L’industrie de la blanchisserie se développe beaucoup à Java et est gérée par une famille, en général. Ce n’est pas encore les super landromat comme chez-nous. On va porter notre linge. Il est lavé souvent à la main et séché dehors. S’il fait soleil, nous pouvons aller le chercher le lendemain. Sinon, il faut attendre le soleil pour qu’il sèche le linge. Ouf!

Temple bouddhiste Borobudur

Il me faut parler de notre chance. Il a plu pendant les derniers jours, avant notre arrivée. Mais voilà, il a fait soleil hier et aujourd’hui. Il a plu durant la nuit passée et ce matin, vive le soleil. L'humeur du ciel a commencé à se décomposer vers 15h00 et nous avons un léger crachin nous rafraîchi vers 17h00, lors de notre retour à l’autobus. Les arbres suffissent à nous servir de parapluie naturel.

L’autre chance, c’est de visiter le vendredi qui est la journée de rassemblement pour l’adoration et la prière, comme nos messes le dimanche. Alors, beaucoup moins de gens sur les sites pour la journée. Il faut quand même dire que nous pénétrons sur le site à 08h00. Ça aide aussi.

Plus grand monument bouddhiste au monde, Borobudur est aussi le site touristique le plus visité de l’archipel indonésien.

Résumé de siècles d’histoire :

- 504 statues de Bouddha sur le site

- 72 stupas sur les 3 derniers niveaux veillent sur ce temple érigé vers l’an 800 en faisant face aux 4 points cardinaux

- 9 niveaux dont 6 carrés et 3 ronds

- Merbabu est le volcan dormant dont nous prenons les photos à partir de ce site

Boro veut dire origine et budur veut dire la montagne. Pour couronner le tout, le stupa qui forme le pignon du temple couvre un bouddha inachevé, dont on ignore s’il a été rajouté après coup ou s’il était présent à l’origine. Qu’importe, il a été déménagé à un Musée, inachevé. Le principe de l’inachevé confirme que la perfection ne peut jamais être atteinte en tant qu’humain.

Ce temple a été complètement détruit par une éruption volcanique et des tremblements de terre. Il fut enseveli pendant des siècles. Au début 1800, les anglais le délogent de la terre seulement, et ce, pendant 60 ans. Les Hollandais prennent la relève de 1907 à 1911 pour la reconstruction de sa base seulement et des bas reliefs. Ils cessent à cause de la 2e guerre mondiale. Le gouvernement prend la relève pour la reconstruction du reste du site, de 1975 à 1983. Il manque d’argent alors il demande à l’UNESCO de le sauver, car le gouvernement manque de sous.

Ce qu’il est bon de retenir au niveau de ce temple, ce sont les principes de la philosophie bouddhiste : La passion et le désir sont nourris par l’illusion de l’apparence et apportent la souffrance. Pour atteindre le Nirvana, ça serait de ne plus être relié à la loi de cause à effet (karma). Dans notre chrétienté, le dicton : « Tu récoltes ce que tu sèmes » veut dire la même chose.

Tel un immense livre, les bas-reliefs parcourant les 6 km de terrasses racontent les vies de Bouddha et le cheminement de l'âme. L'ascension du monument dans le sens des aiguilles d'une montre doit permettre aux visiteurs de se libérer de l'emprise des désirs et d'atteindre le détachement total (Nirvana). Autre avantage: c'est aussi avant l'assaut des hordes d'élèves en visite scolaire, qui s'amusent à jouer aux paparazzis avec les touristes.

Les trois grandes misères que décrivent certains bas reliefs de la vie de Sirdhata est que la maladie et la vieillesse mènent à la mort. Le bonheur n’a besoin de rien pour être heureux : il est un état d’être.

80% des blocs originaux a été sauvé par le recouvrement de cendres et de sable. Il a fallu 2 millions de blocs de pierre pour construire ce site. La couleur originale des pierres était le noir. Avec le soleil et le sel, les pierres changent de couleur : blanc, orangé parfois et gris pâle.

Curieusement, je remarque que notre guide a un problème de gorge et qu’il se dérhume souvent, tout comme moi depuis plusieurs mois!

Ici, même les chevaux sont petits. Les doigts des Bataks sont ronds aux bouts effilés. Ici, à Java, leurs mains ressemblent aux nôtres, en plus petites, car ils sont aussi petits qu’à Sumatra.

Le guide me rappelle qu’il faut quitter pour nous rendre au Palais du Sultan qui ferme à 13h00. Il me faut aller chercher la vedette Pascal qui se fait prendre en photo pour apparaître sur le facebook des jeunes filles indonésiennes. Le guide souligne qu’il semble aimer les jeunes filles pour les prendre en photo. C’est un homme bien normal, mon Pascal.

Nous partons donc pour le palais du Sultan. En route, je demande à Pendry, comment se fait-il qu’il y ait une si grande différence entre Sumatra et Java? Ici, les routes sont belles, la propreté règne partout, les commerces sont florissants, il y a des trottoirs, les autos sont neuves, les maisons sont belles…

Premièrement, c’est la capitale de Java. Jakarta et Surabaya sont les deux plus grandes villes industrielles, donc, elles ont permis la construction d’une autoroute qui relie la partie Est à la partie Ouest. La terre fertile produit des produits alimentaires alors que Sumatra se concentre sur la culture industrielle.

Java est plus peuplée : 245 millions d’habitants en Indonésie dont 65% vivent à Java soient 135 millions d’habitants. Malgré que Sumatra soit 3 ou 4 fois plus grande que Java, cette dernière est 4 fois plus peuplée que sa voisine.

L’éducation, la politique et la culture sont très concentrées à Java, donc beaucoup d’emplois.

Le gouvernement donne plus d’autonomie aux régions en proportion acceptable pour tout le monde. À Sumatra, il y a des riches et des pauvres. À Java, il y a une classe moyenne entre les deux. Sumatra et Sulawesi se ressemblent au niveau développement : régions plus pauvres.

Le coût de la vie est moins élevé à Java que sur les autres îles, malgré les bons salaires.

Sur les 104 millions de véhicules, 84% sont des motos : plus faciles, plus pratiques et plus économiques qu’une voiture. Étapes d’achat : Banque – magasin vendeur – assurance qui gère l’administration du « leasing ». La banque assure seulement que l’argent est disponible.

Le planning familial : le gouvernement aide par une allocation pour les 3 premiers enfants seulement. Si un 4e enfant, c’est la responsabilité de la famille. Le gouvernement ne donne rien.

La retraite : 60 ans pour les professeurs, 55 ans pour les fonctionnaires et plus tard pour les

Pendant que j’écris, le tonnerre et la pluie nous divertissent en sons et lumières.

Palais du sultan – 9e et 10e de sa génération

10e : premier sultan monogame, il est père de 5 filles, donc pas de descendants, de ce fait, la succession sera assurée par le son frère. Il est musulman. Il habite ici à Yogyakarta.

Son père (soit le 9e Sultan) a apparemment beaucoup œuvré pour l'indépendance du pays face aux hollandais. Le pouvoir du sultan est à peu prêt comparable à celui de la reine d'Angleterre. Il porte aussi le titre de gouverneur.

Ce palais est le coeur culturel et politique de cette ville fascinante et farouchement indépendante, le kraton est le gigantesque palais des sultans de Jogjakarta.

Véritable cité fortifiée, le kraton abrite quelque 25 000 habitants et possède son propre marché, ses commerces, ses ateliers de batik et de joaillerie, ses écoles et ses mosquées.

9e sultan : nous pouvons regarder ses exploits, d’une salle d’exposition à une autre, admirer l’immense salle de réception où j’ai bien aimé la date en calendrier javanais : 1853 = 3 états : la terre, l’eau et la peau – le 5, je ne sais pas, le 8 sont les 4 points cardinaux et leurs associés et le 1 pour le sultan décédé en 1853.

Son bureau entouré de verre où une horloge marque le temps de ce sultan et on peut lire une copie signée lors de l’indépendance du pays, des médailles, les tissus en batik peints à la main pour la famille royale et pour terminer, des photos de sa vie d’homme : photographe, peintre, chasseur, boyscout et finalement, sa vie militaire garnie de médailles.

Château d’eau

Nous continuons notre visite en nous rendant à Taman Sari. Ce complexe était jadis un splendide parc de loisir, avec palais, bassins et cours d’eau, réservé au sultan et à sa cour. Il n’en reste presque plus que des ruines mais les piscines ont été restaurées. Dans l’ordre, la piscine pour les enfants, pour les concubines et de l’autre côté, isolée, celle du sultan où il choisissait sa concubine en jetant, du haut de son minaret, une fleur dans la piscine de celles-ci. Celle qui l’attrapait, était la maudine de chanceuse!!!

La polygamie est encore de mise, pourvu que l’homme soit capable de faire vivre son beau monde, qu’il évite que la jalousie soit présente dans son harem et qu’il puisse honorer chacune en toute justice! Qu’en dites-vous mes beaux québécois? Vous déménagez à Yogyakarta ou en Indonésie?

Dans l’enceinte se trouvent quelques boutiques. Nous en avons profité pour regarder le travail de fabrication des marionnettes traditionnelles de wayang kulit, en cuir ciselé, ainsi que du batik. Du travail de patience!

Le marché aux oiseaux

Imaginez une immense animalerie en plein air. Voilà, vous êtes au marché aux oiseaux (où se vendent en fait non seulement des oiseaux, mais des lapins, chats, chiens, souris, reptiles, poissons…).

Certains stands vendent des poussins colorés en rose, jaune, violet ou vert fluo. Franchement étonnant! C’est pour attirer les enfants et ainsi inciter les parents à leur en acheter un! Un énorme python est enroulé dans un espace spécifique pour lui seul. Il mesure au moins 8 mètres.

Après le dîner composé de 6 plats aussi délicieux l’un que l’autre, nous allons visiter le dernier temple hindouiste de notre voyage en Indonésie, le Prambanan.

Sur les 136 temples qui furent construits dans la région, il n’en reste qu’une dizaine, naturellement leur perte est dû aux tremblements de terre et aux éruptions volcaniques.

Prambanan: l'héritage indien

À seulement 50 km des bouddhas de Borobudur s'élèvent en grappe les temples dédiés aux divinités hindouistes Shiva, Vishnu et Brahma et à leur monture. Ce site a été construit entre 900 et 930 après J-C.

Les temples se sont écroulés du fait des séismes, des éruptions volcaniques et d’un changement de pouvoir politique au début du XIe siècle, et ils ont été redécouverts au XVIIe siècle. Ces ensembles n’ont jamais été déplacés ni modifiés. Des travaux de restauration ont été effectués depuis 1918, en suivant à la fois la méthode traditionnelle initiale d’assemblage de pierres et les méthodes modernes pour renforcer les édifices. Même si des travaux de restauration importants ont été réalisés dans le passé et récemment, après le séisme de 2006, on a pris grand soin de préserver l’authenticité des bâtiments. Il est classé au patrimoine mondial de l'humanité par l'UNESCO - #642.

Notre journée fut remplie de connaissances à nouveau racontées par une guide locale qui apporte une touche de personnalité dans sa manière de nous dire sa passion pour son métier et son pays.

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29 janvier 2015 - jeudi - Hôtel Plaza Jogjakarta (Java), guide Pandri, chauffeur Mamanne

Journée de congé en voyage à la retraite: ça semble pareil, mais pas pour moi.  Une journée de déjeuner tard, replacer ma valise, écouter Sati en regardant les branches des palmiers se balancer au gré de la brise chaude, et Reggiani me séduit en chantant « Ma liberté »! Massage à 16h00.  Je vais sortir acheter des fruits pour dîner et nous souperons à l’hôtel ce soir, car le menu  nous attire.  Et c’est aujourd’hui que j’apprends à inclure des photos sur mon blogue en prenant des notes cette fois-ci.

Dans la grande salle du resto de l'Hôtel Yogiakarta Plaza, je me sens transporter dans le passé colonial avec le personnel attentif tout autour, la musique qui joue dans le lobby pour notre bon plaisir, la nourriture excellente et en compagnie de mon homme.  Nous échangeons sur nos impressions, nos perceptions et nos aventures (à dire vrai, les aventures de Pascal). Je ne me vante pas de la mienne que Pascal viendra sans doute raconter pour se venger... vengeur va!!! 🙂

Je vais maintenant essayer de joindre mes photos dans mon blogue!

Selamat malam

 

 

 

 

 

 

 

28 janvier 2015 – mercredi - Vol - Samosir - Medan (Sumatra) - Hôtel Plaza Jogjakarta

Aujourd’hui nous changeons d’Îles. Levé tôt pour monter sur un bateau de passagers qui nous ramène sur l’autre rive afin que nous puissions prendre notre vol vers Jakarta – jogyakarta ou nous dormirons trois nuits au Yogyakarta Hôtel.

Ce levé de soleil est témoin de notre passage devant les différents hôtels qui se sont construits depuis le début du tourisme en 1970 où, à chaque arrêt, des locaux montent pour aller prendre leur travail. Les noms se succèdent avec leur histoire riche en relations amoureuses entre le ou la propriétaire et son mariage avec un étranger(e). Tabo, indonésien marié à une Allemande, Carolina, indonésien marié Hollandaise, Silintong fut le premier hôtel à ouvrir ses portes au tourisme sur l’Île de Samosir.

Deux femmes mettent leurs nouvelles à jour accompagnées du clapotis de l’eau. Le soleil salue les montagnes de ses rayons ce qui forme une brume rêveuse d’où monte une prière de gratitude envers toutes les personnes que j’aime.

La rencontre des rayons de soleil avec la surface de l’eau forme une brume qui se transforme en réalité pour l’âme qui la contemple et l’élever en moment d’éternité. Cette communion de paix, de sérénité et de beauté m’émeut beaucoup!

Effendy nous parle de son pays avec amour et connaissances. Sa tribu, les Bataks, sont de très bons musiciens. C’est la raison pour laquelle nous pouvons les entendre dans les hôtels de luxe.

Du coq-à-l’âne

Le Tabo Cottages que nous quittons ce matin prône l’écologie de plusieurs manières, en l’appliquant eux-mêmes, dont remplir nous-mêmes nos bouteilles d’eau, plutôt que d’en déposer deux, chaque matin dans les chambres. Le rebut de nourriture est gardé pour le compost de leur jardin. Chapeau! Car beaucoup d’endroits ressemblent à notre mode de vie des années ’50 : de mini dépotoirs un peu partout.

Ce matin, en inversant notre itinéraire d’arrivée et de départ, nous économisons du temps afin de bien s’assurer de prendre notre vol, car le trafic est dense dans les grandes villes que nous traversons. Ce fut une excellente idée que de faire charger nos valises directement dans le véhicule et de ne garder que la petite valise pour voyager jusqu’à l’aéroport. Effendy est un guide d’expérience efficace et attentif.

À Sienta, notre arrêt « technique » matinal se fait à un magasin tenu par des chinois. On peut y trouver une variété de friandises incroyable. Tout en longueur, la dame ouvre des sachets de barres au sésame, aux arachides et noix, à la noix de coco, comme le ferait un expert sommelier avec son vin. J’achète deux sortes que Pascal et moi préférons et un petit sac de pistaches que nous avait fait découvrir Vicky durant son adolescence à Saint-Félicien. Valérie en régalait tellement, qu’il fallait souvent en acheter à l’épicerie du vendredi.

Les principales causes de décès sont les crises cardiaques et le diabète.

Avec ma paire de Croc suggérée par Valérie et Pascal avec la sienne en matériel aéré comme ceux de Frédéric, nous n’avons besoin d’aucune autre paire de chaussures. Ces chaussures vont dans l’eau, sont aérées, se lavent sans abîmer la couleur, en plus d’être très belles. Mon édition spéciale Valérie fait fureur chez les filles et les femmes indonésiennes.

En regardant vivre les gens d’ici, je constate que la réalité dépasse largement les rêves lors de la préparation de ce voyage. Les odeurs s’y ajoutent, les couleurs dansent sur les hanches des femmes, la moustache des hommes se soulèvent lorsqu’ils se mettent à rire en gang, les enfants marchent pour se rendre et revenir de l’école dans des costumes identiques ce qui égaient la route poussiéreuse. L’air de la montagne que nous quittons est plus froid et sec que celui vers lequel nous nous dirigeons qui sera plus chaud et plus humide. En plus, l’aéroport de Medan se trouve au bord de la mer.

Sultan et sultanat de l’île de Java
Le sultanat de Yogyakarta est un État princier d’Indonésie situé dans le centre de l’île de Java. Son territoire constitue l’essentiel de celui du territoire spécial de Yogyakarta. L’actuel souverain est le sultan Hamengku Buwono X.

Effendy nous raconte que le sultanat existe toujours grâce au père du sultan actuel, lorsque ce dernier a reconquis l’indépendance de son pays lors de la décolonisation où les Hollandais ont cédé leur colonie.

Souvent, il conduit lui-même sa Jeep 4×4 et paie lui-même ses achats. Parfois, il n’est pas reconnu par ses « sujets », d’où vieount une part du respect que lui voue les javanais. Je reviendrai pour l’histoire de la révolution avec les noms de Sukarno et reine Juliana. Un jour, le sultan reçoit une contravention. Le policier ne le reconnaît pas ni même lorsqu’il présente son permis de conduire. Il accepte la contravention sans dire un mot. Lorsque le supérieur du policier voit la contravention, il congédie le policier pour cet affront au sultan. Mais non! Celui-ci est très fier que les employés accomplissent leur travail avec justice et égalité. Le policier fut rembauché.

Maintenant, l’alcool de palme provient du fruit d’un palmier sucrier (palmier à  sucre) qui une fois éclaté est coupé pour y cueillir le sirop. Ce qui donne un alcool par évaporation d’environ 4% nommé touak. Selon Efendy, cet alcool est bien meilleur acheté directement chez celui qui le produit que celui vendu en magasin dans lequel peut s’ajouter d’autres produits pouvant être nocifs. Nous pouvons apercevoir cet alcool sur les tablettes des « stands » extérieurs qui longent notre route. Il est embouteillé dans des bouteilles transparentes et sa couleur est celle de l’eau. C’est une boisson acide et acre facile à produire car la sève de palme fermente très vite et peu coûteuse. On peut obtenir un alcool de palme avec un taux d’alcool plus élevé obtenu en faisant distiller la sève.

Après une journée de travail, les hommes se rencontrent pour un petit verre (???) entre eux avant de rentrer à la maison où la femme aura préparé le repas pour la famille. Comme dans le bon vieux temps, mesdames!

À tout moment, au Tapo, j’entendais les gens chanter en travaillant. C’est que les Bataks sont des artistes et que le chant fait partie des traditions ancestrales pour la paix de l’âme et le plaisir du cœur. À la maison, les enfants apprennent le chant enseigné par les parents et la communauté en les intégrant des chorales. Le trio de voix est aussi très populaire.

L’arbre hévéa pousse en Indonésie et est beaucoup plus bénéfique pour la terre que le palmier qui produit l’huile de palme. Voici une adresse qui vous en dira un peu plus sur l'hévéa.

J’apprends que Charles Goodyear qui est principalement connu par la marque de pneu Goodyear était un chimiste et inventeur de la « vulcanisation » qui est la base de nombreuses applications industrielles du caoutchouc! Vive mes Crocs! Goodyear a été vendu à Bristol.

Planning familial indonésien

Une jeune femme indonésienne, déjà mère de plusieurs enfants, se rend chez son médecin pour lui demander comment faire pour ne plus avoir de bébé. Le médecin lui enseigne comment installer un condom sur le pénis de son mari, en utilisant son pouce afin qu’elle comprenne bien. Oui docteur, je comprends très bien.

Quelques mois plus tard, elle revient voir son médecin! Elle est encore enceinte. Le médecin de lui demander comment il se fait. Elle lui montre, avec détails, ce qu’elle a fait. Elle ne comprend pas. Elle a pourtant bien installé le condom sur le pouce de son mari! 

Elle accouche du bébé. Elle revient enceinte à nouveau. « Mais voyons madame, que se passe-t-il? La dame de répondre : « Mon mari a coupé le condom, car il était trop long »!

Après l’accouchement, le médecin décide de lui donner la pilule à prendre. Son mari ne veut pas qu’elle prenne la pilule. Il veut encore des enfants. Il jette donc la pilule au cochon blanc. Vous devinez ce qui est arrivé : plus de cochon blanc sur la ferme! Mais la femme est toujours enceinte, à chaque année!

Tangahan est la nouvelle destination de Sumatra. On ne peut s’y rendre qu’en hélicoptère ou en 4×4. Cette adresse internet vous permettra de comprendre toute la partie écologique existentielle de cet endroit.

Voyager avec seulement un guide et un chauffeur, nous offre l’opportunité de gérer notre voyage à tous les jours. Nous sommes des lève-tôt, alors nous préférons être actifs en matinée et se reposer en fin d’après-midi. Nous aimons manger avec les locaux dans des petits bouibouis pour dîner et souper à notre hôtel de luxe. Nous n’avons aucun temps d’attente en plus d’avoir toute l’information la veille avant de visiter. L’orchestration de l’itinéraire est seulement en fonction de nos goûts et notre confort. Nous sommes beaucoup moins fatigué que notre voyage en Chine, car j’ai intercalé des journées de repos entre chaque vol. Ana de Tanah Kita Tours a fait un excellent travail avec une compréhension totale et même supérieure à mes demandes et attentes. Chapeau Ana!

Effendy nous explique comment est préparé le lemang qui est un riant gluant mélangé avec du lait de coco et cuit dans un bambou pour le faire rôtir. Souvent, on ajoute des épices sur le riz. On le retrouve le long de la route et aux marchés locaux. Parfois dans des restos locaux aussi.

Et leur fameux ragoût : rendant. C’est ce ragoût épicé et mijoté pendant des heures, que les gens emportent lorsqu’ils font le voyage à la Mecque dû à sa longue conservation.

La richesse du vocabulaire touchant au riz montre l’importance de cette céréale dans la culture indonésienne :
• Padi est le riz sur pied, dans les rizières;
• Gabah est le riz moissonné;
• Beras est le riz en grain;
• Nasi est le riz cuit.

Cuit, le riz peut prendre d’autres formes :
• Bubur quand il devient de la bouillie
• Ketan quand il est gluant
• Lontong quand il est riz cuit à la vapeur dans des feuilles de bananier
• Tape ou tapai quand il est fermenté (et légèrement alcoolisé).

Fascinante Indonésie!

Lorsque nous traversons Tebing Tinggi, Effendy nous apprend que c’est la première ville d’Indonésie à élire, pour une période de cinq an, (mère – maire) une mairesse musulmane. Je vérifie si son mari était ministre ou autre. Non, non, par elle-même.

Ce matin nous avons quitté la région chrétienne Batak pour entrer dans celle musulmane des Javanais et Malais. Nous pouvons voir la différence par la présence des nombreuses mosquées qui nous saluent au passage. Plus aucune église en vue.

À l’aéroport, je vois un Starbuck où nous dégustons notre latte. Je peux noter l’insolence de la jeunesse face à l’indécence de la vieillesse lorsque les uns et les autres se côtoient. Même si je trouve que vieillir est un privilège, parfois, lorsque je vois de vieilles gens tout courbés, en chaises roulantes, c’est là que je trouve que vieillir est indécent pour le corps et l’esprit, mais je me console en me disant que c’est pour faire grandir l’âme.

Après une douche bien appréciée, le petit verre de bienvenue, le premier en pays Indonésien, je vais me glisser dans mon douillet lit individuel. C’est ce que Pascal a demandé pour les trois prochains jours. J’apprécie, car ainsi, même si l’un se lève durant la nuit, l’autre continue à dormir. Bonne idée mon homme!

27 janvier - Mardi - Villages  Batak, lac Toba (Sumatra) - Toba Cottages
Petit déjeuner plein de fruits frais, papaye sucrée, ananas, banane, mandarine, fromage, plusieurs sortes de pains allemands, omelette, riz frit au poulet et légumes, crêpes bien rôties cette fois, confitures maison, etc. Je le dis, nous sommes au paradis.

En écrivant, je me dis qu’il y a bien quelque chose qui me déplait ou qui ne va pas : bien oui! J’y vais par gradation : J’ai horreur d’être interpellée « mama » par les vendeuses de « souk », je déteste la toilette publique turque et le plancher mouillé où j’arrive à mouiller le bas de mes pantalons malgré ma pose acrobatique semi-penchée, je n’aime pas les crêpes et les œufs caoutchoutés et il me faut accepter les différences, qui parfois, à la fin de la journée, fatiguée, je les enverrais chi.. , ce qui ne représente que 2% du voyage, et encore! Bon!

Le café est délicieux et je jase avec un couple hollandais qui est venu au mariage de leur fils à Medan. Il s’est marié en Hollande mais ayant pris épouse chinoise originaire de Medan, il se remarie ici. Deux jours de noces pour la parenté qui compte 400 invités. Moi qui pensais que nous faisions de « grosses noces ».

Une merveille née d’une catastrophe naturelle
Hier, notre chauffeur a serpenté dans les hauteurs pour nous offrir une vue spectaculaire sur le fameux lac Toba. Nous dînons pour ensuite prendre le ferry pour nous rendre sur l’île de Samosir.

Au cœur du lac Toba se trouve l’île Samosir, une île, dans un lac, sur une île : direction le nord de Sumatra (qui elle-même est la plus grande île de l’archipel d’Indonésie, et la sixième plus grande île du monde).

Niché à 2 157 mètres d’altitude, le lac Toba impressionne par ses dimensions : 100 km de long et 30 km de large ! Époustouflant, mais pas autant que son histoire. Il y a quelques 75 000 ans, le super volcan Toba entre en éruption. Selon différentes estimations scientifiques, l’éruption dura deux semaines et des débris furent crachés dans un rayon de 3 000 km. Résultat : le lac et l’île où nous sommes. Le prix : l’extinction de la quasi-totalité de la faune et de la flore indonésiennes, une baisse globale des températures autour du globe, une période glaciaire de 1 000 ans, et la réduction de la population humaine à quelques milliers d’individus. Incroyable!

Le lac est ce qui reste du cratère effondré. C'est plus grand lac d’Asie du Sud-est. Le lac atteint 450m de profondeur.

On estime que les matériaux volcaniques qui ont été lancés à la montagne totalisant 2 800 km3 sur 800 km3 de roches et des cendres volcaniques qui, selon les estimations ont été soufflé (vent) à l’ouest pendant 2 semaines. Une remontée du fond a ensuite créé la grande île de Samosir qui apparaît au milieu du lac. Certains sismologues redoutent apparemment un nouveau séisme dans cette région.

En faite, cette ile fut créée par l'homme quand celui-ci a décidé de creuser un petit canal séparant ainsi cette bande de terre qui s'avançait dans le lac du reste des terres de Sumatra. Et c'est en faisant le tour qu'on voit clairement l'origine volcanique du lac Toba : nous sommes dans le cratère de l'ancien volcan. D'ou les jolies montagnes qui entourent le lac. Et dans la partie ouest du Lac, à l'endroit où les hommes ont creusé le canal, nous sommes très près de la côte, ce qui nous offre des vues à couper le souffle. Un spectacle fabuleux pour le plaisir des yeux !

Nous débutons par Ambarita où se trouve le Palais de Justice des anciens animistes du clan Batak. Nous traversons d’abord le musée représenté par des maisons de nobles et des maisons du peuple Batak. Ensuite, toute une série de procédure à partir du jugement, de la mise en prison pour se terminer par la mort de l’inculpé, selon le calendrier Batak basé sur l’astronomie et les cycles de la Lune, décrit par les vestiges qui en reste, dont les sièges en pierre et les instruments utilisés durant le processus de mise à mort. Le signe du Scorpion leur donnait du fil à retordre afin de trouver une date qui évite de semer le mauvais sort.

Depuis l’entrée sur le site, je suis surprise par la ressemblance des visages incas ou mayas. Plus je vois les différentes sculptures, plus je me sens en Amérique du Sud. Entre la section du jugement et celle de la mise à mort, l’accusé traversait un corridor où des pierres sont superposées de la manière inca ou maya.

Il nous faut, malheureusement, traversé un « souk » où la sollicitation est de rigueur. Je trouve un sac qui me plait et qui m’éviterait de porter ma sacoche de voyage. Je paie car je crois qu’il est en cuir. Je le montre à Pascal. Mais non! C’est du toc. Je retourne me faire rembourser de peine et de misère.

En marchant avec Effendy, nous avons un cours de botanique très intéressant. L’arbre Kamiri qui produit le fruit karité dont un fabrique le fameux beurre si populaire auprès des femmes, l’arbre qui produit le durian qui pue tant mais qui est délicieux, l’arbre où pendent des fruits de la passion, l’arbre qui produit les fleurs en bouton qui deviennent des clous de girofles, des graines de cacao qui sèchent au soleil et qu’une vieille femme édentée à la bouche rouge du bétel mâché avec du tabac brassent les cabosses le allègrement.

Sur plusieurs terre se trouve le tombeau familial qui peut compter jusqu’à 12 niveaux. Il est l’arbre généalogique mortuaire des descendants du propriétaire de ce terrain. Les femmes et les enfants sont aussi enterrés dans ce tombeau, mais sur le même niveau que l’homme décédé qui porte l’héritage de la descendance. Il y a en a de magnifiques ayant la forme des maisons Batak.

En plus, ce tombeau est une protection pour garder la terre dans la famille, car la croyance est que son âme s’y trouve. Ça dissuade les acheteurs potentiels car c’est une croyance du peuple Batak ancrée dans la tradition la plus pure des clans.

Nous quittons pour Simanindo. La pisciculture que se pratique ici comprend la carpe et le tilapia. Avant le début de la danse traditionnelle, je jase à nouveau avec les hollandais. Ils ont un chauffeur mais pas de guide.

Après quelques séquences annoncées par un « crieur », je réalise que cette danse est celle qui représente la vie de la naissance à la mort. J’ignore combien de donations Pascal a fait depuis hier, mais à chaque endroit visité, on demande une « donation ». Ça serait gênant de ne pas le faire et en même temps, ça montre notre appréciation. D’un autre côté, nous passons notre temps les mains dans les poches qui donne un sentiment d’exploitation du touriste. Je sais que je suis chanceuse mais c’est quand même tannant. Une autre chose à travailler ma Raymonde!

Effendy nous offre de marcher un peu vers le lac alors qu’il fume sa cigarette. Nous passons devant la maison du roi. Du roi??? Mais quel roi? C’est le chef de la région issue de la famille noble, de descendant en descendant, et qui vit du travail de ses sujets. C’est un entrepreneur comme la reine d’Angleterre. Il est respecté et il représente une valeur morale pour le peuple Batak. Ce noble a étudié à l’extérieur et est revenu homme d’affaire. Son rôle n’est pas administratif mais bien moral. Il m’en manque un bout pour bien comprendre. L’adage « Il vaut mieux être roi dans son pays que valet dans un château » s’applique bien ici.

Effendy nous montre, dans la nature, en coupant une feuille et en la frippant, la citronnelle et le clou de girofle. Elle porte l’odeur de ses fruits, et chocolat signifie eau sale! Ben voyons donc! Ce fruit fut amené à Sumatra au début des années 1980. Aujourd’hui, le chocolat est produit principalement pour Nestlé et Philippe Maurice, le producteur de tabac international.

L’arbre produit ses premiers fruits après 3 ans de croissance. Des fleurs se forment sur le tronc de l’arbre, fleurit, et après 45 jours, elles produisent le fruit qui contient 3 noyaux à l’intérieur de lesquels se trouve la graine de cacao.

La péninsule où nous sommes se nomme TukTuk qui veut dire « gueule du chien » dû à sa forme particulière.

Je demande à Effandy si nous pouvons manger dan un petit resto local. Oui, pas de problème. Nous sommes au New Tomok. Sympa et la nourriture délicieuse. Pascal affectionne le goreng ayam (riz frit et une cuisse de poulet) et moi la soupe aux légumes et poulet en morceaux coupés à la façon asiatique : la peau et les os indiquent que c’est bien de la carcasse du poulet, mais il faut chercher la viande. Elle est par contre vraiment délicieuse : 8$ pour les deux, incluant un Coke, ça va! Djoko mange au resto musulman en face.

Nous repartons pour Tomok qui signifie mort et la route arrête ici. C’est là que se trouvent les sarcophages de 3 rois Batak animistes du clan Sida Butar, nom que porte aussi le village. C’est un de ses descendants qui travaille comme surveillant et voit aussi à l’entretien. Il prend son rôle très au sérieux. Il nous faut porter un tissu que nous portons sur l’épaule droite, tout comme les danseurs traditionnels de cet avant-midi.

Le premier roi est décédé vers l’âge de 120 ans et il ne voulait pas être enterré, d’où la présence de ces sarcophages en pierre de la montagne du coin. Ompu Sorre Sida Butar.

Le 2e roi porte le nom de son grand-père Maibatu Sidar Butar. Ici, j’imagine que son grand-père n’était pas roi, vu qu’il est le fils du premier roi. Bon! On dit qu’il était le plus beau et le plus puissant. Il a agrandit le territoire par ses conquêtes, et comme Salomon, il n’a jamais coupé ses cheveux de la naissance à sa mort. On dit qu’il a été amoureux d’une femme qu’il a aimé toute sa vie mais qu’il n’a jamais pu épouser. Le roi épousa une autre femme avec de gros seins afin qu’elle puisse nourrir sa descendance. C’était le premier critère d’acceptation. Les petites maigres n’avaient pas grande chance, à moins, que comme moi, à 17 ans déjà j’aurais pu être la mère de sa descendance. Ouf!

Le 3e roi était chrétien.

Nous revenons à notre jardin d’eden vers 14h30. Je monte dans la garçonnière Batak qui donne une vue magnifique sur la région. Aucun bruit, seulement le clapotement des poissons qui sautent dans l’eau pour venir manger les insectes à la surface de l’eau ainsi que la nourriture que des passagers d’un bateau autobus jettent à l’eau.

Le soleil reste de rigueur malgré l’annonce, ce matin, d’une journée de pluie à venir. Non, non! Pascal est avec nous. Une autre journée de plaisir s’achève. Demain, route, vol vers Jakarta et transfert pour Yogiakarta, suivi d’une journée d’arrêt! Mes oreilles en ont besoin. Beaucoup d’informations en peu de temps sur des cultures tellement différentes de la mienne. Un peu de repos me fera du bien.

Salutations à vous que me lisez! X x x

 

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26 janvier 2015 - Lundi - Berastagi - Île de Samosir (Sumatra) - Tabo Cottages

Notre hôtel est vieux et été mal entretenu. Rien à comparer à ce que nous avons eu à date. Mais c’est bien pour une nuit. Une piscine orne le décor. Malgré son âge, il garde un certain style colonial charmant.

Il y a certaines règles à suivre en venant en Indonésie, et j’en ai transgressé une hier, en remettant un pourboire de la main gauche au porteur de valises à Bukit.

Un petit résumé de ces règles élémentaires :
o Ne tendez jamais la main gauche : rappelez-vous qu'elle est considérée comme impure. Utilisez les deux mains pour tendre quelque chose à une personne âgée, en signe de respect.
o Évitez de parler avec les mains posées sur les hanches, geste équivalant à une expression de mépris, de colère ou d'agressivité dans la danse traditionnelle. Oupssss!!!!!
o Veillez toujours à vous vêtir décemment : décolletés pour les femmes et shorts pour les hommes sont jugés incorrects ou vulgaires. Chacun son trip!
o Certaines questions vous paraîtront peut-être indiscrètes, irritantes, voire totalement déplacées :
o dari mana? ("d'où venez-vous ?")
o sudah kawin ? ("êtes-vous marié ?")
o mau kemana ? ("où allez-vous ?")...
o Aux yeux des Indonésiens, ce sont des marques de politesse et d'intérêt. Vous n'avez nul besoin d'y répondre systématiquement, mais vous pouvez les poser à votre tour à votre interlocuteur pour lui manifester votre sympathie.
o Enfin, sachez que vous serez immanquablement dévisagé ou même touché en signe d'amitié, quoique seuls les contacts physiques entre membres du même sexe soient tolérés.

Terminée le rappel des us et coutumes du coin. Revenons au peuple Batak.

Nous continuons notre périple dans les terres de la tribu Karo. Rizières, clous de girofle, gingembre, palmiers ornent le décor naturel de cette région prolifique.

La région a vécu au fil des immigrations successives de peuples différents, ce qui a créé un paysage multiculturel qui ne s’est jamais homogénéisé. Parmi les communautés, on trouve des Chinois, des Javanais, des communautés de Toba-Batak, Minangkabau, Mandailing Batak, Karo batak, des Indiens du sud et du nord et plusieurs ethnies plus minoritaires. Cette richesse ethnique nous permet de découvrir autant de cultures que de cuisines variées au fil des rues. A tout moment de la journée, il est possible de succomber aux spécialités vendues dans les échoppes qui encombrent les rues. Toutes ont leurs saveurs, leurs couleurs et leurs parfums, et toutes sont à tester. La région est par ailleurs réputée en Indonésie pour son tourisme gastronomique car on y trouve de tout partout. De la cuisine javanaise au porc grillé de Batak en passant par les Padang, les nouilles chinoises et la cuisine indienne, comment résister à l’appel constant de ces délices exotiques ? Ce paysage diversifié dans lequel toutes les communautés semblent vivre en harmonie en suivant leurs propres traditions est une caractéristique de Sumatra, véritable vitrine culturelle asiatique. Cette article prise au hasard de mes lectures sur Internet, résume bien la région et ce que nous y apprenons.

Située dans les collines, la ville de Brastagi est la région où habitent des tribus de Karo Bataks qui vivent dans de très vastes maisons, construites sur d'énormes pilotis et abritant au moins huit familles du même clan.

Efendy nous explique comment le travail de chacun est inter relié l’un à l’autre pour vivre en harmonie, tous ensembles : cuisine, entretien et revenus monétaires qui souvent sont du troc plutôt qu’en salaire.

Estimés à 6 230 000 personnes (1991), les Batak, qui vivent dans l'île de Sumatra, se divisent en plusieurs groupes : les Angkola, les Nandheling (ou Mandailing, qui sont des clans malaïcisés), les Karo, les Toba, les Timor (ou Simalungun), les Dairi et les Alas-Kluet.

Chaque clan a chacun un ancêtre commun masculin ce qui donne lieu à un chef par clan de 8 familles qui agit en toute autorité sur l’ensemble de la maison commune.

Les villages, sans défense naturelle, s'entouraient d'un rempart de terre d'une largeur de cinq à dix mètres planté d'une haie impénétrable de bambous épineux ; des portes massives sculptées en fermaient l'accès. La maison batak, entièrement édifiée en bois, est établie sur pilotis et couverte d'un toit à forte pente. Les Batak cultivent du riz et des pommes de terre, cette dernière récolte étant destinée à l'exportation ; ils élèvent des buffles et des chevaux. En matière d'artisanat, le tissage et la teinture sont encore en honneur, mais le travail des armes, des bijoux, ainsi que la sculpture sur bois tendent à disparaître.

Effendy nous explique que ce peuple souligne, par des rituels, différents passages de la naissance à la mort : la naissance, à 3 mois la première sortie officielle, à 7 mois la première coupe de cheveux par l’oncle paternel, à l’adolescence lorsque le jeune homme est envoyé vivre dans une maison juste à côté de la maison familiale afin de le séparer des filles, le mariage et enfin la mort.

La différence physique entre les Bataks et les Toranga que nous visiteront bientôt se trouve au niveau du faciès. Les joues sont plus prédominantes et le front est plus large chez les Toranga.

En route, il nous parle de la philantrophie de la compagnie Danone dans la région de l’huile de palme. Danone a obtenu la permission d’opérer une source d’eau naturelle pour embouteiller l’eau de marque Aqua. Ce qui leur rapporte beaucoup de sous. En retour, il donne à l’église sous forme de participation monétaire pour la rénovation ou autres travaux nécessaires à les garder belles et fonctionnelles. C’est le principe du GSR (General social responsability). Répartir (pas tout à fait également) les revenus dans la société en passant par l’église. Bon! Est-ce que ça vous rappelle des souvenirs?

Des immenses cornes de buffle remplacent la croix chrétienne, car ici, toutes les religions sont respectées. Ces cornes proviennent du style animiste des ancêtres Batak qui pouvaient être assez sanguinaires dans des situations de conflits. On retrouve les cornes sur les pointes des toitures de la maison Batak. C’est l’assistance de Dieu a chassé les mauvais esprits. Je pense que les Capucins et les Jésuites ont soit échoués leur évangélisation ou soit ils ont tirés des leçons à ne pas aller trop loin dans leur croyance.

Je termine l’histoire des Bataks en disant que lorsqu’un Batak rencontre un autre Batak, il lui demande son numéro de clan numérologique. S’il ne le sait pas, c’est un imposteur. Même si un Batak émigre dans un autre pays, il garde sa terre afin de prouver ses racines à ses descendants de manière concrète. Ainsi, ses origines sont protégées. Souvent, il réfèrera à son terrain en disant près du volcan, tel nom, près de la rizière du voisin Monsieur Untel, ainsi de suite. Il y a une référence de racine à ne jamais perdre afin de respecter les chefs qui ont travaillé dur pour conserver cet héritage qui s’étale sur des siècles de propriété. Ça me rappelle les livres que j’ai lu : « Les enfants de la terre » qui m’ont tellement fascinés, que je me suis prénommée Ayla pendant 15 jours.

Je laisse à Pascal vous faire le récit de notre rencontre de 5 femmes et un vieil homme magnifiques qui habitent une maison regroupant 8 familles, mais elles ne sont pas du même clan, car ces familles louent l’espace dans ce petit village Dokan Karo.

Changeant de propos, le fruit rambutan est délicieux. Il fait partie de la famille des litchis. Il porte une chevelure rouge magnifique. Nous en avons mangé en nous rendant à la chûte Sipiso Piso. Je la coterais 2 sur 5. Rien à voir avec nos chutes Niagara. Elle ressemble aux Chutes Montmorency en plus haut.

Nous avons aussi visité le palais des sultans dont le dernier fut assassiné par le peuple lors de la révolution, afin d’obtenir leur indépendance le 17 août 1945, lors de la fin de la 2e guerre mondiale. Je pourrais vous dire que le 12e sultan fut celui qui a eut le plus grand nombre de femmes, que le dernier n’en avait qu’une, qu’on sonnait la cloche un coup pour annoncer la naissance d’un garçon et deux coups pour une fille.

Nous habitons un site paradisiaque à Toba sur l’Île Samosir. Une jeune allemande mariée à un Batak a construit un coin de paradis au bord du lac Toba, qui est en fait, un cratère de volcan éteint.

J’en parlerai demain. J’entends les enfants dans la piscine qui donne sur le lac. Une fois dans l’eau, on ne peut distinguer le ciel de l’eau du lac.

Selamat Tidur! xxx

Link

20150125-Santa Maria Annai église universelle25 janvier - dimanche - Hôtel Bukit Lawang - Berastagi (Sumatra)

Itinéraire de mon réveil Bukit Lawang :
- Muezzin à 04h00 pour la première prière musulmane
- 05h00 : le chant du coq : réveil matin naturel pour annoncer la venue du lever du jour dans une heure
- 06h00 : lever du jour accompagné du chant des enfants qui se réveillent pour réclamer déjà leur petit déjeuner. Mais pourquoi se lèvent-ils si tôt? École ou boulot? Car à 06h30, tout est redevenu très silencieux! Mais c'est dimanche et toute la famille se rend à la messe, comme le faisait nos parents, pour échanger les nouvelles et "faire" le social de la semaine.
- Tout ça accompagné par le murmure incessant de la rivière Bohorok. Qu’elle orchestre symphonique où s’ajoute, selon les heures, selon la température et les heures du jour, le chant des oiseaux ou le croassements du genre corneilles que j’apprécie beaucoup moins.

L’effet du décalage horaire semble s’être volatisé ce matin. Ça sera plus facile pour les semaines à venir.

Enfin dans notre chambre
Nous voici rendu à destination à notre hôtel Sinabung à Berastagi. J’ai juste la présence du corps à Pascal. Son esprit est totalement endormi et son cœur est en flotte. De mon côté, ma bouteille d’eau s’est répandue dans mon sac mouillant toutes mes notes de voyage écrites à la main. Heureusement qu’il fait très chaud : tout est sec, feuille par feuille, juste en laissant le papier au soleil qui traverse la fenêtre. Aujourd’hui, la température a monté à 34o C. Très chaud. Heureusement que nous faisions de la voiture aujourd’hui. Par contre, la nuit fut fraîche et douce.

La grandeur et profondeur des nids de poules passe de petits à nids d’éléphants. Pascal arrête acheter des arachides, une boite de papier mouchoir pour utiliser dans l’auto et aux arrêts « techniques » qui veulent dire arrêt pipi et un grand 7Up afin de faire passer la tourista qui l’accable depuis son réveil. Je suspecte aussi une réaction au comprimé pour la malaria qui donne ces effets d'épuisement, un peu de fièvre et maux de coeur.

En fin de compte, nous allons soulager nos vessies dans une toilette hindouiste. Shiva règne en maître suprême sur le site. Beau souvenir de l’Inde où nous avons vécu avec ces dieux et déesses indiens

Dyoko porte l’ongle du pouce très long. Il dit que c’est juste pour l’esthétique. Mais, il est musulman et souvent, les musulmans portent l’ongle long au petit doigt. Bon! Questionnement ici!

Nous prenons presqu’une heure pour traverser Medan. Ben oui! Il faut revenir à Medan pour remonter à Berastagi qui se trouve à 1400 mètres d’altitude. Se soir, une poussière de volcan couvre la région car il y a eut une éruption il y a quelques jours. Mais, je n’ai pas encore vu de volcan!

Efendy nous arrête à Santa Maria Annai Velengkanni. Une église, un temple, une synagogue unifiée en une seule. Un Jésuite indien, Père James Barada, a initié ce projet qui s’est complété en 2005. Il est né à Madras, Inde de parents catholiques mais de culture hindoue. La maison des Jésuites à laquelle il est rattaché se trouve à Toulouse, France.

Sa maison est passée au feu brûlant tout, ses vêtements, la maison elle-même de fond en combe, mais oh! Miracle, seul la Bible et furent épargnés.

Par la suite, il fait un rêve dans lequel il dessinait les plans de cet endroit qui réunit les différentes religions. Il dit que Dieu a été l’architecte et Marie la comptable. Car il priait Dieu pour la réalisation concrète des matériaux nécessaires et il priait Marie pour recevoir de l’argent. Le tout a coûté près de 3 millions de dollars. Lorsque tout fut fini, l’argent a cessé de rentré. Les dons suffissent pour l’entretien.

Je le mets dans la soixante. Il ressemble à René Angelil, sérieuse! Il a souffert d’une opération au cœur et il marche maintenant avec l’aide d’une canne.

Il dit que visiter cet endroit de prière correspond à un pèlerinage en lui-même. On débute par la section Bethléem avec la crèche de Noël, ensuite vient Rome et une statue du Pape Jean-Paul II qui est venu à Medan en septembre 1979, ensuite la section Nazareth où se trouve un temple dédiée à Marie.

C’est un peu le Lourdes de Medan, car le Pape Jean-Paul II fut canonisé saint, donc c’est un saint endroit. Lorsque les catholiques se réunissent en grand groupe, ils le font dans l’hippodrome de Medan. C’est la mecque catholique.

L’Indonésie est une mosaïque de peuples et d’ethnies où se côtoient musulmans, chrétiens, bouddhistes, hindouistes et animistes. Chacun vit à son rythme, du plus traditionnel au plus frénétique. Père James a bien intégré ce principes des différences dans le respect et la paix universelle.

J’ai complètement oublié de demander la guérison de ma corde vocale qui a des maux afin de me faire prendre conscience que j’ai a utilisé les mots pour les guérir. À suivre!

Nous dinons au Sunrise Resto. On y mange très bien, mais c’est cher pour le coin. Ensuite, nous visitons le marché près de la ville. Vraiment charmant avec ses enfants accrochés à leur mère qui travaille tout en leur jasant des conditions à lesquelles ils doivent s’en tenir. Elles sont très belles ces femmes. La majorité des hommes portent la moustache ce qui leur donne un air mâle plus évident.

Je refais connaissance avec le fruit mangoustine. J’achète trois kilos de clémentines juteuses à souhait, 2 kilo de salak aussi appelé le fruit serpent dû à sa pelure de style peau en écailles de serpent. Délicieux!

Cette région est très fertile. Elle produit des fruits et des fleurs qu’elle exporte un peu partout dans le monde. Dix camion partent à chaque jour pour être déchargés dans des avions. J'avais noté les nombreux véhicules neufs que nous avons rencontrés. Ce sont des cultivateurs prospères.

La tribut Batak
Effendy est né dans un clan Batak. Lors de notre arrêt à une église catholique, il nous amène visiter une maison Batak complètement rénovée qui se trouve sur le site.

J'apprends que les Toranja que nous visiterons dans quelques semaines viennent de la même souche que les Bataks et ils parlent tous bahasa qui est en fait, la langue nationale. Seules certaines personnes âgées ne parlent que leur dialecte local.

Je termine afin d'aller prendre une assiette garnie d'un tas d'oignons et ail frits, quelques morceaux de boeuf rôti. Quelques fruits et dodo.

 

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24 janvier – samedi - Bukit Lawang Cottages (Sumatra) - Guide Efendy et chauffeur Djoko

On quitte les routes bondées bruyantes et enfumées de Medan, capitale de Sumatra, pour les champs sans fin de palmiers à huile, une monoculture entrainant une déforestation massive, le rejet d’une quantité trop importante de gaz à effet de serre et la disparition progressive des Orang Outangs et des éléphants, dépendant de la forêt tropicale. Tout ça pour produire l’huile de palme, l’huile la plus consommée au monde, que l’on retrouve dans les agro carburants, les cosmétiques et les produits de consommation quotidienne qu’elle rend bien trop riches. Un désastre écologique pour l’Indonésie et des problèmes de santé pour tous.

De minibus circule sur la voie de gauche. Nous apprenons que c’est le bemo (minibus) qui se retrouve dans cette île comme partout ailleurs en Indonésie. C'est un moyen pratique et très bon marché pour couvrir de petites distances. Ils sont par centaine ce matin à nous dépasser allègrement sans retenue.

Venir de Medan à Bukit Lawang, « la porte des montagnes », c’est comme passer de l’accéléré au ralenti. Ce petit village en bord de rivière parait presque désert hors saison. Seulement quelques hommes nostalgiques de leur passé de conquérant ainsi que quelques jeunes hollandaises qui s’amusent à lire le menu et nous complétons la toile de fond pour un souper bien tranquille. Les sons de la nature servent de musique de fond : des grillons qui chantonnent allégrement et la rivière Bohorok qui débite ses gallons d’eau dans un tumulte digne de porter le nom de chutes.

Le village est très souvent complet en pleine saison selon notre guide selon notre guide. Bukit Lawang est un petit village situé à 90 km au nord-ouest de Medan, la capitale du nord de Sumatra. Malgré la courte distance, nous avons pris quelques heures pour nous y rendre, dû aux mauvaises conditions routières. Hier, il est tombé une averse digne de ce nom. Après avoir traversé le grand pont suspendu qui traverse la rivière Bohorok, nous payons les porteurs de valises et entrons dans notre chambre bungalow en partie à air ouverte qui s’avère être un lieu de quiétude, juste à l’entrée de la jungle.

Nous arrivons, il fait soleil. L’adage continue sa vérité pascalienne. Nous portons chance malgré tout ce qui arrive à Tintin Pascal depuis le début du voyage. Aujourd’hui, il a vécu deux autres expériences : celle de la toilette turque en inversant ses pieds sur la base (ça fait du dégat pas pour rire) et il s’est embarré dans la toilette lors de notre arrivée à l’Écolodge.

Ce petit village est surtout célèbre pour être l'un des derniers endroits au monde où l'on peut voir des orangs-outans à l'état sauvage. C’est mon 2e but après le soleil pour venir à Sumatra. En 1973, une organisation suisse met en place un centre de réhabilitation des orangs-outans à Bukit Lawang. Le but du centre a été de réhabiliter les orangs-outans ayant vécu en captivité pour passer à la vie sauvage. Dans les années qui suivirent l'arrivée de ce centre, de plus en plus de touristes se rendent à Bukit Lawang faisant de cet endroit l'une des destinations les plus populaires de l'île de Sumatra.

Notre guide nous informe que le centre n’est plus nécessaire ayant atteint leur but`la survivance des ourangs outans. On vient de loin pour les voir. Il faut dire que se retrouver face à cet animal est assez déroutant et inoubliable. On a l’impression de rendre visite à un vénérable ancêtre, et on est souvent le plus étonné des deux. Pour ne rien gâcher la jungle, la flore et le reste de la faune sont magnifiques dans ce coin du globe.

Voir les orangs-outangs vaut le détour même s’ils ne sont pas vraiment sauvages mais plutôt en train de le (re)devenir. C’est un animal magnifique qui nous ressemble étonnamment. Les voir se déplacer dans les branches au-dessus de soi est unique.

Comme on est à l’orée de la jungle, on a juste à faire quelques pas et on s’enfonce directement dans la forêt bien humide. Sugar et Yupu ne s’enfoncent pas très loin pour se prévenir par téléphone dès qu’un primate est sur les lieux ou pour donner les nouvelles des gens qui redescendent de la jungle à voir s’ils ont rencontré ces fameux ourangs-outans.

En même pas dix minutes, on dégouline déjà à grosses gouttes mais le parcours est agréable : ni trop dur ni trop facile. C’est agréable de marcher, escalader et alterner bonnes grosses montées et bonnes descentes ! Sugar et Yapu “appellent” à leur manière les singes en poussant des petits cris dont eux seuls ont le secret un peu comme nos calleurs d’orignaux au Québec. Et ça portera ses fruits.

Nous continuons à descendre et à remonter ensuite avant d’entendre Yapu qui signale à Sugar la présence de Mina accompagnée de son bébé plus sauvage qu’elle qui pose comme une star de la forêt indonésienne. Aucune gêne pour l’apparition des parties les plus intimes de son corps. Après tout, le nu est à la mode dans le monde entier. Vive Mina! N’étant que nous deux avec les deux guides indigènes, nous avons pu les photographier sous tous les angles pendant une bonne demi-heure. Parfois, Sugar prenait les photos afin que se soit la meilleur.

En route, ce matin, notre guide nous informait comment Sumatra est extrêmement riche en ressources naturelles, dont les plus importantes sont le pétrole et le gaz naturel. L'huile de palme et le caoutchouc sont les deux autres grandes ressources, tandis que le bois est également très exploité, sans doute beaucoup trop. L'agriculture de l'ile est basée sur les plantations de thé, de cacao, de café et un peu de tabac apporté par les hollandais et leur passé colonial.

Je vais revenir sur ma rencontre avec Mina et son bébé. Après un souper de légumes, poisson et riz blanc, le sommeil me réclame!

23 janvier 2015 - vendredi à l'Hôtel FM7 à Medan, Sumatra

Ce matin, un petit clin d'oeil du Québec. Au FM7, sur notre chemin vers la réception, des sièges coquilles ornent une pièce. Ils sont semblables à ceux de l'émission "C'est juste de la télé" où la journaliste regarde une émission afin de donner son opinion.

Nous quittons l'île de Java qui ressemble, vue d'en haut, à une passoire dont les filets sont composés de rizières qui longent même la piste d'atterrissage.

Nous sommes en route vers Medan (Sumatra) par un départ vers 10h40 afin d'atterrir à Kusianamu (nouvel aéroport ouvert depuis seulement un an) avec la compagnie aérienne Garuda (monture de Vishnu dans l'hindouisme).

La route étroite qui nous relie à l'aéroport sur laquelle deux voitures seulement peuvent trouver place, laisse s'insérer les motos qui semblent plus pressées à se rendre à destination.

Ce matin, je me demande encore, si ce sont des dauphins ou autres mammifères marins que j'ai vu au large des côtes de Java?

Le soleil vient de se coucher sur Medan. Je suis fourbue et le décalage horaire joue encore un peu sur mon désir de sommeil.

Par où commencer? Quelle journée remplie d'une multitude de visages, de sons, d'odeur d'épices, de rires d'enfants et de klaxons d'impatience de la part des chauffeurs indonésiens. Mais quelle sensation merveilleuse de dépaysement total. J'aime l'Asie dans ses différences.

Je m'endors trop! Après un repas de diversités culinaires au Kitchen de notre hôtel, je me couche en espérant avoir le temps de repasser ma journée dans ma tête et dans mon coeur. J'ai bien peur de ne pas réussir cet exploit!

Sumatra! Juste un peu d'info sur cette île d'Indonésie. 40 millions d'habitants, d'une longueur de 1800 km et largeur de 400 km, la plus grande ville: Medan (environ 2 millions d’habitants) où nous couchons ce soir.

Sumatra est l’une des quatre îles de la Sonde, avec Java, Sulawesi et Bornéo. La majorité des habitants de Sumatra sont musulmans (90%). Les Batak sont chrétiens protestants et le reste du peuple est partagé entre l'hindouisme, le bouddhisme, le catholicisme, et la croyance traditionnelle chinoise.

Du côté température, Sumatra est située au nord de Java sur l'Équateur. Elle est la sixième plus grande île au monde, avec ses 443 065 km², et la troisième de l'archipel indonésien.

Nous avons pu constater que son architecture évoque l'art islamique et l'époque coloniale à la fois, confirmé par Effendy, notre guide originaire de la région de Toba. Ses origines sont Batak, donc il est autochtone indonésien.

L'île est formée d'une longue chaîne de montagnes, parmi lesquelles un grand nombre sont des volcans. Il y en a 90, dont une quinzaine sont encore en activité.
Fidèle à la tradition de pluralité ethnique indonésienne, Sumatra rassemble une mosaïque de peuples : des musulmans fervents d'Aceh aux Batak chrétiens, peuple d’anciens chasseurs de tête et cannibales en passant par la société musulmane matrilinéaire (La famille matrilinéaire est un système de filiation dans lequel chacun relève du lignage de sa mère. Cela signifie que la transmission, par héritage, de la propriété, des noms de famille et titres passe par le lignage féminin) des Minangkabau de Padang et de Bukittinggi, ainsi que les populations indigènes de l'île de Nias et des îles Mentawai qui coexistent la plupart du temps en bonne intelligence, unis par un même amour et une même crainte de leur terre farouche.

Les éruptions volcaniques, tremblements de terre, inondations et tsunamis qui font régulièrement la « une » des journaux sont le prix à payer pour avoir le privilège de vivre dans cet écosystème particulièrement diversifié où des volcans bouillonnants montent la garde sur des lacs de cratère. La fertilité du sol se traduit partout par la présence d'une végétation luxuriante, refuge d'une faune abondante. La jungle abrite non seulement notre cousin à poil roux l'orang-outan, mais toutes sortes d'autres singes qui s'ébattent dans la canopée. Avec de la chance, on peut même apercevoir un tigre ou un timide rhinocéros de Sumatra.

Une autre attraction : les plages. Le caractère sismique et tempétueux du littoral entraîne la formation constante de rouleaux qui déferlent sur les rivages déserts, faisant de Sumatra l'un des plus beaux lieux isolés pour pratiquer le surf.

Je me suis inspirée d'articles que j'ai condensés afin d'éviter les répétitions.

Un dernier mot sur l'histoire et ses sultans. Hier, nous avons visité leur mosquée principale Masjid Raya, le palais du sultan construit fin 1800 où nous avons été les vedettes de l'après-midi. Un seul sourire suffisait pour déclencher, madame, madame, photos, photos. Incroyable! Pascal a embarqué dans ce délire de popularité et le guide s'est retiré afin de nous permettre de vivre ce plaisir de la reconnaissance de l'étranger en visite chez-eux.

Après avoir été dominée par le Sultan Ismail, Medan ne s’est réellement développée qu’à partir de la fin du XIXe siècle, à l’arrivée des colons hollandais venus dans la région pour créer des plantations de tabac. Elle devient alors rapidement le centre névralgique du commerce et des affaires politiques de la région ouest de l’Indonésie. Depuis, les nombreux bâtiments de l’époque coloniale ont plutôt tendance à être démolis pour construire des édifices plus modernes. C’est sans doute la faible activité touristique de la ville qui ne pousse pas les autorités à protéger son patrimoine historique.

Que de trésors démolis tout comme au Québec. Une chance que les anglais y ont vu, car nous les québécois, détruisions la pierre et le béton pour reconstruire avec du bois.

Fini le cours d'histoire, pour aujourd'hui tout au moins! Salutations à vous qui me lisez. Quel plaisir de partager ce quotidien avec des gens que j'aime. x x x