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Un petit déjeuner festin car Marie-Ève nous offre des oeufs pochés. Ils sont cuits dans les règles de l'art. Comme le dit si bien les chefs Soulard et Vézina, les oeufs sont à la base de la bonne cuisine. Ils sont si souvent maltraités par des chefs qui en oublient la simplicité mais aussi la complexité. Les oeufs de Marie-Ève sont meilleurs qu'à bien des restos reconnus où certains chefs les préparent souvent trop molets ou trop durs.

Nous jasons un bon moment mais il faut se dépêcher quand même pour assister à la messe gospel. Avec le GPS, la route directe se dessine et nous voilà déjà stationnées. Naturellement, Fern s'est occupé de nous garder un espace et, tient donc, un jeune homme décide de quitter aussi, alors qu'à la rue précédente les autos sont stationnées en double rangée empiétant sur une voie routière. Merci mon vieux !

J'ai déjà assisté à une messe gospel à la Nouvelle Orléans grâce à l'initiative de ma belle amie Denise Jodoin. Hélène et moi étions un peu incrédules à savoir, allions-nous perdre notre temps à y assister. Cette expérience fait partie des souvenirs mémorables ! J'ai le goût de vivre cette expérience à San Francisco avec Guylaine.

Glide Memorial Church

UN QUARTIER DE MISÈRE
Depuis les quelques rues avant d'arriver à l'église Glide Memorial située au 330, Ellis St, des itinérants couvrent les trottoirs en entier, quelques-uns vivant même dans une mini tente. Les détritus jonchent le sol de sacs de toutes sortes et de toutes grandeurs. Ça fait pitié. La chanson "Me and Misses Jones" égrènent ses paroles et maintenant l'odeur de pot qui flotte dans l'air lui sera associée ainsi que cette odeur de misère.

ARRIVÉE À L'ÉGLISE
Un homme nous indique qu'il faut monter d'un étage pour entrer dans l'église. Une dame s'y trouve et nous accueille avec un grand sourire botox. Pam est d'une gentillesse réconfortante dans ce zoo humain.

Nous sommes parmi les premières arrivées. Où devrions-nous s'assoeir pour avoir une vue afin de ne rien manquer de cette animation prévue. Je demande à Pam. Elle vient nous montrer où ça serait l'idéal. Nos places s'avèrent parmi les plus belles et bien pratiques pour filmer cette effervescence. Une famille française venant de Nice est assise devant nous. Le père nous montre la quantité de neige tombée cet hiver. Ce qui n'était pas arrivé depuis 6-7 ans. Plusieurs personnes ont subi des accidents avec blessures graves.

Près de Guylaine, un homme se présente : Dana, style Clint Eastwood dans la cinquantaine. Tout le monde se parle dans ces cérémonies gospel. Il est renseigné sur le Québec, les Catalans et il pense venir au Québec un jour.

L'église de quartier Glide Memorial Méthodist Church est petite et elle se remplit moitié de touristes, selon moi, et l'autre moitié des habitués. Durant le déroulement de la messe, les bras s'ouvrent pour accueillir, donner, recevoir et échanger bizous ou tout simplement se serrer la main. Je me sens intégrée dans le milieu. Cette église consacre de son temps au spirituel et au militantisme. La célébration est à la fois joyeuse et recueillie. Les membres de la communauté sont très accueillants et on voit que toit le monde est le bienvenu : familles, touristes, gays, handicapés, sans abris...

LA CÉLÉBRATION
Taper dans les mains pour suivre le rythme et s'enlacer sont des moments de bonheur et de simplicité pleins d'ouverture. Un écran géant accompagne les célébrations et les personnes impliquées dans le déroulement de la messe. Une chorale de 36 personnes prend place devant nous sur un podium surélevé tout près de l'orchestre de 7 musiciens composée de cuivre, guitare, pianos et drums.

La cérémonie débute par une chanson entraînante où un jeune noir entonne gaiement et avec vivacité la chanson "If I had a song, I'd sing it in the morning, I'd sing it in the evening...." qui exprime que j'enlèverais le danger, je chanterais pour avertir qu'il y a de l'amour entre mes frères et mes soeurs... Une jeune femme noire se joint à lui. L'atmosphère est à la gratitude d'être là ensemble dans cette énergie de motivation à devenir meilleure.

Une autre dame propose un séminaire "A better me" pour apprendre à gérer le stress, la dépression et l'anxiété. Le pasteur vient féliciter le révérend Johnson Jr. qui vient de graduer de l'Université. Ça applaudit, ça crie des félicitations.

À un moment donné, on se tend la main pour faire une chaîne, la musique joue et on reprend notre place. Le révérend nous demande d'échanger. Je dis au français, allez cousin, une petite accolade. On se fait la bise et il me tient toujours dans ses bras en dansant. Alors, on danse en riant. Qui aurait dit. Sa fille aînée mémorise cette danse sur son cell. On s'amuse. J'ai l'impression de tricoter des souvenirs qui me réconforteront dans le futur, comme tous ceux déjà vécu dans différentes situations.

Durant les annonces au sujet de ce qui se passe dans le quartier ou aux membres de la communauté, un homme passe une feuille explicative qui décrit ces événements, un peu comme notre pamphlet "Prions en Église" .

Suit un témoignage d'Émily Cohen, une jeune juive d'environ 30 ans, qui a découvert qu'aider les autres n'est pas seulement un acte de charité à l'autre, mais bien à soi-même dans le sens qu'apprendre des souffrances de l'autre nous éveille à nos propres souffrances souvent inconscientes. Elle ajoute de reconnaître nos privilèges et surtout d'en faire quelque chose. Elle semble revenir de loin. Son père est dans l'assistance et il capte son discours au complet sur son cellulaire. Je peux voir qu'il est extrêmement fier de sa fille.

Un autre membre féminin de la chorale s'avance pour chanter. Le message s'adresse à tous afin de nous sensibiliser que les femmes autour de nous tissent un filet d'amour invisible qui nous aident lorsque nous sommes faibles et qu'elles chantent avec nous, lorsque nous sommes forts. Signé: inspiré ces mots.
"Se permettre de rêver et savoir que tout homme saint a un passé et que chaque pécheur a un futur" écrivait Oscar Wilde. Tous ceci s'affiche sur l'écran géant à mesure que les chants se succèdent et que les personnes impliquées dans le déroulement des activités tout au long de la cérémonie nous informent des différentes possibilités avantageuses d'être associé à leur église.

Un vieil homme, qui fait partie de la chorale, vient chanter qu'être seul au sommet d'une montagne ne signifie pas qu'on est vraiment seul: le ciel, la terre, les oiseaux, le soleil, la pluie et même les nuages nous accompagnent sans qu'on ait besoin de demander leur présence. Ce vide n'est qu'une illusion de notre esprit.

SORTIR LES ITINÉRANTS DE LA RUE
Une aide est offerte tous les dimanches dans un local de l'église pour aider les jeunes qui ont besoin d'aide: Glide Kids. La dernière itinérante qui vient de sortir de la rue présente un jeune garçon d'environ 11-12 ans qui vient de la déloger. Elle est extrêmement heureuse de lui céder cette place. On lui remet un foulard de style mexicain très coloré pour l'accueillir et le supporter dans cette nouvelle démarche de guérison. Il fait maintenant partie des super héros. Plusieurs jeunes dans l'église portent se foulard. Ils joignent l'équipe qui veillent sur les itinérants sans les juger mais ils sont présents s'ils le demandent. Comme dit la jeune fille: parfois j'ai juste besoin qu'une amie soit là non pas pour solutionner mes problèmes, mais juste être là.

Suite à toutes ces embrassades, ces félicitations, le grand écran affiche une immense corde à linge où volent au vent des foulards de couleurs différentes sur lesquels sont inscrits les mots: justice, force, compassion et espoir. Ça m'émeut beaucoup ! Je comprends pourquoi, avant que la messe débute, pourquoi Pam passe des mouchoirs papiers à l'assistance. Je ne souris plus: je comprends !
La pasteur noire Angela Brown s'approche du micro pour nous parler, je dirais pour nous enseigner la définition qu'elle donne à l'amour. Le sujet de son discours est que l'amour annule la peur. Elle explique la différence entre désirer (avoir le contrôle) et espérer (sans contrôle, laisser venir). Pour ce faire, il est nécessaire d'une un mouvement et non un monument. Elle termine en nous incitant à s'aimer sans condition.

Ici, on procède à la quête, comme dans nos église, pour ramasser des sous afin d'aider ces itinérants en premier lieu et ensuite...

Un instant de pure grace!

La Glide Memorial Church : un MUST!
À ajouter sur votre liste des visites "obligatoires" lorsqu'à San Francisco (Frisco) dans cette église! Deux heures durant lesquelles je me suis sentie en totale communion avec l'assistance. Bref, un pur bonheur. Comment intégrer la Glide Memorial Church à votre planning ? Si vous prévoyez de passer un dimanche à San Francisco lors de votre road trip dans l'Ouest Américain, vous pourrez très facilement intégrer cette messe Gospel à San Francisco dans votre planning. Pourquoi ? Elle se trouve en plein centre ville. Elle est très simple d'accès grâce aux transports en commun. Les offices ont lieu à 09h00 et à 11h00, ce qui limite le choix et facilite votre organisation et ils ont lieu uniquement le dimanche. Si ce dimanche arrive en début de séjour, le décalage horaire vous fera vous lever tôt, donc autant en profiter pour faire une messe gospel à San Francisco.

LES SANS ABRIS
En revenant sur la rue, une ligne de sans abris s'étire sur 2 rues complètes qui s'avancent pour recevoir un repas. Ca sent bon. Tous les âges sont représentés et je remarque qu'il n'y a aucun asiatique dans la file.

AU CAFÉ RÉVEILLE
La faim se fait sentir. Le Café Réveille répond à nos critères de base. Ici, mon amie et moi aurons un réajustement à apporter. Guylaine, comme une flèche se présente au comptoir pour commander mais moi, je ne sais même pas ce que je vais prendre, j'ai regardé le menu dehors mais je veux voir ce que je prendrai. En plus, il ne reste qu'une table de libre. Je la prends afin de nous la réserver. Guylaine me demande de me dépêcher à venir commander car le jeune préposé aux commandes attend. Hé! bien! qu'il attende. Je ne suis pas prète du tout. Elle vient me voir et réalise à que point je suis frustrée d'être ainsi bousculée. Elle dit: on se calme le pompom...

Guylaine au café Réveille
Guylaine au café Réveille

D'habitude nous prenons une assiette pour deux mais vu qu'elle a déjà commandé café latté et un repas, je me commande un café et je paie. Après toutes les explications, je me calme. Nous mangeons en continuant d'exprimer nos émotions et nos interprétations. OK. L'orage est passée.

DÉCEPTION AU QUARTIER DOGPATCH
Maintenant, où est Dogpatch? Nous sommes dans ce quartier. Je m'informe auprès de trois jeunes hommes à la table d'à côté, mais ils ne connaissent pas. Ils vivent à San Francisco depuis quatre ans, mais ils ignorent. Guylaine leur montre l'endroit où nous devrions nous rendre pour découvrir ces fameux ateliers ou appartements à partir de vieux containers. Nous sommes dans une portion du port industriel.
Cet ancien quartier ouvrier de la ville ressemble à notre Limoilou des années 80. Nous avons vu des bâtiments industriels et des ateliers d'artistes perdus entre des édifices à logements neufs. J'imagine qu'il doit bien y avoir des lofts ici aussi tout comme dans le vieux Montréal.

Je suis déçue de ne pas voir plus d'ateliers d'artistes confectionnés à partir d'anciens containers. En fait, je n'en ai vu qu'un dont la photo est jointe à ce blogue. Zut!! J'ai lu que les Hells Angels de San Francisco y ont élu domicile. Je crois qu'après avoir vécu toute cette belle énergie du gospel, Dogpatch m'a paru bien terne et tranquille. Très peu de gens sur les rues comparé à tous les autres quartiers que nous avons visité.

Ça termine mon merveilleux séjour à San Francisco!

Merçi à toutes ces personnes que j'ai rencontrées et à celles qui m'ont permis de vivre la différence et l'émerveillement.

Au prochain voyage ! J'ai décidé que j'amenais mon amoureux en Corse cet automne.

À suivre!